Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 16:24

Monsieur le Président de la République,

 

Vous avez bien voulu, il y a de cela plus de trois ans, solliciter mon vote afin de

vous promouvoir à la Très Haute Fonction que vous occupez aujourd'hui.

Bien sûr je vous ai compris, ainsi que l'avait déclaré jadis, en prenant toutefois

les gens pour des cons, le plus illustre de vos prédécesseurs. J'ai donc 

réservé à votre demande une suite favorable tant au premier qu'au second tour.

En dépit de mon âge relativement avancé et des fréquentes désillusions que

l'exercice de la citoyenneté  m'a dores et déja procurées, je ne vous cache pas

l'enthousiasme, certes modéré mais réel quand même, avec lequel j'ai effectué

cette démarche. Je ne suis pas de ces gens dont le vote fut motivé par la seule

inénarrable inconsistance de votre principale adversaire. Non. Tout au contraire

me disais-je à l'époque, "voilà un garçon qui me paraît soutenir de saines idées

et posséder l'énergie,  ainsi que le dynamisme, nécessaires pour les mettre en 

oeuvre. Sans compter que,  vierge de tout passage par l'Ecole Nationale

d'Administration, l'homme a  vraisemblablement conservé intactes ses qualités 

essentielles et ne saurait,en conséquence,  passer son mandat à nous faire prendre

des vessies pour des lanternes au lieu d'oeuvrer avec acharnement au salut de la

République et de ce qu'elle contient".

  

J'irai même jusqu'à vous confier, à condition que vous n'en parliez à personne, le

secret espoir que j'entretenais en Mai 2007, de vous voir rendre au pays sa santé

financière ainsi que l'avait fait votre immense prédécesseur susvisé, avec l'aide

éminente de Jacques Rueff, au début des années 60.

Belle naïveté, me direz vous. J'en ai clairement conscience mais vous n'ignorez

pas, j'espère, que l'être humain, fût il simultanément misanthrope et libéral, nourrit

parfois, aux fins de supporter sa triste condition et de survivre, de telles aberrations

intellectuelles. Pire encore, dois je vous avouer, j'imaginais alors les gains

formidables  susceptibles de découler, pour le pays, de sa prise en charge par une 

manière de Mme. Thatcher à la française, pourvue, en plus, d'une paire de

roubignolles.

 

Bref, j'attendais beaucoup. La déception, en pareil cas, se révèle fort indigeste ainsi

que plusieurs millions de braves électeurs purent s'en rendre compte en même temps

que moi. Je passe sur les détails de la soirée grotesque qui fit suite à votre élection

et des subséquentes escapades, aussi puériles que déplacées, sur yacht de

milliardaire. Je passe également sur vos histoires conjugales dont j'ai eu à connaître

de manière détaillée alors que je n'en avais rigoureusement rien à foutre. Je passe

enfin mais plus difficilement toutefois, sur le caractère saugrenu de certaines

nominations ministerielles propres à dégoûter à jamais une fraction significative

de votre électorat sans vous procurer le moindre avantage en contrepartie.

Je passe mais ça fait lourd, tout de même, d'autant que la liste demeure très loin

d'une exhaustivité que je m'en voudrais de vous imposer, tant elle risquerait de se

révéler lassante.

 

Je fus, en revanche, très désagréablement surpris de constater, dès l'automne 2007,

votre propension à me frapper au portefeuille dès que la démagogie vous paraissait

l'exiger. Je fais allusion, peut être ne vous en souvenez vous plus, à la manière dont

vous répondîtes à une critique relative à la stagnation du pouvoir d'achat. Si, si,

rappelez vous, ès qualité de Président autoproclamé du Pouvoir d'Achat, vous

veniez de booster considérablement le votre propre alors que celui du brave

franchouille moyen se refusait simultanément à la moindre progression.

Je ne m'étendrai pas plus sur la question mais vous prîtes à ce moment là la décision

de diminuer mes ressources personnelles pour tenter de faire plaisir à des gens qui

n'auraient, de toute façon, jamais voté pour vous!

Et vous récidivâtes quelques mois après en décidant de financer le R.S.A., 

fruit de l'imagination enfiévrée de l'invraisemblable M.Hirsch, par le débit de

ma cassette personnelle.

