Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Sapin, le Minipitre du Travail, l'a bien dit : "malgré un contexte défavorable, cet accord préserve la pérennité de notre système d'assurance chômage". C'est qu'il n'en est plus à une connerie près, le gros Michou, à croire qu'ils lui ont refilé ça, comme fonction, au gouvernement : "conte couilles" comme on dit chez moi... Remarquez il se trouve en superbe compagnie, le mec, jamais on n'a vu un cabinet mériter aussi bien cette appellation...sans doute conviendrait il, à présent, de tirer la chasse.
En tout cas, nos amis Grauburle et Foupallour, eux, question évacuation des scories, ils vont envoyer les grandes eaux. Pas dans leur pastis, je vous l'accorde, le Ricard faut pas trop le mouiller sans quoi il a vite fait de se muer en boisson de jeune fille, mais bien dans l'isoloir, ce truc qui ressemble tellement à une pissotière que, bourrés comme je les vois ces deux-là, d'ici qu'ils confondent...
-"Le Maire, d'abord, comme pute, on n'a pas vu plus grave depuis l'époque de la Grande Sucette, sauf qu'elle, au moins, elle coûtait pas cher, vocifère Marcel avec l'intonation du Criméen évoquant ses ex-concitoyens d'Ukraine, faut le virer, l'enfoiré! D'ailleurs, moi, je vous la joue simple, si cette salope arrive à se faire réélire je fous mon camp! Lui ou moi, quoi, vous choisissez!"
-"O.K. mon pote, t'as tes raisons, on comprend, rétorque Jeannot, il a oublié d'embaucher ta petite nièce, le Maire...bon, en même temps, t'as vu la gueule qu'elle se paye, la gosse, on dirait un dragon de Komodo qu'aurait freiné trop tard. En plus, elle peut pas lire...attention, j'ai pas dit "elle sait pas", grosse nuance, évitons de jeter le discrédit sur la famille, non, elle "peut" pas, Jennifer Grauburle, avec le strabisme qu'elle se paye il lui faut deux heures pour déchiffrer dix mots. Forcément, elle voit trois lignes à la fois, alors ça se mélange, mettons nous un peu à sa place, quand même, la pauvre...seulement on doit regarder, aussi, le point de vue de la Mairie, Marcel, dans ces conditions tu voudrais qu'elle fasse quoi, la petite, dans les Services Municipaux?"
-"Ben...rien, voyons, comme tous les autres..."
Là, bien sûr, un ange passe...inattaquable la position de Grauburle, pas la moindre objection à l'horizon, Votre Horreur, tout le monde en profite pour s'en enfiler une ou deux gorgées, au sein d'un calme retrouvé.
Oui mais pas désarçonné pour autant, Jean Foupallour, un expert de ce calibre en controverse de zinc, ça repart toujours à l'assaut. Rien lâcher vain dieu, le verbe haut et le verre bien haut! Montjoie Saint-Anis!
-"Toute façon, bien d'accord, pas question de voter pour cette enflure de maire. Et puis d'abord, ce coup là faut voter pour le Front, les mecs et pas celui de gauche, de Front, le vrai, celui qui leur fera bien mal au tout à l'égoût en passant, à ces politicards de mes deux qu'on sait même plus à quoi ils jouent, les endoffés, à s'exciter entre eux sur des couillonnades pendant que le Populo crève la dalle...
-Oui, sauf qu'en agissant ainsi, Jeannot, intervient le cher Yves Rognes, tu fais le jeu des Socialos, ils ne demandent que cela, les sbires de Culbuto, un Front National prêt à foutre le soukh au second tour et à leur sauver des tas de mairies. Un truc aussi vieux que Mitterrand mais qui marche à tous les coups, le piège à gogos, en quelque sorte.
-Gogo toi même, reprend Jeannot, embêté. On fait comment, alors, pour leur dire merde à tous ces pignoufs?
-Eh ben on fait comme tu dis, tranche le vieux Maurice, péremptoire, ils nous la jouent depuis trop longtemps, celle-là, faut arrêter. Si les mecs de droite n'ont pas les burnes de s'allier entre eux, qu'ils aillent se faire mettre, on n'a pas à entrer dans ces considérations, nous autres les électeurs, leur cuisine on s'en tape. Et moi, je vois une chose : depuis quarante ans, les seuls à dénoncer l'invasion et à gueuler comme quoi faut arrêter les conneries immigratoires, ça reste Le Pen et ses potes, personne d'autre. Si on les avait écoutés on n'en serait pas là. Alors, moi je m'en astique le rossignol...faire le jeu des socialistes...ceux de gauche ou ceux de droite, d'abord, faudrait préciser, pas vrai?
