Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Jusqu'à hier, il nous restait encore un triple "A". Celui du camarade Fitch, un vieux pote
(voir Le monde selon Apichatpong et Fitch.) qui nous gardait sa confiance en dépit de
tout, malgré les déconnages sarkozyens et les divagations hollandouillesques, sans
plus s'inquiéter de nos pesanteurs collectivistes ni de nos rigidités jacobines. Un véri-
table ami, on peut dire, bienveillant et désintéressé.
Eh bien voilà. Terminé! Il a fini par nous lâcher, Fitch, un peu découragé par notre côté
indécrottable, notre boulimie publico-dépensière et notre attachement forcené aux vieil-
les lunes genre programme du Conseil National de la Résistance. Dégoûté, le pauvre
Fitch! Pas moyen de tenir plus longtemps : aux alentours de cent pour cent du PIB, la
dette commence à perdre un peu en crédibilité, surtout quand on ne voit pas comment
elle pourrait cesser d'augmenter.
Cependant, je vous rassure tout de suite. Notre bon Ministre de l'Economie, Monsieur
Moscou-Vessie n'a pas manqué de signaler aussitôt la détermination de la France à
"poursuivre sa politique de réduction des déficits et de rétablissement de la compé-
titivité".
Il aurait mieux fait de le dire avant, ce con, Fitch n'était manifestement pas au courant, il
croyait même le contraire, dites donc, la preuve: il l'a marqué dans son rapport. Croyez
vous que c'est ballot, ça!
Alors, évidemment, j'en entends déja plein qui vont rouspéter comme quoi, les agences
de notation on n'en a rien à secouer et que leurs petites appréciations scolaires à coups
de lettres, ils peuvent se les carrer en guise de suppositoire. Moi, je veux bien. Sauf
qu'un jour ou l'autre ça finira pas se sentir au travers des taux d'intérêt...et des impôts,
par voie de conséquence.
Bien sûr, la compagnie des dégradés s'agrandit tout le temps. La semaine dernière
nous voyions l'Italie se morfler encore un paraping dans les gencives. Un coup de
Standard and Poor's, la routine quoi, personne n'en a même soufflé mot, tellement
ça intéresse les media, la ruine des Etats!
En revanche, le Pape qui s'en va jouer les Robin des Bois à la petite semaine sur
l'île de Lampedusa, là oui, on en fait des gorges chaudes, on s'extasie, on exulte.
En gos il nous demande de nous suicider collectivement, le Pape. Voilà qui sort un
peu des traditions...faut dire, un Jésuite... ça ne vaut pas l'Ordre du Temple Solaire
mais d'une certaine façon on peut trouver des points communs...
La Charité! Elle commence par soi-même, la charité. En Europe, avec la Dame
Maëlström en guise de conscience, nous réservons toute notre compassion, toute
notre mansuétude et toute notre charité, à ceux qui viennent nous envahir. L'oubli
de soi à ce point là, ça dépasse même la connerie, ça vire à la faute inexcusable.
Eh bien, le Père François, cela ne lui suffit pas! Faut aller encore plus loin, fournir la
vaseline et tendre les deux joues de l'entresol! En vérité, je vous le dis, je préférais
Jean-Paul, comme pape. Et même Benoît, tiens, le pauvre vieux, viré comme un
malpropre! On commence à bien comprendre pourquoi...
J'en arrive à regretter Pie XII. Au moins on savait se tenir de ce temps là!
C'est comme en vélo, tiens, pareil! Nous, à l'époque, nous avions Louison Bobet,
par exemple et déjà Anquetil perçait sous le petit Jacquot, alors que le jeune
Poupou s'entraînait dur avec la bicyclette de Mémé, pendant qu'elle trayait ses
vaches, la brave vieille..
Pourquoi je vous parle de ça? Je n'en sais rien moi...
Oui, sans doute parcequ'aujourd'hui, ce charme-là aussi, se trouve rompu.
Le bon Franchouille ne peut même plus vibrer au son du klaxon à trois tons si
caractéristique de l'approche du peloton du Tour. Vous trouvez de tout dans les
équipes, des Lithuaniens, des Kazaks, des Australiens (mais pas aborigènes),
des Sud-Africains (blancs) et même des Kenyans (blancs).
D'ailleurs on en arrive à une situation étrange, un petit glissement nauséabond bien
engagé, dans le cyclisme. Déjà, avec la dope, on disposait d'un moyen imparable
de compisser le coureur mais en plus on ne va pas tarder à le taxer de racisme, le
"géant de la route", comme on disait à la grande époque.
Heureusement vous avez les Français, encore eux, qui essaient de sauver la mise
en faisant courir un jeune Gouadeloupéen vachement noir ou encore un ou deux petits
beurs. Bien! Voilà qui progresse dans le bon sens, certes...seulement c'est pas ça
qui va nous mettre le maillot jaune sur le dos d'un brave petit gars bien de cheu nous.
Même plus foutus de gagner une étape, les mecs. A la ramasse complet!
