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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 18:09

La connerie footballistique atteint son paroxisme. La connerie tout court aussi.

 

Au pays de saint Nelson Mandela et des Bafana-Bafana-Bafana (ou seulement

deux fois, je ne sais plus),  la grande orgie du ballon rond vient de débuter dans

un fracas mediatique sans précédent.

Il faut dire que le gros bordel mondial revêt tous les attraîts possibles, tous les

caractères distinctifs de l'évènement incomparable. Le foot et le politiquement

correct réunis dans une kermesse héroïque à dimension planétaire. Un rève.

Un mois de pure félicité pour les trois quarts de l'humanité, le quart restant n'ayant

qu'à prendre son mal en patience et à fermer sa gueule. Il s'agit non seulement

de foot, raison déja amplement suffisante, mais encore de foot en Afrique

du Sud, patrie de l'arc en ciel ethnique et de l'apartheid terrassée, paradis terrestre

des townships, symbole prééminent de la mixité triomphante, eau bénite de la

bien-pensance universelle.

Il suffit de voir danser son Président Zoulou de la République pour bien appréhender

le chemin parcouru depuis l'effondrement de l'infâme dictature des Afrikaners.

Pas la peine d'en dire plus, tout le monde aura bien compris l'immense intérêt qui

s'attache à la couverture médiatique universelle autant qu'incontournable des

soixante-quatre parties de ballon figurant au programme des trente prochains jours.

 

Cependant l'affaire ne se limite pas au jeu de baballe. Bien évidemment nous avons

pu constater depuis quelques jours déja, l'enthousiasme communicatif des media de

tout poil pour le pays du grand Nelson. Ses bidonvilles pourris où il fait bon vivre grâce

à la gentillesse et à la candeur de leur population. Ses villes squattées si charmantes

où l'on risque l'agression à tous les coins de rue mais sans méchanceté, juste pour

combattre un peu la pauvreté. Ses sales blancs qui s'enferment dans leurs quartiers

fortifiés en attendant de subir un jour le même sort que leurs voisins de Rhodésie,

le massacre rituel à visée appropriatoire .

Et puis ces supporters de foot si spontanés qui offrent aux caméras de télé du monde

entier leurs chants guerriers et leurs danses si folkloriques. Sont ils sympa avec

leurs jolis costumes en fausse panthère et leurs grosses trompettes à la con pour

briser les tympans pire que des cornes de brume. Quel beau peuple tout de même!

Noirs mais avec plein de nuances, on sent qu'ils sont venus d'un peu partout au

temps affreux de l'apartheid. Oui, parcequ"évidemment, à cette époque là, régnait en

Afrique du Sud une prospérité malsaine qui offrait un niveau de vie sans comparaison

avec l'admirable misère qui y règne aujourd'hui.

Ce pays sublime vu par les télévisions et les journaux de nos contrées septentrionales

apparaît ainsi comme l'exemple, le parangon de vertu, le monde idéal de la

coexistence multihetnique. On dirait du Jean-Jacques Rousseau, ou plus souvent du

Jean-Jacques Bourdin, enfin c'est vivifiant, rassurant, lénifiant et antiallergisant.

Bien sûr nous avons affaire à du bisounoursisme débridé mais si agréable à 

regarder qu'on aurait tort de bouder son plaisir. 

 

Elle se présente déja, cette Coupe du Monde africano-mandelesque comme l'acte

rédempteur qui demeurera dans la mémoire de l'humanité, de même que resteront

plantés dans la chair des heureux supporters ayant fait le déplacement, les souvenirs

cuisants des putes sud-africaines, championnes incontestées, elles, de la transmission

du SIDA.

Et le spectacle doit désormais prendre toute sa place, reléguant au plan le plus

obscur les préoccupations bassement prosaïques qui constituent le quotidien des

temps ordinaires. Barak-Hussein et sa gestion remarquable de la fuite pétrolière, la

mère Boutin et sa mission super-importante surtout pour elle et ses petits copains,

les divergences sur l'Euro, la dette publique, le triple A qui va s'envoler, l'Iran qui fait sa

bombe, Israël qui s'apprête à lui foutre sur la gueule. J'en passe même des tas d'autres.

Mais tout cela ne présente plus aucun intérêt puisque désormais la planète s'abandonne

pour un mois entier aux délices des matches bi-quotidiens et vibre aux exploits fabuleux

des multi-millionnaires en caleçons et chaussettes.

 

Le moment arrive pour les Sarko-Fillon de s'occuper dare-dare des affaires sérieuses.

