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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 16:42

 

Pas passé inaperçu mais presque, le décès de Jean Dutourd. On n'en a pas fait un

fromage. Juste deux trois conneries pour marquer le coup, mais en douce, sans

appuyer. Bien obligés mais faut pas exagérer.

Si je résume, les mérites de ce grand écrivain Français tiennent essentiellement à

sa participation aux Grosses Têtes du brave Bouvard et accessoirement à l'écriture

de son roman "Au Bon Beurre"  (non, pas beur) rendu immensément célèbre par la

série télévisée qui en fut tirée jadis. Magistralement interprétée avec l'accent de Bab

el Oued par Roger Levy, dit Hanin, dit "le beauf", cette adaptation géniale permettra

sans doute de préserver de l'oubli, l'ami Dutourd. Enfin si j'en juge par l'oraison vite

expédiée consentie par le marécage médiatique. Pas encore de quoi me réconcilier 

avec cette pseudo-élite d'abrutis-analphabètes-incultes-prétentiards, manipulateurs

de populo panurgéen.

Académicien, Dutourd, pas pousseur de chansonnette, même pas camé, même pas

homo. Et le pire, le plus moche, le plus rédhibitoire, le plus exclusif : même pas de

gauche. Royaliste il était, Dutourd! Voilà pourquoi, sans doute, Tata, le Neveu, restera

pratiquement muet sur ce coup là. Pas de joli discours bien grandiloquent du petit

Mitterrand. Juste quatre mots merdeux. La culture  de la République et son ministricule 

à la rime si riche ne se mettent pas en frais pour un royaliste réac, fût il immortel.

Qu'est-ce que ça peut foutre, du coup, tout ce qu'il a pu apporter au patrimoine littéraire?

Rien à branler. Un sale réac.

Je vais vous dire, on l'a obséqué ce matin. A Saint Germain des Prés, en plus, pour

emmerder un peu les Germanopratins qui devaient se pincer le pif au passage du

cercueil. On a même vu dans l'assitance Jean Tibéri et Charles Millon. Vraiment,

fallait pas y aller à l'enterrement de Dutourd. Trop mal fréquenté. En conséquence il

partira dans son trou sans tambours ni trompettes, c'est bien le cas de le dire.

Bon débarras. Un sale réac.

 

Pour faire complet dans la même veine, voici venir l'affaire Céline. Non, pas Dion.

Je regrette de décevoir mais, la chanteuse à Charles-André et ses jumeaux éprouvette,

je n' en ai rien à secouer. Je voulais parler de Louis-Ferdinand.

Faut il rendre hommage à Céline, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, 

ainsi que le susmentionné Tata Mitterrand s'apprêtait à le faire avant le sévère rappel

à l'ordre du Grand-Censeur-professionnel-autoproclamé, Serge Klarsfeld?

Sacrée question! Alors là, il se trouve dans le pétrin jusqu'au trognon voire plus, le petit

Mitou, pire qu'un boulanger cocu de Pagnol. La vraie mélasse, le tonneau de goudron!

Ils n'avaient pas pensé à mal, ses sbires, en inscrivant le grand Céline au catalogue

officiels des gens à commémorer cette année. Après tout si l'on ne peut pas faire un

petit peu honneur au plus génial écrivain de langue française du XXeme siècle,

sinon de tous les temps, y a plus qu'à passer directement à l'anglais et personne

ne nous emmerdera plus avec ce genre de conneries.

Seulement voilà. Nul, bien sûr ne conteste la superpuissance absolue de l'Oeuvre.

Manquerait plus que ça. Mais le bonhomme, alors là, une horreur! Nauséabond pire

qu'une armée de skinheads tatoués à la croix gammée moustachue! Affreux au point

qu'on ne toucherait pas certains de ses bouquins. Pire que reliés pur porc. Infâme, le

mec, maudit pour toujours, indigne à jamais, abominable jusqu'au bout des siècles des

siècles. Amen!

Attention, comme accusation ça se pose là. Il ne s'agit pas de broutilles, ni de vétilles,

ni de billevesées, ni même de crimes ordinaires et sans grande portée tels qu'il s'en

pardonne à tours de bras de nos jours. Non pas, loin de là mes pauvres amis, des

années de lumière, des parsecs, des infinis...

 Antisémitisme, putain, antisémitisme!

Le grabuge à l'état pur, l'opprobre éternel, l'inexpiable, le trou du fin fond de l'enfer!

Et c'est vrai qu'il n'y était pas allé avec le dos de la cuiller, le créateur de Bardamu.

Un jour je me suis retrouvé entre les mains un opuscule intitulé "Les Beaux Draps".

La vache, rien à ajouter! C'était pas une dent qu'il avait, contre les baptisés au sécateur.

La gueule de Fernandel, le dentier du crocodile, la machoire du grand-blanc,

le four du tyranosaurus-rex. La haine à l'état sauvage, ravageuse, insane et irrationnelle.

 Avec le talent flamboyant, superbe, pour sublimer l'abomination. Une curiosité, en

somme, un document, l'envers du décor et le fond de la nature humaine, bien torturée,

bien torrentueuse, bien sombre.

Cependant qu'on l'aime ou pas Céline ça reste un monument tellement énorme que les

petits homoncules, même lorsqu'ils riment bien, se trouvent complètement dépassés.

Coincés entre le dogme intangible qui fait perdre des voix précieuses quand on l'oublie

et le devoir sacré de célébrer le génie.

Il se fait si rare, le génie, qu'on ne peut pas se permettre de le fourguer aux oubliettes 

quand on en tient un de ce calibre. Oui, mais Klarsfeld et ses familles de descendants

de déportés, ça ne rigole pas non plus. 

On se doute bien qu'entre Céline tout seul, mort depuis lurette et tout ce qui gravite,

bien vivant, avec une grosse capacité de nuisance, autour des histoires de shoah

et tout le toutim, il lui faut un quart de millième de nano-seconde, au Président, pour

choisir.

"Ecoutez, Frédéric, c'est quoi ces conneries avec l'écrivain, là, comment...oui, c'est ça,

Céline. Bon, vous êtes gentil, vous arrêtez les enfantillages. J'ai assez d'emmerdes

comme ça sur des affaires sérieuses pour pas qu'on vienne me les briser avec ce

genre de fantaisie d'intello. D'ailleurs, je vous le signale au passage, Carlita elle l'aime

pas, le Céline. Elle dit que c'est un sale facho. Vu? Alors, fin de la récréation. Ecrasez

moi le coup vite fait et que j'en entende plus parler. Merci et bonjour à Madame, enfin,

je veux dire..."

Exit Louis-Ferdinand. Dans les cinq minutes il n'existait déja plus. Biffé, rayé, anéanti,

enterré pour de bon. Klarsfeldisé en quelque sorte. Un génie de moins. Au besoin on

mettra Elie Sémoun, a la place. En plus, il n'est pas mort, celui-là. On a tout à gagner!

Vae victis, crève charogne!

Chacun peut en penser ce qu'il veut, moi je trouve que ça fait réfléchir, enfin ça devrait.

La haine, chez Céline, découlait d'une impression de se faire bouffer tout cru. Vu sous

cet angle, ça n'excuse rien, mais ça éclaire les motifs de façon différente. Il voyait le

danger.

S'il avait su, Ferdinand,il aurait pu s'en sortir, de son pilori anathémisé, se dégotter

une belle excuse absolutoire, un viatique imparable, un blanc seing en béton. Mais il

ne savait pas, le malheureux. Il s'imaginait, de son vivant ,que les français avaient déja

touché le fond de la veulerie imbécile. Il ne leur voyait plus de marge de manoeuvre.

Comment eût il pu imaginer, dans ces conditions, qu'il lui eût suffi de se convertir à

l'Islam pour pouvoir hurler à la mort sans que personne ne lui en fît reproche? 

 

Toutefois, dans notre joli monde, on ne se contente pas de balancer les grands

hommes à la poubelle. On écrabouille carrément les libertés les plus fondamentales,

enfin celles qui devraient assurer la stabilité imbranlable de notre République assise

sur les Droits de l'Homme et tout ce qui marche avec. A commencer par la liberté

d'expression. C'est pas du fondamental pur jus, ça, la liberté d'expression? Une liberté

qui permet de parler sans crainte de se retrouver au trou, chouette quand même,

et pas si évident, ce n'est pas le cas partout, loin de là.

En bien ce n'est plus le cas chez nous non plus, tiens. Demandez à Eric Zemmour.

Bon, déja il ferait un candidat déplorable à l'accusation d'antisémitisme, Zemmour, pas

doué pour ça. Une chance, parce que pour le reste il paraît mal embarqué, ce garçon.

Un mec de droite qui s'arrange pour dénoncer à tout va les dégâts causés par

l'invasion africaine, de nos jours ça ressemble à une cible, à un punching ball, ça fait

office de bouc émissaire et ça s'en prend plein la gueule chaque fois que ça l'ouvre.

Seulement, un jour il s'est promené un peu loin dans le politiquement incorrect.

Pensez, "la plupart des trafiquants sont des noirs ou des arabes", il a sorti.

Aussitôt, la curée. La Licra, SOS Racisme et tout le bordel bien pensant montait au

créneau, déposait plainte, réclamait la tête du mécréant, hurlait au discriminateur

abject, criait sur tous les toîts à l'intolérable, igominieux, salopard de facho!

Mais là ne réside pas le problème.

L'ennui, le gros os dur à avaler, vient du réquisitoire du Procureur. Elle a fait

pareil, le Procureur de la République, elle a requis la condamnation de Zemmour!

Les couilles m'en sont tombé dans les souliers. Je vous jure.

C'est de ce jour là qu'on peut dater précisément la mort de la liberté d'expression en

France.

De profundis!

 

Indignez vous, qu'il a dit l'autre vieux schnock!

Ben tiens, pour une fois je l'écoute, sauf qu'on ne va pas s'offusquer des mêmes choses.

Pas bon pour moi, ça.

Elle est belle la République qui n'a rien à branler des gloires de la Littérature Française

et qui envoie ses procureurs requérir contre la liberté d'expression.

Et en supplément de programme, je vais finir par croire, comme ce vieux Dutourd, que

nous ne serions pas plus mal lotis avec un Roi.

 

Bonjour chez vous et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 17:34

"Ah ben flûte alors", qu'il m'a dit Grauburle, le retraité des PTT (on ne dit plus mais je

m'en tape), "vla t-y pas qu'ils me carbonisent les vacances, ces cochons-là!".

Furax, Grauburle! Il se sent trahi, abandonné, niqué, même, révérence parler, accablé

des malheurs où le destin le range, désespéré, amer et dégoûté.

Pas plus tard que demain matin, il devait embarquer, avec Mémaine, sa grosse!

"Un séjour hydillique à 230 €  la semaine, tout compris, dans un deux-étoiles luxe,

quasiment les pieds dans l'eau. Enfin, c'est quoi ce soukh? Tiennent pas leurs

engagements, ces bou...ces abrutis. Vous programmez tout, bien pépère, sans rien

laisser au hasard, comme une tournée de facteur, si vous voulez et puis, au dernier

moment, va te faire foutre, plus de son, plus d'image, le bordel arabe et la chienlit

bien fienteuse!

