On le sent bien, le changement. On le sentira encore beaucoup mieux après les
législatives, bien sûr, quand ils passeront aux choses sérieuses, les recettes fiscales.
Mais déja l'atmosphère a changé. Quelque chose de léger de pétillant, de primesautier
flotte dans l'air printannier. Le subtil parfum de Gauche succède à l'air vicié du
sarkozysme, c'est sûr.
Les profs, les rétribués du Service Public, les assistés de tout poil, les bobos de toute
obédience, respirent à pleins poumons l'oxygène nouveau qui vient d'arriver comme
le Beaujolpif en Novembre. Les Musulmans aussi, bien sûr mais ceux-là demeurent
vigilants, ils ne laisseront pas la bride sur le cou aux laïcards impies. Dhimmis d'accord
mais à surveiller comme lait de brebis sur la braise; restons attentifs, Allahou Akbar,
avec ces saloperies de mécréants ça peut déraper d'un instant à l'autre.
En attendant, notre nouveau Petit-Président, continue de caracoler sans faute, comme
un gentil bourricot poitevin (je ne vise personne, bien sûr, qu'allez vous penser). Après
l'escapade américaine de la semaine dernière, le voici de retour parmi nous, ce qui
dénote une certaine rigueur morale puisqu'il était arrivé par Minou (la Tringlette) enfin
grâce à lui et à Nafissatou, surtout. Bon, je m'égare.
Et sitôt rentré, le voilà reparti pour Bruxelles, regardez un peu le rythme de boulot, dites
donc, et il ne craque pas, le mec, toujours d'humeur égale, calme et serein, un vrai bijou
comparé à l'autre boisseau de puces. Sans compter qu'il a pris le Thalis, parfaitement!
-" Regardez moi! Moi, Président de la République, je prends le train, moi! Et que je fais
des bises aux voyageuses et que je me fais tirer le portrait avec le contrôleur, un peu
emmerdé le malheureux mais tant pis, je l'ai pécho quand même. Un sarkolâtre, peut
être, non vous croyez? A la S.N.C.F?
Et que je bosse, en plus, Moi Président de la République, dans le wagon!
Visez un peu la jolie tablette peine de dossiers et de paperasse! Hein, constatez donc!
Pas une minute de perdue, tout pour la France et sans dépense superflue.
D'accord on prend des premières mais on rentabilise, voyez vous? En vérité je vous
le dis, vous avez bien fait de choisir des collectivistes. Ca emprunte les moyens de
transport collectifs, les collectivistes, logique!
Y a qu'à voir l'autre pastèque de Duflot, celle qui comprime ses grosses miches dans
un jean pourave, vous situez? Ben elle roule en métro, la mémère, même pour venir au
Conseil des Ministres, ça vous la coupe, pas vrai? Au risque de se faire violer, dites
donc...enfin pas tellement, après tout.
Alors -je reviens à mes moutons- vous y gagnez, on va vous faire plein d'éconocroques.
Déja qu'on a vachement beaucoup baissé nos traitements!
Vous voyez, c'est pas des conneries que je raconte. L'air de rien, Moi Président
de la République, j'ai dores et déja atteint tous les objectifs du quinquennat.
Après les législatives, je refile le guidon à Marco le Nantais, celui dont on ne doit pas
rappeler la condamnation à six mois de taule et je descends en roue libre, les arpions
en éventail...
Non, flûte, attendez, vous biffez la dernière phrase, ça convient pas!"
Quand je vous le dis qu'on l'a dans le train!
Sans compter que juste après, dans la foulée, sans tambours ni trompettes, le voilà
tout de go barré en Afghanistan!
-"O.K. là, pas en TGV, faut pas pousser Guérini dans les orties. De toute façon,
l'avion de Sarko, il convient de l'amortir, aussi, c'est le patrimoine de la République,
Moi Président d'icelle. Et puis, on n'a pas que ça à foutre à passer son temps à
voyager.
Moi, Président de la République, j'ai un taf de malade, bordel, c'est plus comme à
Tulle! Vous ne voudriez tout de même pas que je m'y rende en chameau, à Kaboul?
Non mais des fois!"
Fallait vraiment y aller, c'est vrai ça. Rien que pour leur expliquer, à nos braves soldats,
pourquoi on doit faire semblant de foutre le camp six mois avant la date prévue.
