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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 17:51

xxx

 

Dans le temps quand on évoquait un voyou en pleine action on disait un "individu".

Bien que dépourvu de toute connotation péjorative, le terme permettait de désigner

en toute neutralité objective des gens peu recommandables et indignes du respect

dû, en principe, à la personne humaine. Evidemment, le vocable "individu" s'applique

largement à tout ce qui vit de manière autonome et indépendante. Donc, aussi bien

au blogueur impénitent qu'au chat de la voisine, au rat d'égoût, au morpion isolé ou

en groupe, ou même au pied de géranium que la mère Grauburle cultive

amoureusement sur le rebord de sa fenêtre hachloumesque. Pour résumer, "individu",

sans faire réellement office d'insulte, ça sue le mépris et sent sa discrimination à

pleins naseaux.

Du coup, je ne sais si vous avez remarqué mais dans nos bons media on n'emploie

plus jamais ce mot. Fini, "individu", pas français, mal embouché, gros mot,

politiquement incorrect, puant, fétide, voilà le mot, nauséabond! A l'extrème rigueur

on peut l'utiliser pour désigner des mecs d'extrème droite genre skinheads, hoolligans

de football mais exclusivement de type européen ou videurs discriminatoires de

boîtes de nuit . 

En règle générale, cependant, il convient désormais de qualifier le malfaiteur,  

délinquant banal, voire criminel, de "personne". C'est une question de respect et

une marque d'estime pour l'être humain qui se cache derrière la pire des ordures.

Alors, bien sûr, ça donne des résultats curieux pour des oreilles de vieux réac mal

dégrossi à la culture si joliment humanitariste qui, désormais, nous tient lieu de

civilisation.

Par exemple, tenez,

- "Deux personnes immobilisaient fermement la jeune fille pendant qu'une autre

    personne la violait non sans une certaine brutalité, une quatrième personne

    attendant impatiemment son tour.       

    

Ou bien,

-  "Une personne venait d'abattre le bijoutier afin de le dévaliser, alors qu'une personne

     postée à l'extérieur de la boutique tenait les passants en respect au moyen d'une

     rutilante kalachnikov."

Bon, on ne va pas y passer la nuit mais c'est vrai. J'ai fréquemment entendu ce genre

de bavassage consternant et, que voulez vous, si idiot que cela puisse paraître, ça me

fout en rogne grave.

Allez savoir. Si ça se trouve, depuis que la HALDE  et ses commissaires du peuple font

peser leur chape de plomb sur tout ce qui, en France, tente de s'exprimer, les spiquerins

de l'audiovisuel en viennent à s'autocensurer. Histoire de ne pas prendre le moindre

risque de passer pour d'ignobles fachos. Peut être même les rédactions diffusent elles

des instructions prohibitrices de termes limite politiquement incorrects, allez savoir!

 

Je ne vous exposerai pas, bien entendu, le fond de ma pensée. Mes moyens

m'interdisent, hélas, de m'offrir un procès comme celui du camarade Zemmour avec

les amendes et dommages intérêts susceptibles d'en découler. Mais, si vous voyez

ce que je veux dire, les "personnes" en question présentent très majoritairement

des caractéristiques particulières qui exigent la mesure super-attentive des termes

employés à leur égard. 

D'où les précautions oratoires qui constituent aujourd'hui la règle de tout discours

public et qui seront sans doute demain la règle générale à respecter dans toute

conversation fût elle la plus confidentielle. On ne sait jamais.

Cependant, à force de ne plus appeler un chat par son nom, il n'y comprend plus rien, 

pauvre bête. De toute façon, maintenant, personne ne sait plus ce que parler veut dire,

comme disait déja Tante Hiette dans les années cinquante. La pauvre vieille si elle

avait vu...

 

Cependant toutes ces locutions aussi approximatives qu'embarrassées reflètent

très fidèlement les à-peu-près biscornus qui font, petit à petit, partir nos sociétés en

couilles.  

Je vois mal pourquoi nous nous étonnons de voir tant de criminels et de fous dangereux

en liberté passer à l'acte sitôt que s'en offre l'occase. Le respect qui leur revient de droit

en tant que "personnes" s'accompagne d'une confiance bien-pensante en leurs qualités

humaines, certes cachées mais irréfragablement présumées. Bien sûr, c'est ballot pour

les victimes. Evidemment. Mais croire en l'homme ça exige aussi de savoir prendre des

risques. Surtout d'en faire prendre aux autres. Il existe des cas où le principe de

précaution dont on nous rebat les oreilles à tout propos ne saurait s'appliquer.

Notamment les meurtriers récidivistes. Il s'agit de "personnes" après tout. Les victimes

aussi, mais là n'est pas la question...

Tout cela me rappelle confusément la controverse acharnée qui agita un moment les

boîtes à écho à l'époque de Rachida Dati Garde des Sceaux. La question concernait

justement les criminels récidivistes. Le gouvernement souhaitait faire passer une loi

autorisant le maintien des intéressés au trou ad vitam aeternam. La Gauche,

naturellement, hurlait au scandale au nom des droits sacrés de la "personne" humaine.