De faire passer la retraite à soixante-trois ans, même à soixante-quatre, ce qui serait

préférable bien qu'insuffisant; de faire cotiser les fonctionnaires; de remonter un peu la

TVA histoire de boucher le trou; de mettre les collectivités locales au pli de la rigueur

budgétaire; de fermer le robinet des subventions; d'interdire les chargés de mission;

bref de réaliser tout ce qu'il n'ont pas le courage de faire en temps ordinaire.

Là ils peuvent y aller, il y a la place comme on dit maintenant dans le milieu du ballon.

Personne ne les regarde plus, on s'en fout, on s'en foot. Allez les bleus, vive les bleus!

Même que si les bleus en question présentent l'aspect curieux signalé naguère par

le toujours socialiste Georges Frêche, la chose n'a plus d'importance. Il s'agit de

l'équipe de France et cette équipe ne possède qu'une seule couleur, le bleu et, bientôt,

qu'une seule religion, l'Islam.

Souhaitons ardemment qu'elle aille loin, cette équipe de France. Qu'un miracle les

conduise au moins en quarts de finales ou qu'un beau désespoir, enfin, les

secourût et leur permît d'écraser l'adversaire infidèle.

Oui parceque tant qu'ils seront en compétition on aura la paix et si par impossible

ils parvenaient à gagner quelques parties, l'euphorie nationale nous mettrait à l'abri

des soucis jusqu'aux grandes vacances. Sauf, bien sûr, si par un improbable coup du

sort, les bleus foncés venaient à rencontrer l'équipe d'Algérie. Auquel cas, mieux

vaudrait encore qu'ils perdissent ( voirFoot-aises. ).

 

Désormais il nous reste donc à subir sans faillir les matches, les commentaires, les

interviews de footeux et tout l'ensemble des calembredaines que draine le football

omnipotent.

Nous savons que c'est pour la bonne cause et que l'avenir de notre beau pays en dépend.

Il a tellement de similitudes avec celui de Mandela, notre pays, que cela se voit rien qu'aux

équipes. Un seul blanc aussi chez les Bafana, Bafana, Bafana etc...

Heureusement qu'il ne sont pas habillés pareil sans quoi on ne comprendrait rien au

match qui va les opposer prochainement aux notres.

En conséquence, ce qui fait du bien à l'Afrique du Sud doit être bon aussi pour nous

et cette merveilleuse Coupe du Monde nous couvrira, d'une façon ou d'une autre de ses

bienfaits. Vive la Coupe, vive les bleus, vive les Bafana plusieurs fois.

 

Seulement vous ne m'empêcherez pas de vous faire part de ma petite faiblesse.

Je veux parler de mon favori sentimental, j'ai nommé la Seleçao do Brasil. qui doit,

à mon sens, remporter la victoire finale. Ils disposent, ces braves brésiliens, du joueur

le plus appréciable et le plus doué de sa génération, le grand Kaka!

Je sens bien que cette Coupe sera la Coupe de Kaka. Il la mérite, c'est juste!

Dignum et justum est !

Depuis le temps que je le suis, ce Kaka, (voir Après Kaka, Ronaldo!- Encore Kaka ! -

Toujours Kaka... ) que je l'observe, que je le flaire, je sais bien ce qu'il vaut, c'est le

meilleur et en plus il porte chance . Cette année, croyez moi, c'est l'année du Kaka.

Vous verrez ce que je vous dis, il éclipsera tous les autres.

Vive le Brésil, vive Mandéla, vive le foot, vive les Bafana-Bafana, vive le pognon,

vive la coupe du monde et l'arc en ciel multi-ethnique!

Et surtout allez Kaka!

Et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

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Published by nouratin
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commentaires

nicolas s 11/07/2010 17:26


facho de sionard sarkosiste !!


kate 19/06/2010 22:35


Moi aussi j'aime ce blog ! ah bravo Nouratin , vous savez comme personne nous décrire l'actualité , et me faire rire ! Pourtant la situation est grave ...


Johnny 13/06/2010 10:22


Décidément j'aime ce blog ! Le miracle de la décolonisation qui a libéré les talents jusqu'à là brimés par le maléfique homme blanc... Pendant que le foot devient le nouvel opium du peuple. On se
vautre devant le degré zéro de l'intellectualisme et devant la superficialité érigée en idéal, pour ne pas voir le cataclysme économique, sociétal et civilisationnel qui nous pend au nez. Du pain
et des jeux pour le bon peuple, la rediffusion de la chute de Rome, pour ceux qui n'étaient pas là à l'époque. Nous n'allons pas en rater une miette.


nouratin 13/06/2010 17:31



Vous avez raison. Du pain, des jeux, des avantages acquis, des prestations sociales,et les barbares et la gabegie qui nous bouffent de l'intérieur. C'est la décadence du Bas Empire. En pire!