Comment vous voulez qu'il s'en sortent, hein, dites moi? Qu'ils nous foutent la

panique  chez nous, on comprend, c'est normal, on l'a bien cherché à colonialiser à

tout va, comme des charognards, on n'a que ce qu'on mérite! Mais chez eux, sacré

nom de Dieu, on sort du cadre, là! Hors-jeu, faut siffler la faute, merde, qu'est-ce qu'il

branle l'arbitre, alors, la putain de sa mère qui l'a chié, quand même, où ça va ça?

Voilà des gus, ils crèvent la dalle, on leur apporte notre pognon de touristes, voyons,

ils en vivent, du blé des français qui leur font l'honneur de venir les voir. Même pas

foutus d'un peu de reconnaisance. Egoïstes, inconscients, malappris, sauvages, valent

pas une pipe de tabac ces andouilles. En plus, ça te vous cisaille la branche pourrie

sur laquelle ça se repose! De la racaille,  je vous dis, des gougnafiers, tous autant

qu'ils sont!

Qu'ils crèvent, tiens, justifient pas mieux!

Et on va aller où, nous, avec Mémaine? O.K. on nous rembourse, qu'il a dit, le voyagiste.

Et après? Ca nous fabrique une belle jambe, crénom! Où voulez vous qu'on se balade 

avec 230 €, mon pauvre? Sur la Côte d'Azur?

Non, tu parles, on va rester au H.L.M. comme des cons. Alors que ça nous faisait un

sacrément chouette changement. Pas tellement pour les gueules, c'est à peu près les

mêmes, faut reconnaître. Mais la mer, le soleil, le sable blanc, les types qui se tiennent

tranquilles...enfin avant, et qui vous servent avec l'obséquiosité due à votre rang de

riche occidental.

Mémaine elle s'en faisait une joie quasi-orgasmique, elle qui nettoyait les chiottes de la

communale, comme boulot. Vous mordez un peu l'immensité de la déception, tout de

même? Surtout qu'elle va me le faire payer à moi, la salope,  me faire tartir dix-mille

fois plus, pour déglutir la grosse pilule. Comme quoi j'ai juste choisi le moment qu'il fallait

pas. Si ça se trouve je vais l'avoir fait exprès, vous savez comment sont les femmes,

pas vrai, toutes plus vachardes les unes que les autres. Surtout Mémaine!"

 

Bref, une catastrophe, pour ce pauvre bonhomme, les évènements de Tunisie.

Que voulez vous, chacun voit midi à sa porte. D'aucuns pourront se réjouir du sursaut

salutaire manifesté par ce petit peuple, désormais bien déterminé à secouer le joug

affreux de la dictature qui l'opprime. D'autres, pour suivre le conseil à la con d'Hessel, 

s'indigneront du sort des martyres de la liberté tombés sous les balles d'infâmes C.R.S.

S.S. inféodés aux oppresseurs du peuple.

Bon. Grauburle, lui, il voit juste que ça lui fout en l'air ses vacances de rêve. Question

de point de vue.

En revanche, moi, je me demande ce qu'il convient d'en penser. Je n'y connais pas grand

chose,au Maghreb. Tout ce que j'en perçois se résume aux emmerdements qui sourdent

d'Afrique du Nord depuis des palanquées de siècles. D'autant qu'ès qualité de 

méditerranéen de très vieille souche, je sais de mémoire ancestrale que les voisins

d'en face n'ont  jamais arrêté de nous pourrir la vie ( voir L'affaire se corse. ).

Sauf entre 1830 et 1954. Et encore.

 

Et pan dans les dents! Je ne m'y attendais pas si tôt à celle-là. Voila qu'en même temps,

alors que je gratouille laborieusement, en direct live, pour causer comme il faut

aujourd'hui, on apprend que Ben Ali, le dictateur de Tunis, a cessé définitivement de

dictater et vient de foutre son camp avec la célérité outrancière d'un compagnon 

charpentier à philanthropie contrepétomane (débrouillez vous avec).

Pas de nature à réconforter Grauburle, cette histoire. 

Ca ne lui rapproche pas les vacances à Hammamet!

  

Oui, parcequ'à partir de maintenant la Tunisie entre dans une de ces putains de zones

de turbulences dont on sait précisément quand elle commencent mais jamais trop

quand elles vont prendre fin..

C'est chaque fois pareil. Vous avez un régime bien stable en apparence et avec l'air si

costaud qu'on pourrait, en étant, il est vrai, encore plus con que nature, le croire éternel.

Quand il s'écroule, en général, c'est l'euphorie de la liberté retrouvée et de l'espoir qui

renaît sur le tas d'immondices.Et puis, juste après, on voit arriver la panique, le bordel,

le foutoir, la discorde, la guerre civile, le bain de sang, la misère noire, les pillages,

le brigandage, l'épuration, les dénonciations, les exécutions sommaires,

les basses vengeances opportunistes, la répression sauvage, pour enfin aboutir à

l'instauration d'un régime encore pire que celui qu'on a voulu chasser.

En l'occurence, je ne le leur souhaite pas aux Tunisiens, oh certes non, mais ça

pourrait bien être celui des Frères Musulmans or something else.

 

Vous avez remarqué, n'est-ce pas? Ce sont toujours les jeunes qui font les révolutions.

Les jeunes un peu instruits, la plupart du temps. Ceux à qui on a bourré le mou avec

tout un tas de foutaises d'intellectuels. Liberté, Egalité, Fraternité, droits de l'homme,

droits de la femme et patin couffin, tout des jolis trucs quoi, vachement attrayants et

qu'on mourrait volontiers pour, enfin façon de parler. Cependant on ne leur dit pas

grand chose des suites, Terreur, Guillottine, Comité de Salut Public, guerre,

conscription obligatoire, assignats, inflation de folie, ruine, désastre et désolation.

Ca, on écrase, on ne leur en parle pas, aux jeunes, ça pourrait leur démolir le rêve et

leur enlever le goût des révolutions. Alors, comme, au fond, ils ne connaissent ni ne

savent rien, ces petits, ils se lancent à corps perdu dans l'aventure comme leurs

aînés qui n'y sont plus. Et le cortège de merde suit tranquillement. Comme toujours.

 

Finalement, son talon d'Achille, à ce vieux mafieux de Ben Ali, vient probablement

du gros investissement qu'il a consacré à l'instruction du bon populo. Du coup, les

jeunes dont je viens de parler, se trouvaient là, disponibles et sans boulot. Le ventre

vide mais la tronche pleine. Alors ça n'a pas loupé. Il a suffi que l'un d'entre eux, à

bout de souffle et complètement désemparé, se fasse cramer en place publique,

pour allumer le feu sacré de l'insurrection.

Enfin, ils se seront toujours débarrassés d'une belle ordure, les Tunisiens.

Et puis, après tout, rien ne permet d'affirmer que leur aventure va virer au caca. 

On ne sait jamais. Il peut bien tourner, leur pays, reprendre du poil de la bestiole,

devenir prospère, yop là boum, riche, même, allez savoir. Et puis faire tâche

d'huile dans tout le Maghreb qui trouverait les voies de la croissance, de l'opulence,

de l'émergence mondialisée. La nouvelle Singapour, quasiment, pour dire.

Il se verrait alors en mesure, le Maghreb, de rappeler à lui tous ses enfants,

diasporisés dans une France en voie de sous-développement, bientôt incapable

de les nourrir.

Voyez vous, en cherchant bien et avec un peu d'imagination, on arrive toujours à

dégotter des raisons d'espérer. Enfin, pas vraiment des raisons mais on s'en fout,

l'espoir n'en a jamais eu besoin. 

 

Cela dit, pour en revenir, Grauburle, il ferait bien, quand même, de se dénicher une

autre destination de voyage. En attendant.

Qu'est-ce que vous diriez de Maubeuge?

 

Allez, mektoub, labbès et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

 

 

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 18:17

Pour faire le gros buzz, le candidat aux tant attendues Primaires Socialistes

dispose, en définitive, d'un nombre limité de solutions techniques.

 

La première consiste à "dire des conneries". Mais en pareil cas, la connerie

proférée doit nécessairement sortir de l'ordinaire et même ressortir à

l'extraordinaire, sous peine d'apparaître comme parfaitement banale et dépourvue

d'intérêt. Une sottise quelconque passe, chez ces gens, là pour une déclaration

politique conforme au dogme, aux valeurs, ainsi qu'aux principes directeurs du

Parti et n'attire en aucune façon l'attention.

Comme, par exemple, les propos habituels de la mère Aubry.

La technique en question apparaît, en revanche, parfaitement maîtrisée par la

Dame Ségolène dont elle constitue le cheval de bataille pour ne pas dire le fonds

de commerce. Elle en a tellement débloqué des insanités, cette chère Pintade,

qu'on n'y prèterait presque plus attention. Au début, ça surprenait, ça paraissait

charmant de fraîcheur printannière charentepoitousienne, ça pouvait même,

parfois, passer pour trait de génie, comme le jour fameux de la "bravitude". En

tout cas on en parlait, ça buzzait sec, efficace, percutant, vachement professionnel.

Seulement, vous savez comment sont les gens de nos jours, l'effet se dissipe, on

s'en fatigue, la grâce naïve des ségolèneries n'opère plus comme avant, elle 

arrive au bout du rouleau, la brave mémère. Tant va la cruche à l'eau... et Dieu

sait qu'elle n'a jamais eu peur d'y aller, à l'eau, la Ségolène!

 

Après, vous avez aussi la technique du "pas bouger d'un poil de cul". Ca peut

fonctionner mais faut quand même des conditions particulières. Je vous prends,

au hasard, Hollande. Bon, on ne l'entend pas, tout le monde ignore où il est.

Remarquez, loin de moi l'idée de m'en plaindre, plus il continue ainsi et plus je

suis content. D'ailleurs il doit se trouver à Tulle. Et s'y trouver bien, en plus. Il a

le look, on dirait le Charcutier de Mâchonville si cher à mon vieux pote Grancher.

Mais, soyons honnêtes, on a tendance à l'oublier. Loin des yeux loin du coeur, et

même du reste. Autant dire que lui, il devrait changer de méthode, passer à une

technique mieux adaptée à sa personnalité. Sans quoi, il fera 2%.

En revanche, il y en a un qui vous manie cette technique avec un art super-

consommé. Eh oui, bien sûr, je vous cause de l'Arlésienne du FMI, du Raminagrobis

de la très haute finance mondialisée, du d'Artagnan de la rapière à géométrie variable,

du deus ex machina du quinquennat annoncé. J'ai nommé, vous l'avez évidemment

reconnu, le Grand Dominique Strauss-Kahn (coup de cymbale). Fermez le ban.

Stupéfiant, le succès de ce mec alors qu'il ne moufte pas plus qu'un reposant de

cimetière et remue encore moins, si ça se pouvait. Absent. Même pas discret,

absent total. Disparu, rien à voir, évanoui dans les sphères éthérées, invisible

absolument, néantisé à bloc.

Mais désiré, souhaité, appelé, divinisé, encensé,auréolé, quasiment élu d'avance.

Du jamais vu! Sensationnel, invraisemblable, fabuleux, grandiose!

Le gus, il n'existe quasiment pas, on ne sait même pas s'il va se présenter, on est

presque sûr du contraire pour tout dire. Mais ça ne fait rien. C'est lui qu'on veut,

totalement, d'un amour infini, sans bornes, sans concession, sans raison.

