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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 16:56

Oui, j'en conviens, je l'avoue, je me vautre dans le consternant et la blague bas

de gamme. Surtout que je viens d'hésiter longuement à titrer "Les nouilles se

refroidissent dans le corps" en hommage à un ami qui me parlait naguère du

Canard époque Bacri. Toutefois, à la contrepèterie j'ai préféré le proverbe,

parcequ'en tant que tel il appartient à tout le monde et ne saurait, en

conséquence, m'être judiciairement contesté.

Et un proverbe, si particulier soit-il, reflète toujours la sagesse des nations.

Nul ne saurait ignorer cela, ni même prétendre le contraire.

 

Il faut bien le dire, nous arrivons au bout du rouleau de 2010, le dernier mois

défilant systématiquement à la vitesse du clampin qui se pète le coccyx sur le

verglas. En effet, à partir du 20 on ne dessaoûle pratiquement plus jusqu'à la

dernière gueule de bois matinale du jour de l'an. La plus terrible.

Profitons en bien, sans complexes ni retenue. Quand Fêter Noël fera l'objet

de condamnation pénale pour entorse au Ranco et quand, par surcroît, la

consommation d'alcool exposera à lapidation, nous aurons tout loisir de finir

l'année dans le calme et la méditation dévote.

En attendant il nous faut affronter de bien gros soucis.

 

D'abord le temps, je veux dire la météo, qui justifie mon proverbe titulaire tant

le début Décembre le dispute à la fin Novembre en termes de dégueulasserie.

Notez, moi je m'en fous un peu parceque là où je suis planqué je ne risque pas

trop les engelures et, du reste, un ectoplasme se révèle rarement sujet à de

telles misères.Certes mais la solidarité, alors? Et la compassion, bordel! 

Souffrir pour les autres présente l'avantage d'un confort inégalable tout en 

conférant au patient un brevet d'altruisme, de philantropie (sans contrepet),

 voire de sainteté.

Ainsi le germanopratin vit-il une torture constante et délicatement assumée à la

terrasse du Flore. Regardez B.H.L. et vous verrez le Christ, la croix en moins,

la coupette de roteux en plus.

J'ai donc considéré de mon devoir de partager les souffrance de mes frères

européens par la dédication à leur intention de toutes mes pensées les plus

sympathiques et réchauffées au soleil. Souffrez mes chers amis que je souffre

avec vous les rigueurs des frimas qui soufflent sur vos têtes.

 

Ensuite, autre calamité, l'Euro et son cortège d'annonces anxiogènes porteuses

de terribles emmerdements futurs. Pas un jour ne se passe sans qu'on nous en

colle une bonne dans les gencives. Quand on cesse de parler de l'Irlande et de

son trou sans fond, on passe aux grecs, puis aux portugais, puis aux espagnols

de l'Europe en déroute qui se trainaient sans gland sur le bord de la route!

Après quoi, l'air de rien, vicieusement, sans y toucher, la question de la France

arrive sur le tapis avec la menace redondante d'une perte annoncée du triple A 

propre à nous conduire directement à l'abîme sans espoir de rémission.

Moderne épée de Damoclès, la dégradation fitchienne

( voir Le monde selon Apichatpong et Fitch. 

oscille au dessus de nos tronches insouciantes en attendant que le fil ténu ne se

brise qui nous préserve très provisoirement de la blessure implacable et mortelle.

Comme disait, pas plus tard que cet après-midi, ce brave Monsieur Trichet, c'est

pas la faute à l'Euro, tout ça, c'est juste que tout le monde a fait sauter l'anse du

panier. Faut pas s'étonner qu'au bout d'un moment il n'y ait plus rien dedans.

Et d'expliquer qu'il convient désormais de faire plus de gestion budgétaire que

de déconnages démagogiques. Il suffit de lire les divagations socialistes relatives

à "l'égalité réelle" pour appréhender la distance qui sépare notre belle démocratie

de la sagesse préconisée par le camarade Jean-Claude.

Pourtant ce dernier parle le langage de la raison. L'heure est venue de faire suivre

aux dépenses publiques un de ces régimes draconiens dont, ces derniers jours, 

question de mode sans doute, on nos rebat les portugaises. En dépit de toutes les

imbécillités qu'on peut lire et entendre à tous les coins  de media, nos malheurs

proviennent d'un excès de dépenses publiques et de règlementations démagogiques.

Notre seule vraie croissance, c'est celle de la dette, notre seul vrai handicap c'est le

modèle-social-français-que-le-monde-entier-nous-envie.

N'oublions jamais, peuple stupide et jouisseur, que lorsque les Allemands, sentant venir

le vent mauvais de la mondialisation, s'infligeaient une cure d'austérité pour gagner en

compétitivité, nous franchouilles cocorico, nous faisions les trente-cinq heures! 

