Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Pour être tout à fait franc, la campagne pour la présidentielle, je commence à en avoir
les baloches en hélice. Dommage, vu que ça ne fait que commencer, avec le tenant
du titre qui inaugure son Q.G. de campagne, délicatement niché au coeur de la Rue
de la Convention. Le choix apparaît très étudié, il s'agit d'un "quartier de classes
moyennes". Pas du tout rupin comme Neuilly, malheureux! Quasiment à la portée de
toutes les bourses. Avec dix mille Euros du mètre carré vous vous y logez sans
aucun problème, pas luxe mais correct. C'est dire!
Au fait, à propos de bourses, voilà-t'y pas qu'on reparle de Minou la Tringlette, dites
donc. Comme le temps passe! Et dire que sans Madame Nafissatou il serait à la
place de l'ami Molette-Couille-Molle, le Minou. On voulait à toutes forces nous le coller
comme président, celui-là...quand on y pense...sic transit gloria mundi!
Mardi qui vient, il la fera devant les poulets de la P.J. de Lille, sa campagne et sous
le régime de la garde à vue, s'il vous plaît. Notez, il a un peu l'habitude, les menottes,
tout ça...
Ca fait quand même réfléchir ces histoires de cul, de pétasses founies par l'ami
Dodo la Saumure aux frais des entreprises en mal de marchés publics. Pauvre
Minou! Une vacherie! La vie se révèle toujours mal foutue. Songez y, il eût suffi
qu'il fût pédéraste, le Minou, au lieu d'obsédé de la foufoune. Ca changeait tout!
Intouchable, tranquille comme Charlemagne et ses Preux descendant la montagne
et se parlant entre eux! Personne ne serait venu le chercher sous prétexte de
marivaudage un peu appuyé avec le groom ou le garçon d'étage. Au contraire, ça
l'aurait encore boosté dans les sondages. Il aurait fait la promo du mariage entre
personnes du même "genre", comme on dit maintenant et bénéficié de l'attachement
sans faille ni borne de l'ensemble des media de toutes obédiences. Même la classe
politique depuis la Gauche Poutouesque jusqu'à la Droite Martinienne l'eût entouré
d'une tendre et dévote affection.
En pareille hypothèse, Sarko ne se présentait même plus. Limite pas la peine d'aller
aux urnes tellement c'eût été plié d'avance. Nous eussions, tout de go, fait proclamer
Minou par le Conseil Constitutionnel, économisant ainsi deux tours de scrutin devenus
parfaitement superfétatoires.
En politique comme en tout, croyez moi, on n'est jamais trop aidé. Et ne m'accusez
pas de céder à la facilité calambourdophile. Au contraire, l'exercice consiste à dire
les choses sans risquer l'anathème, le blâme social, l'excommunication républicaine,
la plainte des associations de service et la condamnation à mort sans sommation par
Over-Blog. Pas si simple, croyez moi.
Attendez, avez vous vu ce qui est arrivé à ce pauvre Vanneste, l'homme de bien
naguère pressenti par votre serviteur pour occuper l'éminentissime fonction de
Premier Ministre (1)? Dans la négative, je vous invite à me suivre, les autres n'auront
qu'à sauter le paragraphe qui suit. Quoique...
Alors voilà. La semaine dernière, Christian Vanneste tint à peu près les propos
suivants: "Il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France".
Putain, le buzz!
Aussitôt lui tombèrent sur le râble, de toutes parts, furieux, courroucés, prêts à tuer,
à disperser, à ventiler, à pulvériser, à escagasser et à nauséabondifier, tout ce que
notre pays de tordus compte de bien-pensants professionnels toujours disposés à
guetter le "dérapage" et prompts à lancer l'assaut contre le dérapeur.
Comme quoi, de nos jours, mieux vaut être rappeur que dérapeur.
Rappeur, ça permet même d'appeler au crime avec la subvention des Pouvoirs
Publics et la bénédiction des Corps Constitués.
D'ailleurs, si les choses continuent à cette allure, je vais me mettre au rap! Sous
le pseudonyme d'Abd El Nourate, l'adorateur des Sourates. Avec un viatique de
ce niveau, plus de gêne, que du plaisir, finie l'auto-censure et bonjour la liberté
d'expression.
Vous pouvez dire n'importe quoi, en rap, on vous cirera toujours les baskets!
En revanche, pour en revenir à l'ami Vanneste, là, c'est pas le même cirage qui
astique! Quand je dis que tout le monde lui est tombé dessus, il ne s'agit pas
d'une figure de style. C'est vraiment tout le monde, jusques et y compris le Front
National qui, manifestement, balise sec à l'idée de se priver du vote des quelques
fachos-invertis (on a le droit là?) susceptibles de voter Marine par esprit de
contradiction.
Pour ceux qui n'auraient pas bien saisi, on trouve quand même du changement au
F.N. depuis l'abdication du Papa de la dame susvisée.