Les troufions, ça comprend rien aux subtilités de la démagogie socialiste. Normal,
sans quoi ils eussent plutôt embrassé l'au moins aussi noble carrière d'instituteur,
laquelle n'exige pas non plus une vaste culture ni même une parfaite maîtrise de
l'orthographe.
Bon, je ne vous garantis pas qu'elles en sachent beaucoup plus, les troupes, suite à
l'explication présidentielle mais c'est le geste qui compte. En plus, il a rendu hommage
aux morts. Morts pourquoi, au fait? Allez, on va dire pour la France, au risque de faire
péter de rigolade des Talibans déja pliés en deux au spectacle de la débandade
occidentale.
En attendant, on se moque mais on ne devrait pas.
Tout le cinoche de mimolette et de ses sbires produit un effet boeuf auprès du bon populo.
La preuve, 61% de satisfaits pour Sa Majesté et, le plus fort, 65% en faveur de son
Premier Ministre précité, "le naze" comme dit Mémaire Aubry.
En tout cas, voilà des gens qui possèdent à un haut degré le sens de la communication.
Vous me direz, les Sarkofillon, deux semaines après l'élection, devaient grosso-modo
se situer au même niveau. Les bonnes paroles font le bonheur des peuples, les actes,
en revanche, les défrisent toujours. Ils devraient bien y réfléchir, les politicards.
Je vous donne rendez vous dans un an, on regardera l'évolution.
Seulement, comprenez vous, il faut compter avec les législatives.
Alors, parlons-en, des législatives.
D'accord, tout laisse présager une victoire écrasante des Forces-de-Progrès-vers-
l'abîme. La tradition républicaine, la cote de Flamby, la connerie des électeurs et les
démonstrations foutraques des caciques de l'UMP, cette saloperie de Fillon en tête.
Oui mais en même temps, quand on jette un coup d'oeil un peu attentif aux résultats
du 6 Mai dernier, un constat alarmant s'impose : entre les circonscriptions acquises
à Sarkozy et celles où Hollandouille n'a obtenu la majorité qu'en vertu de l'abstention
ou des bulletins blancs, on dépasse très largement la moitié.
Les Socialos, gens très avisés quand il s'agit de tripatouiller le suffrage-universel,
vont donc se montrer hyper-vigilants sur la gestion des trois semaines qui viennent.
Pas de vagues! Que du positif à gauche et du caca à droite! Voilà la stratégie.
Pas compliqué mais impératif pour bien mettre à l'abri la cocote aux oeufs d'or.
Il faut donc y aller mollo sur la Grèce qui pourrait nous foutre un peu la panique dans
le landerneau, continuer à reconter de jolies fables sur la croissance, éviter à tout
prix de parler de choses qui fachent, comme les impôts, planqués dans le tiroir de
Mosco le Trotsko, et surtout, surtout, utiliser à bloc le Front-National et sa capacité
infinie d'assistance à la Gauche.
Tout cela apparaît remarquablement au point et fort bien parti. D'autant qu'en face
personne ne bouge. Dommage mais en définitive tout le monde s'accomode assez
convenablement de la situation.
Les présidentiables de la prétendue droite vont se planquer à regarder la Gauche
glisser doucement vers la catastrophe, en attendant de récupérer le gros pacsif en
2017. Les potentats provinciaux se disent qu'aux prochaines élection régionales et
locales ils trouveront de jolis fromages à se coller sous la dent. Seuls les nombreux
députés en voie de dégommage regardent la débacle qui s'annonce avec quelque
appréhension, tout en réfléchissant dores et déja aux compensations susceptibles
de leur adoucir la pilule.
Bref, comme dirait Pangloss, celui de Voltaire, pas notre copain, tout va pour le
mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Sauf qu'on va s'affronter la tempête avec le Capitaine de Pédalo et ses moussaillons
socialistes à la barre. Je ne sais pas vous, mais moi je me sens un peu comme le
passager du Capitaine Schettino, sur le Costa Concordia (1).
Croyez moi, nous allons laisser pas mal de plumes dans cette affaire.
Mais, en attendant la pelle du 18 Juin, profitons bien du calme lénifiant dont on nous
entoure. Ca ne durera pas mais qu'est-ce que c'est agréable!
Allez bonsoir.
Et merde pour qui ne me lira pas.
(1) Naufrages.
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