Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Tous les ans, à pareille époque, faut se farcir le Chef de l'Etat qui flatte le cul des
vaches et lèche celui des paysans au Salon de l'Agriculture.
Y a que le président qui change, sinon c'est toujours pareil. Les mêmes taureaux
d'une tonne et demie, les mêmes péquenots pétés de thunes à bérets basques, le
même public de Franchouilles nostalgiques, sans trop le savoir, du temps où ils
déboulaient dans le fumier au lieu des couloirs du métro.
Moi, je vous le dis franchement, tout cela commence à me les casser grave.
On nous gave comme des oies de tout un monceau de niaiseries sans intérêt pour
nous faire oublier l'essentiel, à savoir que nous partons en couilles les pieds en avant.
Le Souverain, j'entends par là le citoyen membre de droit du corps électoral, c'est le
gros con qui va piétiner dans les allées de la Porte de Versailles avec le vague espoir
d'apercevoir un grand personnage de la République...qui sait, même, avec un peu de
pot le président d'icelle. J'entendais une brave dame qui, ce midi, confiait à Monsieur
Béhèfèmetévé:"On aura peut être la chance d'apercevoir François Hollande". Cela
n'appelle aucun commentaire, pas vrai?
En revanche, si vous voulez savoir, par exemple, ce qui se passe en Italie, vous avez
intérêt à capter un minimum la langue de Dante; parcequ'ici, le peu qu'on en dit pue la
désinformation à pleins naseaux.
Il se trouve pourtant qu'au delà des Alpes se joue une partie cruciale.
En gros, vous avez Monti, complètement déconsidéré, vomi par les Ritals comme proba-
blement aucun politicard avant lui et, marchant fièrement à ses côtés, la Gauche avec à
sa tête une espèce d'ancien communiste plus ou moins repenti. En face de ces bonnes
gens vous trouvez le vieux Berlusconi, en pleine possession de ses moyens et prêt à
tout pour gratter un max de voix, avec un certain succès, semble t-il. A titre anecdotique
on peut mentionner aussi, dans le même secteur, une Droite pas très en forme, apparem-
ment en tout cas.
Et puis surtout, et là ça devient vraiment intéressant, une espèce de trublion vociférant,
un certain Beppe Grillo, qui la joue complètement ennemi du "Système". En gros, le
type veut rendre aux Italiens tout le pognon que leur piquent les politicards et envoyer
ces derniers en retraite anticipée avec la pension la plus légère possible, une sorte
de minimum vieillesse. Faut voir le succès!
Si vous écoutez les media de chez nous, ce Grillo devrait scorer dans les douze pour
cent. Je vous parie ce que vous voulez qu'il fera le double. Evidemment pour former le
gouvernement ce sera trop juste mais pour foutre le bordel dans le landerneau romain
ça suffira largement.
Alors, entre le PDL de Berlusconi qui fera un joli résultat et les copains de Beppe Grillo
dont l'hémicycle du Palais Montecitorio va se retrouver envahi, je vous promets
du spectaculaire chez les Macaroni. Regardez bien, ça va faire de la poussière.
Même du temps de Poujade on n'aura jamais vu ça dans nos jolies assemblées.
Nos chers folliculaires germanopratins vont encore avoir de quoi se gratter la cervelle,
les mystères de l'Italie n'ont pas fini de les laisser sur le cul. Il est vrai qu'à Sciences Po
on n'a jamais théorisé Beppe Grillo..
Donc, vous faites ce que vous voulez, moi je regarderai attentivement les résultats des
élections ritales. On n'a pas si souvent l'occasion de se marrer.
Vous me direz, de temps en temps, quand même, on vit de bons moments.
Ce fut le cas, par exemple, cette semaine, grâce en soit rendue à l'excellent M. Taylor
qui s'est payé, avec une aisance remarquable à la fois Montebourre et la CGT.
Fabuleux cette histoire d'échange de lettres entre le fabricant de pneus amerloque et
l'ineffable redresseur productiviste de l'équipe des Branquignolles à Marco le Nantais.
M. Taylor n'a pas envie de mettre son pognon dans une économie ruinée par des
syndicats marxistes, eux mêmes cajolés par une classe politique d'incompétents
dépourvus de testicules. Et il l'écrit, carrément! A qui de droit!
Il l'a bien précisé, M. Taylor, la France finira comme la Grèce, c'est juste une question
de temps. A force de faire fuir les investisseurs à grands coups de stupidité politico-
syndicale, ça nous pend au nez comme un sifflet de deux sous. Il voulait racheter
Goodyear pour faire des pneus chez nous... Il a compris, le brave homme, il ira les
fabriquer ailleurs, chez des gens raisonnables qui bossent tout le temps que le
patron les paie et pas trois heures sur sept.
Evidemment la Bien-Pensance à gueulé au scandale comme quoi on a affaire à
un plouc mal embouché et grossier comme un pain d'orge qui se permet d'insulter
nos jolis ministres ainsi que notre glorieuse Classe Ouvrière. Pas étonnant, vu qu'il
serait un peu Tea-Party sur les bords l'affreux Texan, un facho de la pire espèce,
je vous dis! Bouh, quelle horreur!
Alors moi, je le remercie avec chaleur et effusion, M. Taylor. Pour une fois qu'il s'en
trouve un pour dire la vérité toute crue, sans détour ni circonlocution, la vache, il
faudrait lui conférer la Légion d'Honneur à ce bonhomme. Sans compter qu'avec un
peu de pot il la refuserait, vu qu'il n'en saurait manifestement que foutre.
Cependant, on devrait l'écouter attentivement, le gros plouc à Stetson. D'abord,
moi je trouve qu'un ancien ajusteur devenu milliardaire à force de travail, d'intelligence
et de détermination, c'est plus crédible qu'un énarque mijoté à la sauce Solférino.
Question de point de vue, bien sûr.
Et puis, eût il été en France ce cher homme, qu'aujourd'hui il serait ajusteur-chômeur.
Ca marque bien la différence, non?
Bon Dimanche à tous.
Et merde pour qui ne me lira pas.