-A votre bonne santé Messieurs les fachos! Ca y est, voilà Jean Trentasseur l'avocat ex-député Mitterrandien de la grande époque qui se réveille! Mais sacrebleu, il nous fait, le Maître, vous voulez quoi? Le retour au temps de Pétain, la résurrection de Maurras, les purges, les rafles, la dictature?
-Oh, pour ce qui concerne la dictature, cher ami, lui balance Yves Rognes dans les gencives, nous sommes déjà servis, pas besoin d'en rajouter. Quand un pays apparaît tenu, verrouillé même, par une mafia détentrice de tous les pouvoirs qui se permet de traquer les opposants politiques, de les espionner dans leurs conversations les plus intimes et les plus confidentielles, de leur coller aux basques des juges hyper-politisés acharnés à leur perte et de manipuler l'opinion par l'entremise de media auprès desquels "La Pravda" passerait pour un bulletin de patronage, vous savez, Cher Maître, la dictature..."
Mettant à profit la quinte de toux du pauvre Trentasseur qui vient d'avaler son Chivas de travers, l'ami Maurice nous commande une nouvelle tournée.
-"Allez, les mecs, à la santé des fachos, des réacs, des poujadistes et des frontistes! De toute façon qu'est-ce que vous voulez qu'il nous arrive de pire?La dictature on l'a déjà, la faillite aussi, les impôts n'en parlons pas, la misère ça va pas tarder et en plus de ça, on est complètement envahis! Alors, on attend quoi pour réagir? La Charia? Non croyez moi, regardez donc un peu les choses en face, on n'a plus rien à perdre, partis comme on est...moi je m'en fous, c'est pas pour les quatre jours qu'il me reste à vivre mais quand je pense à ce putain de Pays!
On venait à peine de se relever d'une guerre perdue pour cause d'imbécillité républicaine qu'il m'a envoyé en Algérie, le Pays. Avec les copains il a fallu se bigorner contre les Fellouzes, des types dont le plus grand plaisir consistait à nous couper les baloches et à nous les faire bouffer. Et nous, à vingt ans, on savait même pas pourquoi on se trouvait là et ce qu'on avait à y foutre. Moi, avec du bol j'ai pu m'en sortir à peu près intact, beaucoup de potes ne peuvent pas en dire autant, par malheur... Après, j'ai réfléchi. Je me suis dit : au fond, ces types-là faut les comprendre, quand vous avez des étrangers qui s'installent chez vous sans vergogne pour jouer les patrons et imposer leurs lois, si vous avez un peu de couilles vous les virez à grands coups de pompes dans le cul. Ca me semblait logique, ça, pas contestable, légitime comme on dit. Sauf que par la suite, quand j'ai vu les mecs qui nous tiraient dessus et qui nous faisaient bouffer le zigouigoui débarquer chez nous pour nous renouveler la population à grands coups d'allocations de tout poil, ça m'a fait un drôle d'effet. Et maintenant, quand je me balade sur l'Avenue et que j'entends parler essentiellement arabe, ça me les met un peu à l'envers...vous voyez ce que je veux dire, Maître, ou faut que je vous fasse un dessin?
Alors, très franchement, vous savez, voter pour des types qui pensent depuis si longtemps la même chose que moi, même si, à côté, ils disent beaucoup d'âneries pour appâter le chaland, ça ne m'effraie pas du tout. Mais vraiment pas, je vous jure! C'est l'équipe de branquignoles que vous nous avez mise au pouvoir qui me fait peur, celle-là oui, vraiment et je ne suis pas le seul!"
Bon. Vous voulez dire quoi, vous, après ça? Alors, nous avons changé de conversation, après tout ce ne sont pas les sujets qui manquent, à la suite de cinq ou six pastagas. Et puis, dans la foulée, chacun s'en est allé voter de son côté, avec le sentiment confus de participer à une grosse mascarade qui finit toujours un peu de la même manière...les uns votent, les autres tirent les ficelles, la farce se joue et les dindons glougloutent sagement jusqu'à la prochaine fois. Tout à l'heure, j'essaierai d'éviter les "soirées électorales", j'aurais du mal à supporter...
Bonne fin de Dimanche.
Et merde pour qui ne me lira pas.