Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Il s'en étouffe avec sa gorgée de pastis, le vieux Maurice!
-" Combien tu dis? Mille cinq cents? Un million, bordel de dieu! J'en connais, va falloir
qu'y se rabattent sur la veuve poignet, leur budget-pute y pourra jamais suivre!"
Comme quoi on trouve encore de braves types pour s'exprimer en anciens-francs.
Un gros demi-siècle, finalement, ça représente un pet de lapin dans une vie d'homme,
le temps de s'apercevoir qu'on est jeune, on se retrouve déjà vieux et, sans crier gare,
l'avenir qui s'annonçait radieux se met tout à coup à ressembler à un mur de chiottes
publics en grande-banlieue. Dommage qu'on n'arrive pas à expliquer le phénomène
aux jeunes-gens, ça les rendrait moins cons, sans doute.
En tout cas, je ne sais pas trop qui il vise, Maurice mais la conversation relative à
l'adoption de la loi anti-putassier s'en va bon train et passionne les durs du comptoir.
Même Thérèse, la patronne, habituellement peu encline à participer aux délires de la
clientèle pochetronesque, nous en déballe un sac plein sur la bêtise des politicard qui
légifèrent à propos de métiers dont ils ignorent les tenants... mais les aboutissants,
pas toujours. Faut dire qu'elle la connaît, la question, Thérèse, vu son passé lointain...
Enfin, comme dit Jean Trentasseur, socialiste tiraillé entre les valeurs de la Gauche
et les exigences d'une libido quasi strauss-khanienne, le tout c'est qu'ils ne se mettent
pas à surveiller Internet, sans quoi on va droit à la ruine.
Grauburle, toutefois, émet un avis divergent.
-"Ben moi, vous me croirez si vous voudrez mais, la pute, voilà plus de quarante piges
que j'y ai pas mis la teube. Pas compliqué, d'ailleurs, la dernière fois ça remonte à
mon enterrement de vie de garçon.
Les copains des PTT avaient tous mis au pot pour m'offrir la passe. Sauf qu'ils étaient
grave fauchés, les mecs, alors ils m'avaient payé Sucette, vous savez, la vieille
édentée de la Rue d'Angleterre... bon, en même temps, pour la pipe elle craignait
personne, la radasse mais comme souvenir érotique, avec la gueule qu'elle trimballait
la pauvre, ça reste un peu étriqué, voyez, ça n'encourage pas à remettre le couvert.
Et puis, avec la misère que la Grosse me refile pour ma semaine, je ne risque pas de
me faire humidifier le rhizome par la main d'oeuvre étrangère.
Alors, leur amende, ces connards, ils peuvent se l'enfiler en guise de suppositoire, c'est
pas avec moi qu'ils vont résorber les déficits. Pareil que pour leurs radars à la mords
moi le noeud, avec ma 4L qui dépasse plus les quarante à l'heure, je les emmerde à
pied, à cheval et en Renault, les charognards de l'excès de vitesse!"
Mauvais Français, va!
Soyons toutefois honnêtes. Reconnaissons aux Socialos qui nous gouvernent le pédalo
une extraordinaire capacité à entraîner les braves gens sur des terrains un peu à l'écart
des affaires sérieuses, juste qu'on cause d'autre chose que du chômedu et des impôts.
Ils nous avaient superbement gazés avec le mariage par derrière, aujourd'hui ils nous
enfument en douceur avec leur loi contre les clients de ces dames.
Bien vu! Du coup on en parle, on en discute, on en débat, on publie des manifestes, des
pétitions, on interviewe des professionnelles, des amateurs, des députés, Esther Ben
Babasse, Jean d'Ormesson, on fait causer la petite Najate et tout le toutim, on buzze à
bloc, quoi. Ce que ça pourra donner, cette connerie, tout le monde s'en fout éper-
dument, bien sûr; en tout cas ça ne mange pas de pain et pendant ce temps-là on
ne dit de mal ni de Culbuto ni du Premier Sinistre.
En plus, leurs diversions à ces deux paillasses, elles tournent toujours peu ou prou
autour du même sujet, pourrait on dire. Ca les branche, les affaires de fion! Tenez,
pas plus tard qu'à l'instant, l'ineffable MST, Marijuana Touraine si vous préférez, vient
de nous sortir une baisse de la TVA sur le préservatif. Jalouse sans doute du succès
de sa collègue Aurélie avec son ticket de cinoche à quatre Euros financé par le contri-
buable, la mémère aux jolis yeux exorbités n'a pas manqué son coup : la baisse de
la capote c'est la remontée des sondages... enfin, bon... avant que ça compense le
prix d'une passe pénalisée...
