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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 17:09

Bizarre, buzzare même, on ne parle plus vraiment le français, enfin plus comme de mon
temps.
Normal, me direz vous et même sain, puisqu'une langue vivante, par définition, cela doit
vivre, donc évoluer. On ne parle plus la langue de Rabelais ni, tout à fait celle de Bossuet 
et cependant les littérateurs de notre temps subsisteront au même titre. Dans un volume
distinct du Lagarde et Michard, voila tout. Cela apparaît juste et bon, reste à  savoir
lesquels resteront et mieux vaut, sur ce point, rester prudent. Je ne citerai pas de nom,
je serais d'ailleurs bien emmerdé si je m'y trouvais contraint.
Même en cherchant je ne vois pas de Céline, pas de Marcel E. Grancher, pas de
Frédéric Dard. Comme, pour moi, la littérature contemporaine se limite
presqu'exclusivement à ces trois là, il semble préférable de s'abstenir de me poser la question.  Et, entre nous soit dit, personne n'y songe.
Sans compter que les admirateurs de Grancher disposent d'assez peu de considération
auprès de la dictature intellectuelle à dominante germanopratine. Le classement dans
la catégorie des ploucs- pignoufs leur revient de droit, aux rares granchérophiles qui
marchent encore à découvert!
Bon, d'accord, mais revenons à notre propos initial.
Moi, le français -en tant que langue, veux-je dire- je l'aime bien. C'est net, c'est propre,
ça ne déconne pas, ça dit ce que ça veut dire et pour ceux qui savent s'en servir, ça peut même être beau. 
Manque de pot, aujourd'hui vous pouvez prendre le medium que vous voulez (veuillez m'excuser, un medium-des media, c'est du latin récupéré via l'américain, comme versus),
qu'il s'agisse de l'audiovisuel, d' internet ou même des gazettes, vous aurez droit
à un sabir généralement prétentieux mais pas à du français. Ca ressemble à du français
ça peut même en avoir le goût et la couleur mais ça n'en est pas.

Par exemple, on ne dit plus "du monde" désormais on dit "au monde". Si vous avez le
malheur de parler du "meilleur du monde" vous passez pour un minus. Le meilleur au
monde cela fait classe, pas bien français mais classe.
Et je ne vous parle pas des domaines dans lesquels, même si on voulait, on ne pourrait 
plus s'exprimer en français. L'économie, tiens, écoutez donc un peu BFM Radio,
en live ou en podcast, as you like, vous allez voir ce qu'ils en font de la langue de 
Molière. Normal, les gens sérieux qui font des affaires sérieuses s'expriment en
amerloque. La faute à Jeanne d'Arc, si elle s'était occupée de ses oignons plutôt

que d'aller virer les Rosbifs, tout le monde parlerait français et l'anglais serait resté

ce qu'il est, un patois! Un jour je vous expliquerai, si vous êtes sages.

Remarquez bien, la barbarisation du langage va de pair avec celle des moeurs.
Je surprenais tout à l'heure la conversation téléphonique d'un jeune mec en costard
Smalto (ou Boss, je ne suis pas sûr). Ben oui, de nos jours on a droit aux demi-
conversations des autres, qu'on le veuille ou non. Donc le trentenaire hypersapé
déclarait à sa nana, ou à son amant ( le charme des demi-conversations,
justement, réside dans le caractère occulte de l'interlocuteur), je cite: "Moi et toi
on va y aller ensemble". Là j'ai foutu mon camp. Moi et toi ça ne passe pas , désolé.
Partant de là je constate deux choses, la première: je suis largué, hors de mon époque,
juste à point pour le grand voyage sépulcral; la seconde c'est qu'on a gagné le coquetier. 
A force d'écouter tous les sales connards qui voulaient changer la société, on  l'a
changée, la société. En mal!
Pas bien grave, "moi et toi", d'ailleurs rien ne saurait être tenu pour grave qui ne rejaillit
pas sur le taux de croissance.
Certes mais l'exquis raffinement de nos sociétés policées d'avant soixante-huit portait
en lui l'essence d'une civilisation fort éloignée de la multiculture diversifiée du rappeur annonant ses inepties haineuses.
Imaginez, "Moi et toi" de Paul-Djamel Géraldy, ça pourrait donner quoi-t-est-ce, hein?

Et puis c'est ma faute aussi, après tout.
Ma mère me l'avait inculqué : "le roi, l'âne et moi".
Je crains fort d'avoir oublié de le dire à mes enfants et du coup, je me dis que le petit
peigne-cul en costard à deux mille euros (au bas mot), ressemble bien à une victime,
après tout.
Victime du laxisme des gros jouisseurs de ma génération. Condamné à vivre 
au diapason d'un monde de malotrus, mal-appris, mal-lêchés et mal embouchés.
Peigne-cul 1er, roi au monde, en somme!

Cho et merde pour qui ne me lira pas.










 

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