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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 17:32

C'est vachement bien, la République. Une jolie invention qui remonte à fort longtemps,

à la Grèce antique et qui prospéra - yoplaboum! - pendant près de cinq-cents ans à

Rome avant que Jules César ne la foute en l'air. Idée reprise fort opportunément par

nos bons révolutionnaires des années 1790 qui la concrétisèrent sur le dos brutalement interrompu de ce pauvre Louis XVI, avec le succès que l'on sait puisqu'elle

aboutit à l'installation d'un empereur puis au retour du Roi. Pas celui qui fut raccourci,

bien sûr, mais son frère cadet.

Ces considérations d'ordre historique, pour attirer votre attention sur le caractère fragile

des choses les plus précieuses. La République et sa consoeur bien aimée la

Souveraineté Nationale constituent les fruits délicieux de notre civilisation et comme tels apparaissent  éminemment périssables. En France nous vivons sous ce régime depuis

cent trente cinq ans, un sacré bail, certes mais pas une garantie d'éternité. Au contraire.

Donc, préservons le trésor même si, au bout du compte, il nous aura apporté beaucoup

plus de calamités que de satisfactions.

Le passif de la République se décline en guerres épouvantables, impôts écrasants, 

lois absurdes, erreurs monumentales aux conséquences incalculables telles que la colonisation africaine dont nous dégustons encore aujourd'hui les suites désastreuses.

Bien sûr je passe sur les détails. Pas la peine d'en tartiner des tonnes.

Mais alors, l'actif, me direz vous, de quoi est il constitué?

Fastoche, vous répondrai-je, l'actif c'est la simple beauté du concept, la pure

noblesse de l'idée, la grandeur majestueuse du symbole.

Cela ne se mange pas en salade, je suis bien d'accord sur ce point, mais il convient

parfois de faire litière d'une lucidité cynique pour élever son esprit jusqu'aux sphères

cristallines où règnent les produits éthérés du génie humain le plus abouti.

 

Comment cela, je me fous de la gueule du monde?

Mais pas du tout, enfin juste un peu mais pas complètement. 

Mon propos consiste simplement à tenter d'attire l"attention sur l'immense

péril susceptible  de découler d'une utilisation dévoyée de la République et de la

civilisation dont elle procède. Ces deux dernières risquant à tout moment de

s'engloutir dans un océan de barbarie totalement immaîtrisé.

Suivez moi bien, enfin ceux qui veulent, les autres ont quartier libre.

 

La République se présente un peu comme une grosse usine dépourvue de patron. 

La souveraineté  appartient à la Nation. Seulement c'est quoi, la Nation?

Ben oui, la nation, ce n'est rien,  juste une idée fumeuse née de l'imagination débridée

de philosophes illuminés.

Du coup, pas de patron. Seulement un président éminemment provisoire dont tout le

monde a le droit de se foutre et ne s'en prive pas.

 

Résultat, le bordel arabe - non, rayez arabe, je vais encore me faire pourrir- le bordel

tout court, donc. Les ministres qui font n'importe quoi sauf gouverner, les députés qui

s'occupent de football, les enseignants qui n'enseignent plus rien, les éducateurs mal

éduqués, les automobilistes qui s'entretuent sur les autoroutes au lieu de rouler, les putes

qui écrivent des blogs au lieu de tailler des pipes, les juges qui condamnent les flics et

relaxent les voyous, les entreprises qui gagnent plus à tirer le rideau qu'à produire.

Il ne reste plus que le fisc et les syndicats pour continuer, comme si de rien n'était,

à charger la barque alors même qu'elle se trouve déja au fond.

J'en distribuerais encore plein des comme ça, mais je préfère vous la faire courte.

L'important consiste à rechercher la cause première de tout ce salmigondis mal

ficelé, le motif essentiel du dérapage en couilles auquel nous assistons effarés et

incrédules. Eh bien, je crois avoir trouvé.

 

La cause première, le pêché originel, le pied d'argile du colosse républicain, c'est le

citoyen. Vous avez conscience vous d'être "le citoyen"? Non mais je veux dire tout le

temps, quoi, pas seulement au moment où vous glissez le bulletin dans l'urne. Alors?

Moi pas, en tout cas, j'avoue que la notion ne m'est pas naturelle et qu'elle me passe

très au dessus la plupart du temps. Sans compter qu'on a autre chose à foutre, pas vrai?