Comme disait un copain à moi, les couilles m'en sont tombées dans les souliers!

 

Et après, bien sûr, arriva la crise et son cortège de plans de relance, de grand

emprunt, de toutes sortes de couillonnades proférées au petit bonheur la chance

et au fil du temps. Et tout ce que vous fîtes dès lors, n'eut plus jamais rien à voir

avec le programme altier, audacieux et cohérent grâce auquel vous obtîntes

naguère votre élection. Le Sarkozy flamboyant de la campagne s'était brisé

sur les récifs de la critique incessante d'une opposition aussi irresponsable

qu'impitoyable et des dures réalités de l'économie mondialisée subitement

aggravées par les conséquences fâcheuses des politiques de crédit étasuniennes.

Sans parler, bien entendu, des concessions qu'un jeune époux se doit de consentir

s'il tient à préserver l'indispensable harmonie du couple charmant qu'il forme

avec une personne, certes délicieuse mais quelque peu engagée, comme on dit.

 

Le plus triste, dans ce parcours cahotique, reste à mon sens qu'en cherchant à

vous attirer les bonnes grâces de gens qui vous haïssent et vous haïront

toujours, vous ne parvîntes qu'à vous mettre à dos la moitié de ceux qui vous

firent roi en 2007. Je m'étais déja humblement permis d'appeler votre bienveillante

attention sur ce point (voir Du kärcher au kouchner. ), mais ainsi que je le le

supputais à l'époque, jamais vous ne me lûtes.

Songez tout de même, M. le Président de la République, que quarante sept pour

cent des suffrages exprimés se sont portées en 2007 sur Ségolène Royal. Je dis

bien Ségolène Royal, pour la fonction suprême de chef de l'Etat! Se fût il agi

de Dany Boon, de Kiri le Clown ou même de Mélanchon c'eût été pareil. Rien que

pour vous dire merde! Et ce sont ces gens là que vous tentez d'aller chercher!

Si je ne craignais de porter atteinte à la dignité de votre auguste fonction, je me

laisserais aller à vous confier qu'il s'agit là d'enfantillage, de légèreté, voire

d'aveuglement.

 

Cependant vous arrivez, nous arrivons, à un moment décisif de votre quinquennat.

Désormais, tout ce que vous aller décider comportera une importance primordiale

dans la perspective de votre réélection. Et je ne saurais vous cacher à quel point

l'affaire apparaît mal engagée.

Bien sûr les derniers évènements semblent démontrer de votre part une prise de

conscience de la nécessité de réagir. Hélas vous vous trouvez toujours un peu à côté

du gouvernail, même quand vous tentez de remettre le navire dans le vent.

Ainsi avec votre histoire de Roms. Bien sûr eûtes vous parfaitement raison de

chercher à mettre ces gens là au pli. Mais sachez qu'à la manière dont les choses 

ont été conduites, les intéressés ont fini par se voir considérés comme des boucs

émissaires et votre démarche comme une action de pure communication, ce qui,

entre nous soit dit, n'apparaît pas en totale contradiction avec la réalité des choses.

Ainsi, encore mieux, avec l'affaire des retraites. Vous gagnez, incontestablement,

démontrant à la fois votre détermination, qui demeure malgré tout assez solide et

l'efficacité des mesures prises sur votre initiative pour limiter les effets

catastrophiques des grèves telles que nous les connûmes naguère.

Toutefois, vous perdez simultanément sur deux points, le premier concernant votre

popularité et donc votre électorat, le second ayant trait au contenu même

de la loi qui ne résout rien et prend l'allure d'une demi-mesure.

 

Nonobstant, encore une fois, vous avez gagné et il vous appartient maintenant de

tout faire pour mettre à profit la dynamique de la victoire et empêcher ce qui

constituerait la catastrophe absolue, à savoir l'élection dans un an et demi, d'un

président socialiste, fût il votre ami du F.M.I.

 

Il est grand temps, Monsieur le Président de la République, de vous mettre en ordre

de bataille et d'arrêter les options qui permettront d'atteindre cet objectif crucial.

