Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Un grand garçon, maintenant, le vingt et unième siècle. Il a bien grandi, ce petit.
Comme le temps passe. Vous vous rendez compte, on l'a vu naître, c'était hier,
dans l'euphorie, l'espérance et la foi béate qui entend confusément chanter les
lendemains.
Et le voilà déja dans sa douzième année! Partis comme on est, le temps d'y
penser on en sera déja au siècle d'après!
Il a grandi un peu tordu, le pauvre, c'est vrai, vu que depuis 2001, va savoir pourquoi,
les erreurs historiques, les conneries monumentales, les âneries bâtesques, les
bourdes à la Bourdin, les impairs méables et les couillonnades escartefiguiennes,
fleurissent comme jamais auparavant. Surtout en si peu de temps. Pourquoi?
Qu'est-ce qui s'est donc passé pour qu'on se mette comme ça, tout d'un coup, à
jouer les apprentis sorciers qui foutent le bouzbir complet à force de décisions
hasardeuses, successives et toutes plus malencontreuses les une que les autres?
Va comprendre Charles?
Y avait pas de raison. Quoique...à y regarder de plus près, j'en vois bien une,
vaguement, qui demanderait à se faire creuser un peu, histoire de voir. Une
idée comme ça, en l'air, avec rien autour, inconsistante et diffuse dont la modestie
de mes moyens intellectuels m'interdit l'approche analytique et même la syntétique.
Cela dit, maintenant que mon estimable ami Don Juntos (voir mes "Blogues Potes")
m'a ouvert les yeux sur la cartographie blogosphérique de ces saloperies de
gauchistes du "Monde" (1) et sur la promotion inattendue d'Onéfoutus au rang de
blog politique salfacho, je crois devoir y aller quand même.
Toute honte bue et sans prétention aucune, vu qu'à mon âge et après ce que j'ai
vécu, seule la Croix de Commandeur de l'Ordre de Guillaume Tell, distinction
Helvète très parcimonieusement distribuée, pourrait, à la rigueur, me filer le melon.
Et encore.
Bon, j'y vais. En espérant à la fois ne pas m'emmêler les pinceaux dans des
raisonnements alambiqués pire que du calva de ferme et éviter de vous enquiquiner
au point que vous me foutiez tous le camp les uns après les autres avec les
roubignolles en menus morceaux.
Voilà. De même que Charlot Grosses-Feuilles se faisait une certaine idée de la
France, de même, nous autres, gens du vingtième-siècle, fantasmâmes éperdument
sur l'An 2000. Tout petit et ça nous remet loin, c'est rien de le dire, j'en entendais parler
de l'An 2000 comme d'une sorte de graal, merveilleux, légendaire, mythique, fabuleux,
quasi-inaccessible, d'autant que ceux qui l'évoquaient en ces temps très ancien,
ne l'atteignirent jamais. Hélas! C'étaient gens d'adorable compagnie au premier
rang desquels mon aïeul Nouratin 1er, que j'aime tendrement bien qu'il ait disparu
dans le trou depuis près de six décennies.
On le regardait, l'an 2000, comme une sorte de paroxysme de modernité,
l'aboutissement ultime du processus de progrès continu autant qu'irrésistible
dont la vocation, indélébilement burinée dans notre commun héritage, consistait
à nous transporter au Paradis Terrestre du Génie Humain. L'âge d'or, en quelque
sorte.
Avec, en plus, la fierté indicible d'y parvenir tout seuls, sans l'aide de la moindre
divinité, juste à la force de la science, de la technologie et de la raison.
Autant vous dire qu'à l'époque en question, soit grosso-modo le milieu du siècle-
dernier, nous étions loin d'imaginer qu'Allah et son Prophète viendraient boule-
verser la donne et nous inviter gentiment à rebrousser chemin en direction du
Moyen-Age.
Soit dit en passant, c'est en vertu de remarques du genre de cette dernière, au
demeurant frappées au coin du bon-sens, que vous vous retrouvez concentré par
les commissaires du peuple de la presse bien-pensante, dans les goulags
brunâtres de la blogosphère d'extrème-droite.
Celle-là, je me la suce par force mais j'ai du mal à avaler. Tout de même!
Et puis, merde à la fin! C'est quoi, ces façons de vous cataloguer les gens, de les
claquemurer dans des catégories à la con, comme si on détenait la vérité révélée?
Pour "Le Monde" vous avez la Gauche, les gens bien, de Mao, Staline et Fidel
jusqu'à Minou la Tringlette, le pote à Dodo la Saumure. En dessous, vous avez la
Droite, en d'autres termes les socialistes qui veulent pas dire leur nom, les Fillon,
les Sarko, les Bachelot, les Borloo, tous ces enfoirés qui courent après la légitimité
gaucharde.
