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Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.

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Faut pas rester ici!

Dégoûté, plein le dos et encore j'euphémise. Même plus envie d'écrire, dites donc,

tellement ça me brise les amygdales-sud ces monstruosités récurrentes qui nous

reviennent en pleine chetron chaque fois qu'un gouvernement prétendûment de

droite tente un ridicule petit commencement de début de remise en ordre.

Mais qu'est-ce qu'on peut faire d'autre que traiter le sujet, dites moi? Hé oui, bien

sûr. Pas moyen d'y échapper faut envoyer sur la pantalonnade dite "des retraites".

Envie ou pas. Ca s'impose. Alors, tant pis, on y va. Mais à contrecoeur, à

reculons, à la nauséeuse, même, sans conviction ni volonté. Juste qu'impossible

de procéder autrement.

J'ai bien vu, moi, en 68, combien il était facile de bourrer le mou à de jeunes cons

d'étudiants capables de gober les pires âneries proférées par des Sauvageot

(suis même plus sûr de son blaze, à ce con là) ou des Con-Bandit (là, je sais...

mais j'aime bien, voyez un peu Benditisme vous comprendrez). Résultat, le bordel

absolu pendant un mois, le pays bloqué, les bagnoles privées d'essence, les

exam reportés -mais offerts en Septembre, ça valait le coup- et les grévistes 

qui forniquaient comme des bestiaux dans les piquets de grève, grâce aux piquets

personnels des grévistes mâles et aux premiers balbutiements de la pilule.

Il convient de rappeler, en effet, que les occupations de lieux de travail ont fait

couler beaucoup d'encre, à l'époque, mais pas seulement de l'encre.

  

Alors je vois que ça recommence à chaque coup, ces débilités minables et

je sais qu'à chaque coup, ça va me coûter un max de pognon pour financer

les grèves, les blocages, les cassages, les barrages, les outrages et toutes les

ignominies consternantes qui en découleront. Toujours pareil, vous dis-je, "et ça

continue encore et encore" comme chante l'autre ahuri. Et merde! 

 

L'affaire paraissait pourtant bien emmanchée. Le montage associant les

Thibault-Chérèque brothers au vieux cheval de retour Soubie, semblait en 

mesure de règler la question. Deux-trois grégrèves, deux-trois grosses manifs,

deux-trois concessions arrachées de haute lutte à l'Elysée honni et le tour se

trouvait joué à la satisfaction générale.

Manque de pot, la C.G.T. regorge de vizirs, impatients de virer le beatle-attardé de

son fauteuil de grand calcife. Ces cochons là vous tirent dans le dos à la première

occase, la salve mortelle provenant cette fois du camarade Foulard, le roi syndical

du pétrole. Efficace, le mec. Capable de sécher les réservoirs des bagnoles en deux

coulées gros, alors que, dans le même temps, son principal adversaire, le camarade

Le Reste, (voir Tout et Le Reste. ) échouait piteusement à empêcher les trains de

rouler. La sourde lutte de pouvoir Foulard/Le Reste tournant à l'avantage incontestable

du premier, celui-ci ne saurait à aucun prix lâcher le morceau avant consolidation

irréversible des positions conquises. Que les cons en bagnoles prennent leur mal

en patience, c'est pour la bonne cause. 

 

Manque de pot, aussi, fallait compter avec la garde montante. Les petits jeunes

aux dents longues, futurs caciques du noble Parti Socialiste et dont l'ambition

exige la mise à profit d'une situation merdique ne demandant qu'à s'envenimer

pour le plus grand bien des montreurs de lycéens révolltés. Surtout que là,

on peut y aller, c'est du beurre, rien n'arrête le jeune bahutard en récréation

révolutionnnaire. Il n'apprend pas grand chose à l'école, l'élève d'aujourd'hui,

mais, dans la rue, qu'est-ce qu'il se marre à bosser les travaux pratiques de 

démocratie appliquée!

Même qu'il a le droit de cracher sur les flics, le charmant bambin. Peuvent pas

bouger, les flics, trop risqué, une petite beigne et hop! Comparution immédiate et

mise en examen assurée. Faut se tenir.

D'autant que le manifestant lycéen se contente de gueuler des injures et de vous

molarder dessus. Rien de trop méchant, en somme. Les petits jeunes des banlieues,

eux, ils envoient du solide, en plus et ils visent les défauts de la tenue. Le métier,

n'est-ce pas. 

La retraite, bien sûr, le manifestant lycéen ne voit pas trop ce que ça représente.

Il s'en fout complètement d'ailleurs. En revanche le bordel organisé dans la rue c'est

quand même autre chose que de se faire suer en classe, même si les profs enseignent

scrupuleusement la détestation du Président de la République et l'art d'insulter ce

dernier à chaque fois que la journée d'étude ou prétendue telle, leur en fournit

l'occasion. De plus, bien informés par les ordures qui les manipulent, les petits

morpions savent que naguère leurs aînés obtinrent la peau du C.P.E. inventé par 

le sieur Galouzeau de Villepin- lequel,soit dit en passant, prend son pied à les voir

remettre le couvert pour emmerder Sarko.-. De tels faits d'armes forcent le respect

chez le pré et le néo-pubère, l'invitent à l'imitation. Peu importe le prétexte pourvu qu'on

ait l'ivresse de la chienlit, suivie de la victoire, toujours si belle, sur le Pouvoir exécrable

des amis des riches.

