Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
André Bergeron vient de mourir. Dans l'indifférence médiatique quasi-générale. Sic transit... Pour avoir cotoyé le personnage maintes fois au cours des années quatre-vingts, je m'abstiendrai de lui décerner les dithyrambes d'usage en pareil cas. Ma sincérité en prendrait un vieux coup dans la gueule. Cependant, non sans amertume, j'observe les effets du temps qui passe et vous transforme les grosses vedettes d'antan en plus rien du tout. Pendant vingt-cinq ans ce mec occupa en permanence le devant de la scène. Il fut peut être le plus grand des grands responsables de la faillite franchouille : le syndicaliste "raisonnable" des temps de croissance et d'inflation, le tenant "réaliste" du "toujours plus", le combattant obstiné du "progrès social", le défenseur désintéressé du service-public tout puissant et de l'omnipotence syndicale. Un homme du vingtième-siècle, en somme. Voilà pourquoi, sans doute, aujourd'hui tout le monde s'en fout. Qu'il repose en paix et que le Dieu des Darbystes accueille son âme avec toute la bienveillance due aux anti-communistes fervents. C'est la lutte finale, amen!
A part ça, pas grand chose. Le train-train, quoi. On trouve bien, au détour des publications, quelques informations à fort contenu comme, par exemple, cette dépêche selon laquelle les préservatifs standard disponibles en Ouganda se révèlent beaucoup trop petits ce qui, hélas, favorise la propagation du SIDA ou bien encore cette surprenante déclaration de Gérard Depardieu aux termes de laquelle il limiterait désormais sa consommation à quatorze bouteilles de pinard et d'alcool par jour, seulement. Mais hormis cela, Madame la Marquise, rien à signaler, calme plat! Sans surprise une minorité agissante de l'Assemblée Nationale vient d'accorder sa confiance au Catalan qui fait plus ou moins semblant de nous gouverner et, toujours sans surprise, Julie s'est enfin décidée à plaquer Culbuto vu qu'il s'obstinait, le goujat, à lui refuser les bureaux élyséens restés vacants depuis la répudiation de Valoche. Faut il vraiment, aussi, évoquer l'épopée de nos deux Rafales partis faire la guerre au Calife en bombardant des entrepots vides? Conviendrait-il, peut être, de disserter des Bretons qui cassent tout, comme à leur habitude, afin de contraindre la Collectivité Nationale à raquer une fois encore au titre de leurs insuffisances? Ou bien, pourquoi pas, des conducteurs d'avions d'Air France, déterminés à emmerder tout le monde, voire même à flinguer leur Compagnie, dans le but de se garder intacte une rente de situation dorée sur tranche? Non, au bout du compte je ne vois pas trop de quoi je pourrais parler cette semaine : rien de nouveau sous un soleil que la proximité de l'équinoxe rend de plus en plus discret...
Ah, si, quand même, vous avez la grosse bavure du camarade Emmanuel Macron, ça oui, ça mérite qu'on s'y attarde deux minutes. Qu'est-ce que j'ai pu rigoler sur ce coup-là, je vous jure, un vrai bonheur. Le bon Socialo-Caviard croyant bien faire qui en balance une couche épaisse comac sur les malheureux salariés bretons (encore eux) des abattoirs GAD en déconfiture et qui, emporté par une éloquence crypto-mélanchonienne, lâche que "ces gens là, surtout des femmes illétrées, ne parviendraient même pas à passer leur permis de conduire!" Superbe, non? A la simple évocation j'en ai encore la rate qui se dilate, l'occiput qui chahute et les rotules qui ondulent! Cette affaire constitue un cas d'école, le modèle achevé, l'exemple type des caractéristiques profondes de notre belle Démocratie Républicaine. J'espère qu'elle sera enseignée à des générations de petits cons par les profs émérites de Sciences-Pot et de l'ENA. Bien expliqué ça deviendrait l'outil pédagogique number one! Au premier degré, le jeune prodige frais émoulu de chez Rotchild qui vient, à contre-emploi absolu, se colleter avec les dures réalités d'une misère peu à peu enracinée dans le Pays sans que l'intéressé, pété de thunes, puisse s'en faire la moindre idée concrète. Au second degré, le sommet de la connerie politicarde qui hurle au scandale sur les faux problèmes pour éviter de parler des vrais. Somme toute il n'a dit que la vérité, Macron, avec la naïveté du surdoué qui s'imagine plus malin que les autres, mais la vérité quand même. Seulement voilà, on préfère éviter de se demander comment un service public aussi ruineux que l'Education Nationale est parvenu à produire des générations d'analphabètes. Mieux vaut taper sur les doigts du petit Macron, pendant qu'il gueule on ne pense plus au caca sous les jupes de la République et, quand il s'excuse "platement" devant des Députés aussi goguenards à droite qu'à gauche, on savoure la victoire aux subtiles fragrances égalitaristes, du commun des abrutis sur le petit bourge intello. Les prolétaires, les gonzesses et les ignares peuvent s'en retourner tranquillement sur leurs grabats humides : ils ont gagné!
Bon, admettons, dans le genre non-évènement il nous reste encore le retour de l'Ile d'Elbe, le come-back hyper médiatisé du petit Napoléon tout juste revenu de ses vacances dorées au Cap Jeune. Gonflé à bloc, le bonhomme! On le sent prêt à en découdre, à tout renverser sur son passage, à retourner d'emblée le Maréchal Ney-Juppé et l'adjudant Flambeau-Fillon! Déja Sarko le Grand perce sous le jogger forcené qu'on n'aura jamais tant vu trottiner dans les rues de Paris entre deux mastards emmerdés comme des rats morts. Planquez les meubles, il va nous foutre en l'air l'UMP et ses cadres, changer le nom du parti, faire tomber les têtes, relancer un sarkothon pour remplacer feu-Bygmalion, organiser des meetings un peu partout afin de regonfler le moral des troupes, forcer les braves couillons "de droite" à l'aimer de nouveau, quoi, y a pas de raison! Ce soir sur France 2 il repartira pour un grand tour et nous, nous entrerons, dès lors, dans une pré-campagne présidentielle qui va nous les briser menu pendant les trente prochains mois. Vive la Démocratie! En 2017 ce sera peut être Austerlitz...ou Waterloo mais pour nous autres, les obscurs, les sans-grade et même les sans-dents, ça ne changera pas grand chose. Il ne faut rien attendre du retour de celui qui n'est jamais parti: l'éternel retour c'est une vue de l'esprit, une masturbation intellectuelle, rien de bon pour le populo en somme. Et puis, quand on a pris les braves gens pour des gogos pendant cinq ans, ce qu'on risque, surtout, c'est le retour de bâton!
Eh bien non décidément, rien de particulier à vous raconter. L'actualité se vautre dans l'insignifiance ces temps-ci, heureusement qu'il y a les impôts, sans quoi on s'endormirait tout à fait.
Bonne soirée et bonne semaine.
Et merde pour qui ne me lira pas.