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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 16:33

Il revient le joli mois de Mai. Comme tous les ans, bien sûr.

Et comme tous les ans il commence en fanfare par ces majestueuses cohortes de

porteurs de banderoles vociférants qui se répandent allégrement dans les rues

paisibles de nos villes momentanément désoeuvrées.

 

Grand moment de la liturgie marxiste, le Premier Mai trouve toujours un thème pour

fédérer les énergies des travailleurs naturellement portés à préférer la grasse matinée

au défilé revendicatif sur pavé urbain.  S'agissant de la  liturgie marxiste,  vous

m'objecterez que si les manifestations en cause ne regroupaient que les seuls

stalino-léninistes, elles pourraient se contenter de la Rue Pitalugue entre la Mercerie 

Durand et le bar-tabac du coin, sans aller s'enquiquiner de Bastille à Nation.

Ce n'est pas faux mais, dans le même ordre d'idées, si les mariages religieux et les

obsèques se déroulaient uniquement en présence des  catholiques pratiquants, le

curé se sentirait un peu seul.

 

Qu'on se le dise, le 1er. Mai est au marxisme, ou si vous préférez au socialisme

-de mon point de vue il s'agit à peu près de la même couillonnade- ce que Pâques

représente pour la chrétienté. Les oeufs en moins, le muguet en plus. 

Un grand moment de foi plus ou moins factice, collectivement partagé par des fidèles

plus ou moins convaincus. Sachant que le socialisme occupe en France le rang

prééminent de Religion d'Etat, on conçoit aisément le caractère essentiel et

incontournable des cérémonies syndicalo-défilatoires qui caractérisent si joliment le

premier jour du mois de Marie, pardon, de Mai.

 

Bon, revenons à nos moutons (pas ceux qui défilent, ceux de Maître Pathelin). Je vous

parlais, avant de digresser, de l'indispensable thème fédérateur.

Cette année, bien sûr, la retraite s'impose sans discussion comme le grand combat

du moment, apporté sur un plateau par les sbires liberticides du Président de la

République. (VoirSonnez la retraite! ).

Au nombre des conquêtes sociales si chèrement acquises par nos aïeux, le droit

de ne plus rien foutre à soixante ans et avant si possible, figure au rang le plus élevé. 

Privilège sacré du travailleur blanchi sous le harnois des décennies laborieuses, la

retraite ne saurait souffrir la moindre atteinte des mains impies de libéraux 

dépourvus, même, de conscience de classe. D'autant que la C.G.T. détient la

solution.

Les textes sommaires mais bien sentis figurant sur les banderoles écarlates le mettaient

en évidence sans la moindre ambiguïté : pour résoudre le problème du financement des 

retraites, il suffit de mettre un terme au chômage et d'augmenter les salaires. Voilà tout!

Ce n'est tout de même pas compliqué, sacré nom de bordel de Marx, vous doublez la

masse salariale et vous doublez du même coup les recettes de l'Assurance Vieillesse.

Et ainsi vous êtes tranquilles pour au moins cinquante ans.

Ben évidemment, comme dirait Bourdin, on a la solution et on ne fait rien.

Ce filou de Sarko. et les ordures de capitalistes qu'il représente s'y opposent. Juste

pour emmerder la classe ouvrière.

Avec des arguments de ce niveau on pouvait s'attendre, cette année à une mobilisation

sans précédent, un Premier Mai processionnaire à faire tout péter.

  

Pas de pot, ça n'a pas fonctionné. Les travailleurs ne sont pas venus.

Les manifs clairsemées s'étirèrent tristement dans les artères parisiennes autant

que provinciales,  au point  qu'en comparaison,  les frontistes adorateurs de la

Pucelle d'Orléans paraissaient une foule sans nombre, comme disait le père Racine.

La faute aux vacances scolaires, pas tout à fait finies, ou bien au calendrier félon qui

vous colle la fête du boulot un samedi, ou encore à la crise démobilisatrice, voire à

ce salaud de Mailly qui défilait tout seul, enfin je veux dire en F.O.suisse.

Bref, cette années les pâques marxistes prenait des allures de communion privée.

Triste spectacle. Mais comme dit Chérèque,"on ne doit pas faire du 1er. Mai un test

social". Même pas un petit test, pas même un testicule.

