Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
"Et puis merde à la fin! nous balança Grauburle avant de vider son demi-pression d'une unique lampée, cul sec, à la belge, sans même respirer; vous croyez qu'on va pouvoir encore continuer longtemps, à coups de conneries successives de droite, de gauche et vissé vers ça? Non, crédieu, va falloir prendre le taureau par les couilles, mettre les zi sous les poings et la barbe aux teuzes! Aux armes Citoyens, putain! Moi si j'aurais vingt ans, tiens, même trente, même cinquante, même soixante allez, dans la rue que je descendrais pour tirer sur tout ce qui bouge, surtout si ça porte djellabah, bordel! On part complètement en baloches, vous voyez pas? Les impôts qui font qu'à augmenter, comme le gaz, l'électricité et le reste. Mais vous savez pas ce qu'ils nous disent les mecs de la radio-tévé? Le danger c'est les prix qui diminuent! Parfaitement, coquin de sort, la baisse des prix voilà l'ennemi! Non mais vous le croyez vous? Moi et Mémaine, depuis qu'y nous ont bloqué les retraites ces endoffés, on se trouve obligés de se restreindre! On était déjà tombés à quatre boutanches de Côte du Rhône par jour, pas possible de descendre plus bas, d'accord? Ben maintenant on envisage de passer au Margnat-Village, que je sais même pas si ça existe encore! Au goût on s'y retouvera jamais, comment vous voulez? Et tout ça pour quoi, hein, je vous le demande? Ben oui, évidemment, pour engraisser tous ces crouilles qui nous tombent sur les endosses depuis quarante ans, qui fabriquent vingt chiares quand nous autres on en fait un et qui nous tondent la laine sur le dos que d'ailleurs de la laine y en a plus, alors y z'arrachent carrément la barbaque! Et quand ils arriveront à l'os, bientôt pour sûr, y vont faire quoi ces sous-merdes? Ben oui, ils vont tout casser pour sucer la moëlle, tant qu'y en restera ... attention, hein, je dis pas ça pour vous M'sieur Rancouille, vous c'est pas pareil, on vous connaît...tu nous remets ça, Thérèse?"
Le brave bougre ainsi apostrophé, le sieur Rankhouy, Sapa de son prénom, venait de débarquer dans le bistrot en compagnie de Jean Trentasseur, l'avocat socialo. Un garçon très bien, Sapa Rankhouy, originaire d'un état assez confidentiel d'Asie centrale dont je me verrais bien en peine de vous citer le nom mais qui produit des chiées de candidats à l'émigration, vu que dans le bled en question ne poussent que des cailloux, des crottes de chameau et de la glace qu'on peut casser si on a vraiment soif. Content, l'ami Sapa, le renouvellement de son titre de séjour, obtenu moyennant finance par le biais des relations préfectorales de Trentasseur, l'incitait à l'optimisme. Au point de payer sa tournée, vu que nous étions tous là et qu'il ne pouvait décemment se défiler.
-"A la France et à son générosité" avait proclamé l'immigrant, pour faire bon poids, en levant son verre de lait-fraise...la France, ça pouvait passer sans problème, la générosité, en revanche, elle coinçouillait un peu dans l'ambiance déjà morose de cette soirée automnale. Alors Maurice décida d'embrayer sur les récentes décisions socialistes visant à "moduler" les allocations familiales.
-"T'as raison de causer générosité, pour ça nos politicards ils ne craignent personne, généreux avec notre pognon, oui, mais pas pour tout le monde! Tiens par exemple, les Catholiques, vous savez les rigolos, là, avec des bonnes gueules de gros couillons à tendre la joue gauche quand ils se morflent un pain sur la droite et qui se trimballent à la messe avec leurs nanas à jupe plissée et leurs ribambelles de blondinets bien propres sur eux, ben ça c'est fini, terminé, rapé, foutu! Les sbires de Hollandouille viennent de leur faire payer en beauté leurs déconnages de "Manif pour Tous" et autres résistances mal venues au marienculage, aux mamans-porteuses ainsi qu'au dogme sacro-saint du progrès sociétal, comme ils disent ces trous du fion de Gauchiards. Les Catholiques restaient les derniers Européens de l'Ouest à se reproduire sérieusement, à se marier pour croître et multiplier, à faire plus d'un ou deux morpions et à les élever à peu près convenablement. Alors nos bons Socialos ont commencé par leur ratiboiser le quotient familial, puis les emplois à domicile, puis les aides et enfin les allocs. Parce que ces saloperies de Franchouilles, ça gagne gros, ça déclare tout et donc ça dépasse les plafonds. D'accord, avec huit morpions à alimenter il en faut mais les gros salaires n'auront qu'à lever le doigt, on le leur coupera! Dans l'os ils l'ont les Cathos, bien profond! Faudra réviser la marmaille à la baisse, drastiquement! Par contre, vous faites pas de souci, Mohamed et Zoubida, eux, ça ne les concerne pas... le changement de population va s'accélérer, mes amis, procurez vous vite fait un exemplaire du Coran, question de vie ou de mort!"