Et bien sûr, à l'U.M.P. tous scandalisés qu'ils étaient, les pauvrettes, qu'un des leurs
ose proférer telles ignominies puantes rappelant à l'envi les périodes les plus noires
et ainsi de suite. Horreur et damnation! L'exclusion, et fissa, rien de moins, non mais
des fois! D'ailleurs voilà pas mal de temps qu'il branlait au manche, le Vanneste,
fallait que ça craque un jour ou l'autre. Ben voilà, c'est maintenant, tiens, pareil que le
changement de Couille-Molle. Et nous dirons même "ici et maintenant" comme jadis
Tonton, le tonton de Tata Frédy. Que d'ailleurs, rien que pour ça, il mériterait
carrément la proscription, l'exil, la relégation, bordel! D'aller faire de la peine à
M. le Ministre de la Culture. Gentil et fidèle comme il est, cet homme!
Bon allez, dehors, va te cacher Vanneste, le négationniste des sexualités diversifiées!
Bref, l'halali, la curée, le lynchage politico-médiatique. A part Zemmour, aucune voix
dissonante. Sus à la bête immonde aux abois et pas de quartiers!
A tel point que, moi, quand je vois ce genre de belle unanimité indignée, je trouve
suspect. D'autant que la déportation des pédérastes, on savait pour l'Allemagne, bien
sûr. Toutefois, on n'en a jamais vraiment beaucoup parlé, peut être pour ne pas brouiller
le message, si vous voyez ce que je veux dire. En revanche, en ce qui concerne la
France, cette question atteint le niveau grand-public pour la première fois depuis
1945.
Elle avait dû rester bien planquée, réservée aux initiés, la question, même qu'on se
demande comment Vanneste a combiné son coup pour l'exhumer avec autant d'éclat.
Cependant, ça me rappelait vaguement quelque chose.
Et à force de trifouiller bien dans tous les coins du fin-fond de ma mémoire, ça m'est
revenu : Gestapette!
Oui, Gestapette, alias Abel Bonnard, alias, aussi, "La belle Bonnard", le ministre de
Laval. Gestapette! C'était Galtier-Boissière qui l'avait ainsi surnommé, vu qu'il en était
comme un phoque, le type, pas Galtier, bien-sûr, Bonnard. Ce qui prouve qu'après-
guerre les gens de gauche ne prenaient pas de gants avec les sexualités différentes,
si enrichissantes fussent-elles.
Un homme de lettres de haut vol, Abel Bonnard, un fin lettré, une pointure, si j'ose dire.
Mais germanophile et collaborationniste à tous crins.
Gestapette fut donc ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sous Pétain.
D'accord, de nos jours, avec son profil et ses petites préférences, on l'aurait
bombardé ministre de la culture. Mais comme à cette époque, la culture se
passait très bien de ministre on lui a collé l'Education. Et la Jeunesse, en
supplément de programme!
Comme preuve d'homophobie institutionnelle, ça se pose là!
Et si, en 44, Gestapette s'est vu convoyer par les Nazis jusqu'en Allemagne, c'était
juste pour fuir, dans le refuge à collabos de Sigmaringen, l'avancée implacable des
troupes alliées.
Méfiant de nature, et adepte inconditionnel de la rigueur historique, j'ai recherché
d'éventuels ministres vichyssois de confession israélite. Pour vérifier l'exemplarité
du cas Gestapette, bien sûr. Comme vous vous en doutez, je n'en ai pas trouvé un
seul. Rigolez pas, on ne sait jamais!
Poussant plus loin mes investigations j'ai appris qu'en tout et pour tout six français
auraient été arrêtés en zone occupée pour motif d'homosexualité (on n' en est pas
tout à fait sûr, du motif) pendant toute la période d'occupation (2).
Sachant qu' à l'époque, ils étaient quand même un peu plus nombreux que ça, c'est
rien de le dire, il apparaît clairement que parler de déportation des homosexuels
français équivaut à insulter la mémoire des vraies victimes, essentiellement les
Juifs et les Résistants.
Il n'empêche que Vanneste sera sacrifié sur l'autel de l'imbécillité bien-pensante et
de la démagogie flagorneuse. On n'arrête pas la bêtise!
Et tant pis pour la liberté d'expression, depuis le temps qu'elle part en quenouille, au
beau Pays-des-Droits-de-l'Homme, on commence à prendre l'habitude de s'en
passer.
Histoire de marquer le coup je mets Christian Vanneste dans mes "blogues potes",
ça risque de le faire basculer dans l'enfer d'extrème-droite mais il n'aura qu'à s'en
prendre à lui même.
Nul ne saurait impunément, en France, se comporter en homme-libre.
Avec mes amicales salutations.
Et merde pour qui ne me lira pas.
(1) Voir Lettre entrouverte à M.le Président de la République.
(2) Mémoire Vivante- Bulletin de la Fondation Pour la Mémoire de la Déportation-
Avril 2008.