Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Dans tout pays totalitaire qui se respecte, la France par exemple, les thuriféraires de
l'idéologie souveraine s'emploient à bourrer le mou au bon populo. La règle apparaît
primordiale. Il convient non seulement de bloquer toute information indésirable mais
surtout de distiller astucieusement celle qu'on accepte de diffuser.
Désinformer ne suffit pas, encore faut-il que le citoyen de base demeure convaincu
de disposer des données suffisantes pour savoir qu'on le prend pour un con -ça c'est
inévitable- tout en ignorant simultanément les vraies raisons de ce regrettable état de
fait.
Ainsi le brave gogo se trouve-t-il berluré jusqu'au trognon tout en conservant la ras-
surante impression qu'on ne la lui fait pas, à lui. Il garde, en conséquence, une foi
inébranlable en la démocratie, assortie d'une confiance intacte en la République.
Toute son ire et toute sa rancoeur se trouvent alors dirigées contre "la politique"
laquelle apparaît à ses yeux comme l'unique responsable d'un cocuage qu'il croit
maîtriser dès lors qu'il s'en imagine parfaitement conscient.
L'essentiel demeure ainsi préservé : notre gentil couillon se contentera de rouspéter
contre une entité abstraite autant qu'impalpable, "la politique", sans chercher le
moins du monde à s'en prendre à la belle République bien démocratique dont il se
sent, par ailleurs, partie constitutive.
De la sorte, nos gouvernements républicains de gauche comme "de droite" ont ils
réussi à maintenir fermé le couvercle de la cocotte, alors même que le pays dégrin-
golait progressivement dans une désindustrialisation mortifère accompagnée d'une
immigration de peuplement susceptible, par son ampleur, d'entraîner à plus ou moins
long terme la disparition pure et simple des naturels du pays.
Nous le voyons bien en ce moment-ci de notre histoire, plein de choses embêtantes
qui pourraient fâcher se trouvent planquées sous le boisseau. Des histoires d'éclis-
ses autodéboulonnables, des incarcérations un tantinet arbitraires assorties de
brimades voire de tortures pour faits de bourgeoiserie ou de skinheaderie, des actes
de plus en plus fréquents et violents de racisme anti-blanc. Et également, la gabegie
de la dépense publique, la distribution éhontée des subventions, le naufrage définitif
de l'Education Nationale, les vrais chiffres de la présence musulmane, les débarqués
de Lampedusa et leur avenir subséquent ... j'en oublie mais vous voyez l'idée.
Notre petit citoyen ne doit percevoir que ce qu'on lui met sous le nez, quitte de temps
en temps à lui balancer un bel os, propre à lui faire monter la bile antipolitique ou
un chouette exutoire de nature à lui canaliser les inquiétudes existentielles, genre
l'interdiction du voile dans les universités, par exemple.
Mais les vraies grosses cagades, non. Faut préserver l'Ordre Public, pas vrai?
Enfin ce qu'il en reste...
Quand je pense que dans mon jeune temps on accusait de Gaulle d'étouffer l'infor-
mation et de piétiner les libertés !
Jamais nous ne fûmes aussi libres qu'à cette époque où les nouvelles circulaient si
bien qu'on ne pouvait ouvrir un journal sans y trouver une critique implacable et le plus
souvent malveillante de l'action conduite par Charlot Gros-Pif (pardon Nettoue). Vous
m'objecterez qu'il en va de même pour Culbuto...sans doute, sauf qu'à ce dernier on
adresse des reproches convenus, des piques autorisées. On ne l'attaque jamais sur
les question taboues! Regardez bien, vous verrez, cela saute aux yeux.
Evidemment, on fait dans le gros. Pas question d'aller interdire l'accès à quelque
medium que ce soit. Si vous voulez tout savoir, vous savez tout. Seulement ça prend
du temps. Et puis, il faut en avoir envie. Et puis, Internet d'accord mais les jeux-video,
alors, on s'en occuperait quand?
Il apparaît si simple et si facile de regarder la télé, verrouillée à bloc, certes, mais tel-
lement plaisante avec ses JT entièrement consacrés aux vacances en camping ainsi
qu'à la fabrication artisanale des cure-dents en Basse-Bretagne. Sans compter les
aventures de Mimi Mathy, voire les jolies petites histoires de "Plus Belle la Vie" qui
vous font si bien toucher du doigt les charmes de la diversité et les délices du vivre-
ensemble.
Et je ne vous parle pas de "Secret Story", n'ayant pas le courage de m'y intéresser...
