Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Mon dernier article, pourtant pas plus mauvais qu'un autre, a fait un flop.
La faute à pas de chance. Le succès serait au rendez vous à chaque coup, on finirait
par croire au Père Noël Socialiste, ce qui ne manquerait pas de nous conduire, comme
chaque fois, au désastre.
Cependant, m'étant plus ou moins engagé, la dernière fois, à vous compisser quelques
quatrains miteux de vers de mirliton, je me sens un peu obligé de m'exécuter.
Toutefois, le coeur ne s'y trouve qu'à moitié et la qualité, déja particulièrement minable,
de mes alexandrins s'en ressentira nécessairement. Veuillez, je vous prie, m'en excuser
d'avance et si vous n'allez pas jusqu'au bout, je ne saurais vous en blâmer.
Bien sûr, aujourd'hui vous pouvez écrire n'importe quoi, n'importe comment, sans même
chercher un minimum de cohérence dans vos conneries. Ca peut marcher quand même.
Il suffit d'une onction germanopratine pour transformer la merde littéraire en pur platine.
Mais le réac obscur possède autant de chance d'obtenir ladite onction, que le clodo
galeux d'accéder aux faveurs privautesques de la Première Dame de France.
Alors, quand vous relisez Hugo, Lamartine, Musset, Hérédia ou Baudelaire, vous sentez
bien la vanité de la démarche et, du coup, votre envie de bien faire se heurte à l'extrème
éloignement de votre objectif. Des années-lumière!
En conséquence, vous pondez, à la va-vite, des vers de mirliton, vous disant in petto que,
de toute façon, tout le monde s'en fout. C'est plus la mode, bordel.
Après, faut chercher le sujet. Ce n'est pas la matière qui manque, me direz vous à juste
titre. Cependant l'art poétique exige un minimum de souffle épique ou de sentiment
grandiose, à défaut d'émotion diaphane et délicate . Vous me voyez évoquer Guéant
avec ses pourcentages boutiquiers de réduction de l'immigration ou bien encore,
Lagarde et ses mégotteries relatives à l'assiette de l'I.S.F. Vous pouvez toujours vous
fouiller. Useriez vous de la prose administrative bien banale et plate comme la main
que ces minusculités n'intéresseraient encore personne. Même pas les intéressés!
Bien sûr, je pourrais évoquer les réalités affreuses qui reprennent le dessus.
Les envahisseurs de Lampedusa notamment.
Mais, ceux-là j'en ai déja discuté (voir Ich bin ein Lampeduser! ) et comme ils ont
carrément déboulé chez nous, depuis qu'on n'en parle plus, pas la peine de leur
consacrer le moindre poéme épique. Désormais les immigrants clandestins ont muté
en "sans- papiers", avec tous les privilèges attachés à ce statut. L'entrée en France du
boat- people s'effectue toujours sur le tapis rouge de l'embourgeoisement immédiat
des dignitaires de l'Aide Médicale d'Etat, aussitôt adoubés par les associations
humanitaires.
On pourrait également chanter l'épopée Kadhafienne. Cela ne manquerait certes pas
d'allure avec le vieux fada monté sur la prolonge qui servira, plus tard, sans doute, pour
ses obsèques, haranguant une foule vert pomme tellement acquise à sa cause qu'on la
sent largement financée aux pétrodollars. Cependant l'affaire manque encore de maturité.
Les frappes de l'Otan se font si rares que l'on imaginerait la hache de guerre enterrée,
n'étaient les quelques obus qui pètent de temps en temps sur l'un ou l'autre des petits
ports Libyens tombés aux mains des Insurgés-Allahou-Akbar.
Trop tôt pour écrire la saga du Grand Tripolitain et de Saïf Al Islam, son fils préféré, la
putain de sa mère qui l'a chié! (J'm'excuse!). Pour engendrer l'Oeuvre grandiose qui
devra un jour ou l'autre célébrer l'aventure magnifique du Raïs abruti des sables du
désert, j'attendrai les évènements. Et si j'en crois les derniers développements de
l'histoire, je risque de ne rien pondre à ce sujet avant un bon moment.
Alors, j'ai pensé à Gbagbo. L'avez vous vu, le gros bonhomme, dans son blanc tricot
de peau, s'essuyant la gueule avec une jolie serviette éponge d'hôtel quatre étoiles?
A moi, en tout cas, il m'a fait un drôle d'effet. Ca m'a un peu rappelé les Ceaucescu
et l'affreux Saddam-Hussein à l'instant où ils basculèrent du pouvoir suprème au caca
infâme dans lequel s'écroulent les tyrans déchus. Le moment crucial où l'abject passe
subitement du Capitole à la Roche Tarpéienne. Lorsque la vérité humaine apparaît
dans toute sa misère pathétique et minable.
Belle ordure, certes, ce Gbagbo mais pas plus, sans doute, que son adversaire heureux.
D'ailleurs, si l'on y regarde attentivement, on verra que des musulmans venus de l'étranger
ont fait basculer, dans des conditions éminemment douteuses, l'élection du président.
Ne prenez pas cela à la légère, c'est précisément ce qui risque de nous tomber sur la
gueule dans quelques temps. Mettez vous à la place du perdant, vous comprendrez
mieux la problématique.
J'ai donc pondu, après mure réflexion, le petit chef d'oeuvre en péril que voici.
Du gros Gbagbo déchu oyez le sort funeste,
Dix ans il présida l'Etat des Ivoiriens,
Et quand aux élections il se prit une veste,
Il fit, sans hésiter, celui qui n'y voit rien.
Plusieurs mois, sans faillir, il résista au Monde,
A l'ONU, à Sarko et même à Obama,
Au risque de passer pour un tyran immonde,
Il tint ses positions, droit dans son pyjama.
Le temps fit son office et l'affaire Gbagbotesque
Ne manqua pas, enfin, de se décomposer,
Au fond de son bunker le dictateur grotesque
Se trouva un beau jour seul et abandonné.
Avec l'appui discret de la Force Licorne
Les sbires d'Ouattara se saisirent de Gbagbo,
Comme un taureau furieux qui eût perdu ses cornes
Il céda sans combattre aux coups de ses bourreaux.
Ah le pauvre Gbagbo, comme il est veule et moche,
Lui, naguère si fier, qu'il est comique et laid,
Dans son pauvre marcel il a tout d'une cloche,
Il n'est plus qu'excrément, sorti de son palais.
Ne riez pas, Amis, de la mésaventure
De ce pauvre corniaud indigne de pitié,
Les musulmans vainqueurs marquent leur dictature
En écrasant Laurent, ce sinistre enfoiré.
Comme lui, tôt ou tard, nos hommes politiques,
Subiront le diktat des mahométisés,
Ils connaitront les fers et les grands coups de trique
Avec l'air ahuri des tyrans humiliés!
Bon ben voilà. Il va falloir se contenter de ça. Et puis, ce sera tout pour aujourd'hui.
Pardonnez moi et faites vous bien gras.
Et merde pour qui ne me lira pas.