Si j'ai bonne mémoire les socialos obtinrent gain de cause en vertu de je ne sais trop

quelle argutie permettant de reporter l'application du texte au calanques héllènes, 

comme dit le Marseillais cultivé. 

S'agissant d'une décision du Conseil Constitutionnel -ou du Conseil d'Etat, je ne me

souviens même plus- nul n'a le doit de dire que c'est une monstrueuse connerie.

La pauvre petite Laetitia Perrais est loin d'être la seule à en avoir fait les frais.

Toutefois quand je vois la Gauche, toujours elle, la ramener sur les remontrances du

Président de la République aux Juges qui foutent une paix royale aux ennemis publics,

j'ai carrément envie de gerber.

Et, en bon réac, je regrette le temps où l'on envoyait ces "personnes" à la Guyane.

Et je regrette aussi la peine de mort. Tant pis je l'ai écrit!

 

Alors, pour vous finir, je voudrais rendre un hommage sincère, appuyé et même

retentissant, aux bons Juges, ceux qui savent, de temps en temps me faire plaisir.

Ainsi décernè-je une mention spéciale à ces magistrats du Nord qui ont eu

l'insigne courage d'infliger une condamnation pénale  pour abus de confiance à

Pierre Maurois dans une sombre affaire d'emploi fictif. Egalement condamnée,

l'employée fictive, Lise Cohen-Solal, l'adjointe de notre petit coquin Maire de Paris.

Depuis le temps que j'attendais ça sans trop y croire (voir Hypothéses ) il ya de quoi

marquer le coup.

 

Soyez assurés de ma parfaite considération et merde pour qui ne me lira pas.

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Published by nouratin
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commentaires

Autre Vue 09/02/2011 11:19


Un article en français "journalistiquement" correct

Un candidat à l'immigration, privés de papiers faisait l'objet d'un encadrement différencié. Habitant un quartier populaire, il vivait d'incivilités. La mobilité européenne permet aux identités de
quartier qui se regroupent souvent sur des considérations ethniques de devenir des gens du voyage légaux.
Il en est de même pour ces enfants, issus de familles d'éducations éloignées, qui habillent la ville de couleur ou qui attendent non loin de centre culturel religieux, se sachant défavorablement
connus de la justice …
A traduire en vos propres termes …


nouratin 09/02/2011 19:36



Traduction libre: saloperies de b. et de n. de m.


Mais c'est plus joili à votre façon.


Merci et amitiés.


N.



chris 09/02/2011 10:32


" voyou, peu recommandable , indigne de respect " ...j'ai eu peur ! ....un instant , qu'il s' agisse de moi !

Oufff !....il ne s' agissait que des déchets intellectuels gauchards et de leur novlangue à la con que je n' utilise jamais ...
Par contre , les mots " facho " et " peine de mort " ne me choquent pas du tout ...au contraire ...


nouratin 09/02/2011 19:33



Oui, c'est à dire que j'essaie d'expliquer à ma façon mais parfois ça marche mieux.


J'ai constaté, d'ailleurs, que je manquais de vocabulaire. Je crois que je vais refaire un peu de poésie miteuse, ça m'obligera à faire des efforts.


Grozibous.



Mash 07/02/2011 21:06


Mon cher,tu décris la situation comme personne,as usual
Amitiés
M


nouratin 09/02/2011 19:29



Merci, tu es trop indulgent.


Amitiés.


N.



carine 07/02/2011 18:27


Ah oui, 'est très bien vu et bien écrit.
Moi, j'en étais restée aux "jeunes" . Je n'avais pas encore trop remarqué les "personnes". Faut dire que je suis de moins en moins les JT et encore moins les talques-choses comme dirait Mado la
Niçoise.
Pour moi, un délinquant, c'était toujours un "jeune". Mais maintenant que je suis "aware", je ferai attention.
Ca veut juste dire que le jeune a un peu grandi quoi, maintenant, c'est une grande personne.


nouratin 09/02/2011 13:20



Voilà, je pense que ce doit être ça. Etant précisé que "jeune" s'emploie plus volontiers,


semble-t-il, au pluriel. Serait-ce en train de devenir péjoratif? Quelle horreur!


En tout cas, pour s'y retrouver, je trouve que ça devient de plus en plus difficile.


L'âge, sans doute...


Amitiés.


N.



dxdiag 07/02/2011 17:59


Très bien vu !
et vous avez vu… qu’un horrible individu ( assez petit en plus) aurait négligé de respecter une personne, présumée innocente d’un acte de meurtre . Heureusement la ligue de droit de l’homme
veille.
http://www.europe1.fr/Faits-divers/Laetitia-la-LDH-indignee-par-Sarkozy-400787/

ps : au fait Polyphème a-t-il été aveuglé par un individu ou par personne ?


nouratin 09/02/2011 13:15



Oh que c'est pas beau! Décidément, le petit en question c'est la honte de la Pépublique!


Un sale individu, quoi. C'est comme pour Polyphème, vu l'époque, il ne pouvait s'agir


que d'un individu. Heureusement pour lui, il n'a pas eu à s'y reprendre à deux fois ni, d'ailleurs, a morfler les foudres de la LDH.


Amitiés.


N.