Et voilà que dix ans après, plongés dans un abîme d'emmerdements plus périlleux les

uns que les autres, nous envisageons sérieusement de refiler à nouveau le pouvoir

aux socialos de gauche. C'est à se les prendre et à se les mordre jusqu'au sang! 

 

Bon, cela étant dit, d'autres gros nuages obscurcissent encore notre horizon tristouille.

Wikileaks, tiens, beau symbole de notre malheureuse époque. Comment voulez vous

qu'on s'en sorte si on ne peut plus mentir tranquillement sans que le monde entier en

connaisse dans les instants qui suivent? Tout notre système social repose sur le

mensonge et la dissimulation. Vous foutez ça en l'air, plus rien ne tient. Plus de faux

semblants, plus de valise diplomatique, plus de vie conjugale, plus d'amitié, plus de

convivialité, plus rien de ce qui constituait notre civilisation, en somme. L'écroulement

complet et définitif de tout un univers. Le chaos sauvage et l'étripement général en

attendant les sacrifices humains et le cannibalisme. Voilà ce que nous prédit Wikileaks

et son patron en fuite, avec son air con et sa vue basse.

Le numérique et internet apparaîssent ainsi comme la moderne langue d'Esope. La

meilleure et la pire des choses. Voyez ce qu'on pourrait en faire et voyez ce que nous

en faisons. Epouvantable, pas vrai?

 

Certes, mais moins effrayant que la chasse au flic qui s'instaure peu à peu dans nos

banlieues si joliment colorées. Aujourd'hui, et dans l'indifférence générale, la ratonnade

aux poulets se pratique joyeusement telle une sorte de sport national. On tire le cogne

aussi bien à la caillasse qu'à l'arme légère ou lourde, c'est selon. On peut même

envisager, cela demeure parfaitement valable, de l' écrabouilller comme une merde

au moyen d'un véhicule automobile. Vu la manière plutôt discrète dont les media

traitent ce genre de sujet et le peu d'empressement de la justice républicaine à limiter  

le massacre, ce nouveau jeu semble appelé à de jolis développements.

Autant dire que la pacification du neuf trois attendra encore quelques temps. 

Elle viendra probablement avec la charia. Patience.  

 

Moins sérieuses mais un peu dérangeantes quand même, les divagations de

l'ex-footballeur Cantona qui prétend, avec sa tronche de pétanqueur pastissomane et

sa grande gueule de marseillais pété de tunes, faire sauter les banques françaises.

Après tout le mal qu'on vient de se donner pour les tirer du merdier!

Pas grave, bien sûr, l'affaire Cantona. Les pauvres débiles qui suivront ses conseils ne

mettront en péril, dans la pire des hypothèses, que leur malheureux livret A . Toutefois

le relai médiatique accordé à cette pitrerie me conforte dans la certitude de notre

décadence avancée et irrémédiable. 

 

Cependant j'en oublie, des mochetés sinistres, des avanies sournoises, des calamités

en puissance qui nous attendent au déboulé de la nouvelle année.

Bien sûr j'en aurais encore plein mon sac à vous sortir comme ça, sans trop réfléchir.

Mais à quoi bon vous casser le moral en ces temps de liesse et de ferveur

papanoëllesque et réveillonnatrice. Vous finiriez, à juste titre, par me laisser tomber

comme un vieux scnock atrabiliaire juste bon à pisser son vinaigre par web interposé. 

Je vais donc terminer sur deux petites nouvelles assez réjouissantes et, en tout cas,

de nature à me faire, personnellement, un peu sourire.

Ce sont deux vieilles connaissances, Mauroy et Huchon ( voir Hypothéses ) qui se voient

rattrapés par la justice. Le premier vient de passer en correctionnelle pour son histoire

d'emploi fictif, le second risque fort de se faire jeter de son fauteuil présidentiel d'Ile de

France, pour détournement de campagne de pub, avec un an d'inéligibilité à la clé.

Vous voyez, quand je veux, j'en sors des bien joyeuses! 

Mais ne nous emballons pas, il s'agit d'hommes de gauche et non des moindres.

Avant de condamner cette sorte de personnage, les juges y réfléchissent toujours

à deux fois. Y a rien de fait, quoi.

 

 

Soyez assurés de ma considération dévouée.

Et merde pour qui ne me lira pas. 

 

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Published by nouratin
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commentaires

kate 11/12/2010 11:44


"Bien sûr j'en aurais encore plein mon sac à vous sortir comme ça, sans trop réfléchir.

Mais à quoi bon vous casser le moral en ces temps de liesse et de ferveur

papanoëllesque et réveillonnatrice. Vous finiriez, à juste titre, par me laisser tomber

comme un vieux scnock atrabiliaire juste bon à pisser son vinaigre par web interposé. " Ah non Nouratin ! nous ne vous laisserons jamais tomber ! vous etes... voyons ... nos moments de douceurs
dans ce monde de brutes ! ça fait tellement de bien de vous lire !


nouratin 12/12/2010 00:02



Merci mille fois de votre fidélité et de votre amabilité. Vos commentaires me


sont autant d'encouragements et de satisfactions.