Voilà bien le franchouille, tiens, l'esprit de contradiction fait peuple, Nation d'amoureux

transis de l'inaccessible étoile. Même si l'étoile en question se révèle bricolée avec

un bout de carton recouvert d'alu de cuisine et qu'on peut la récupérer d'un coup de

balai sec. Remarquez, le coup en question arriverait sans doute le jour improbable

où Minou la Tringlette annoncerait sa candidature. C'est là qu'on verrait les limites

du système.

 

Mentionnons aussi, pour mémoire, la technique du "c'est ma nana qui morfle".

Pas terrible, comme combine, assez inefficace, même, si l'on en juge par la quasi-

transparence de l'ineffable Montebourg, depuis quelques temps. D'ailleurs, nul ne

sait s'il l'avait fait exprès de faire lourder sa douce-amie de son poste de speakerine

d'infos prédigérées. Celle-ci, d'ailleurs, semble avoir gagné plus que son jules, sur

ce coup-là, en notoriété de pacotille. Lui, le bel Arnaud, ça ne lui a fait ni chaud, ni

froid. Juste un petit coup d'indignation médiatique et le buzz était déja parti voir

ailleurs si par hasard il s'y trouvait.

Donc, pas recommandable, comme technique. Sans compter la mise de fonds que

ça demande. Pas évident de se trouver une déesse du petit écran, comme brancard.

A part le précité Strauss-Kahn et le désopilant Borloo, très peu ont consenti un tel

sacrifice. Manifestement, ça ne vaut pas trop le coup.

Pas plus d'ailleurs que le "s'il y va pas, c'est moi", de Moscovici. Personnellement, je

ne saurais préconiser. Ca vous donne un profil de second choix, de lot de consolation,

de roue de secours, qui vous plombe déja la cote avant même que vous ne puissiez

y aller carrément. Mais qu'est-ce qu'il pourrait faire d'autre, tant que son patron du FMI,

encore lui, joue les sphynx évanescents suspensoirs de Primaires, pas vrai?

 

En revanche, et là, quand c'est bien fait, on arrive à toucher au sublime, au pré-divin

presque, esgourdez donc un peu la technique du "regardez moi bien, j'urine dans

le bénitier". Du grand art comme truc. Le nec plus ultra de la buzzerie moderne.

Encore mieux, le procédé n'exige aucun investissement coûteux, aucun effort

particulier. Il suffit de viser une bonne grosse connerie du sacro-saint dogme

socialiste. Pas de problème, vous avez l'embarras du choix dans tout le fatras

hétéroclite de la cosmogonie des acquis sociaux et autres conquètes du progrès

des masses laborieuses. Vous pouvez identifier une cible, peser le pour et le contre

et, si ça convient, donner l'ordre de tir. Comment? Facile. Vous attendez de vous

trouver sur un bon medium un peu porteur, style R.T.L. ou L.C.I. ou même R.M.C.

enfin une merderie comme-ça. Et puis, en douce, au moment où personne n'attend

rien de bien saillant, tchac! vous balancez le scud. Là vous pouvez y aller. Vous avez 

au moins deux minutes pour déblatérer tranquille. En attendant que l'interviewer 

retrouve sa respiration, se remette sur sa chaise, regoupe ce qui reste de ses esprits,

si tant est qu'il en eût jamais, analyse rapidos ce qui lui arrive, mette au point une 

tactique pour continuer son truc en préservant à la fois le scoop que vous lui donnez

et la suite de sa carrière. Bref, vous avez une paix impériale, comme ça n'arrive plus

jamais de nos jours et toute latitude pour parfaire la victoire éclatante que vous

venez de remporter sur l'ensemble de la classe politique et sur vos gentils

camarades en particulier.

Hiroshima, à côté, on dirait un pet de none. Effet dévastateur garanti. Tremblement de

terre, maelström, tsunami, ouragan, cyclone, marée noire, supernova, allez, faut dire

ce qui est, big-bang, n'ayons pas peur des mots!

Une fois que le truc a pété, vous avez le jet-stream dans le dos, le souffle

puissant de l'explosion qui vous propulse à tout berzingue au firmament du nirvana

médiatique.

Tout d'un coup, vous coûtez plus cher que tous les collègues réunis. On vous veut de

partout, on vous réclame, on vous sollicite, on vous implore, on vous met du Dom

Pérignon dans la loge, on vous en propose une petite pour décongestionner, on vous

déroule le tapis rouge pire que pour Sarko. En un mot, vous venez d'acquérir le titre

de "grand buzz pour au moins un bonne semaine", un exploit, par les temps qui

courent.

Voilà. Mais ce genre de performance reste hors de portée du commun des mortels.

Pour se le permettre il faut un statut compatible, du culot, un terrain bien préparé et

le profil du mec moderne qui vit avec son temps et sait ce qu'il faut aujourd'hui, pour

le bien du populo. Par exemple, ce procédé ne saurait convenir à un garçon comme

Fabius qui trimballe tellement de socialisme historique dans son paquetage qu'il en

perdrait à la fois prestige et crédibilité. Notez, pour ce qu'il lui en reste...

Non, le héros du compissage de bénitier, c'est Valls, bien sûr, le sémillant Manuel.

Celui qui restera à jamais l'homme qui a osé. Le courageux Valls, pour certains,

Valls l'iconoclaste pour d'autres. Le traitre, peut être pour les plus acharnés de la

doctrine, mais finalement ça ne s'est guère entendu, ce genre d'excès.

Pourtant, il n'a pas employé le dos de la cuiller, le petit Manuel. Les Trente-Cinq

Heures, qu'il a flinguées, cézigue pâte, rien que ça, d'un revers de pogne!

Tranquille, l'air de discuter le bout de gras sur la pluie, le beau temps et le prix du kilo

de gazoil.

Calmement, posément, sans avoir l'air d'y toucher, il a balancé comme quoi

on ne peut  plus se permettre ce genre de fantaisie d'un autre âge; entraînant 

du même coup  la ringardisation  immédiate et diffcilement réversible de 

l'ensemble de ses coréligionnaires socialistes.  A commencer, bien entendu 

par leur  Première- Secrétaire.La Dame des Trente-Cinq heures! 

On dirait du Feydeau.

Sans parler de ces cons de syndicalistes qui s'attendaient à tout sauf à ça et qui

s'en bavaient sur le plastron à ne pas savoir quoi bafouiller  face à un pataquès de

cette ampleur.

Putain, l'écroulement dans le vacarme la fureur et l'affollement général.

Un socialo qui se met à dézinguer les piliers du Temple! Tout le

plaftard qui choît sur les gueules des hommes et des femmes de gauche, si

engoncés dans leurs certitudes qu'ils ne captent rien à ce qui leur arrive.

Abasourdis, estomaqués, stupéfaits, terrorisés, ils hésitent entre se faire dessous,

ouvrir dare-dare un compte en Suisse (enfin seulement ceux qui ne l'ont pas encore

fait), ou se coller sous le portrait tutélaire du Bienheureux Mitterrrand. Il les protègera

sans doute, le Vieux, il savait y faire, lui. Sous son règne, jamais on aurait vu pareil

sacrilège! Les trente-cinq heures non plus d'ailleurs, on ne les avait pas vues, de son

temps. Pas fou le Tonton. 

 

Alors, voilà. Pour ce qui est de buzzer, le petit Manuel on sent bien qu'il en connaît

un gros sac. Pas la première fois qu'on le voit faire ( voir Guide Suprême et Burqa )

mais ce coup-ci il vient de franchir le rubi, con, et avec une maestria qu'on

n'eût pas soupçonnée chez un gamin qui ne payait pas tant de mine.

Beau travail!

Cette sortie ne lui vaudra peut être pas l'amour débridé du bon peuple de gauche ni

les suffrages des braves salariés peu enclins à larguer leurs RTT mais en termes

de notoriété ça claque dur, ça ramène costaud.

Sans compter que le filon apparaît à peine effleuré. Il reste assez de minerai à

extraire pour lui assurer des années de succès fulgurant. Supposez qu'il s'attaque

aux Comités d'Entreprise, au droit de grève, à la peine de mort, même, pourquoi pas?

Vous le voyez le boulevard triomphal qui s'ouvre devant la musette à Valls, qu'on lui

aurait donné le Bon Jaurès sans confession, dites, parti comme il est, pas vrai?

 

Croyez moi, il ira loin, ce coquinou, pourvu qu'il conserve le rythme et la technique.

C'est sûr, il grandira. Pas tellement parcequ'il est espagnol, non, mais parcequ'à

sa façon, il trimballe un gros sens de l'humour comme on en voit peu dans le cloaque

politicard. Mis à part Sarko et Méluche.

 

Que la vie vous reste douce et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

 

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 17:23

Vaseux, voilà le mot, je me sens vaseux. D'accord, ça ne se fait pas, dans ce blog, de

se raconter sans vergogne comme n'importe quel observateur fervent de son propre

nombril. Il s'agit juste de vous planter le décor, si j'ose dire, pour tenter maladroitement

une captatio benevolentiae. Pour vous appeler à l'indulgence, en quelque sorte, car

lorsque le mec se sent flapi ses écrits risquent d'en morfler sévèrement les

conséquences. Vous en avez des vachement doués qui écrivent comme ils font pipi.

Naturellement. Ca existe, j'en connais mais n'attendez pas que je cite des noms. Ca

friserait le viol, cette sorte d'intrusion dans l'intime du gratteur, sans compter qu'on

n'a jamais de certitudes, en ce domaine. Il y en a, ça semble couler de source, comme

ça, à vue de pif mais en réalité ils bossent la nuit. Voyez Céline, tiens. Tellement naturel,

Céline, une splendeur, un rêve, presqu'un miracle. Pourtant, pas du tout. Faut voir le

boulot!

Au temps où les types écrivaient à la paluche, ils gardaient leur brouillons, pas comme

aujourd'hui. On ne retrouvera plus, désormais, les traces  de l'étrange labeur écrivassier.

Fini, tout s'en va dans les limbes dématérialisés du mystère numérique. Du coup, on ne

sait pas. Les cochonneries virent tout de suite, au fur et à mesure. Le bébé sort tout

propre. Dommage, pour certains, infime minorité, ça vaudrait encore la peine de savoir.

 

Bon alors, nous nous retrouvons au 1er Janvier 2011. Encore une qui promet, tiens!

Les conneries que j'écrivais les années précédentes ( voir Irreparabile tempus fugit...

et Annus merdibilis. ) en dehors d'établir que, ces jours là, j'ai tendance à faire dans le

latin,  va savoir pourquoi, dénotent un pessimisme bien fondé. Pas de doute,

on se retrouve toujours en dessous de la réalité, tellement elle apparaît

cradingue, la réalité constatée au bout du bout de l'année.

Bien sûr, le Président de la République Une et Incomestible, trouve des raisons

d'espérer. Moi, je comprends, remonter le moral des corniauds de citoyens ressortit à

sa compétence et relève de son devoir le plus sacré. Hélas, les corniauds en cause

ne marchent plus trop dans la combine. Quand vous vous trouvez  dedans jusqu'aux

sourcils  et que ça dure, les envolées relatives aux lendemains chanteurs vous laissent

pour le moins perplexes. Cependant, comme disait l'autre, il n'est pas nécessaire

d'espérer pour entreprendre. Si notre sympathique Président espérait  convaincre, il

n'entreprendrait plus grand chose, désormais. Vous me direz, on ne verrait pas trop

la différence.

 

Et puis, d'abord, qu'est-ce que c'est que ces manies à la con de célébrer à grands

coups de pichetegorne, de foie-gras et de discours solennels, un machin qui n'existe

pas?