Faut croire qu'on ne dispose pas d'équipes médicales compétentes, dans ce pays.
Claude Bernard doit se retourner dans son tombeau, le pauvre, pour fêter ses deux-
cents ans le constat apparaît bien saumâtre!
La décadence, décidément, corrompt tout. Même le vélo! Même le Tour!
Dieu merci, il nous reste le défilé du 14 Juillet. Voilà un truc qu'on ne pourra pas nous
enlever, tiens!
Souvenez vous de la mère Eva Joly...mais oui, vous savez bien, la candidate à la
Présidentielle, Miss un et demi pour cent...la pastèque norvégienne à lunettes de
grenouille voilà, bon. Elle proposait qu'on remplace la parade militaire par un grand
raout d'associations bien-pensantes et de services publics. De dieu, la levée de
boucliers! Les quelques ahuris qui se proposaient de voter écolo ont foutu le camp
chez Méluche le jour même! Y a des trucs, comme ça, faut jamais y toucher!
L'avantage compétitif du défilé, justement, réside dans l'absence totale de concur-
rence. Depuis la suppression du 1er Mai de la Place Rouge, plus personne de
standing équivalent ne s'embarrasse de ce genre de spectacle militaro-chauviniste.
Déjà que les Champs-Elysées, nous disposons du droit exclusif de défiler dessus,
nous nous retrouvons totalement esseulés sur le marché de la revue militaire à grand
spectacle du 14 Juillet entre Arc de Triomphe et Obélisque.
Or, l'expérience prouve qu'en l'absence de toute concurrence, la France parvient
toujours à tirer avec éclat son épingle du jeu. Voilà pourquoi la mondialisation nous
réussit tellement mal : nul ne saurait briller dans tous les domaines!
Par suite, la République doit salement marronner d'entendre son petit Président hué,
sifflé, brocardé, vilipendé par une bande de malappris blasphémateurs. Encore des
opposants au mariage par derrière, figurez vous, mais que fait donc la Police?
Ben oui, en voilà une bonne question. Elle se trouve un peu bloquée à Brétigny, la
Police.
Forcément, en grande banlieue, en temps normal, on peut laisser pisser.Tout le monde
s'en fout. Mais quand survient un évènement susceptible d'attirer l'attention des foules
ainsi que les caméras du monde entier, faut faire gaffe, surveiller comme lait sur le feu,
ça peut déborder à tout instant.
A Brétigny, justement, avec le déraillement du train, pas moyen de laisser le terrain
sans surveillance.
On l'a bien vu, tout de suite après la catastrophe, quand les petits "jeunes" détrous-
saient tranquillement les morts et les blessés. Rapides, les charmants bambins, ils
se trouvaient sur le coup avant même l'arrivée des secours. Bien sûr, dérangés en
plein boulot par l'arrivée de ces derniers, ils les ont un peu caillassés. Comme d'hab'
quoi, lorsque les pompiers arrivent, on leur fait une petite intifada, toujours. La procé-
dure normale, en somme. Que voulez vous, on ne peut pas avoir le beur et l'amour du
beur...
Cependant, nous l'apprenions hier, dès la fin de la matinée, de la bouche même du
Ministre des Transports, gros pignouf socialo bien comme il faut, tiré à quatre épin-
gles et coiffé à la Ayrault : les pompiers furent accueillis "de façon un peu rude" mais
il s'agissait juste d'actes isolés. Des gamins qui faisaient mumuse, en quelque sorte.
Et aujourd'hui, nous apprenons par le préfet du coin qu'il ne s'est rien passé du tout.
Ouf! C'est y pas mieux comme ça?
Reste juste à éclaircir le mystère de l'éclisse...vous savez, ce bout de ferraille qui
s'est déboulonné tout seul et qui, par l'opération de satan sans doute, s'en est allé
se loger en plein milieu de l'aiguillage, provoquant ainsi le valdingue du dur.
Je ne sais pas, bien sûr mais quelque chose me dit qu'on ignorera toujours le fin
mot de cette histoire. La fiente, faut pas trop la remuer, après ça schlingue.
Les "Chances pour la France", il importe d'éviter de trop les titiller, déjà qu'on les
empêche de piller tranquillement les victimes de catastrophes!
Alors, pour trouver quelque raison d'espérer encore un peu en la nature humaine, il
nous reste à nous tourner vers la Floride. L'affaire Zimmerman vient de nous prouver
que là-bas l'honnête citoyen possède encore le doit de se défendre contre les
voyous, fussent-ils noirs.
Comme quoi, le Jury Populaire, on peut en penser ce que l'on veut, mais, question
justice, ça fonctionne tout de même un peu mieux que le Syndicat de la Magistrature.
Nous, nous sommes foutus mais les Amerloques ont encore de la ressource...pourvu
que ça dure!
Allez, fêtez bien la République...enfin pour ceux à qui ça plait.
Amitiés à tous.
Et merde pour qui ne me lira pas.