A très bientôt j'espère.


Amicalement.


N.



dxdiag 06/12/2010 15:17


Malgré tous ses inconvénients il est probable que le mois de décembre qu’on a aujourd’hui, on le regrettera l’année prochaine, comme disait Gainsbourg en parlant de sa « gueule »…
En attendant, c’est une bonne idée de saisir toute les occasions d’être très sympa en pensée : bien sûr plaindre ceux qui ont de la neige mais ne pas oublier aussi de se désoler pour la cote
d’ivoire :les pauvres avec leurs deux présidents…alors que certains malheureux n’en ont aucun, en plus!


nouratin 06/12/2010 20:18



C'est vrai qu'ils n'ont pas de pot (a Abidjan on prononce gbagbo)ces pauvres


Ivoiriens, j'aimerais bien faire quelque chose pour eux, juste pour qu'ils


restent chez eux, quoi. Mais que faire, tiens peut être vais je gratouiller


un petit truc à leur intention.


Amitiés.


N.



mash 05/12/2010 20:54


A Chris,
après "on est foutu"
on s'approche du "ça va péter"et les indigènes du sud(ceux qui parlent la langue d'Oc à l'occasion)ajoutent même que quand ça pète, ça purge le temps;ça ne s'invente pas.
M


Autre Vue 05/12/2010 20:02


Tant de proverbes pas si faux que ça ...


nouratin 06/12/2010 20:12



Surtout qu'il n'y a aucune chance qu'il fasse beau en Novembre, c'est un mois


maudit, le mois du morpion -ou peut être du scorpion, je ne sais plus- et


du coup on est sûr d'en chier juste après.


Les proverbes sont une valeur sure.


Cordialement.


N.



chris 05/12/2010 18:04


Comme pour dire : profitons de ce prochain Noel ,nous ne sommes pas surs d'en avoir d' autres .....
Effectivement , entre l' euro de ma chère adorée Europe et Wikileaks , on peut s'attendre à un 2011 pour le moins " agité " au point que l'avènement du Messie de 2012 passe en second plan ...
Perso , je pense que , plus vite on fera briller la mine , mieux ce sera ....certes , il y aura de fameuses éclaboussures ....mais , une petite compensation : les coucous colorés en profiteront
aussi ...
Hein ....c'est - y pas une bonne nouvelle , ça ????


nouratin 05/12/2010 18:36



Ah oui, alors, si ce que tu penses est vrai (et c'est souvent le cas), je serais même


prêt à allumer la mèche.


Mais bon, on sait comment ça se passe, après il faudrait encore que nous fassions


acte de repentance. Décidément, on l'a pas belle!


Grozibous.


N.



mash 05/12/2010 17:53


J'avais à l'esprit:
"quéquette en décembre,layette en septembre"
en tout cas Noël est mal parti pour être au balcon,on n'en sait pas davantage pour Pâques(et si la fête figurera toujours au calendrier "républicain").
Mais à défaut de balcon,on se réjouit d'avance d'avoir une tribune de luxe:celle que tu tiens avec une jubilation qui semble ne jamais se relâcher quelles que soient les circonstances
A très bientôt
H ou M


nouratin 05/12/2010 18:32



Il y avait aussi "Noël au bistrot, Pâques à l'hosto" mais celui là est beaucoup moins sûr.


Surtout que, comme tu dis si bien, Noël et Pâques sont mal barrés, leur avenir a


du plomb dans l'aile, nous dirons bientôt "Ramadan frugal, Hanouka Halal".


Vu que le chrétien a intérêt a se tirer avant le début des persécutions.


Merci pour la tribune de luxe et garde toi en pleine forme.


Ciao Ami.


N.



mash 05/12/2010 11:41


C'est un bel hommage à Desproges et à sa façon très naturelle et festive de conclure l'année,tout en en mesurant les conséquence sur les mois qui viennent,que tu lui rends par ton titre.
Je te remercie de nous faire rejoindre l'empire du bien,car je compatis sincèrement de là où je suis aux malheurs météo qui se sont abattus sur les autres.C'est à la fois injuste et inacceptable et
je ne trouve pas de termes assez forts pour le dénoncer.
Peut-être devrions-nous organiser une marche contre les intempéries,nous qui en sommes actuellement à l'abri.
So long,ami
M


nouratin 05/12/2010 15:42



C'est vrai, je n'avais pas pensé à Desproges mais il nous inspirera toujours, même


à notre insu. Il avait sorti "Noël au scanner, Pâques au cimetière". Malheureusement


ça s'est vérifié. Fallait le faire, quand même.


En tout cas tu as raison, il faut se mobiliser contre les injustices, fussent elles


climatiques. Sarko, salaud, c'est ta faute s'il fait pas beau!


Merci et à bientôt.


N.