 

Seulement... seulement arrivent les vacances de la Toussaint!

 

L'espoir change de camp, le combat change d'âme, les merdeux désertent les

manifs et le Sénat se grouille de voter pour pouvoir partir tranquille inaugurer les

chrisanthèmes provinciaux. Les députés suivront dans la foulée et la promulgation

du texte interviendra avant la fin de la semaine prochaine.  

Par ailleurs, M. le Futur Premier Ministre, Paillasse-Borloo, malin comme un vieil 

orang-outang, ordonne l'approvisionnement prioritaire en gasoil des stations

d'autoroutes, afin que les français chargent bagages et lycéens dans leurs jolies

automobiles et emportent le tout aussi loin que possible du champ de bataille.

Du coup ne restent plus sur la brèche que les troupes fidèles du camarade Foulard.

Mais après tout, ça ne fait pas grand monde. Sans compter qu'il se trouve un peu 

seul sur ce coup là, le vizir. Pour peu que les Thibault et consorts lui savonnent la

planche, adieu Foulard, adieu Madras, les vers boufferont sa carcasse.

Pour tout dire, l'affaire apparaît pliée et le grand mouvement social antisarkozien,

soutenu par près de 90% de français judicieusement choisis, part en couilles

les pieds en avant, sans espoir sérieux de retour. 

Bon débarras!

 

Au final on aboutit à un gâchis lamentable dont tout le monde sort perdant.

 

Evidemment on peut trouver du positif. Par exemple, les syndicats passent vraiment

pour des cons sur ce coup là, c'est toujours ça de pris. Ils auront du mal à s'en

relever, les syndicats, vu que, pour une fois, ils ont mis le soukh pour peau de zébi.

Quand les adhérents gréviculteurs verront arriver leur paye amputée, ils apprécieront

l'affaire à sa juste valeur financière. Pas de quoi les inciter à recommencer les

conneries.

Les socialos aussi, à leur façon, perdent un peu la gueule vu toutes les stupidités

proférées pendant le mois des hostilités sanglantes et la défaite piteuse qui

s'ensuit. En principe, rien de honteux, la démocratie exigeant normalement le

succès de la majorité. Mais ils s'y sont tellement pris comme des manches,

qu'ils apparaissent au grand jour comme les grotesques de la République.

A une exception près, toutefois, le camarade Strauss-Kahn. Celui-là, pendant que

ses potes faisaient l'andouille dans les hémicycles en folie ou dans les rues

dégueulantes de banderoles et de slogans crétins, dictait délicieusement son

courrier à sa secrétaire préférée, dans le silence feutré de son burlingue new-

yorkais soigneusement fermé à double tour. On ne peut à la fois être au four

(mais non, con, c'est juste un proverbe) et au moulin. 

 

Alors, le Président de la République?

Oui, en effet, il a gagné. Il a résisté à la rue et imposé ses décisions à la face

du monde. Pour un pouvoir aussi faiblard la victoire apparaît méritoire et les

agences de notation nous en sauront gré. A condition, bien sûr qu'elles ne cherchent

pas trop la petite bête. Parcequ'encore une fois, sa soi-disant réforme des retraites,

c'est juste un gros bout de tricostéril sur une jambe coupée.

J'exagère à peine mais si on veut voir en quoi consiste une vraie réforme mieux

vaut passer la Manche et regarder du côté de Cameron. Pour nous, il s'agit juste

d'un bonne bouffée d'oxygène pour tenir quelques temps le financement des pensions.

Toujours ça mais pas de quoi sauter au plafond. Nous étions dans le pétrin et

nous y resterons.

En revanche, côté passif, il la paie assez cher sa victoire notre bon président.

Les slogans à la con du style "l'ami des riches", "les réformes injustes", "les cadeaux

aux plus favorisés" et autres inepties du même tabac, ça marche à bloc sur le

franchouille. Vrai ou faux il ne fait pas la différence le mec, il voit juste deux ans de

plus à marner et ça, il pardonnera difficilement. Le phénomène portant plus ou moins

sur la moitié de son électorat, il a du souci à se faire pour 2012, Sarkozy. Surtout

si le susvisé Strauss-Kahn, les glandes en paix, venait à décider d'abandonner son

traitement ubuesque, son bureau new-yorkais et ses dévouées collaboratrices.

 

Autrement dit, dans tout ce fatras d'imbécilités diverses je ne vois que matière à

pessimisme et à dépression. Un pays livré à toutes sortes de coteries minables et

aux égoïsmes de toute nature, rongé par les résidus tenaces d'un regret marxiste

mal digéré, en proie à une guerre civile larvée susceptible d'exploser dès que les

pauvres cons qui bossent n'auront plus les moyens de financer les banlieues

exterritorialisées. Un pays dans lequel l'autorité légitime apparaît comme

despotique dès lors qu'elle tente de faire prévaloir la raison.

