Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Formidable! Comme dirait le camarade Jack (pas l'éventreur, l'inventeur génial de la
teuf de la zik).
Formidable, en effet, la suite des évènements auxquels nous avons assisté depuis une
semaine. Un concentré des caractéristiques dominantes de nos sociétés du XXIème.
Avec l'échantilon complet des absurdités, palinodies, atermoiements, hésitations,
trouilles, couillonnades, chantages, louvoiements, reculades et surtout, par dessus le
marché aux bestiaux, surtout précautions. Essentiellement précautions, conformément
au noble et intangible principe qui, désormais, constitue le socle tutélaire de notre
civilisation.
C'est l'application stricte de cette prodigieuse avancée intellectuelle qui nous conduit,
notamment, à voir le Ministre d'Etat Borloo, manifestement fatigué mais toujours sur le
pont quand souffle le vent mauvais de la tempête volcanique, gérer la crise horrible du
nuage de l' Eyjafiöl.
Il faut le voir, le Monsieur Borloo, dans ces sortes de circonstances.
La bouclette crade et en bataille, la chemise pas nette-nette et la cravate absente, mais
toujours le verbe tonique, tendu vers l'objectif d'une gestion dynamique des media.
Et à ses côtés, le père Bussereau, vingt-gu, plus sobre dans tous les sens du terme,
nettement moins pittoresque. Mais après tout il émarge seulement Secrétaire d'Etat, le
père Bussereau.
Entre un secrétaire d'Etat et un ministre du même métal, je vous prie de croire qu'il existe
un sacré espace, ça se joue en kilomètres, au moins.
Bien sûr il ne s'agit pas d'une question de compétence ni d'efficacité. Là, c'est, grosso
modo, pareil et pas bien terrible. En revanche sur le plan de la mise en scène télévisuelle,
nous trouvons tout un monde qui les sépare.
Le ministre d' état dispose du droit de gigoter, éructer, faire le clown, dire des gros mots,
proférer des âneries, se curer le pif en douce, expliquer ce qu'il n'a pas compris, péter discrétos, le cas échéant, promettre tout ce qu'on voudra et s'en jeter un
ou deux, voire plus, derrière l'absence de cravate. Toutefois, ce dernier point, hors
caméras. si possible.
Le secrétaire, lui, a intérêt à s'écraser en douceur, à corroborer les déclarations de son
suzerain, à fermer sa gueule si on ne lui demande rien et, dans le cas contraire, à se.
limiter à du technique d'intérêt secondaire.
Faut comprendre. Le premier avait provoqué la perte d'une bonne centaine de députés
UMP, en 2007, alors que le second s'est contenté de se gameller aux régionales de sa cambrousse, comme tout le monde, d'ailleurs. Y a quand même une grosse différence
de niveau, à la base.
Bon, alors, moi je vous dis ça mais surtout pour bien mettre en évidence la qualité de la
gestion du bordel créé par la conjonction des fumées volcaniques et du principe de
précaution. Précisons bien, il n'ont pas commencé, nos duettistes de choc. L'affaire
a démarré sans eux, à l'étranger. En revanche la République Française Une et
Inconduisible les a dépéchés pour emboîter le pas aux voisins.
Tant que personne n'avait les couilles de souligner l'innocuité du nuage arachnéen autant
que ténu qui survolait alors nos contrées à altitude respectable, impossible de jeter la
pierre à ces deux remarquables personnalités.
Cependant, lorsque les compagnies aériennes ont compris le ridicule tragique d'une
situation aboutissant à interdire, pour rien, tous les vols et qu'elles l'ont fait savoir, sans
doute eût il convenu d'en tenir compte en rouvrant dare-dare l'espace aérien national.
Les deux jours perdus pour cause d'atermoiements ont coûté bien cher, sans compter
qu'il a du y avoir des morts par-ci par-là. Dans certains cas, quand vous restez là où vous
vous trouvez, vous y crevez.
Au fait, celà me conduit à évoquer notre bon service public de transport ferroviaire.
