En dépit de toutes les avanies subies ces derniers temps, le Pape n'a pas manqué aujourd'hui de prononcer, selon l'usage antique et solennel, sa bénédiction pascale (coucou!) Urbi et Orbi.
L'Eglise ignore la conjoncture lorsqu'il s'agit de l'essentiel, à savoir le maintien du postulat d'éternité qui la place au dessus de toute institution humaine et lui confère son caractère grandiose ainsi que sa dimension inégalable.
Ce qui se passe à Saint Pierre de Rome les jours de grande célébration a tout de même une autre gueule que toutes les cérémonies, républicaines ou autres, qui revêtent immanquablement soit un côté miteux , soit un caractère clinquant voire grotesque et qui frisent, la plupart du temps, le ridicule.
Parcequ'à Rome on se sent dans l'éternité et l'éternité, que voulez vous, il faut pas mal de siècles pour en donner l'illusion.
Partant de là, ni les petits évènements quotidiens ni les polémiques oiseuses, si médiatisés soient ils, ne présentent aucune espèce d'importance et ne sauraient affecter le chef de l'Eglise qui, impassible, remplit sa mission en bénissant le monde entier à commencer évidemment par Rome puisqu'elle est juste sous sa fenêtre, c'est logique.
En attendant, Benoît XVI, lui, il bénit. Les autres auraient plutôt tendance à faire le contraire.
Ainsi, verrais-je bien certains pontifes de certaines autres religions proférer, par exemple, la malédiction gourbi et zobi appelant le malheur sur les maison des infidèles, autant que possible occidentaux et sur leurs appareils reproducteurs afin que s'en éteigne à jamais la race abjecte. C'est ce qui fait la différence.
Hélas, nous autres occidentaux, justement, nous disposons aujourd'hui des moyens de n'avoir plus la foi, ce qui, volens nolens, en fout un coup à la religion. Même le Pape, informé et intelligent comme il est, je doute sérieusement qu'il croie en Dieu, Ce Dernier merci, celà ne se voit pas trop et, de toute façon, ne constitue pas le fond du problème.
La vraie difficulté réside dans le fait que le catholique n'a plus peur.
Regardez le musulman moyen, il crève littéralement de trouille à l'idée d'aller brûler en enfer et s'oublie dans son sarouel dès qu'un imam lui fait les gros yeux. Même les israélites éprouvent généralement une certaine crainte révérentielle vis à vis de l'Eternel et, le cas échéant, du rabbin.
Nous, on se fout de la gueule de Dieu, du curé, de l'évèque et surtout, surtout du Pape!
Comme l' Eglise manque d'encadrement crédible pour essayer, malgré tout, de faire passer le message, celà ira de mal en pis, ce qui est vache, sauf si un beau désespoir venait à nous secourir, on ne sait jamais.
Ce que je veux dire, c'est qu'il est éminemment regrettable de gaspiller des institutions de la qualité du Catholicisme et de l'Eglise pour satisfaire nos petits orgueils de libres penseurs qui ne sont ni l'un, ni l'autre, d'ailleurs.
Ce faisant, nous foutons en l'air le dernier ciment costaud qui reste à tenir debout notre civilisation.
Ne nous étonnons pas, en conséquence, de la voir un jour s'effondrer.
Ainsi parlait Nouratintoustra et merde pour qui ne me lira pas.