 

Si tant est que vous soyez jeune et normalement doué pour réussir correctement

dans la vie, je vous donnerai juste un petit avis plus ou moins autorisé:

Faut pas rester ici!

 

Après, vous faites comme vous voulez.

Et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

 

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K
<br /> Bonsoir nouratin , j'ai bien ri en vous lisant ,ça fait du bien ..." beatle- attardé " c'est trop bon ,et tout à fait ça ! oui ,c'est vraiment n'importe quoi dans notre pauvre pays..... !<br /> <br /> <br />
Répondre
N
<br /> <br /> Il est vrai que lorsqu'on voit la paire Thibault-Chéréque on se dit que le syndicalisme<br /> <br /> <br /> français a un lourd passif à éponger.<br /> <br /> <br /> Merci et à bientôt.<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> bien troussé, n'en déplaise à Strauss-Kahn<br /> <br /> <br />
Répondre
N
<br /> <br /> N'en disons pas plus, la vie privée du futur éventuel président ne nous regarde<br /> <br /> <br /> pas encore. Mais si par malheur on devait en prendre pour cinq ans, les<br /> <br /> <br /> gazettes ne vont pas s 'ennuyer.<br /> <br /> <br /> Merci ami.<br /> <br /> <br /> N.<br /> <br /> <br /> <br />
K
<br /> sa soi-disant réforme des retraites,<br /> <br /> c'est juste un gros bout de tricostéril sur une jambe coupée<br /> <br /> Splendide !<br /> <br /> <br />
Répondre
N
<br /> <br /> Merci. C'était pour changer un peu de l'emplâtre sur jambe de bois.<br /> <br /> <br /> Amitiés.<br /> <br /> <br /> N.<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Non...mais ...c'est bien ce que je me disais ! ...qu'est devenu mon com d'hier soir ?????<br /> ...où je votais directos DX diag et menaçais meme de me mettre en grève si Nouratin avait la flemme ..<br /> <br /> ...et où je réclamais , sous peine d'incendier tous les pipe lines français , qu'on corrige ce scénario AVANT 2012.....<br /> ..il suffit d'un rien ...pour provoquer les révolutions , aujourd'hui , plutot que demain ....<br /> <br /> <br />
Répondre
N
<br /> <br /> Oui, pas de problème, les cigognes sont de retour. La flemme ça se soigne proportionnellement<br /> <br /> <br /> à la qualité des copains. Alors moi, forcément je suis béni des dieux en la matière et donc j'ai<br /> <br /> <br /> de nouveau une pêche de lycéen qui manifeste ( pas Speedy, mais presque).<br /> <br /> <br /> Donc, c'est tout négocié, on y va sans révolution sachant que les révolutions, d'ailleurs,<br /> <br /> <br /> rapportent toujours les pires emmerdes à ceux qui les font.<br /> <br /> <br /> Grozibous.<br /> <br /> <br /> N.<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> Oui mais NOUS hein ! Qu’est ce que vous faites de nous ? Vous nous aviez habitué à un article par semaine, et là… il a fallu attendre… et qu’est ce qu’on lit : « même plus envie d’écrire » ! Mais<br /> vos articles font partie de nos avantages acquis et on se battra pour les conserver !<br /> C’est comme ça quand on gâte les gens.<br /> <br /> <br />
Répondre
N
<br /> <br /> "Avantage acquis", là c'est trop, je ne mérite pas, je ne sais plus où me mettre!<br /> <br /> <br /> Rassurez vous, pas besoin de descendre dans la rue -ou alors, juste pour acheter des<br /> <br /> <br /> clopes- c'était juste un gros coup de flemme un peu aidé par quelques attaques de<br /> <br /> <br /> casse-pieds.<br /> <br /> <br /> A bientôt et merci de tout coeur.<br /> <br /> <br /> N.<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Marrant et instructif (je parle de l'ensemble de l'oeuvre).<br /> Pour en revenir à ce billet, par réflexe j'aimerais simplement pouvoir te dire "après toi", mais je devine qu'ici où là, à l'instar des personnages de tes énoncés, d'où tu viens sans doute<br /> longtemps tu resteras. A moins que je ne vienne innocemment d'adopter une posture de sur-généralisation outrageuse d'une quelconque réduction pour ne pas déroger à notre temps.<br /> Bonne exploration à toi, au plaisir d'avoir pu te lire et te répondre.<br /> Bien à ton criticisme.<br /> <br /> Ca<br /> <br /> <br />
Répondre
N
<br /> <br /> Non, c'est juste qu'un vieil ectoplasme n'est plus en état de s'expatrier mais n'en pense<br /> <br /> <br /> pas moins.<br /> <br /> <br /> En tout cas, merci, tu es le bienvenu et reviens quand tu veux.<br /> <br /> <br /> N.<br /> <br /> <br /> <br />