à tort sans doute, car il s'agit là du tube à essai où grandit in vitro l'embryon de notre
société future.
J'ai l'air, comme ça, de m'en prendre aux nouvelles générations, ce qui me semble
somme toute assez justifié, c'est l'avenir après tout, même si ça fout un peu la trouille.
Pourtant, les vieux, dans le genre gobe-foutaises ils ne vont pas mal non plus.
Ce n'est pas une question d'âge, vous le savez bien.
Figurez vous qu'on en trouve encore plein qui lisent le journal. Si, si, je vous assure,
le baveux sur papier, comme avant, ça existe toujours! Et ceux-là, alors, aucun souci,
ils peuvent acheter n'importe quel torchon, ils seront niqués pareil, identique, sans
espoir d'échapper au lavage de cerveau!
Vous me trouvez un seul quotidien non inféodé au totalitarisme bien-pensant, je vous
paie trois kilos de prunes. D'ailleurs, pour accéder à l'écriture sur futur papier-cul de
Malien, il importe de montrer patte rose, ou rouge, le cas échéant, ça gêne pas. Les
autres peuvent se brosser. Et si par impossible certains échappaient à la vigilance,
soit on les virerait aussi sec au premier "dérapage", soit, en cas de notoriété un peu
voyante, style Zemmour ou Rioufol, on les enverrait se faire condamner par les juges
du Syndicat. Histoire de leur apprendre un peu les subtilités du métier...
Je parle des quotidiens mais pour les hebdos, on pourrait en dire tout autant, il s'agit
des mêmes journalopes...une petite exception cependant, "Valeurs Actuelles" qui se
met tout à coup à planter les crocs là où ça ne se fait pas.
En l'occurence le martyre de Nicolas Bernard-Buss, ignomigneusement condamné
pour manifestation contre le mariage par derrière et surtout la critique un peu appuyée
de l'étrange politique du Ministre de l'Intérieur. Ce dernier se voyant notamment taxé
de favoritisme outrancier à visées électoralistes au profit de certaines communautés
copieusement implantées dans nos banlieues.
Seule la vérité blesse et M. Valls l'a très mal pris. Moyennant quoi, "Valeurs Actuelles"
semble bien, désormais, faire l'objet d'une surveillance policière très rapprochée,
accompagnée d'écoutes téléphoniques, de piratage de comptes Twitter et autres
techniques couramment employées en Corée du Nord.
Grâce à ce type de méthode, soit le périodique en cause revient illico-presto dans
le droit chemin, soit les sales fachos-nauséabonds qui le font ainsi dévier du Dogme
finiront par s'en morfler plein la gueule. Les Magistrats du "Mur des Cons" se tiennent
prêts à intervenir le cas échéant. Ils se feront un réel plaisir de condamner et, si pos-
sible, de coller au trou, à Fleury-Mérogis, comme dans le cas du Nicolas précité.
Moyennant tout cela, l'ordre règne en l'Hexagone.
Le Citoyen Lambda dort sur ses deux oreilles, voilà bien l'essentiel.
Quant aux rebelles, l'infime minorité des nauséabonds, ceux qui ne marchent pas
dans la combine si vous préférez, ils ont tout intérêt à numéroter leurs abattis.
La Gauche, telle l'Adjudant Flick, ne veut voir qu'une seule tête.
Les fauteurs de troubles, les dangereux "Veilleurs" ou les atroces "Hommen", par
exemple doivent s'attendre à de la représaille policière et judiciaire. Ca peut leur
tomber dessus n'importe quand et même n'importe comment.
Ils pompent sur Pasqua, les Valls-Taubirat, ils terrorisent les terroristes! Sauf qu'entre-
tant on a changé de terroristes, ceux d'aujourd'hui on les reconnaît au look : jeunes
bourges bien élevés, bonnes dames bien propres sur elles et petits vieux en costard-
cravate.
Sans compter qu'ils sont beaucoup plus faciles à attraper!
J'irai même jusqu'à vous dire que la tenue d'un blog comme celui-ci, catalogué
"extrême-droite" par le sacro-saint "Monde", la parole d'évangile du croyant républicain,
vire désormais à la prise de risque. Tant que personne ou presque ne le lit ça passe
encore, mais un éventuel succès pourrait bien traîner derrière lui un cortège de gros
emmerdements...
Bon, sans fausse modestie, je crois pouvoir encore dormir tranquille...touchons du
bois...
Allez dans la paix de Manolo le Catalan, dit le Béria aux petits petons.
Et merde quand même pour qui ne me lira pas.