D'accord, depuis l'an dernier à la même date, nous avons bouclé un tour complet du

Soleil. Un de plus un de moins, même si je me répète. Oui, certes, mais c'est vrai tous

les jours, ça. Rien d'extraordinaire. Le courant. Tenez, je vous prends le 14 Juin, au

hasard, vous voyez une différence, vous, sauf que normalement le temps s'y montre 

plus sympa? Aucune. Mime chose pareil. Aussi vrai et aussi banal. Pour tout dire

cette histoire de Jour de l'An apparaît seulement comme une convention juridique  et

comptable. Histoire de trouver un commencement. Mais de là à en faire un fromage,

faut vraiment n'avoir rien d'autre à foutre. Tant qu'à célébrer un truc on pouvait bien

choisir le Printemps. Plus sympa le Printemps, au moins ça donne des raisons

d'espérer. Surtout pour ceux qui souffrent de rhumatismes.

 

Comme la Légion d'Honneur, aussi, en voilà une belle couillonnade. Bien sûr tous les

ans je balance un petit coup d'oeil aux décrets. Voir les noms que je connais. On ne

sait jamais, des fois qu'il s'agirait de gens sympa à féliciter. Parcequ'en général ça

leur procure tellement de joie et de plaisir à ces andouilles qu'on dirait presque un

touché de loto, comme effet. Là, j'ai bien trouvé des connaissances, dans les listes

mais, comme pratiquement tous les ans, aucune qui vaille des félicitations. Il y a bien

Jeannie Longo qui, après tout, mérite bien une petite récompense officielle depuis le

temps qu'elle se décarcasse. Manque de pot je ne la connais pas personnellement

et si d'aventure je la rencontrais à vélo, le temps de la remettre elle serait déja loin.

Et je ne parle même pas du cas où on se croiserait. 

Reste ma très chère Fadéla (voir Ni miss ni sous pute ) dont la remarquable inaction

gouvernementale justifie amplement la petite breloque à pointes mouchetées. Si elle

avait vraiment bossé, je ne vous raconte pas ce que ça aurait coûté.  

Un petit mot pour Christine Boutin qui démontre magnifiquement que se faire choper

la main dans le sac d'argent public peut, dans certains cas, valoir le ruban rouge.

N'empêche que depuis les mésaventures de Woerth, il devraient se méfier de qui

ils proposent, les ministres. Des fois ça fait des saletés quand ça retombe 

Et puis, après tout, qu'ils se démerdent avec leurs conneries tous ces paillasses. 

 

Une note carrément tragique, pour terminer, histoire de ne pas vous déranger pour

rien. Depuis quelques temps, vous l'avez sans doute remarqué, nos amis musulmans

prennent l'habitude de bouziller du chrétien. Hier ceux de Bagdad, aujourd'hui

les Coptes d'Alexandrie, demain nos braves mémés grenouilles de bénitiers. Elles 

feraient bien de commencer à privilégier la messe télévisée, celles là. Sans compter

que, des églises y en a plein partout, ce qui pourrait compenser le manque criant

d'équipements de loisir dans nos quartiers sensibles. Comme activité ludique, le

caillassage de catholiques semble appelé à un avenir radieux. En attendant mieux. 

 

Voilà. Pour ce coup là, ce sera tout. Vaseux, vous dis-je.

Cependant, que tous ceux qui viennent de temps en temps ici consulter mes

nouratineries reçoivent mes voeux les plus sincères pour ce nouveau tour de soleil

jusqu'à la prochaine Saint-Sylvestre. Une mention particulière pour Kate, l'amie fidèle,

Dxdiag à la lucidité  subtilement corrosive, Chris, l'artiste totale aux talents ravageurs,

Mash pour qui je ressens des tas d'affinités électives. 

Que 2011 vous balance à tous une brouettée de délices, de plaisirs et de tendres

douceurs. Même si la probabilité est faible, ça ne mange pas de pain de souhaiter.

 

A bientôt j'espère.

Et merde pour qui ne me lira pas.

 

P.S. Je reviendrai sans doute à l'ancienne présentation. Blanc sur noir, comme dit

Mash, ça me correspond mieux.

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 18:46

Voyez vous, les Alpes-Maritimes, c'est rien qu'un repaire de vieux et de fachos.

Et même de vieux fachos! Voilà des gens qui vous élisent des Estrosi et des Ciotti,

des affreux dégoûtants qui font tordre le nez à tous les Bien-Pensants. Des ignobles,

ces types de l'extrème-extrème Sud-Est-Droite. On se demande comment

ils peuvent faire partie de Notre Grande Nation Franchouille qu'ils n'ont de cesse de

déshonorer par leur conduite inqualifiable. D'ailleurs on ne sait même pas comment

les appeler. Alpi-Maritimains? Marino-Alpins? En fait, les gens de bien, ceux qui

ne sauraient tolérer la moindre manifestation de mépris à l'égard de groupes

humains, surtout s'ils viennent de l'autre côté de la Méditeranée, les qualifient de

"Pizzaiolos". Méritent pas mieux, ces dégénérés de la queue des Alpes qui trempe

dans la Mer.

 

Rendez vous compte, pas plus tard que ce Mardi, Abderahmane, charmant

Algérien de vingt-six printemps, attendait au guichet de la Préfecture. Déja

quelques grosses minutes qu'il patientait quand vint son tour. Manque de pot, il

s'était gouré de service, le pauvre garçon, ce que la fonctionnaire accueilleuse lui

fit connaître sans le moindre ménagement. Abderahmane, qui n'avait pas que cela

à foutre, répliqua comme quoi ce genre de détail le laissait de marbre et qu'il

ne saurait en aucun cas se retaper une seconde attente .

Faut comprendre.

Cependant, la sbire du corps préfectoral Alpi-Maritimain, enfin pizzaiolo, animée de

sentiments qu'il apparaît préférable de ne point analyser, crut judicieux de rejeter

aussi sec la bien légitime requête de notre jeune héros.

Ce dernier, profondément affecté par le comportement méprisable de l'agente en

cause, laissa alors libre cours à son indignation, laquelle le conduisit à sauter à pieds

joints sur le guichet, à se saisir du premier objet qui lui tombait sous la main et à le

balancer à travers la gueule de la fonctionnaire nauséabonde.

Par le plus grand des hasards, il se trouve que l'objet en question n'était autre qu'un

drapeau tricolore et tellement volumineux qu'Abderahmane dut en briser la hampe

afin de pouvoir le manipuler plus aisément. Soit dit en passant, j'espère que vous

réalisez le côté vicieusement provocateur de cette exposition prétentieuse de

l'emblème national dans les services destinés aux étrangers. Nous fustigeames

déja par le passé (voir Saucisson, pinard, vuvuzélas et drapeau... ) cette pratique

douteuse  consistant à brandir en tous lieux le drapeau sous le nez des

minorités enrichissantes qui ont tant de mal, déja, à nous saquer, avec nos manies

de sales infidèles.

 

Que croyez vous qu'il arriva ensuite? Qu'on fît droit à la demande d'Abderahmane

d'abréger son attente, comme il convient généralement en pareil cas? Qu'on lui

présentât ensuite des excuses au titre des manoeuvres odieusement discriminatoires

qu'il eut à subir, ce qui ne serait en définitive que la moindre des corrections?

Eh bien pas du tout, hélas, bien au contraire! Le malheureux Algérien s'est vu

embarquer par la flicaille, comme le premier policier suspecté venu et déféré sur

le champ à un Tribunal!

Si, si, je vous assure, en comparution immédiate, dans des conditions indignes et,

à l'évidence, sans motif valable.

Alors, me direz vous, l'affaire s'arrête là. La justice ne pouvant manquer de  rendre à

l'ami Abder la liberté que nul, jamais n'aurait dû lui soustraire. Et, naturellement

avec excuses et indemnités, cela va de soi.

Hélas! Hélas! Hélas! jamais de la vie. Figurez vous qu'en ces contrées barbares, il

s'est trouvé des juges pour condamner le pauvre homme à quatre mois assortis

d'une amende! Avec sursis, d'accord, mais tout de même! Encore une fois, je ne

plaisante pas: dans les Alpes-Maritimes, jusqu'aux  juges qui se révèlent fachos!

L'horreur absolue, quoi!

 

Outrage au drapeau, qu'ils ont dit ces félons, sur la base de la loi scélérate de

Sarkozy! La législation de la FNAC de Nice -tiens encore- l'affaire de la photo

du gus qui se torche avec les trois couleurs de la France.

Y s'est pas torché, Abderahmane, ça se serait su, quand même!

Espérons qu'en appel cette honte sera lavée.

Il n'en reste pas moins que dans un coin reculé du Pays des Droits de l'Homme,

un Algérien a pu se voir condamné pour outrage au drapeau.

Mince, j'aurais pas cru!

 

Dieu merci, nos bons gouvernants viennent de bombarder Rama Yade au poste

somptueux d'ambassadeur auprès de l'UNESCO ( et Dieu sait qu'Unesco griffe).

Voilà de quoi remettre un peu de baume au coeur de la pauvre petite.

Et puis, question valeurs de gauche, cette jolie nomination compense un tout petit

peu l'odieuse affaire Abderahmane. Ca nous finira l'année sur une note positive.

 

Joyeuse fêtes à tous les beaux esprits qui m'honorent de leur lecture.

Et merde pour qui ne me lira pas.

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 17:37

Salauds de Serbes! Nous autres, les Démocraties Occidentales, nous savons

nous y prendre avec les méchants cruels qui s'attaquent lâchement aux pauvres

démunis sans défense qui font peine à voir. Surtout quand ils s'agit de musulmans.

Salauds de Serbes! Rappelez vous, les massacres d'innocents en Bosnie-

Herzégovine, Srébréniça, Radovan Karazic et ses escadrons de la mort sans

foi ni loi, tueurs, violeurs et tortionnaires. Ah, heureusement, nous étions là pour

prendre la défense du faible et de l'opprimé pourvu qu'il musulme un tant soit peu.

Salauds de Serbes! Alors évidemment, aujourd'hui on apprend que les braves

mahométans albanais revendaient le Serbe en pièces détachées sur le marché

noir des organes d'occase. Ben oui, mais ça change quoi? La guerre, on sait bien

les horreurs que ça recouvre. Et puis, soyons lucides, fallait bien qu'ils se financent,

les pauvre gens, avec tous leurs malheurs et leur radovanneries. Sans compter

qu'ils avaient tout de même le droit de se faire un peu plaisir, ces gentils muzz, 

par exemple en prélevant les morcifs sur Serbe vivant, ce qui se révèle beaucoup

plus drôle.

Salauds de Serbes! Enfin, on les a bien niqués. Maintenant on leur a sucré la

Bosnie et les cons qui y sont restés vivent le martyre au milieu des

Albano-Bosniaques un peu féroces mais si sympas vus de Washington ou de

Saint Germain des Prés. Et puis, après tout, le Serbe ce n'est jamais qu'un sale

chien de chrétien, impur et voué à l'enfer.

Salauds de Serbes!

 

Tout cela pour vous dire que nous, les occidentaux bien clean, nous savons toujours

nous battre du bon côté. La bien-pensance nous dicte notre devoir, le politiquement

correct fait le reste et la trouille des attentats assure les arrières.

Le cas échéant, les nécessités de l'approvisionnement en pétrole et la succulence des

fonds souverains émirifiques dissolvent gentiment nos derniers doutes éventuels. 