En voilà un qui sait ce que service public veut dire : démerdez vous, nous on est en grève!
Logiquement l'absence totale d'avions due à un cas de force majeure ou
prétendu tel, aurait dû motiver une mobilisation générale du potentiel d'acheminement
des voyageurs par chemin de fer. Bonne occasion, en plus, de démonter avec éclat la supériorité du rail.
Manque de pot ce ne fut pas le cas. Les exigences de la lutte farouche à laquelle se livrent
la CGT et Sud-Rail en ont décidé autrement. Que pèse, en effet l'intérêt de tous ces cons
qui n'avaient qu' à rester chez eux, au regard des luttes syndicales, fussent elles fratricides.
Il apparaît évident que l'avenir prometteur de Monsieur le Camarade Le Reste ne saurait
se voir compromis par une malheureuse affaire de nuage bêtement plein de cendres volcaniques.
Tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais!
Force apparaît donc de constater qu'ils nous auront tout fait, les braves gens censés
s'occuper de nos affaires. Tous, bien évidemment, choisis par des collèges électoraux
en vertu des qualités qui les distinguent du commun des mortels. Enfin, on présume.
Le moyen de faire autrement?
Evidemment, tel n'est pas le cas des footballeurs qui constituent la belle équipe de
France du très médiatiquement décrié Doménech.
Nous nous trouvons face à de remarquables exemples de promotion sociale.
Voilà des garçons manifestement doués pour jouer à la baballe et ce, exclusivement.
Eh bien ces quasi-analphabètes trouvent le moyen de se payer des putes de haut luxe
comme le premier PDG de multinationale venu. Et encore mieux, paraît-il, de les
acheminer auprès d'eux en jet privé. Plus fort encore que le premier PDG susvisé qui
hésiterait, tout de même.
Sauf que ces braves footeux, mal avertis des subtilités du droit pénal, tombent plus
facilement dans les pièges abjects des maquereaux loueurs de petites filles, certes
pubères mais nonobstant mineures.
Curieusement, il semble s'agir d'une affaire entre musulmans. Tant en ce qui concerne
le maquereau que les petits protégés du précité Domenech.
Mais il faut dire que les milieux en cause n'apparaissent pas très catholiques, de nos
jours.
(Je ne sais pas si vous vous rendez bien compte du courage qu'exige la publication
de vérités pareilles.)
Ces choses étant dites et votre capacité à me supporter ayant forcément atteint ses
limites, je vais m'arrêter là.
Sauf, si vous le permettez, une petite chose que j'allais malencontreusement oublier.
Oui, je voulais souligner que le nuage de l'Eyjafiöl, pouvait aussi présenter quelques
avantages pour certains de nos élus et non des moindres.
C'est bien grâce à lui que notre bon président a coupé à la corvée de l'enterrement
du président de Pologne. Cérémonie d'autant plus étrange et surréaliste qu'elle
procurait l'impression hallucinante de se dérouler en présence vive du défunt.
Par l'effet de l'invraisemblable ressemblance qui identifiait ce dernier à son frère
jumeau.
Bon, évidemment, Dimitri Medvedev a trouvé, lui, le moyen de faire le voyage.
Dans un avion militaire à hélices, un Iliouchine, en plus. Gonflé, quand même mais
il est Russe, Medvedev, ça explique.
Alors, il convient honnêtement de signaler que nous aussi, nous avons de vieux
avions militaires à hélices.
Pas des Iliouchine, évidemment, mais des trucs qui ressemblent beaucoup.
Seulement entre un Week-End à la maison avec femme et enfants et un voyage
sinistre dans un tas de ferrailles épouvantablement bruyant et empesté d'odeurs
d'huile chaude, assorti d'un te-deum interminable dans la cathédrale de Cracovie,
y a pas photo, comme on dit.
Dommage, les Polacs auraient beaucoup apprécié.
Dobrivetcé, ce qui ne doit pas vouloir dire salut en polonais et merde pour qui ne
me lira pas.