Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
On ne peut pas être à la fois socialiste, lucide et sincère.
Ce constat lourdement documenté, que je baptise modestement "Théorème de
Nouratin", repose sur trois décennies de recherches socio-anthropologiques au
terme desquelles je me trouve désormais en mesure de le rendre public, afin
d'apporter mon petit moëllon au glorieux édifice des Sciences Humaines.
C'est sciemment que j'emploie les termes "lucide" et "sincère" au lieu d' "intelligent"
et "honnête" qui, peut être, eussent été plus appropriés. Je le fais surtout par
politesse, vu que j'en connais plein, des socialistes. Des sincères, surtout, mais
aussi quelques lucides.
Je dois à la vérité de signaler que les seconds ont généralement fort bien réussi.
En gros, pour schématiser, les sincères continuent tant bien que mal à enseigner
-plutôt mal, soyons justes- alors que les lucides pantouflent, dès la première occasion
à trois-points, dans le syndicalisme, le mutualisme ou le politicardisme. Tout en
continuant, bien sûr, à émarger. Beaucoup plus grassement, d'ailleurs, que
lorsqu'ils évangélisaient le Petit-Beur.
Mon étude de ce singulier groupe ethnique a débuté en l'an de crasse 1981.
Avant, j'en avais bien sûr entendu parler mais, comme sous Mendes-France ainsi
qu'au temps de Guy Mollet, mon jeune âge m'interdisait l'accès aux subtilités de la
sociologie-anthropologique, j'en ignorais pratiquement tout . Naturellement, ayant
un peu lu, je savais, notamment grâce aux écrits Gaulliens, que cohabitaient en France
deux catégories irréconciliables de marxistes, les Cocos, financés par le Kremlin et les
Socialos aux ressources plus difficilement discernables. Cependant, je n'en connaissais
guère plus et ma participation, un peu occidentale, aux déconnages soixante-huitards,
me conduisit, par facilité, à mettre dans le même sac-poubelle, l'ensemble des
membres mosaïquesques de la Grande Famille de Gauche.
J'en étais là quand déferla le gros maëlström de Mai 81.
Tout à coup tels les zombies d'un clip Michaeljacksonnien, les socialos, innombrables,
surgirent par tous les trous, irruptèrent dans tous les coins, envahirent brutalement
tout l'espace vital. Un vrai nuages de sauterelles, une horreur, un cauchemar!
Certes, on sentait bien, depuis un certain temps, que quelque chose se préparait,
qu'une bizarre fébrilité s'emparait des Gendegôche notoires, qu'en loucedé les
caciques de Chirac savonnaient activement la planche à ce couillon de Giscard et
que les braves électeurs franchouilles paraissaient plus enclins que de coutume à
céder au chant des sirènes. Cependant, les honnêtes gens n'avaient aucune idée
de ce qui s'apprêtait à leur choir sur la calbombe.
Moi même, exerçant à l'époque, pecuniae causa, quelqu'activité au sein d'une
administration qu'une honte inexpiable m'interdit de nommer, ,j'assistai à la
transmutation d'un tas de gens jusque-là ordinaires et tout à fait normaux, en citoyens
fervents de la Nouvelle République Socialiste à Tonton. La première semaine, ça
fredonnait même l'Internationale ou le Chant des Cerises, histoire de bien manifester
l'allégresse, simple autant que légitime, du Peuple enfin vainqueur après vingt-trois
ans de tyrannie capitaliste.
Je me souviens tout particulièrement d'un sbire de l'autorité supérieure, un inspecteur
dont la mission consistait à venir à intervalle régulier foutre son sale nez dans nos
pauvres travaux et nous casser les couilles pour des broutilles. Un con cévenol, pour
tout dire, ça se sentait à l'accent. Et, entre parenthèses, quand le cévenol se met à être
con, personne, je dis bien personne, ni le ch'ti, ni le breton, ni le picard, ni le parigot, ni
le toulousain, ni même le belge, personne ne lui arrive au niveau des chaussettes.
Un champion du monde!
Or donc, aux alentours du 12 Mai 81, le connard en question, je l'ai vu débouler dans
mon burlingue, hilare, détendu, heureux et fraternel. "Maintenant on collabore!" il m'a
sorti, ce trou de balle, avec son accent de merde. J'oublierai jamais!
Et je ne vous parle pas des instits! Ceux à qui j'avais confié ma descendance en bas
âge n'ont pas manqué aussitôt de se découvrir. Durant cette invraisemblable période,
les réunions de parents d'élèves se sont mises à ressembler à des séances de cellule.
J'imaginai alors ce qui risquait de se passer en classe...
Il a fallu se replier dare-dare sur le privé!
Du coup, par la suite, fort d'une compréhension aiguisée du phénomène, je n'ai plus
cessé d'observer.