Comme vous ne disposez pas des moyens d'arroser largement, ainsi que cela put se

pratiquer en d'autres temps, au mépris de toute logique financière, il ne vous reste

plus qu'à trouver le moyen de reconquérir vos électeurs en essayant de leur faire plaisir

sans bourse délier. Je dis bien vos électeurs, pas les autres, pour une fois.

 

La première étape passera par le choix d'un premier ministre. Je n'ignore pas le

caractère purement symbolique d'un tel choix, puisque le poste ne sert plus à

grand chose mais cela reste important, les symboles. Alors, de grâce, n'allez pas

nous coller un Borloo, il ne nous manquerait plus que cela à nous qui, de plus en plus

souvent, passons pour des comiques vis à vis de l'opinion internationale.

Prenez donc un mec de droite, un vrai, avec des burnes et du franc parler.

Un poujadiste, voilà ce qu'il nous faudrait (voirPinard Parti. ).

J'en ai même un à vous proposer, tiens, Vanneste qu'il s'appelle. En voilà un qui

n'a pas peur de se mouiller. Et comme cela, par la même occasion, vous me virez

tous ces rigolos style Rama Yade, Besson, Chatel, Kosciusko et compagnie.

Pour ce qu'ils vous ont apporté depuis trois ans, vous n'avez aucune raison de vous

gêner.

La seconde étape consistera en la définition d'une stratégie.

 Là, si vous m'écoutez et recrutez Vanneste, vous êtes tranquille.

Vous pourrez même lui faire porter tous les chapeaux que vous voudrez et y aller

franco (si j'ose dire).  Politique de droite et assainissement des finances par la

réalisation d'économies drastiques sur les profiteurs de tout poil.

Les subventions qui nous font du tort, les banlieues qui nous pourrissent la vie,

les fonctionnaires qui ne fonctionnent pas, les éducateurs mal éduqués,

l'immigration qui nous assassine à petit feu et j'en oublie.

On fait valser tout ça allègrement et on récupère cent milliards. 

Du coup on baisse les impôts et les charges et là, je vous garantis que vous l'avez,

votre reprise et sacrément robuste, en plus.

Sans compter la cerise sur le gâteau, rapprochement avec le F.N. et fin des hostilités

sur le flanc droit. La route devient libre pour foncer sur la gauche à marche forcée,

à fond la caisse, comme Berlusconi!

Vous mordez le topo, tout de même? Vous avez bien vu que -soi-disant- un tiers des

sympathisants de l'U.M.P. sont pour un rapprochement avec la Marine. Vous

savez ce que ça signifie, un tiers, ça veut dire les trois quarts, si vous tenez compte

du truquage du sondage et de tous ceux qui n'osent pas dire la vérité.

Quant aux autres, si vous leur expliquez bien le pourquoi des choses, ils vous suivront.

La dictature intellectuelle de la gauche, c'est pas au populo qu'elle s'attaque, il n'en

a rien à foutre, le populo.

 

Désolé pour Mme.votre épouse mais c'est ça ou l'humiliante défaite à la Giscard.

Sous les huées, les lazzi, les insultes, les doigts d'honneur et, peut être même,

pardonnez moi, les crachats.

Alors, qu'est-ce que vous attendez, allez y, bordel, on n'a pas que ça à foutre!

 

Dans cet espoir fou, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République,

l'expression de mes sentiments profondément respectueux et vachement dévoués.

 

 

NOURATIN.

 

Et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

   

  

  

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by nouratin
commenter cet article

commentaires

kate 06/11/2010 19:39


Je dirais meme plus ....Excellent Nouratin ! Pourvu que notre Président ne nous choisisse pas non plus Lagarde comme 1er ministre ...il en serait bien capable ! je me demande parfois si ses
conseillés ne lui font pas faire des mauvais choix justement pour le couler... ? les RG surveillent les blogs internet , peut-etre lira t-il votre lettre Nouratin . Bonne soirée .


nouratin 07/11/2010 11:43



Il est clair que si ses conseillers voulaient le couler ils ne s'y prendraient pas


autrement. C'est pourquoi je n'ai guère d'espoir qu'il suive mes conseils.


Tant pis, je sens qu'il va encore faire des âneries.


