Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Un grand coup de barre à droite, qu'il donne, Sarkozy, si l'on en croit la bonne presse,
celle de gauche. Autrement dit, pratiquement tous les baveux, à part Le Figaro.
OuI, à droite toute! Un peu comme le Capitaine Schettino quand il a trouvé le moyen
de drosser le Costa-Concordia sur les récifs de Giglio. Le grand coup de barre à
droite, lorsqu'on se mêle de le donner, mieux vaut que ce soit en temps voulu et au
moment opportun, comme disait Charlot Gros-Pif. En effet, quand vous arrivez
dans les parages des cailloux acérés de la Présidentielle, la barre, vous avez intérêt
à la chatouiller avec doigté, en regardant bien de partout la connerie que vous êtes
en train de faire.
J'entends , vous me dites que de toute manière c'est foutu et qu'au point où il en est
rendu, le mari de Carlita, il peut carrément se permettre un sabordage de style
Toulonnais, puisqu'en tout cas, il restera en rade.
Moi, je veux bien. Je reconnais volontiers que la moitié des électeurs sakozyens de
2007 ont fini par admettre une fois pour toutes que le type en question les prenait pour
des rutabagas. Seulement voilà, il reste l'autre moitié, ceux qui veulent encore lui payer
un deuxième tour sur le manège scrutinesque et qu'il conviendrait de manipuler avec
des précautions de dentelière du Puy. Parcequ'il en est là, notre Président bien-honni:
rien, aujourd'hui, ne permet d'affirmer qu'il franchira le premier tour.
Il suffirait juste d'un léger déplacement des voix vers Bayrou, sur la gauche et vers
la Marine, sur la droite, pour qu'il se retrouve avec vingt-pour-cent, le mec et donc
derrière l'un ou l'autre desdits. Sinon derrière Mélanchon, au train où vont les choses!
Du coup, ses combines piteuses de referenda (ben oui, un referendum des referenda,
comme un medium des media; O.K. vous vous en foutez) ne sauraient lui faire que du
tort. La ficelle apparaît tellement grosse qu'elle ne manquera pas de décider quelques
encore-hésitants de Le Pen. A l'autre bout, les braves humanistes de l'électorat bien-
pensant socialophobe, risquent sérieusement de s'effaroucher au vu de telles
manoeuvres présumées anti-chomeurs et anti-immigrés.
Du coup, les mollusques en question -et ils sont légions- pourraient bien suivre
l'exemple de Douste-Balzy, en son temps surnommé "le con d'Orsay", (1) et
s'échapper chez le ravi béarnais qui, lui, comme la plupart des couillons, présente
les garanties les plus incontestables de moralité et de vertus chrétiennes.
Ces histoires de referendum évoquent un peu, hélas, celui qui mit un terme définitif à
l'èpopée Gaullienne, en 69...horresco referens!
Nicolas Sarkozy, à mon très humble avis, ferait mieux de suivre l'exemple de son pote
Barack-Hussein qui, lui, choisit tranquillement les chansons visant à animer sa
campagne. "Au programme, du rock et de la soul, pour rallier l'amérique et lui redonner
de l'espoir", comme dit si bien "Le Figaro", et sans rigoler s'il vous plait!
Qu'est-ce qu'il pourrait nous mettre, Nico, sur l'électrophone électoral?
Des chansons de sa gonzesse? On l'accuserait de vouloir endormir l'électeur.
Du Johnny Halliday? Ah que y voudra jamais, maintenant qu'il est maqué avec Couille-
Molle!
Bon ben, désolé mais comme ils sont tous à gauche -faut bouffer, quoi-, les chanteurs
populaires propres à assurer l'intendance électorale, il ne lui en restera qu'un seul, à
ce pauvre Sarko. Un seul fidèle, un seul inconditionnel, un que, s'il n'en demeure qu'un,
il sera celui-là, j'ai nommé Gaston Ghrénassia! Eh bien tant pis, que voulez vous, on
la fera avec Gaston, la campagne foutue d'avance, ça changera quoi, pas vrai?
Sans compter que le Gastounet, il a encore ses quelques fans, au fond des maisons
de retraite sépharades, ça peut faire des voix, ça, après tout, suffit d'aller les chercher.
Plaît-il? Ah, oui, Gaston Ghrénassia c'est Enrico Macias. Laï, laï, laï, laï, souleil de mon
Elysée perdu...Vous mordez le topo?