Eh bien pensez à tous ces petits citoyens français qui existent à plusieurs millions d'exemplaire au fin fond de nos cités banlieusardes. Ces sympathiques jeunes gens

prompts à siffler l'hymne national et à brûler le fanion de la République, constituent

désormais le socle de notre organisation politique.

On peut, bien sûr, en penser ce qu'on veut, trouver cela très bien, considérer la chose 

comme une évolution positive, applaudir des deux mains à la ringardisation des

vieux cons et des vieux concepts. Certes, mais reconnaissons au moins qu'en l'absence

de citoyens, la République semble assise sur un strapontin vermoulu et ne saurait

manquer de se retrouver le cul par terre, un jour ou l'autre.

Et lorsque la République se sera bien pété la gueule, il se trouvera toujours quelqu'un,

le plus fort du moment, pour ramasser les morceaux et s'approprier les manetttes.

Il apparaît fort probable que cet évènement marquera la fin de la rigolade et le début

des mauvaises surprise pour la plupart d'entre nous qui ne manqueront pas, alors, d'en 

suer comme des russes d'époque stalinienne.

 

Personnellement, je ne propose rien, sauf d'y penser et d'essayer de voir par quel bout

nous pourrions attraper le bâton merdeux qui menace de nous massacrer la gueule.

Peut être conviendrait il de donner moins d'importance aux fadaises qui nous mobilisent

l'intellect le plus clair du temps. En tout cas si les braves gens qui, somme toute,

apparaisent encore majoritaires en Europe, s'attachaient à préserver notre civilisation

et nos institutions, peut être progresserions nous sur la bonne voie, au lieu de nous

précipiter comme des cons vers l'abîme.

 

Je sais que je ne suis pas très clair et encore moins drôle, mais pensez-y, ça me ferait

plaisir et surtout ça offrirait une petite chance à nos descendants de survivre dans des

conditions acceptables.

 

A plus et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

C

Moi , je lis ....du tonnerre ...rien à ajouter ...


Répondre
N


Je t'aime!


N.



S

Quand les citoyens se comportent en sujet les, élus se comportent en monarques !!!


Répondre
J

tout a fait d'accord, le grave problème de notre société selon moi, c'est que le pouvoir est donné à des incompétents populistes par une "majorité" qui devient plus bête, vindicative et paresseuse
chaque jour. Quand on voit que 35 millions de gens ne paient pas d'impôts, mais sont les premiers à manifester pour qu'on les augmentent à ceux qui leur paye les allocs, on ne peut que penser à
l'expatriation. Si le vote d'un analphabète polygame de banlieue compte autant que celui d'un self-made-man devenu millionnaire par son intelligence, alors la démocratie a atteint ses limites, et
c'est un modèle à repenser. L'histoire n'est au final qu'une succession de tyrannies, et il est malheureusement très facile d'être pessimiste aujourd'hui sur le futur de feu notre grande
civilisation française...


Répondre
N


C'est bien dommage mais je cains que vous n'ayez raison. La démocratie n'est probablement pas la solution miracle que nous avons longtemps rêvée. Finalement


on s'aperçoit que ça ne marche pas. Montesquieu, je crois, écrivait que la démocratie


exige la vertu. N'est-ce pas la condamner d'emblée? La vertu, vous vous rendez compte de


l'énormité!


Je pense donc que c'est foutu, en tout cas pour la France. C'est extraordinairement


malheureux mais l'accumulation des conneries par une succession d'élus irresponsable


nous a conduit au désastre.



Y

Belle analyse.. mais selon vous, que faudrait-il pour ouvrir les yeux des citoyens qui ne vivent pas dans les banlieues ?


Répondre
N


Justement, je n'ai pas vraiment de réponse. L'ennui c'est que la plupart d'entre nous se comporte en spectateurs passifs. Critiques certes mais passifs. Si déja nous laissions un peu moins la
bride sur le cou aux élus, les choses pourraient aller un peu mieux. Le citoyen


est là pour contrôler ses mandataires, c'est son devoir. Nous avons des députés, des maires,


des conseillers généraux et régionaux qui dépensent l'argent que nous leurs confions.


Demandons leur des comptes, intéressons nous notamment aux subventions, c'est toujours


très instructif. Bref il y a à faire. Je reconnais que tout seul c'est dur mais c'est mieux que rien. C'est mieux aussi que de se mettre dans une organisation dont les objectifs réels sont


souvent diamétralement opposés au but recherché.


Merci de votre intérêt et cordiales salutations.