Pour détourner l'attention, vous avez aussi le racisme. Dans le genre, ça fait son petit
effet mais par rapport au cul, la portée apparaît moins universellle. Autant la navigation
sous la ceinture intéresse tout le monde, autant les anathèmes anti peste-brune plaisent
surtout aux élites des beaux quartiers style Gauche-Caviar et UMP humanitariste.
Les autres, ça les gaverait plutôt, les vociférations pro Taubirat et autres évocations
nostalgiques de la bonne vieille "Marche des Beurs".
J'en connais plein qui maronnent quelque peu à l'idée d'avoir financé avec leurs impôts
confiscatoires le joli film de Nabil Ben Yadir qui met en scène un Djamel Debbouze
éclatant de vérité dans un rôle à sa mesure. L'oeuvre -impérissable, forcément- célèbre
cet évènement grandiose qui "donna à la France son nouveau visage" (Allo Ciné dixit)
L'histoire ne précise pas si feu-l'agresseur du bijoutier de Sézanne figurait parmi les
marcheurs; en tout cas, pour ce qui est du "nouveau visage", nous en avons pour notre
argent.
Bien sûr, on trouve dans "La Marche" un appel à l'autodafé contre le périodique
Charlie-Hebdo, diffuseur blasphématoire de caricatures du Prophète. Bien sûr l'inef-
fable Julien Dray, depuis sa planque dorée du Conseil Régional, râle comme un pou
de se sentir un peu oublié dans le film.
En attendant les camarades Ben Yadir et Debbouze, heureux et fiers du travail
subventionné accompli en faveur de la diversité triomphante et du nouveau visage
de la France, récoltent les lauriers généreusement distribués par nos media bien-
pensants, passez moi le pléonasme.
Et puis, qu'est-ce que vous voulez, c'est chouette, l'antiracisme, ça fait plaisir, ça
remotive les troupes. Cette semaine on a poussé le concept jusqu'à l'indigestion.
Point d'orgue : le meeting socialo de Mercredi dernier avec Taubirat, la "femme
de l'année" en super-star incontestée de la bien-pensance socialiste éclairée.
Un succès fou, même le petit Manuel qui lui a manifesté, avec un joli sourire bien
étudié, son allégeance inconditionnelle.
Curieusement, en revanche les participants aux manifestations de Samedi se révé-
laient particulièrement clairsemés. Dans les cinq-mille à tout casser pour Paris. Vous
me direz qu'on remplit plus facilement la Mutualité que les Grands Boulevards, surtout
quand, dans le premier cas, on prévoit du champagne pour l'after. Cependant, on dirait
bien que le populo néglige un peu la lutte contre la bête immonde...elle nous semble
pourtant si belle, la France métissée, diverse et multi-culturelle, faut la défendre, pas
vrai, ne serait-ce que pour faire oublier la grogne des Bretons, la hausse de la TVA
et l'inversion tant attendue de la courbe du chômage.
Ca paraît mal embarqué, tout de même...
D'où l'audacieuse initiative de Marco le Nantais, désormais connue sous l'appellation
"remise à plat fiscale".
Rusé, le mec, y a pas! Il a retrouvé le principe cartésien de la table rase, le Chef du
Gouvernement des branquignolles, on efface tout et on recommence. Enfin, bon, ça
reste vaseux dans son esprit, on le voit bien et puis tout le monde a compris qu'il
s'agissait encore une fois de planquer la merde au chat sous un vieux tapis plus ou
moins bien ravaudé, mais peu importe, du moment qu'on en parle.
Avec ce genre de combine, entre les consultations, les études, les commissions, les
rapports et les contre-propositions, on peut amuser la galerie pendant un bon bout de
temps. Ca lui tiendra bien jusqu'au mois de Juin prochain, s'il résiste jusque là, Jean-
Marc. Après, il y a de fortes chances pour que ce soit lui qui se fasse remettre à plat.
Allez, finissez bien votre Dimanche et passez une semaine fabuleuse.
Comme dit Mélanchon, "la France est en 1788", la Bastille apparaît clairement dans
le collimateur!
Le tout c'est qu'il ne se mette pas à nous faire le coup du sans-culotte, Méluche...
Et merde pour qui ne me lira pas.