Et en bas, tout au fond, le résidu! Les salauds, les pourris, les marrons, les
nauséabonds, ceux qui font même pas partie du genre-humain tellement qu'ils
pensent infect, pas comme tout "Le Monde" quoi.
L'extrèèèème-droite, bouchez vous le pif!
Bien, je m'emballe, je m'énerve, je m'emporte et j'en oublie mon propos, pardonnez
moi.
L'an 2000, donc, nous le voyions un peu, nous autres vieux, comme une sorte de
frontière séparant le monde d'avant, miteux, poussif, vieillot, ringard et celui d'après,
MODERNE!
C'était le mot choc, ça, "moderne". Un concept éthéré, porteur de tous les bienfaits,
de tous le bien-êtres, de tous les bien-vivre, longtemps et délicieusement.
Bien sûr, on trouvait toujours des gâtouillards pour prêcher les dangers vicieux, les
effets pervers, les risques inquiétants de cette fuite en avant vers l'inconnu mal
maîtrisé. Cependant, le gros des troupes y croyait fervemment au monde idyllique
et achevé de l'an 2000.
Sans hésiter, sans douter le moins du monde et sans malice aucune. Avec des
auto-volantes, des soucoupes du même métal, des repas-pilule, des voyages inter-
stellaires et tout un tas d'autres fariboles insensées que j'ai oubliées, tellement elles
se trouvaient souvent très au delà du farfelu.
Sans compter qu'un beau jour de l'été 69 les Amerloques sont vraiment parvenus à
nous propulser sur la Lune. A partir de ce moment-là, c'était plus possible de pas y
croire, au pays merveilleux du 21eme siècle.
Et puis, tout d'un coup, sans crier gare, contre toute attente, on s'y est retrouvés,
en l'an 2000.
A mon avis c'est à ce moment là qu'il s'est passé un truc : on a cru que c'était
arrivé!
On s'est tous mis, inconsciemment à s'imaginer qu'on avait atteint le fameux
Eldorado, l'Île aux Enfants des grands, le monde fabuleux si longtemps rêvé, le
Nirvana du high-tech supérieur. Je dis bien, inconsciemment, parceque, bien sûr,
personne n'a réellement pensé de la sorte. Mais nous avons bien observé, tout
de même, qu'au nouveau siècle, les homo-sapiens-sapiens se sont mis, soudain,
à croire au Père-Noël.
Ca a commencé avec la "bulle internet", souvenez vous, combien de couillonnés
sur ce fantasme saugrenu, des chiées, de partout et à tous les niveaux, une
épidémie de crédulité aigüe. Même le Canal de Panama et l'Emprunt-Russe, à
côté, c'était de la roupie de sansonnet!
Et puis, tout le reste, la Mondialisation, l'Europe à vingt-sept du traité de Nice,
l'Euro lancé n'importe comment, la guerre d'Afghanistan, celle d'Irak, et autres
incongruités clownesque. Non, je vous le dis, nous avons cru que c'était arrivé,
que nous pouvions tout nous permettre, que l'Homme tout-puissant se trouvait
désormais à l'abri des erreurs consubstancielles à son espèce.
Et je vous ferais remarquer que cela continue.
Le siècle a commencé avec le coup du 11 Septembre. On aurait peut être dû, à
ce moment là, se gaffer que le Musulman-Fanatique présentait un certain danger
pour la survie des populations normalement constituées.
Pourtant, dès le début de la deuxième décennie, nous n'avons rien trouvé de
mieux que d'aller donner un coup de main aux Allahou-Akbar, pour fignoler leurs
Printemps-Arabes, si joliment démocratiques et commencer à généraliser la
Charia à l'ensemble de l'Orient aux mille parfums, dont l'Europe ne saurait tarder
à faire partie intégrante.
Jamais nous n'aurons été aussi cons que depuis que nous croyons ne plus l'être.
La faute à l'an 2000, que voulez vous, nous n'y pouvons pas grand chose.
Toutefois, j'estime utile de préciser qu'il ne s'agit là que d'une ébauche de théorie,
une tentative d'approche originale dont l'intérêt apparaît d'autant plus limité
qu'elle émane d'un obscur blogueur du fond du trou du cul de basse-fosse de
l'extrème-droite.
Décidément, j'ai du mal à m'y faire, à celle-là!
Je serre la main à ceux qui ne sont pas trop dégoûtés et salue les autres de loin.
"Touche moi pas, tu me salis" comme disait un pauvre con, puis-sommé de se
casser.
Et merde pour qui ne me lira pas.
(1)http://www.lemonde.fr/politique/visuel/2012/02/02/cartographie-de -la-blogosphère-
politique-en-2012_1535269_823448.html