Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Nourrissant depuis la nuit des temps une très haute estime pour Montesquieu, j'ai tendance à me retourner vers lui dans les cas graves. Aujourd'hui nous y baignons en plein dans le cas grave. Peut être même désespéré, tiens, le cas, si ça se trouve.
Comme disait Papa, plus ça va pis c'est! Rien que cette semaine, deux grands coups de pompe dans les libertés publiques, on s'est morflés, et pas juste pour rigoler, vous m'en voyez encore plié en deux à cette heure. Primo le Commissariat de Viroflay où les sbires de Valls exigent d'une candidate à la naturalisation qu'elle donne les noms de ses potes de la "Manif Pour Tous", secundo les Juges Rouges qui écoutent les conversations téléphoniques de l'ancien Président de la République, histoire de lui savonner la planche d'un éventuel retour devant les électeurs. Pas mal, non, pour la Patrie des Drouadelom?
Alors, il dit quoi, en pareil cas, le camarade Montesquieu? Si ma mémoire est bonne, il observe : "celui qui détient un pouvoir est naturellement porté à en abuser". En conséquence, pour l'en empêcher il convient de séparer les pouvoirs et de faire en sorte que ceux-ci se limitent mutuellement, "le pouvoir arrête le pouvoir" (par flemme je vous le fais de tête mais en gros on reste dans les clous). D'où l'idée des trois pouvoirs qui se partagent la "puissance souveraine" : l'Exécutif, le Législatif et le Judiciaire. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, comme disait un illustre contemporain de l'illustre précité, tant que les trois machins en question demeurent parfaitement indépendants les uns des autres. En revanche, la moindre porosité, la plus petite interpénétration suffit à foutre en l'air tout ce joli dispositif. Voilà pourquoi la démocratie ne peut fonctionner que dans les situations éminemment exceptionnelles où tout le monde joue le jeu. Montesquieu l'a bien vu lorsqu'il pose en principe que la démocratie repose sur "la vertu"... Turlututu chapeau pointu, la République a l'oeil dessus et le citoyen l'a dans le bas du dos! Inutile de faire un dessin, pas vrai?
Par voie de conséquence, depuis très longtemps, la plupart de ce qu'il est convenu d'appeler "démocraties" subit des régimes politiques très éloignés du concept induit par cette dénomination. La France, notamment, patrie de la démagogie combinatoire et du tirage de couverture, illustre admirablement le phénomène. Seulement, avec l'arrivée aux affaires de la bande à Culbuto, en 2012, j'ai bien l'impression qu'une étape décisive vient d'être franchie, nous sommes carrément passés d'une pseudo séparation des pouvoirs à la totale collusion des pouvoirs, le parangon du despotisme à paravent démocratique!
Bon, je m'explique. Depuis près de deux ans -comme le temps passe- ce Pays vit sous le joug d'une sorte d'hydre ectoplasmique dotée de cinq grosses têtes: Gouvernement, Parlement, Justice, Administration, Media et d'une myriade de tronches plus petites: régions, département, agglos, communes, syndicats, associations...liste non exhaustive. Ce monstre affreux s'appelle La Gauche et détient tous les pouvoirs; selon toute logique il découle du principe de Montesquieu ci-dessus énoncé qu'elle en abuse à bloc. Forcément. Voilà pourquoi nos libertés, qui trimballaient déjà pas mal de plomb dans l'aile, s'effondrent dans un silence de mort sous le poids écrasant de la toute puissance gauchiarde. De profundis!
Ainsi que le remarquait Pierre Dac -une sorte de Montesquieu en plus marrant mais baptisé au sécateur- "quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites". Du coup, là, elle se lâche complètement, La Gauche, elle y va franco...ou plutôt castro, si vous préférez. Y a plus de raison de se gêner vu l'absence totale de contre-pouvoir, c'est tout bon, un vrai boulevard, une allée de lys et de roses, la route du paradis! Ils peuvent s'en donner à coeur joie, les Taubirat, les Valls et compagnie et vas y que je te perquisitionne, viens donc un peu par ici que je t'écoute, donne nous des noms si tu veux devenir Franchouille, fais voir ton tee-shirt que je te foute en garde à vue...bref abus de pouvoir et arbitraire à tous les étages! Planquez vous, rentrez dans vos terriers les amis, pas de vagues, dites rien au téléphone surtout, il peut y en avoir pour tout le monde!
Vous l'avouerais-je, en écrivant ces lignes sur un ordinateur parfaitement identifiable, j'ai désormais l'impression de prendre un risque insensé. Je me sens un peu comme le résistant de 1942 qui, du fond de son grenier, communiquait avec Londres sur son vieux poste émetteur avec, au ventre, la sainte trouille de voir à tout moment surgir la Traction noire et les camions vert de gris...putain le cauchemar! Vous croyez que j'envoie le bouchon trop loin? Mince, vous avez vu la tronche du Sinistre de l'Intérieur...ajoutez y une petite moustache, hein? Et la Garde des Sots, alors, elle vous rappelle quoi, comme film d'horreur? Comptez pas sur moi pour vous le dire, tiens, vous me voyez déjà assez mouillé comme ça, d'ici qu'il me faille passer dare dare en Espagne y a pas loin.
Et pour couronner le tout,je viens d'appuyer par mégarde sur le bouton "publier"! La vache! Un article même pas fini qui jamais n'aurait dû sortir avant demain après midi! Encore un coup de La Gauche, sans doute...quand les pouvoirs confusionnent faut s'attendre à tout.
Passez donc un bon week-end, tiens, moi je vais en profiter pour tirer au flanc...si la Popo (ben oui, quoi, la Police Politique, m'enfin) m'en laisse le loisir.
Taisez vous, méfiez vous, des oreilles ennemies vous écoutent, comme dirait Maître Herzog...
Et merde pour qui ne me lira pas.