Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Tiens, et si on faisait une pose. Qu'on réfléchissait un peu, là, paisiblement, sans
se croire obligés de toujours foncer dans le brouillard à suivre une actualité moitié
sinoque qui part en quenouille dans tous les sens. Tyrannique, l'actualité. Elle te
vous bouffe la cervelle qu'à force on se demande s'il en reste encore. Sans compter
qu'on a beau chercher partout, des trucs vraiment intéressants y en a pas bézeff,
tout du crados et du vérolé qui te file envie de gerber, voire pire. Le mec qui
inventerait l'histoire de ce qui se passe tous les jours et qu'on voit dans les journaux,
on le prendrait pour un naze, forcément. Aucun succès qu'il aurait, le pauvre mesquin.
Pour qu'il se trouve dans la liste des best-sellers il lui faudrait un piston de l'autre
monde, s'appellerait-il Bertrand-Louis Cohen, ça ne passerait pas, même
à Saint-Germain des Prés. Quoique, là je m'avance peut être un peu.
Bon, donc pour vous dire qu'un petit arrêt gamberge serait du plus heureux effet.
Enfin, il me semble, sinon, vous me le dites. Si vous voulez continuer à courir après
rien du tout, c'est vous que ça regarde, vous faites comme vous sentez, y a qu'à
descendre en marche, pour l'instant je roule doucement.
Voilà. Moi, je fais un retour sur moi même. Avec un peu de souplesse on y arrive très
bien. Et qu'est-ce que je vois? Un paquet de grosses conneries lâchées dans la nature
depuis près de deux ans. Prétention et vanité que tout cela. Pour quoi faire? En quoi
ces branquignoleries que je me casse le cul à rédiger (oui, bon, mais quand même),
pourraient elles, si peu que ce soit, faire avancer le schmilblick? Je vous le demande.
En pas grand chose, bien sûr, et encore, vous êtes gentils, on se trouve vraiment border
line avec rien du tout. Si parfois, par un éclair miraculeux, quelqu'un a pu sourire d'une
vanne un peu moins lourdasse que les autres, ça représente déja un bilan, certes, mais
pas de quoi envoyer les couleurs et chanter le Te Deum à gorges d'employés (ceux
qui n'apprécient pas San-Antonio, peuvent se casser). Le seul point positif reste que
ça ne fait de mal à personne mais comme justification on peut trouver plus costaud.
J'aimerais tant écrire du balèze, du magnifique, du définitif, des trucs sublimes qui
laisseraient dans l'histoire de la littérature universelle une marque éclatante, indélébile
et si profonde qu'en passant à côté on risquerait de se péter la gueule grave.
Mais c'est foutu, cuit, rapé. J'ai beau, avec mes ongles noirs, gratouiller ma cervelle,
comme disait Totor, pas de résultat, le vide, même pas le vide, le néant. Que dalle
quoi. "Souffle en la boîte, rien n'y a, pas plus que sous chapeau de feutre", qui disait
ça? Me souviens plus, je vérifierai plus tard, de toute façon vous vous en foutez,
n'est-ce pas?
Mais foin de mes petites histoires. Manquerait plus que Nouratin passe des heures à
se visionner le nombril sous tous les angles. Pour le coup plus personne, jamais, ne
reviendrait lui rendre visite et il finirait pas crever d'ennui, de solitude et de désintérêt
morbide. Non, quand je parlais de réfléchir, je visais tout de même du sérieux, des
sujets solidement généraux susceptibles de soutenir l'esprit humain dans sa quête de
progrès et son ambition d'absolu. A cette fin, à bien y regarder, j'aperçois un truc
qui me paraît intéressant. Passionnant même, si ça se trouve. Alors, on va examiner
cela de plus près. Suivez moi et faites attention à la marche.
Je vois, aux Etats-Unis d'Amérique, se développer un phénomène insolite.
Depuis quelques temps, plus précisément depuis l'arrivée au pouvoir suprême de
notre vieux pote Barack-Hussein, un mouvement nouveau prend de l'ampleur dans
le landerneau politique U.S. Les folliculaires s'en inquiètent et la bien-pensance
s'en offusque. C'est donc forcément quelque chose qui pourrait bien aller dans le
meilleur des sens.
Comme tout ce qui marche, ce machin repose sur du simple, du rudimentaire
de sous-préfecture, du bon raisonnement de plouc aux godasses enfoncées dans
la glaise collante, bref, tout le contraire de la pensée manhattanienne ou de sa
collègue germanopratine. L'idée consiste à lutter contre l'excès d' Etat et son
corollaire, l'excès d'impôt. Si vous voulez, c'est l'expression la plus basique de la
réaction et la forme la plus grossière du politiquement incorrect.
A tel point que la presse bien de chez nous n'a pas manqué de ressortir
l'infâmante qualification de poujadisme pour qualifier cette lame de fond qui
s'apprête à submerger l'Amérique obamienne et bien pensante.
Poujadisme, moi je veux bien.