Et puis, après tout, je vais vous dire. Qu'il fasse ce qu'il veut M. Sarko. Voilà bientôt
cinq ans qu'il accumule les pas de clerc, les déconnages, les divagations, les erreurs,
les conneries, les pantalonnades, les pitreries, les couillonnades, les aberrations et
les âneries. Moi, quand il en était encore temps, je l'avais aimablement et très
charitablement prévenu ( voir Lettre entrouverte à M.le Président de la République. ).
Il ne m'a pas écouté. Pire, il ne m'a même pas lu! J'en suis à peu près certain!
Vous vous rendez compte!
Alors tant pis, que voulez vous, advienne que pourra, qu'il se démerde. Moi, ce
n'est pas le sort de ce mec qui m'inquiète. Ce qui me terrifie, en revanche, c'est le
retour des socialos.
N'ayant pas oublié le désastre de 1981 horresco referens-bis ni la catastrophe de
1997 horresco referens-ter, sachant pertinemment que notre situation épouvantable
d'aujourd'hui nous la devons aux exactions démocratiques perpétrées au cours de
ces périodes abjectes, je sais que ce coup-ci on est vraiment foutus. Hollande, si
vous voulez, ce sera notre petit Papandréou à nous. En six mois il met la France au
niveau de la Grèce, au bout d'un an il fout le camp la queue entre les jambes!
Le 6 Mai 2012, je titrerai "On est foutus!", je serrerai ma haire avec ma discipline
et pleurerai jusqu'à complète déshydratation sur le destin funeste de notre infortuné
pays.
Et, cruelle ironie de l'histoire, figurez vous que le 6 Mai c'est la Sainte Prudence!
Pourtant, au lieu d'aller inventer d'improbables referenda pièges-à-cons pour militaire
isolé, comme on disait troufions, on pourrait, par exemple, exhiber le rapport de la
Cour des Comptes. Bien sûr, me direz vous, trop compliqué pour l'électeur-moyen
dont tout démocrate sait parfaitement qu'il est bête comme un tournevis sans manche.
Ben non. Pas d'accord. Qu'il soit niais, l'électeur, je n'en disconviens pas. Cependant
certaines choses peuvent se placer à sa portée.
On pourrait expliquer, par exemple, que M. Didier Migaud, Premier-Président de la
juridiction suprême en matière de finances publiques, démontre avec un éclat
aveuglant Le théorème de Nouratin.
Voilà un homme, M. Migaud, qui, lorsqu'il était député et, de surcroît, président de la
Commission des Finances au Palais Bourbon, nous servait, évidemment, de la langue
de bois à tous les repas. Relance par la consommation, augmentation des impôts,
insuffisance des effectifs publics et autres socialisteries du même tonneau.
Je vous la fais courte, mais ça mériterait un inventaire complet.
Aujourd'hui, l' excellent M. Migaud se retrouve grand chef de la Cour des Comptes.
Du coup, il cesse complètement d'être socialiste et manifeste désormais une parfaite
lucidité assortie d'un sincérité digne des écritures de la Confédération Helvétique.
Et qu'est ce qu'il nous dit, en substance, dans son rapport, M. Migaud?
Il nous dit que l'Etat dépense très excessivement, que les prélèvements obligatoires
sont trop élevés de même que les dépenses sociales, que la compétitivité ainsi que
les capacités d'investissement du pays en souffrent très gravement et que les mesures
prises par le gouvernement apparaissent trop timides et très insuffisantes au regard
du besoin urgentissime de remettre de l'ordre et de l'économie dans le bordel de l'Etat.
Il ajoute que les collectivités locales devront cesser de dépenser à tout va et
n'importe comment et qu'au besoin il conviendra de les y obliger.
Bref le programme de Hollande mais à l'envers, quoi, tout le contraire.
C'est si compliqué que ça à expliquer qu'avec les socialos on va se péter la gueule?
D'accord, le discours se révèle moins poétique que celui du Capitaine de Pédalo
et beaucoup moins drôle que les ivrogneries inspirées de Méluche.
Entendu. Seulement c'est juste la vérité.
Malheureusement, aujourd'hui, lorsque Nicolas Sarkozy dit la vérité, on croit
l'entendre mezzo-voce ajouter...si je mens!
Soyez bénis et restez bien au chaud.
Et merde pour qui ne me lira pas.
(1) Ministre des Affaires Etrangères de 2005 à 2007 sous l'ineffable Villepin, ses
collègues, connaissant bien ses performances intellectuelles hors-norme, l'avaient
surnommé "le con d'Orsay".