Par conséquent notre doctrine se résume en un postulat:

"les musulmans ont toujours raison".

Demandez au camarade Laurent Gbagbo ce qui marche le mieux de l'Internationale

Socialiste ou de la stricte observance du Ranco. En cas de conflit, bien sûr, sinon,

normalement, les deux religions marchent main dans la main.

 

Voyez à Paris, tiens, pas la peine d'aller bien loin. Les socialos qui tiennent notre

belle Capitale avec le concours significatif des verts-pastèques, connaissent 

parfaitement le mode d'emploi. Jetez un coup d'oeil à la Goutte d'Or, dans la rue, 

notamment le Vendredi. Si vous arrivez à compter le nombre de culs en l'air sans

vous tromper vous gagnez un voyage à la Mecque en basse saison. Mais faites gaffe

quand même à ne pas vous faire repérer, sans quoi vous pourriez danser la Mazurka

du Prophète, celle qui, dans le meilleur des cas, vous envoie à l'hosto. Si toutefois 

quelqu'un daigne vous ramasser.

Rien de bien gênant, cependant, pour la bande à Delanoë qui semble

s'accommoder à merveille de ces manifestations de ferveur si pittoresques

et si enrichissantes.

D'ailleurs les fidèles au cul en l'air ont le bon goût de prier entre le 18eme et le 20eme.

De la sorte on n'est pas obligé de les déranger pour rentrer chez soi, on n'habite pas

ces endroits-là.

 

Par suite, il convient donc, bien sûr, de condamner avec la plus grande vigueur et la

dernière énergie, les propos tenus à ce sujet par la petite Le Pen, bien la fille de son

père, tiens, celle-là. Vla-t-y pas qu'elle a qualifié d'occupation les prières de rue des

cul-en-l'air. Occupation, vous vous rendez compte, après tout ce qu'ils ont fait pour

nous, les musulmans, qu'ils ont libéré la France encore mieux que les amerloques et

qu'ils ont donné leur sang, oui, tout plein, pour la République. Même qu'ils ont aussi

libéré l'Algérie, tant qu'ils y étaient. De grands libérateurs, vous dis-je!

                         Musulman, nous voilà!

                         Devant toi, le sauveur de la France,

                         Nous jurons, nous tes gars,

                         De servir et de suivre tes pas.

                         Musulman, nous voilà!

(Si je me fais choper sur ce coup là, je suis bon pour la mise en examen; à moi

la célébrité).

La mise en examen, c'est ce qui pend au nez à la petite Marine! Le MRAP et tout le

toutim, sans tergiverser une seconde ont porté plainte contre l'horreur absolue qui

consiste à quasiment traiter de nazis les descendants d'Abd El Kader Le Grand,

de Boumedienne et de Ben Bella, ces pères fondateurs de la France d'aujourd'hui.

Et quand on sait le profond respect, l'attachement essentiel et la quasi-dévotion

que notre Justice voue aux fidèles d'Allah, elle a du souci à se faire, la fille de

Jean-Marie.

"Occupation", non mais vous réalisez! Même que j'ai sorti le Littré, tellement je n'en

croyais pas mes oreilles. Et qu'est-ce qu'il m'a dit, ce vieux Littré? Il m'a dit:

"Action d'occuper, de s'emparer d'un lieu, d'un bien". Après, naturellement, il vous en

colle toute une tartine, avec des acceptions dont je n'eusse jamais imaginé qu'elles

existassent, mais fondamentalement il s'agit bien de l'action de s'emparer d'un lieu.

En somme, très exactement ce que font nos amis cul-en-l'air lorsqu'ils disposent des

barrières métalliques et des appariteurs musclés pour interdire tout accès au domaine

public, ils s'en emparent.

Oui mais bon, déja, le musulman n'a rien à secouer du Littré qui ne représente qu'un

outil d'oppression des minorités visibles dans la mesure où il ignore le parlé fleuri des

quartiers sensibles, le français d'aujourd'hui, quoi. Littré c'est l'injustice sociale en six

volumes,si vous préférez.

Et puis, derrière les mots, encore convient il de rechercher les intentions. Le boulot du

juge rouge, pardonnez le pléonasme, consiste à mettre en lumière le fond caché de la

pensée du suspect. Ainsi, par exemple, suposez que vous déclariez publiquement

"je vais au marché chercher un melon" (oui, je sais, ce n'est pas la saison et je vais

me faire tancer par les écolos, cette fois). Donc disais-je, vos propos relatifs à cette

innocente cucurbitacée pourraient parfaitement faire l'objet d'une plainte au pénal, je

ne vous fais pas un dessin. En pareil cas, pour peu que vous soyez blanc et

catholique, je ne donne pas cher de votre peau. Souvenez vous de la

condamnation d'Hortefeux pour injure raciste (voir Abjection votre horreur! ),

vous verrez bien que je ne déconne pas.

D'ailleurs, soit dit en passant et entre parenthèses, les juges  viennent encore une

fois de se le payer, le rouquemoute. Ce coup-ci, pour avoir limogé un membre du

cabinet de la mère Alliot-Marie, très fortement soupçonné de refiler des informations 

secrètes à Mediapart et autres fouille-merde encartés. Atteinte à la présomption

d'innocence, qu'ils ont dit, les juges. Fallait laisser le mec continuer tranquillement à

fuiter et ce jusqu'à condamnation définitive! En cinq ou six ans l'affaire pouvait se

régler. Avec un peu de pot.

 

Mais revenons donc à nos moutons dûment égorgés en application des dispositions

de la Charia bien sûr; la petite Marine va se faire condamner pour injure raciste

alors qu'elle s'est bornée à constater un fait indéniable. Bon. Sous Staline, me direz

vous, il en fallait encore moins. Sans compter qu'elle l'a bien cherché, la coquine, elle

l'a fait exprès. Connaissant parfaitement la langue française et aussi la justice du même

tonneau, elle a bien compris tout le parti qu'elle pouvait tirer de cette affaire d'occupation.

La Gauche aussi, d'ailleurs, qui souffle sur les braises ardentes sans même se rendre

compte qu'elle se précipite vers un nouveau 21 Avril, mais pas à l'envers.

Très con, la Gauche, bien malin qui prouverait le contraire.

Tellement con, d'ailleurs qu'en assurant la promotion de l'immigration africaine ces

rigolos souhaitaient sans doute créer un nouveau vivier de sans-culottes, prêts à

faire la révolution. En guise de révolutionnaires, ils auront récolté des fanatiques

absolus, capables de tout pour s'éviter les horreurs éternelles de l'enfer d'Allah.

Mais, me direz vous, ils ne sont pas tous comme cela, la plupart rève de s'intégrer,

les salauds ce sont les fachos comme moi qui leur dénient cette aspiration, pourtant

si légitime.

Peut être. Mais moi, je sais juste que nous avions, voilà quarante ans, un bien 

joli pays , peuplé de gens à peu près civilisés et où il faisait bon vivre, sans haine et sans

crainte. Aujourd'hui, on commence à avoir un peu l'impression contraire.

Au fond, c'est peut être cela qu'on appelle l'Occupation.

 

Noyeux Joël!

Et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 17:18

Pour peu qu'on se donne un minimum de peine, il apparaît possible de trouver des

similitudes entre les situations respectives de la Côte d'Ivoire et de Haïti, en ces

temps terribles de Décembre 2010. Grosso-modo, on se trouve en présence de deux

élections de chef d'état, avec scrutin certes bordélique mais bon, faut pas trop en

demander et résultats très mal pris par les partisans du perdant. N'allez pas chercher

d'autres points communs, il n'en existe aucun. Et surtout n'essayez pas de me faire

dire ce que je n'ai pas dit ou encore de chercher je ne sais quel sous-entendu à la

con. Pas mon genre de me faire piéger comme un bleu, avec la LICRA, SOS machin

ou le CRAN qui me tombent à bras raccourcis sur les endosses.

Mon propos se borne à essayer de comprendre pourquoi les démocraties

occidentales arrivent, tant bien que mal, à fonctionner avec des systèmes fondés sur

l'oppression d'une partie de la population par l'autre, alors qu'ailleurs, le plus souvent,

une telle bizarrerie se révèle vouée à l'échec.

 

Inutile de consulter Montesquieu, Rousseau et autres penseurs à lumières qui

nous ont si gentiment foutus dans le pétrin, voilà deux siècles. Tous les raisonnements

du monde, toutes les théorie philosophico-politiques ne valent pas l'examen minutieux

de ce qui peut se passer dans l'intellect improbable du citoyen ordinaire. Là se trouve

le noeud du problème.

 

Tiens on va commencer par l'ami Hulley, ce vieux Hank

(voir No, we can't ou l'émergence du concept de racisme positif. ).

Comme vous le savez, Hank Hulley, ses sympathies vont aux Républicains. Il serait plutôt

du genre réac, le mec, mais sans théoriser, n'est-ce pas, de manière un peu empirique.

Si on lui fout la paix, il reste dans son trou, Hank, il ne va même pas voter. Pas la peine. 

Il y en a suffisamment comme ça qui trouvent intéressant de coller un

bulletin à la con dans une urne trop pleine, comme à Waterloo. De la sorte, le pays

disposera toujours d'un gouvernement et les vaches seront bien gardées. La seule

exception qu'il fait, Hank, concerne l'élection du Shériff du comté. Là il y va, faut pas

déconner. Bien sûr, il n'a pas lu Toqueville mais la démocratie ça lui parle quand il

se sent directement concerné. Comme Shériff pas question de mettre n'importe qui,

sinon on risque les pires emmerdes. Cela dit, il accepte toujours le verdict des urnes,

Hank. Si ça foire, on se rattrapera au prochain coup. Ainsi agira t-il, comme nous

l'avons vu, pour virer Barack-Hussein Obama. Là, il consentira l'effort. 

 

Pareil chez nous, finalement. Un peu plus intellectualisé, il faut bien le dire, le Céfran

affichant souvent des convictions, généralement de gauche, sinon, en principe,

il n'affiche pas, il ferme sa gueule et se venge dans l'isoloir. 

Prenons donc un électeur franchouille moyen, le tout venant, en quelque sorte. Tiens,

l'ami Foupallour, Jean, de son prénom. Un type quelconque Nikon ni malin (il fait de

la photo en amateur), supporteur de foot et théoricien politique de comptoir en zinc.

Il serait plutôt à gauche, Foupallour, forcément, tradition familiale oblige. Sauf que, sur

Mohamed et Bamboula il coinçouille un peu. Pas raciste, attention, surtout pas, faut

pas déconner. Diable, y en a des bien, exceptionnellement, quand ça se trouve, enfin

un par ci, un par là, clair, clair, clair semé. Vu le nombre ça ne rattrape pas, hélas.

Du coup, évidemment, le discours de gauche, tant qu'il consiste à faire payer les

riches, pas de problème, il adhère plutôt deux fois qu'une. La justice, pour Jean

Foupallour, c'est quand l'autre morfle. L'autre, finalement, sa raison d'être consiste à

raquer et à se taire. La conscience de classe fait le reste et du coup, l'autre

apparaît sous les traits peu tibulaires des salauds de riches-exploiteurs-capitalistes.

Que même, comme dit Paulo, le délégué CGT, les sans-papiers ils les font venir par

cargos entiers pour nous niquer les salaires. Les pédés!