Après tout voilà un garçon, Poujade, dont la pensée circulait, certes, en rase mottes
mais qui refusait de se laisser sodomiser par l'Etat jacobin et semi-marxiste de
l'inénarrable IVeme République. Remarquez, rien de comparable avec ce qui se
passe de nos jours. Dans les années cinquante vous pouviez encore vous faire du
blé sans qu'on vous en dégoûte complètement. Cependant, Poujade et ses potes
sentaient venir les grosses emmerdes et cherchaient à nous en prémunir. Par
exemple ils combattaient ardemment l'administration fiscale et sa tendance à se mêler
désagréablement des sous des braves gens. Ils se méfiaient aussi de l'immigration,
à une époque, pourtant, où elle n'avait rien à voir avec le fléau que nous subissons
de nos jours. Des types qui avaient du pif, ces poujadistes. On comprend qu'ils se
soient attiré les foudres de tous les politicards traditionnels, ceux qui se goinfrent de
bonne soupe au lieu de cracher dedans. Mais Poujade et le Poujadisme restent
bien chers au coeur de nos pisse-copie de gauche, passez moi le pléonasme.
Ces trous de balle en conservent le souvenir cuisant d'un moment où leurs
prédécesseurs ont senti le vent du boulet qui venait de droite et risquait de faire mal.
C'était en 56, si j'ai bonne mémoire. Et puis l'arrivée de de Gaulle a tout balayé sans
espoir de retour.
Pardonnez la digression, je reviens à mon propos. Je vous disais donc qu'apparaît
aux Amériques un mouvement politique dévastateur. "Tea Party", ça s'appelle. Pour
ceux qui ont quelques réminiscences, il s'agit d'une référence à la célébrissime
"Boston tea party" avec laquelle on nous cassait les couilles en classe d'Anglais,
dans le temps.
En tout cas moi, ça m'évoque. Je me rappelle un dessin dans mon manuel. Ca
représentait des types vers le XVIIIeme -pas arrondissement, siècle, patate- qui
s'activaient sur un bateau à balancer à la mer de gros paquets cubiques. Du thé
forcément. Si je m'en souviens bien, il s'agissait de la première manifestation
de la révolte des bons américains contre ces salauds d'Anglais qui prétendaient
leur faire payer je ne sais quelle taxe.
Alors nos Tea Party d'aujourd'hui, leur truc consiste à secouer les puces de l'Etat
fédéral pour lui faire lâcher du lest. Surtout au regard de sa propension à jeter
le pognon par les fenêtres, propension considérablement aggravée depuis qu'Obama
a installé son cul dans le fauteuil de Georges Washington. Si l'on en juge par les
succès d'ores et déja obtenus par les candidats du mouvement à l'occasion des
primaires, la mayonnaise prend à merveille. Les braves amerloques de base qui
se sont réveillés avec la gueule de bois après les présidentielles manifestent
clairement leur intention de ruer dans les brancards.
Contrairement à ce que racontent les media qui, du reste, n'en parlent guère, ces
braves Tea-Party, rappellent plus les constats de Toqueville relatifs à la démocratie
en Amérique que l'affreuse réaction blanche, acharnée sur le sacro-saint 44eme
président, si social et si joliment ethnique.
Simplement l'étasunien de base déteste qu'on joue avec son pognon et préfère
s'occuper lui même de ses propres affaires plutôt que de confier ce soin à de
lointains fonctionnaires fédéraux.
Et si j'en juge par ce qui se passe, les Tea Party semblent bien en mesure d'investir
de l'intérieur le Parti Républicain et de le forcer à infléchir sérieusement sa politique
dans le sens toquevillien. A droite si on veut simplifier. Les républicains dits modérés,
style Mac Cain, commencent à envisager de se rhabiller. Cela paraît tout à fait bon
car la tendance au compromis systématique ne fait pas gagner les élections.
Le dernier cité peut en témoigner et M. Sarkozy ferait bien d'y songer aussi.
Cela m'incline à penser et je reboucle sur mon idée de départ, qu'un tel exemple
devrait nous faire un peu réfléchir. J'ignore si les Tea Party tiendront leurs promesses,
nous le saurons dès le mois prochain, mais leur gros bon sens pourrait sans doute
nous servir de modèle. Que voulons nous en effet en tant que citoyens responsables?
Nous voulons un Etat qui nous protège et nous coûte le moins cher possible.
Aujourd'hui, nous avons l'exact contraire. Et ce qui vaut pour l'Etat vaut aussi bien pour
les collectivités locales.
Revenons donc à nos idées simples et créons un mouvement bien de chez nous.
Attaquons franchement nos politicards assoupis. Avec un vrai programme franc et
massif.
*Baisse drastique des impôts et des dépenses publiques.
*Remplacement de zéro fonctionnaire.
*Interdiction absolue des subventions.
*Division par quatre du nombre total d'élus.
*Instauration du bénévolat intégral pour l'exercice des fonctions politiques.
*Délocalisation des prisons en Centrafrique et au Moyen-Congo.
*Relégation dans les îles Kerguélen des délinquants récidivistes.
*Remplacement des allocations familiales par des billets d'avion gratuits
(aller simple).
*Remplacement des visas d'entrée par des cartes postales de la Côte d'Azur.
*Saucisson obligatoire dans les cantines scolaires.
Bon, c'est l'idée générale, après faudra peaufiner, mais bon, vous voyez le truc,
quoi, le strict minimum pour espérer s'en sortir.
Et si après ça les journaleux parlent encore de Poujadisme, je suis prêt à bouffer
mon joli panama.
Au fait, j'allais oublier, comme notre mouvement prendrait en quelque sorte la forme
d'un Tea Party à la française, on pourrait lui trouver un joli nom du même profil.
Que diriez vous de "Pinard Parti"?
Salut et merde pour qui ne me lira pas.