L'occasion m'a très souvent été donnée d'analyser les cas les plus typiques de
socialisme dont j'ai eu à connaître. J'ai ainsi recueilli suffisamment de données pour
pouvoir aboutir à des conclusions scientifiquement inattaquables, dont, notamment, le
théorème précité. Je précise d'ailleurs que, si le socialiste lucide n'est jamais sincère,
c'est certain, le sincère lui, son absence totale de lucidité ne le met pas nécessairement
à l'abri de la cupidité, de l'envie, de la jalousie, de la malveillance ni de l'égoïsme
le plus étroitement borné. Je vous rassure, toutefois, il y en a qui sont tout à fait
charmants, c'est rare mais ça existe.
Voilà donc pourquoi, aujourd'hui, j'en viens à m'interroger sur notre futur président de la
Répupu. Important, ça, tout de même, le président. Nous en avons déja eu un. Celui-là,
on savait à qui on avait affaire. Lucide, le mec, aucun doute. Une espèce de pape
complètement mécréant mais qui ferait suffisamment semblant de croire en Dieu pour
que tous les connards de fidèles ne se gaffent de rien. L'ambition personnelle ayant
constitué l'objectif exclusif de l'intéressé, nous avons vu le résultat. Il a fallu se le farcir
pendant quatorze ans. Efficace le bonhomme! Méfions nous donc du socialo lucide.
Oui, mais pas seulement, les autres risquent de se révéler encore plus nocifs.
Et pour en revenir au camarade Couille-Molle, là, je l'avoue, je ne sais pas trop.
N'oublions pas, déja, que nous devons sa présence au plus haut niveau de la
compétition à Mme. Nafissatou Diallo. Sans elle on récupérait Minou la Tringlette, le
pote à Dodo la Saumure, comme futur big boss.
Un socialiste un peu atypique, celui-là.
Flamby de la Mimolette, lui, représente le second-choix, la doublure, le pis-aller
socialo dont il faut bien s'accomoder faute de mieux. Cependant, comme le
combat apparaît quasiment gagné d'avance, vous pouvez y mettre n'importe
quel couillon, il passera. Sarkophobie oblige.
Et, comme on dit dans les états majors politiques, aujourd'hui l'important c'est de
gagner, pour le reste on avisera après. Le "reste" consistant en la gestion du Pays,
l'avenir s'annonce rose. Je ne vois pas d'autre mot.
Alors, vous avez d'un côté ledit socialo de service qui se pointe avec un programme
en soixante points comportant essentiellement cinquante milliards de dépenses
publiques supplémentaires et de l'autre côté, le Président en titre qui, ce soir, va
nous annoncer une augmentation de la TVA et de la CSG.
Une certaine complémentarité, en quelque sorte.
On se demande, en conséquence, s'il n'est pas en train, l'air de rien, de jeter l'éponge,
Nicolas. Son comportement semble bien laisser percer des signes de lassitude. On
verra bien. J'ai recueilli à ce sujet les quelques information suivantes.
Sarko s'était couché, de fatigue accablé,
Il sentait que l'affaire allait partir en couille,
Qu'il devrait trébucher sur cette pauvre andouille
De Flamby, l'amaigri, le mou, l'ancien râblé.
Le connard possédait une veine insolente,
Il manquait à peu près de toute qualité
Et, parmi ses pareils nullement respecté,
Il se trouvait pourtant au sommet de la pente;
Un garçon infoutu de gérer la Corrèze,
Un ballot, un couillon, un corniaud, un benêt,
Qui pourtant dans trois mois sur nous tous va régner
Tant la démocratie engendre la foutaise.
Entendez de Sarko la plainte lamentable,
Lui, naguère si fier, le voilà confronté
A l'ex de la tordue qu'il avait dégommée
Au temps de sa splendeur terrible et redoutable.
Face à l'adversaire con, la défaite est odieuse,
Pourtant il conviendra de bientôt l'affronter
Mais Petit-Nicolas s'en voudrait d'afficher,
Sans contrepéterie, une mine piteuse.
Alors, tel un grognard de la Garde Impériale
Prêt à charger sans peur, baïonnette au canon,
Il va, ce soir encore, nous prendre pour des cons,
Avant de succomber dans la lutte finale.
Dégustons Sarkozy, son courage et son ire,
Cela ne durera plus tellement longtemps,
Nous en avons assez, il est vrai et pourtant,
Avec les socialos ce sera encore pire!
Eh oui, mes chers amis, le choix nous est offert entre la chetouille et le sida.
Jolie perspective!
J'affinerai, pour ma part, mon diagnostic du cas Mimolette car celui-là, comme les
autres, ne saurait en aucun cas faire exception au théorème de Nouratin.
Vous verrez.
En attendant, portez vous bien et ne vous faites pas trop de souci, quoiqu'il puisse
en être, nous sommes foutus.
Et merde pour qui ne me lira pas.