Enfin surtout quand ça ne marche pas car dans le cas contraire, on n'irait pas s'en priver!

 

En revanche, en Grèce, elle a fait recette la fête du travail.

Les rues d'Athènes et de Salonique regorgeaient de travailleurs, ça je vous le garantis

sur facture. Même qu'ils ont manifesté sévère les grecs. A coups de barres de fer et de

gaz lacrymogène, ils les ont célébrées les pâques marxistes, ces orthodoxes en faillite.

Reconnaissons qu'en guise de thème fédérateur ils disposent d'un panel vachement

fourni.

Y a de quoi faire!

Non seulement on leur propose aimablement trois points de TVA en plus, le blocage

des salaires, la suppression des  treizième, quatorzième, quinzième etc...mois, la fin

des embauches de fonctionnaires, la retraite à septante ans, pire que les belges mais

encore on leur explique que cela risque fort de ne pas suffire aux yeux impitoyables

d'Angéla Merkel.

Même que Mélanchon vient de déclarer haut et fort que le capitalisme allemand exige

l'asservissement total et définitif du peuple hellène.

Prolétaires de tous les pays unissez vous! Volez au secours des camarades du

Péloponèse, de Salonique (tout un programe), des Cyclades et des Sporades. L'hydre

abominable du libéralisme honni tente de les décapiter de leurs acquis sociaux.

 

Bon, on rigole mais on ne devrait pas.

D'abord, les Grecs ne sont guère plus mal lotis que nous. Il ont juste un peu d'avance en

matière de laxisme budgétaire effréné.

Ensuite, les mêmes Grecs, se serrer la ceinture au point de redresser leur situation

catastrophique, ils ne veulent absolument pas. Niet! Pas question! Foutez nous la paix

y a rien à voir! Autrement dit si le malheureux Papandréou veut se sortir vivant de ce

pétrin il lui reste une solution, les législatives anticipées. Comme cela il laissera à

son vieux pote ennemi Caramanlis (voirTimeo danaos... ) le soin de se colleter avec

la guerre civile qui se prépare.

Cependant, pour nous autres franchouilles, les carottes se rapprochent

du temps limite de cuisson. Il n'apparaît même pas certain que nous puissions tenir

jusqu'en 2012 et l'arrivée de la Gauche salvatrice -salvatrice de M. Sarkozy s'entend-

avant que les agences de notation ne se penchent sur notre cas.

Par conséquent, je trouve éminemment regrettable que les travailleurs de chez nous,

travailleurs au sens socialiste du terme, bien sûr, pas les mecs qui bossent vraiment,

aient préféré cette année la pèche à la ligne au cérémonial des fêtes de la Pâque

Marxiste.

Ca leur aurait fait un bon entraînement en vue des luttes prochaines contre le futur

plan d'austérité.

 

Joyeuse Pâques quand même et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

 

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Published by nouratin
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commentaires

Ariegeois 31/05/2010 19:11


Pour se rendre compte qu'on est con, il faudrait ne pas l'être !!!


nouratin 01/06/2010 15:56



Ben oui, absolument, je ne te le fais pas dire.



Ariegeois 31/05/2010 14:30


CONNARD de facho


nouratin 31/05/2010 14:44



Si tu savais ce qu'est un fasciste, tu saurais ce qu'est un connard.


Et tu saurais aussi qu'il est plus facile d'insulter que de se monter intelligent.



FOGNINI 14/05/2010 22:30


et ben, si tout le monde était aussi révolutionnaire que toi, les congés payés, la sécurité sociale, les retraites, on les attendrait toujours. Dis toi une chose, le patronat comme le politique ne
donne rien, ils cèdent. Alors libre à toi de ne pas défiler le 1er mai mais arrête de foutre de la gueule de ceux qui en ont marre de se faire exploiter par ce patronat réactionnaire et par ce
gouvernement qui nous conduit gentiement à la faillite en nous expliquant que c'est à cause de la crise. Elle a bon dos la crise, puisqu'elle est fabriqué par le système capitaliste ultra libéral
que nous vante Sarkozy et fillon tous les jours. En tous cas tu as une qualité, tes articles sont très bien écrits, mais ce qu'il y a dedant c'est de la m...


nouratin 15/05/2010 12:42



Chacun sa m... mon pote.