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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 17:11

Apitchatpong Weerasethankul, un volcan islandais?

Mais non, voyons, vous marchez à côté de vos pompes, il s'agit du cinéaste thaïlandais

qui vient de recevoir la palme d'or au festival de Cannes.

Soyons sérieux, tout de même, les noms de volcans islandais ne possèdent pas

systématiquement la même terminaison malsonnante!

( voirL'éruption de l' Eyjafjallajtanküll. ).

Apitchatpong Weerasethankul, lauréat suprème de Cannes 2010, se distingue parce

qu'il mérite sans conteste le record du monde toutes catégories de l'oeuvre supérieurement chiante.

Oncle Boonmee, le film palmedorisé, se révèle effectivement plus emmerdant que

l'ensemble de la filmographie de Bergman à laquelle on ajouterait le collector des

chansons de la première dame de France ainsi que, pour faire bon poids, tous les

écrits de Robbe-Grillet et de Nathalie Sarraute.

Une véritable purge en forme de somnifère, ce film. Le président du jury, Burton, en

dormait encore au grand moment solennel de la proclamation du palmarès.

Séché, le mec, anesthésié, incapable de suivre. Fallait le secouer comme un prunier

pour qu'il en décoince une quand venait son tour d'ouvrir sa gueule.

Bon, quand on a vu le film, on comprend.

Si vous ignorez ce qu'est un plan fixe, vous allez voir le film de Weerasethankul et

vous  voilà fixé, si j'ose dire. Vingt minutes montre en main sur un boeuf qui pionce,

cela ne s'était encore jamais vu.

Une telle audace ne pouvait laisser Burton insensible. Attendez, deux secondes,

quand je parle de Burton, il ne s'agit pas de feu le mari de Liz Taylor, n'est-ce pas,

je veux désigner celui qui ressemble un peu à une balayette à chiottes, si vous voyez,

un machin long et moche avec un paquet de poils mal foutu tout en haut. 

L'inoubliable auteur de Batman et de Mars-Attack, entre autres coups de génie.

Celui qui reçut, voici quelques mois, la croix d'officier des arts et lettres des mains de

Tata, M. le Ministre de la Culture et du tourisme de charme.

Je vous disais donc que le Burton en question, grand maître du festival 2010, avait

jugé bon de récompenser l'audace, l'inventivité, la créativité, l'originalité de celui qui,

par son génie spécifique, parvient à faire suer le spectateur pire que dans le cratère

incandescent d'un volcan islandais en pleine action.

A la réflexion, il a peut être aussi voulu faire plaisir à M. Mitterrand (Tata, pas Tonton)

pour le remercier de sa jolie décoration. L'évocation de la Thaïlande et de ses charmants

jeunes gens, apparaît en effet de nature à remplir d'aise le coeur d'amateur éclairé du

gentil Freddy.

Cependant l'affaire présente tout de même quelques inconvénients. Par exemple qu'à

force de refiler la palme d'or à des navets sans intérêt, propulsés par des présidents

de jury hallucinés dont le seul mérite réside dans un engagement politique de type 

gauche-caviar-cocaïne, on va finir par faire du tort à l'un des seuls évènements français

qui intéresse le monde entier à commencer par les amerloques. Aujourd'hui, chacun sait

que "palme d'or du festival de cannes" signifie "ah, tiens, on va aller voir autre chose".

Moi, je veux bien, mais à la longue cela risque de finir par lasser.

 

Mais je me trompe sans doute. Après tout le déconnage systémique ne constitue-t-il pas

la règle d'or qui régit le fonctionnement de notre monde mondialisé?

Par exemple, considérez donc un peu le phénomène des fameuses agences de notation

dont les diktats font aujourd'hui vaciller la vieille Europe.

Je suis probablement naïf, comme tous ceux qui ignorent le dessous des cartes, mais je

trouve un peu curieux que des officines quasi-occultes et immaîtrisables, disposent du

pouvoir de nous foutre en l'air les uns après les autres sans que personne n'y puisse rien.

Tant qu'il s'agissait de coller la meilleure note à Lehman-Brothers un quart d'heure avant

son dépôt de bilan, on pouvait, à la rigueur, goûter le côté farce de la chose.

Désormais, toutefois, il s'agit des Etats souverains ou prétendus tels de la zône Euro.

Etats, certes parfaitement incapables pour la plupart de se gérer sérieusement et même

en quasi-faillite, mais de là à se laisser conduire à l'abattoir par un groupuscule

d'irresponsables planqués on ne sait même pas où, la vache, il devrait y avoir une sacrée

marge.

Ben non. L'Espagne du camarade caballero Zapatero vient d'y passer elle aussi.

En attendant que vienne notre tour.

 

Bon, on savait bien qu'ils avaient déliré comme des chanteurs de flamenco, les pauvres

espanches. Qu'à force de construire des villes fantômes en plein désert jusqu'à bouffer

tous les stocks de ciment de la planète il fallait bien un jour qu'ils paient l'addition.

Mais au lieu d'essayer d'inventer les mécanismes nécessaires pour arrêter le massacre,

nous autres, on s'extasiait sur la formidable expansion zapaterienne, sur le boom

immobilier castillan et sur le développement exponentiel de l'Andalousia mia pays

d'amour. 

Et quand on a bien réalisé qu'il avaient déconné au delà de toute mesure, les hidalgos,

on s'est contenté d'attendre que l'Agence Fitch les dégrade. Sans rien pouvoir faire à

part implorer le ciel que ça n'arrive pas.

La question qui se pose aujourd'hui, c'est "à qui le tour". Le Portugal c'est sûr, d'ailleurs

tout le monde s'en fout. Mais après? La France puis l'Italie? L'inverse?

On n'en sait rien. On attend la décision de Fitch!

 

Et là je sens confusément que nous sommes vraiment en train de nous péter la gueule.

Grave. La catastrophe quoi, le cataclysme à dimension continentale. J'espère me

tromper, évidemment, ce n'est pas un pauvre blogueur obscur et ignare qui va 

prospectiver juste dans un pataquès aussi compliqué, tout de même.!

Bien sûr. Cependant le constat apparaît sans appel : le sort de l'Europe dans un premier

temps et du monde entier par la suite, repose entre les mains délicatement manucurées

de Fitch et de ses petits collègues et amis.

 

Si avec ça vous arrivez à dormir tranquille c'est que vous vous passez en boucle

l' Oncle Bonmee d'Apitchatpong Weerasethankul!

Au bout du compte il a peut être eu raison, Burton-balayette-à-chiottes.

L'utilité sociale et salvatrice de ce brave Apitchatpong va sans doute se révéler aux yeux

ébahis de l'univers entier, un de ces quatre matins. Ca dépendra de Fitch.

 

"De notre mal personne ne se rit,

 Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre".

 

Et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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