En revanche, sous ce dernier aspect, pour Jeannot, la gauche manque un peu de

cohérence. On voit bien que l'immigré, par le fait, se révèle comme l'allié objectif

du capitaloche, l'ordure, alors pourquoi qu'on le défend, l'immigré, bordel? On

nourrit la main qui nous mord, pas vrai, y comprend pas ça, Mélanchon?

Par conséquent, forcément, pour rétablir l'équilibre, il a pris l'habitude de voter Front

National, Foupallour, systématiquement. Et du coup, à chaque fois il l'a dans l'os,

jamais le candidat bénéficiaire de son suffrage ne parvient à l'emporter!

Trente ans bientôt que ça dure, sans discontinuer!

Eh bien que croyez vous? Il reste inébranlable, le mec, même pas aigri, même

pas dégoûté, même pas déçu. Il se plie à l'avis du plus grand nombre, à la volonté

générale, dirait il s'il avait moins mal occupé sa jeunesse et un peu étudié.

Un grand démocrate, somme toute, Jean Foupallour, un modèle pour tous ces

peuples misérables, voués à la haine et au déchirement, faute de posséder cette

vertu si nécessaire à l'harmonieux équilibre des sociétés policées : l'abnégation

civique.

En même temps, notre héros sait calquer sa politique électorale personnelle sur

ses convictions profondes bien qu'apparemment antagonistes. Il n'ignore pas qu'en

définitive, voter Front National équivaut à apporter son sufffrage à la gauche.

Jean parvient ainsi à satisfaire simultanément ses pulsions xénophobes et sa

conscience de classe.

Une seule fois faillit sa stratégie, en 2002, lorsqu'en violation de tous les usages

républicains, Jean- Marie franchit le seuil du second tour, offrant ainsi à Chirac

une victoire aux saveurs de scrutin soviétique.

Quelques pastis bien dosés eurent, cette fois là, raison de la déconvenue

foupallourdesque.

Sans compter qu'après tout, n'est-ce pas, Jacques Chirac était aussi, à sa manière,

un parfait socialiste.

 

On pourrait, de la même façon faire la tournée complète de nos belles démocraties.

Observer, par exemple, l'Allemand Gottlib Grossmutterficken avec sa grosse chope

de bière en pogne. Quand elle est bonne, la bière, il vote CDU. Si la qualité baisse

il peut se venger en votant SPD. Il est bien installé dans sa démocratie pépère,

Gottlib, même s'il caresse, parfois, une petite pensée nostalique pour le bon temps

du Reich de Gross-Papa. Quelle allure, tout de même, Gross-Papa en grand

uniforme d'obersturmbahnführer sur la belle photo encadrée du salon, quand il

défendait le vaterland à Auschwitz. C'était une autre époque, certes, la grandeur,

la  foi patriotique, la supériorité aryenne et ainsi de suite, bref rien à voir avec le

train-train d'Angela, sa bonne gueule de ménagère exemplaire et ses grosses

miches plates.

Yavohl! Mais il vit avec son temps Herr Grossmutterficken. Il accepte tout. La

démocratie molassonne, l'Europe avec ses fréquentations dégénérées,

les turcs d'importation qui musulment sous son nez (merci dxdiag), les

Prussiens, ex-communistes, qui lui coûtent la peau du cul.

L'Euro, bien sur, commence quand même à lui chauffer légèrement les oreilles. 

A cause de tous ces cochons du Sud, fainéants, profiteurs, un peu untermenschen,  

on ne peut pas le cacher. Toutefois il attend, Gottlib, il verra la tournure des évènements

et, le cas échéant, il votera en conséquence. Certes la dame Merkel a intérêt à 

numéroter ses abattis, mais sur la question démocratique il se révèle absolument

irréprochable, notre Teuton. Le petit doigt sur la couture de la vieille culotte de

peau, il respecte le verdict des urnes autant que le Deutchland Uber Alles, le

souvenir du Deutchmark et celui, encore plus sacré, des anciens de la Waffen-SS.

Sans barguiner, sans raler, sans état d'âme, quoi, comme un digne

descendant d'obersturmbahnführer.

 

On peut tout à fait en dire autant de nos potes Italiens. Dans un style quelque peu

différent, naturellement, mais tout aussi civiquement impeccable.

Tenez, comme ça, au hasard, prenez le cas d'Umberto Cazzoficca, rital à n'en

plus pouvoir. Un grand père fasciste et l'autre communiste. Avec une ascendance

de ce calibre, il se démerde quand même à jouer le jeu démocratique. Faut le faire,

non? 

A vrai dire, la politique ne constitue pas sa préoccupation première. Très pris

par ses  affaires le signor Cazzoficca. Comme son père, à l'époque où il siégeait

benoîtement à la Loge P2, avant d'aller en taule se détruire la santé.

Bien sûr, il faut avoir quelques amitiés judicieusement placées mais cela n'entame en

rien la parfaite orthodoxie de ses moeurs citoyennes, à Umberto. Aujourd'hui, il 

se considère comme satisfait de Berlusconi qui est bien moins con que la moyenne

des politiques. Cependant il a parfaitement supporté tous les rigolos qui ont pu

se succéder à la tête du pays et notamment Prodi avec sa façon tout en nuances

de pressurer le contribuable. D'ailleurs, quel qu'il soit, le gouvernement aurait

bien du mal à interférer dans les affaires sérieuses, vu l'extrème discrétion qui

entoure celles-ci. Alors, pas la peine de faire la révolution. A quoi çela servirait-il?

Sans oublier qu'au temps où les Gaulois et autres Saxons se contentaient

du concept sommaire de tribu en guise d'organisation de la cité, Rome connaissait

déja la République.

Alors, pour la démocratie, ils ne craignent personne, les Macars, ils disposent d'une

grosse antériorité et savent pertinemment comment s'en servir.

 

Je passe sur les Anglais qui représentent pour la démocratie moderne ce que les

Espagnols sont à la toromachie. Ces derniers, d'ailleurs, depuis le départ du

regretté Franco, montrent sans ambiguïté l'exemple d'une rectitude politique au

dessus de tout soupçon. Le merdier économico-financier dans lequel ils se sont

fourrés en témoigne on ne peut plus clairement

 

En résumé, sans plus alourdir la démonstration, nous constatons l'universalité

incontestable de l'idée démocratique dans l'ensemble du monde occidental.

Du coup, je me demande bien pourquoi ça ne fonctionne pas aussi en Côte d'Ivoire,

en Haïti et dans plein d'endroits du même tonneau.

Après tout, rien de fondamental ne  nous différencie des citoyens de ces belles

contrées, c'est bien connu. J'irais même jusqu'à dire que la plupart du temps ces

braves gens  sont dans le vrai autant que nous stagnons dans l'erreur, puisque nous

restons définitivement l'oppresseur et le sale colonisateur, c'est bien connu aussi.

 

Alors, tout devient clair. La démocratie c'est l'asservissement de l'homme par

l'homme, une aberration intellectuelle que nous tentons d'imposer partout avec

une ardeur comparable à celle que nous mîmes, jadis, à faire main basse sur les

hommes et les terres du Monomotapa et du Songhaï, les empires traditionnels de

l'Afrique éternelle, pure et sans tache.

Encore une fois, on le voit bien, l'infâme occidental se pète sa sale gueule en tentant 

d'imposer ses vues à des peuples dont les moeurs et les traditions les poussent en

sens inverse.

 

Mais aujourd'hui nous assistons, du côté de l'Orient, à la venue d'un vent joyeux de

liberté qui souffle sur les faibles et les opprimés. La Chine arrive! Elle n'impose rien,

la Chine. Elle apporte seulement au  Monde des Pauvres, sa compassion et son savoir

faire, par lesquels elle étendra à la fois sa prospérité et son influence, dans l'intérêt bien

compris du Parti Communiste triomphant et de ses fonds souverains. 

Et avec les chinetoques, aucun risque de s'emmerder avec la démocratie de ces

salauds de blancs, maudits soient ils jusqu'à la quinze-millième génération!

 

Croyez moi, nous sommes bel et bien foutus.

En attendant gardez vous en bonne santé.

Et merde pour qui ne me lira pas.

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 16:56

Oui, j'en conviens, je l'avoue, je me vautre dans le consternant et la blague bas

de gamme. Surtout que je viens d'hésiter longuement à titrer "Les nouilles se

refroidissent dans le corps" en hommage à un ami qui me parlait naguère du

Canard époque Bacri. Toutefois, à la contrepèterie j'ai préféré le proverbe,

parcequ'en tant que tel il appartient à tout le monde et ne saurait, en

conséquence, m'être judiciairement contesté.

Et un proverbe, si particulier soit-il, reflète toujours la sagesse des nations.

Nul ne saurait ignorer cela, ni même prétendre le contraire.

 

Il faut bien le dire, nous arrivons au bout du rouleau de 2010, le dernier mois

défilant systématiquement à la vitesse du clampin qui se pète le coccyx sur le

verglas. En effet, à partir du 20 on ne dessaoûle pratiquement plus jusqu'à la

dernière gueule de bois matinale du jour de l'an. La plus terrible.

Profitons en bien, sans complexes ni retenue. Quand Fêter Noël fera l'objet

de condamnation pénale pour entorse au Ranco et quand, par surcroît, la

consommation d'alcool exposera à lapidation, nous aurons tout loisir de finir

l'année dans le calme et la méditation dévote.

En attendant il nous faut affronter de bien gros soucis.

 

D'abord le temps, je veux dire la météo, qui justifie mon proverbe titulaire tant

le début Décembre le dispute à la fin Novembre en termes de dégueulasserie.

Notez, moi je m'en fous un peu parceque là où je suis planqué je ne risque pas

trop les engelures et, du reste, un ectoplasme se révèle rarement sujet à de

telles misères.Certes mais la solidarité, alors? Et la compassion, bordel! 

Souffrir pour les autres présente l'avantage d'un confort inégalable tout en 

conférant au patient un brevet d'altruisme, de philantropie (sans contrepet),

 voire de sainteté.

Ainsi le germanopratin vit-il une torture constante et délicatement assumée à la

terrasse du Flore. Regardez B.H.L. et vous verrez le Christ, la croix en moins,

la coupette de roteux en plus.

J'ai donc considéré de mon devoir de partager les souffrance de mes frères

européens par la dédication à leur intention de toutes mes pensées les plus

sympathiques et réchauffées au soleil. Souffrez mes chers amis que je souffre

avec vous les rigueurs des frimas qui soufflent sur vos têtes.

 

Ensuite, autre calamité, l'Euro et son cortège d'annonces anxiogènes porteuses

de terribles emmerdements futurs. Pas un jour ne se passe sans qu'on nous en

colle une bonne dans les gencives. Quand on cesse de parler de l'Irlande et de

son trou sans fond, on passe aux grecs, puis aux portugais, puis aux espagnols

de l'Europe en déroute qui se trainaient sans gland sur le bord de la route!

Après quoi, l'air de rien, vicieusement, sans y toucher, la question de la France

arrive sur le tapis avec la menace redondante d'une perte annoncée du triple A 

propre à nous conduire directement à l'abîme sans espoir de rémission.

Moderne épée de Damoclès, la dégradation fitchienne

( voir Le monde selon Apichatpong et Fitch. 

oscille au dessus de nos tronches insouciantes en attendant que le fil ténu ne se

brise qui nous préserve très provisoirement de la blessure implacable et mortelle.