Amitiés.


N.



Serge GRASS 03/11/2010 16:33


Je suis surpris que Nouratin devienne le porte parole des trosko, marxo, léniniste en ce qui concerne l'augmentation du salaire du président. Sauf à ce que Noratin ait accès privilégié à l'usage
des fonds secrets des présidents précédents, leurs revenus réels étaient inconnus par définition, secret oblige !!! Parmi les heureuses décisions figurent la fin des fonds secrets présidentiels et
le contrôle par la cour des Comptes du budget de l'Elysée.


nouratin 03/11/2010 20:03



Ne vous méprenez pas, Cher Monsieur, Nouratin ne hurle pas et ne hurlera jamais avec


les chacals de gauche. Cependant il ne peut s'empêcher de rigoler en voyant


"le Président du Pouvoir d'Achat" s'occuper en premier lieu du sien. Comme


faute politique c'était tout de même assez gratiné, ne trouvez vous pas?


Du coup les mesures relatives a la transparence sont passées inaperçues.


Cordialement.


N.



chris 31/10/2010 16:49


J'ai eu besoin de relire , vu que j'ai bu ça tout d'un trait ...et d'aller consulter tes grimoires en bleu ...
Perso , je vote pour Nouratin en tant que Leader et porte - parole de tous les FN ( non , pas Front National , pire , il y en a beaucoup plusssss ) auprès du Président zactuel ...
L'idée de cette lettre est excellente ...si chacun de nous en faisait une et l'envoyait ....pour de vrai .....


nouratin 31/10/2010 17:54



C'est trop d'honneur pour un pauvre ectoplasme qui n'habite même pas sur terre.


Pitucé, le Président, pour qu'il nous lise, il faudrait qu'on soit des millions à lui écrire.


Remarque, j'y pense, tous les FN réunis, ça fait ptèt bien des millions ça?


Tout ça demande réflexion, mais faut pas trop se chatouiller non plus, ce type est


capable de nous nommer Borloo avant qu'on ait eu le temps de lui signaler que c'est une


connerie.


Faut qu'on en reparle.


Aïe! (Paraît que ça veut dire salut en amerloque).


N.



dxdiag 31/10/2010 15:39


Bravo! J’espère que vous avez posté ! (il parait que les lettres au président n 'ont même pas besoin de timbre pour lui arriver en main propres. est ce un mythe?).
"Un tiers ça veut dire les trois quarts" : très bon … et si vrai !


nouratin 31/10/2010 16:16



Ah non, je n'ai pas posté, s'il veut me lire il faut qu'il se donne la peine de venir sur mon blog, y a pas de raison!


Pendant que j'écrivais laborieusement ce courrier, Monsieur, je vous le donne en mille,


faisait de la bicyclette dans le col de Canadel! Alors comme le week-end est très pluvieux


du côté du Cap Jeune il aura certainement le temps de venir me consulter.


Dans le cas contraire il tombe sous le coup de ma formule traditionnelle de fin d'article.


Amicales salutations et merci.


N.



mash 31/10/2010 08:30


C'est vrai N;mieux vaut un Sarko berlusconisé qu'une Ségolene en majesté;
mieux vaut être riche et agité que moralisatrice et orchidoclaste
le sujet de synthèse DSK qui s'est fait oublié pouvant à tout moment "jaillir"et s'ériger (toute séduction dehors)en sauveur de situation
Envoies ta bafouille à Nico ça ne peut lui faire que du bien
Encore bravo


nouratin 31/10/2010 15:09



Il convient de noter qu'en matière d'orchidoclastie, la Martine n'a rien à envier à la


Ségo. C'est même une spécialité des dames camarades socialistes. C'est pour cette


raison, je crois que les mâles de cette obédience sont le plus souvent dépourvus de


couilles, à la notable exception de notre pote DSK qui, lui, en a tellement qu'elles


l'obligent à passer beaucoup de temps à les entretenir.


Merci et amitiés.


N.



CD 30/10/2010 20:54


un seul mot : excellent


nouratin 30/10/2010 22:21



Merci, c'est sympa, je craignais que ce ne soit un peu enquiquinant.


A bientôt j'espère.


N.