Trentasseur allait pour protester quand Jean Foupallour lui coupa la parole.
-" Moi, je vais vous dire, fit ce dernier tout en se grattant furieusement l'entrejambe, suite, sans doute, à l'évocation morpionnesque du précédent orateur, pour moi y a rien de compliqué : ils veulent nous éliminer pour faire la place à tous ces crève la dalle que l'Afrique nous dégueule dessus à longueur d'année. Logique, non? Vous voulez les mettre où tous ces mecs si c'est pas là où on est? Les cités sans cible, maintenant elles affichent complet, elles jouent à guichet fermé, hermétiquement! D'ailleurs essayez un peu d'y entrer, vous allez voir...non je déconne, faites surtout pas ça, ce serait la mort sûre! Alors hein, on fait quoi pour les caser, les nouveaux arrivants? Ben on attend qu'on crève, nous autres et au besoin on accélère un peu le processus en rabotant les retraites pour assoiffer Marcel et sa grosse. Lorsque nous serons tous cannés, lorsque les derniers de nos jeunes qui auront réussi à naître quasiment en fraude se seront barrés sous des cieux plus cléments, les autres ils pourront s'installer confortablement dans nos petits nids douillets. Elle est pas belle la vie?"
Notre ami socialiste allait à nouveau répliquer lorsque Blaise Sanzel, au bénéfice de l'âge, lui brûla à son tour la politesse :
"Sans compter que ça va se faire tout seul. Figurez vous que tous ces malheureux qui se déversent sur notre territoire, doivent plus ou moins se trimballer des tas de maladies à la con, genre tuberculose réfractaire ou, mieux encore, ébola. Vous vous rendez compte, messieurs, on nous vaccine consciencieusement contre la grippe et on nous inocule la fièvre hémorragique qui, en deux ou trois jours, vous emporte sans problème n'importe quel vieillard. Drôlement bien pensé, non? Pas de souci, nous allons la leur faire, la place nette, et peut être encore plus vite que ce que vous pouviez imaginer! Ebola n'arrivera sans doute pas à régler la question de la surpopulation africaine mais pour ce qui est de caser les surnuméraires c'est la solution rêvée, d'une pierre deux coups dites donc...surtout qu'avec l'AME on les soignera bien les types qui nous auront contaminés à mort. Ce sont les vieux Gaulois qui crèveront, pas eux!
Alors, devançant ainsi son ami et protecteur socialiste qui décidément ne parvenait plus à en placer une, le comble pour un membre vaguement éminent du Barreau, Sapa Rankhouy, avec son accent à la mords moi le noeud et sa syntaxe fleurie, nous déclara ceci:
-"Je plus tellement sûr maintenant rester encore France, Danger dur-dur, beaucoup pue! Moi pas africain, peut être mieux c'est retourner Krevdanasagorput, mon ville...pas beaucoup bouffer, là bas mais pas crever ébola et pas zigouillé par musulmans énervés. Peut être partir demain matin, si vous pouve amener moi Aéroport, Maître?"
Alors là, il en est carrément resté sans voix, le Maître en question, il a juste commandé un triple cognac pour essayer d'absorber le gros du choc.
-"Ben vous voyez, observa Maurice, l'immigration c'est pas forcément une fatalité irréversible...suffit d'employer les mots qu'il faut au bon moment. Allez, santé!"
Bon Dimanche de vingt-cinq heures.
Et merde pour qui ne me lira pas.