Comme disait, pas plus tard que cet après-midi, ce brave Monsieur Trichet, c'est

pas la faute à l'Euro, tout ça, c'est juste que tout le monde a fait sauter l'anse du

panier. Faut pas s'étonner qu'au bout d'un moment il n'y ait plus rien dedans.

Et d'expliquer qu'il convient désormais de faire plus de gestion budgétaire que

de déconnages démagogiques. Il suffit de lire les divagations socialistes relatives

à "l'égalité réelle" pour appréhender la distance qui sépare notre belle démocratie

de la sagesse préconisée par le camarade Jean-Claude.

Pourtant ce dernier parle le langage de la raison. L'heure est venue de faire suivre

aux dépenses publiques un de ces régimes draconiens dont, ces derniers jours, 

question de mode sans doute, on nos rebat les portugaises. En dépit de toutes les

imbécillités qu'on peut lire et entendre à tous les coins  de media, nos malheurs

proviennent d'un excès de dépenses publiques et de règlementations démagogiques.

Notre seule vraie croissance, c'est celle de la dette, notre seul vrai handicap c'est le

modèle-social-français-que-le-monde-entier-nous-envie.

N'oublions jamais, peuple stupide et jouisseur, que lorsque les Allemands, sentant venir

le vent mauvais de la mondialisation, s'infligeaient une cure d'austérité pour gagner en

compétitivité, nous franchouilles cocorico, nous faisions les trente-cinq heures! 

Et voilà que dix ans après, plongés dans un abîme d'emmerdements plus périlleux les

uns que les autres, nous envisageons sérieusement de refiler à nouveau le pouvoir

aux socialos de gauche. C'est à se les prendre et à se les mordre jusqu'au sang! 

 

Bon, cela étant dit, d'autres gros nuages obscurcissent encore notre horizon tristouille.

Wikileaks, tiens, beau symbole de notre malheureuse époque. Comment voulez vous

qu'on s'en sorte si on ne peut plus mentir tranquillement sans que le monde entier en

connaisse dans les instants qui suivent? Tout notre système social repose sur le

mensonge et la dissimulation. Vous foutez ça en l'air, plus rien ne tient. Plus de faux

semblants, plus de valise diplomatique, plus de vie conjugale, plus d'amitié, plus de

convivialité, plus rien de ce qui constituait notre civilisation, en somme. L'écroulement

complet et définitif de tout un univers. Le chaos sauvage et l'étripement général en

attendant les sacrifices humains et le cannibalisme. Voilà ce que nous prédit Wikileaks

et son patron en fuite, avec son air con et sa vue basse.

Le numérique et internet apparaîssent ainsi comme la moderne langue d'Esope. La

meilleure et la pire des choses. Voyez ce qu'on pourrait en faire et voyez ce que nous

en faisons. Epouvantable, pas vrai?

 

Certes, mais moins effrayant que la chasse au flic qui s'instaure peu à peu dans nos

banlieues si joliment colorées. Aujourd'hui, et dans l'indifférence générale, la ratonnade

aux poulets se pratique joyeusement telle une sorte de sport national. On tire le cogne

aussi bien à la caillasse qu'à l'arme légère ou lourde, c'est selon. On peut même

envisager, cela demeure parfaitement valable, de l' écrabouilller comme une merde

au moyen d'un véhicule automobile. Vu la manière plutôt discrète dont les media

traitent ce genre de sujet et le peu d'empressement de la justice républicaine à limiter  

le massacre, ce nouveau jeu semble appelé à de jolis développements.

Autant dire que la pacification du neuf trois attendra encore quelques temps. 

Elle viendra probablement avec la charia. Patience.  

 

Moins sérieuses mais un peu dérangeantes quand même, les divagations de

l'ex-footballeur Cantona qui prétend, avec sa tronche de pétanqueur pastissomane et

sa grande gueule de marseillais pété de tunes, faire sauter les banques françaises.

Après tout le mal qu'on vient de se donner pour les tirer du merdier!

Pas grave, bien sûr, l'affaire Cantona. Les pauvres débiles qui suivront ses conseils ne

mettront en péril, dans la pire des hypothèses, que leur malheureux livret A . Toutefois

le relai médiatique accordé à cette pitrerie me conforte dans la certitude de notre

décadence avancée et irrémédiable. 

 

Cependant j'en oublie, des mochetés sinistres, des avanies sournoises, des calamités

en puissance qui nous attendent au déboulé de la nouvelle année.

Bien sûr j'en aurais encore plein mon sac à vous sortir comme ça, sans trop réfléchir.

Mais à quoi bon vous casser le moral en ces temps de liesse et de ferveur

papanoëllesque et réveillonnatrice. Vous finiriez, à juste titre, par me laisser tomber

comme un vieux scnock atrabiliaire juste bon à pisser son vinaigre par web interposé. 

Je vais donc terminer sur deux petites nouvelles assez réjouissantes et, en tout cas,

de nature à me faire, personnellement, un peu sourire.

Ce sont deux vieilles connaissances, Mauroy et Huchon ( voir Hypothéses ) qui se voient

rattrapés par la justice. Le premier vient de passer en correctionnelle pour son histoire

d'emploi fictif, le second risque fort de se faire jeter de son fauteuil présidentiel d'Ile de

France, pour détournement de campagne de pub, avec un an d'inéligibilité à la clé.

Vous voyez, quand je veux, j'en sors des bien joyeuses! 

Mais ne nous emballons pas, il s'agit d'hommes de gauche et non des moindres.

Avant de condamner cette sorte de personnage, les juges y réfléchissent toujours

à deux fois. Y a rien de fait, quoi.

 

 

Soyez assurés de ma considération dévouée.

Et merde pour qui ne me lira pas. 

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 19:19

Il reste encore des communistes. La preuve, ils attaquent!

Les cocos Nord-Coréens, vachement orthodoxes et particulièrement totalitaires, nous

la jouent agressive, bien anti-impérialiste, comme au bon vieux temps de la guerre froide

quand les Soviets et les Yankees s'affrontaient à la sauvage par gniah-kwés plus ou

moins interposés.

Cependant, aujourd'hui, la guerre froide a bien refroidi. Depuis le temps, vous pensez!

Et puis des Soviets, y en a plus, finis, liquidés, passé à la trappe de l'histoire après

avoir brillé septante ans au firmament de l'illusionnisme marxiste. Ne restent plus

que des russes ordinaires, pas con au point de rejoindre les rangs de la démocratie

bécasse à l'occidentale. Des gens normaux, quoi ( voir Bonjour Monsieur Putin. )

toujours prêts à entuber les collègues et bien appréciés, pour cela notamment, de

leur populo.

On pourrait toutefois penser que la Chine, dont l'inoxydable communisme apparaît

comme le soutien bétonnesque d'une économie mercantile, sauvagement capitaliste 

et impérialiste comme pas possible, remplace aujourd'hui feu l'Union Soviétique

dans son rôle anti-Occident. Ainsi les chinetoques pousseraient ils, en loucedé,

le pays des Kim Il chose, à titiller les amerloques par le biais de petites

piques incessantes, essais atomiques, tirs de missiles, bombardement du Sud

et autres coquineries propres à terroriser le nippon tout en énervant l'Oncle Sam. 

De telles supputations comportent probablement une bonne part de vérité, sans pour

autant justifier la moindre analogie avec la guerre froide des vieux Staline, Kroutchev

ou autres Brejnev.

 

Aujourd'hui la question se pose en des termes différents. La mondialisation a tellement

changé les chose qu'on ne sait même plus qui est qui et qui cherche quoi. Du coup,

c'est plus drôle. Pratiquement aussi dangereux, mais, d'une certaine façon, comique,

tant par les caractères des personnages en cause que par la nature particulière d'une

situation si compliquée que personne ne parvient plus à la comprendre complètement.

Et encore moins à la maîtriser.

 

D'abord, les personnages et, en premier lieu, à tout seigneur tout honneur, les Chinois.

De ce côté là, rien de compliqué en apparence. Vous avez le Dictateur en Chef,

Hu Jintao, Président de la République Populaire et Secrétaire Général du Parti.

Dans la catégorie monarque absolu, un type qui enterrerait Louis XIV tellement

profond qu'il ressortirait de l'autre côté. Il fait ce qu'il veut. Et avec ses fonds

souverains astronomiques, son milliard quasi et demi de petits toc-toc et sa

puissance économique en progression exponentielle, le mec apparaît de plus en

plus comme le Roi du Monde. Devant lui, tous s'écrasent comme des fruits pourris. 

Par exemple, lorsque le Président de la République Française Une et Imprévisible

reçoit Sa Majesté Hu, il ressemble comme jamais à Louis de Funés dans un rôle de

flagorneur obséquieux carpettoïde. 

 

Mais, de l'autre côté de la grande muraille idéologique, on trouve qui donc?

Eh oui, bien sûr, notre vieux pote Barack-Hussein, pardi, toujours là pour enjoliver

les conjonctures les plus sombres! A vrai dire, devant le grand Hu susnommé, il ne

fait pas vraiment le poids, le malheureux Obama. Entre ses calamités de politique

intérieure, ses déficits invraisemblables et son gros prix nobel de la paix qui lui

pend aux couilles afin de l'empêcher de s'en servir en cas de besoin (je veux dire

des couilles, pas du prix nobel), le voilà sacrément plombé, le pauvre trésor.

Un peu comme s'il devait disputer un cent mètres avec Hilary Clinton sur le dos.

D'ailleurs Forbes ne s'y est pas trompé qui vient de le rétrograder en seconde

position des politicards les plus influents. Derrière qui? Derrière Hu, évidemment!

Tiens, je vous colle une petite parenthèse en passant. Nous aussi, en Franchouillie,

eûmes, dans le temps, un chef du Parti Communiste nommé Hu (enfin Hue, c'est pareil).

Hélas nous l'avons laissé échapper. Ce type aurait pu, comme son cousin extrème-

oriental, nous apporter la prospérité et les grands gratte-ciels; pourtant nous l'ignorâmes,

c'est bien de nous, ça. (Voyez donc Deux files y pissent , vous constaterez les dégats).

 

Enfin, personnage clé de la guerre picrocholine de Corée, cheville ouvrière de la

rémanence du marxisme triomphant, plus communiste que les Castro et plus

dictateur que l'empereur Hu de chine soi-même, voici venir la dynastie des Kim,

avec ses fioritures de jolis défilés populaires bien colorés, suivant en musique

sino-guimauvéenne les fiers régiments au pas de l'oie, flanqués de leurs gros

missiles vachement effrayants.

Et les nord-coréens subjugués et maigrichons qui dégustent à tous les repas la 

grandiose lithurgie vouée au culte de leurs führers rondouillards.

Un seul Dieu en trois personnes. Kim Il Sung, le Grand Eternel tutélaire dont la statue

monumentale trimballée sur un char monstrueux, fait office de veau d'or toujours debout.

Kim Jong Il, l' Immense Leader en activité avec sa tronche de balayette à chiottes 

déplumée et son pancréas qui part en sucette. Et enfin, le petit dernier, Kim Jong Eun,

grassouillet comme un goret de concours et tout juste sorti de son pensionnat suisse

pour être nommé général quatre étoiles avant de succéder dignement à Papa Jong Il

dès que celui-ci aura passé l'arme à droite (en pays communiste on porte à gauche,

de son vivant).

Le père éternel, le fils divin et le petit fils prodige, à défaut de saint-esprit. Belle trinité

de profiteurs abjects, engraissés sans vergogne aux dépens de leurs camarades-

sujets-zombies. 

 

Quant à la situation, le bordel arabe, en comparaison, revêt la limpidité de l'eau de

source.

La Corée du Nord apparaît à l'évidence tellement inféodée aux chinetoques que le

Kim de service ne relèverait pas le col de sa vareuse règlementaire sans en avoir

préalablement référé à Pékin. 

La Chine, pour ce qui la concerne, ne saurait trop se féliciter de l'existence à ses

frontières de ce petit vassal tout rouge, si chiant vis à vis des amerloques et qui limite

drastiquement l'influence de ces derniers dans la région. 

D'un autre côté le camarade Sa Majestée Hu Jintao, és qualité de boutiquier du monde

et d'actionnaire quasi-majoritaire des Etats-Unis, ne saurait laisser l'affrontement entre

Séoul et Pyongyang dégénérer, au risque de virer carrément à la guerre. La guerre,

comme disait Adolf, s'apparente à une porte ouverte sur l'inconnu et l'inconnu, comme

dirait Samuel, c'est pas bon pour les affaires.

Notez toutefois qu'un joli petit coup de tabac pourrait se révéler salutaire en

relançant l'économie U.S. toujours boostée par les efforts militaires.

C'est bien connu.

Quand on se trouve à la fois fournisseur et créancier d'un pays qui vire un peu bateau

ivre, ces derniers temps, on s'attache à lui rendre sa prospérité.

Oui, mais de là à foutre un patacaisse dont on sait à peine comment il débuterait

et aucunement jusqu'ou il pourrait aboutir, il y a une sacrée distance que le camarade

Hu ne prendrait pas le risque de franchir.

Sans compter qu'il a bien fallu faire plaisir à Kim lorsqu'il a demandé la permission

de bombarder le Sud, histoire de mettre le pied à l'étrier au petit goret général d'armée.

Fallait bien asseoir sa popularité à ce gamin, bientôt immense grand chef. L'estime  

des militaires, ça se mérite et dans une dictature on ne peut pas s'en passer. 

D'accord, seulement les coréens du sud l'ont très mal pris et sont bien capables de se

venger. Comme ils le promettent, d'ailleurs.

Et là, on ne sait plus. Parceque si le grand chinetoque a bien en main les staliniens

du nord, on ne peut en dire autant d'Obama qui n'apparaît même pas foutu de gérer

correctement ses propres affaires. Alors vous pensez si les gens de Séoul vont

attendre sa permission pour flinguer à tout va! Surtout qu'il la refuserait, sa permission,

compte tenu de son prix nobel, que voulez vous qu'il fasse? Alors autant s'en passer.

Surtout qu'avec les cocos, mieux vaut frapper vite et fort, avant eux si possible. 

 

Heureusement, cela peut paraître paradoxal mais tant pis, heureusement les

manoeuvres navales des Amerloques associés aux Sud-Coréens démarrent

Dimanche. 

Du coup, tout le monde commence à trouiller sec. Les Russes demandent des

explication, les Nippons des éclaircissements et l'affaire prend des proportions qui

dépassent largement le petit goret et son papa claquard. Barack-Hussein n'effraie

pas grand-monde mais le porte avions Washington en Mer Jaune, ça fait quand

même réfléchir.

 

Alors, Dieu merci, la seconde guerre de Corée, n'est sans doute pas pour aujourd'hui.

Cependant, à voir tous ces rigolos faire mumuse avec des perspectives aussi

effrayantes, juste pour conforter leurs positions ou asseoir leur popularité, on

comprend bien que ça pourrait re-péter grave à tout moment.

On croirait volontiers qu'à part Ben-Laden et ses sbires, en gros, 

la paix du monde est assurée. Ben non. Foutaises.

Vous n'avez qu'à demander à Kim Jong Eun. Accrochez vous bien, il vous

expliquera, il a l'air bien poli ce petit bonhomme.

 

Compliments si vous avez réussi à lire ça jusqu'au bout.

Dans le cas contraire, je vous aime bien quand même.

 

Et merde pour qui ne me lira pas.

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 16:28

Pour une fois nous n'allons pas nous emballer sur des bricoles qui n'en valent pas

la peine. Le gouvernement gouverne, le Président de la République cause au coin

du feu avec un beau trio du genre La Fontaine et la terre continue de tourner sans

trop s'inquiéter des tribulations oiseuses qui lui gratouillent le dos.

En d'autres termes, les choses étant ce qu'elles sont, comme disait mon feu pote

Charlot, nous allons marquer un petit temps d'arrêt. Qu'il me soit permis de consacrer

à la philosophie un peu de l'effort qu'elle mérite amplement, si j'en crois le petit Chatel,

incorrigible rêveur qui voudrait remettre les profs de philo au boulot. 

 

Attendez, jamais je n'oserais me colleter l'intellect avec un B.H.L. or something else,

mon intention se limite, en toute modestie, à voir un peu comment évoluent les choses

et à essayer d'en tirer quelques enseignements basiques ad usum populi.

Loin de moi la prétention d'aller chatouiller le gratin germanopratin sous les roustons

en même temps que sur son terrain de prédilection.

Ma philo à moi n'a rien à branler des constructions sophistiquées chères aux intellos

précités, j'en suis resté, dans ce domaine, à Montaigne dont le caractère rudimentaire

me semble valoir bien plus que tous les Kirkegaard, Sartre et plein d'autres que j'ai déja

oubliés depuis longtemps, avec le mépris de l'inculte pour ce qui le dépasse.

Observez au passage que je demeure lucide.

Cependant, Montaigne, il m'en reste quelques trucs propres à s'enraciner pour toujours

dans les cervelles." Que philosopher c'est apprendre à mourir" tiens, par exemple.

Récupérée chez Cicéron, la formule, cultivée avec soin dans la pépinière Montaigneuse,

mériterait mieux que l'oubli dans lequel elle semble désormais cantonnée. Remarquez,

comme on n'apprend même plus à vivre, de nos jours, on voit mal comment, nonobstant,

on pourrait envisager d'apprendre à mourir.

 

D'ailleurs , en dépit d'un côté faussement soixante-huitard ("le plaisir est notre but"),

il se révèle souvent politiquement incorrect, Montaigne. Voilà pourquoi, sans doute,

on le  colle un peu dans les oubliettes. Surtout que c'était un homme de saucisson

et de pinard, autant dire de sac et de corde quoi, rien à en tirer au sein de notre

diversité multiculturelle de mes deux. Quasiment la honte de la famille, Montaigne!

Cachez ce plouc que l'on ne saurait voir. De toute façon, face à Abd Al Malik ou à

Grand Con Malade, il ne fait pas le poids.

"Philosopher c'est apprendre à mourir" je t'en foutrais, moi! De nos jours, Monsieur,

on ne meurt plus. Fini, passé de mode, la mort, même un peu réac, comme concept.

Maintenant nous possédons beaucoup mieux que la mort, la dépendance, oui Monsieur,

le cinquième risque, comme on dit puis, le nirvana du mortel qui refuse le statut,

l'aboutissement suprême des vies de merde tout-entières dédiées à l'adoration

béâte des nourritures spirituelles d'hypermarché.

Le progrès nous aura essentiellement apporté cela. La dépendance, nouvelle forme

de vie éternelle entre le grabat et le fauteuil garde-robe, avec l'oeil rivé sur la ligne

bleue du cimetière sans grand espoir d'y parvenir un jour.

 

Attention, j'ai l'air de critiquer, comme ça, mais pas du tout, cornebleu, loin de moi

une idée pareille!

Au contraire, la dépendance apparaît comme le remède le plus achevé à la crise.

Ca va créer plein d'emplois, la dépendance, et de plus en plus. Rendez vous compte,

dans quelques décennies nous atteindrons momentanément l'équilibre jeunes/vieux.

Cinquante-cinquante! Comme tout vieillard dépendant exigera au moins la présence

quasi-permanente d'un individu valide à ses côtés, le tour est joué. Fini le chômage.

A nous la belle vie, le plein emploi, la prospérité générale, l'eldorado perpétuel,

le rêve réalisé des marxistes, le paradis sans Bon Dieu!

Mais le miracle ne s'arrête pas là. Les plus attentifs auront peut être remarqué, cinq

lignes plus haut, la présence du terme "momentanément". Présence tout à fait

intentionnelle et non fortuite comme d'aucuns auraient pu le croire. A tort.

Suivez moi bien, car c'est ici que le prodige atteint un paroxisme et que le merveilleux

touche au sublime.

 

Comprenez donc que, lorsque l'égalité numérique entre les valides et les dépendants

sera atteinte, le rapport continuera ensuite à décroître en dessous de l'unité.

En d'autres termes, il y aura plus de vieux impotents que de jeunes valides.

Et de plus en plus.

La demande excèdera l'offre, sur le marché du travail pour assister les gâteux!

Vous voyez bien les conséquences, là, n'est-ce pas?

Les salaires qui augmentent, mécaniquement, en vertu des lois du marché désormais

réconciliées avec le bien-être de l'Humanité. Les syndicats qui reprennent du poil de

la bête, forcément, faudra bien négocier les hausses de salaire, une petite grève,

quelques vieux qui claquent et le patronat qui vient à résipiscence, aussi sec et qui

raque!

Mais attendez, je vous apporte encore mieux, là, au fond de ma besace. Encore plus

beau et plus émouvant quand on pense à nos malheurs actuels. Encore plus exaltant

pour tous ceux qui ont à coeur de préserver et d'accroître autant que possible le

métissage bienfaisant de notre République Une et Imputrescible!

Bien sûr, vous l'avez compris, mes Bien Chers Frères, mes Bien Chères Soeurs,

reprenez avec moi tous en choeur! Il faudra faire appel aux travailleurs immigrés!

Ah, le voilà enfin, l'aboutissement tant espéré du destin multichose de notre France,

terre des Arts, des Armes et des Lois ainsi que des flux migratoires enrichissants

de providentielle diversité salvatrice.

Le Salut par la dépendance, l'harmonie d'une vie sans mort joyeusement fleurie

d'une infinie compréhension entre les hommes de toutes générations et de toutes 

origines. Les vieillards bienheureux de voir leur survie quotidienne rythmée par

les soins et les prières ferventes de leurs nouveaux amis venus d'ailleurs.

Les d'jeuns satisfaits de pouvoir enfin pleinement participer à la vie d'une Nation

les recevant, désormais, avec tout l'amour fraternel qui leur est dû, parcequ'ils le

valent bien, comme diraient les commis de Mme. Liliane.

Le bonheur, quoi! Le bonheur universel et universellement partagé.

 

Alors, me direz vous, me voilà bien éloigné de mon propos initial.

De telles élucubrations, soulignerez vous, ne ressortissent point à la philosophie mais

bien plutôt à l'économie prospective et Nouratin, une nouvelle fois, part en quenouille

les pieds en avant!

Pas du tout vous répondrai-je, il s'agit, non seulement d'économie mais encore, plus

précisément, d'Economie Sociale et Solidaire prospective!

Et qu'est-ce que l'Economie Sociale et Solidaire, sinon de la douce philososphie?

Et le bonheur aussi, pas vrai? Comme l'espoir.

 

Allez, mes bons amis, je vous laisse méditer sur le destin fabuleux de notre bien aimé

Peuple Franchouille et sur ce que le vieux Montaigne aurait pu en penser.

 

Conservez vous bien et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

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Published by nouratin
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