Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Quoi de neuf?
Bof, pas grand chose. La routine. Après les deux gendarmettes tombées sous les tirs
d'Abdallah, nous avons un petit Rennais tabassé à mort dans la cour du collège par un
jeune Tchétchène; devant les profs et les pions bien obnubilés à commenter le
nouveau gouvernement et les dernières de leur pote Vincent Peillon
( bijour, M'sio Venson!). On ne peut pas être à la fois au four et au moulin.
Le courant, vous dis-je. Les joyeusetés de la diversité.
Avec, en plus, les condoléances fulgurantes de nos gentils gouvernants, qui ont préféré
les adresser avant même le décès du petit.
Pas grave, n'est-ce pas, juste de la prospective.
Il leur a bien recommandé, Hollandouille, à ses sbires ministériels, d'avoir toujours un
coup d'avance; en politique c'est la clé du succès. Bon, peut être qu'en l'espèce
ça ne s'imposait pas vraiment mais allez donc faire le tri, vous m'en direz des nouvelles!
Faut comprendre, quand même, une fois, donc!
Voilà t-y pas que je me mets à parler belge, à ç't'heure. Il me sera tout arrivé!
Evidemment cette affaire de Rennes, si caractéristique du Système Educatif que le
monde entier nous envie, dessine une jolie image de notre belle France, pays d'accueil,
de mixité, de métissage, de générosité et de solidarité.
Ah la solidarité! Que c'est chouette la solidarité; un truc imparable, qui marche à
tous les coups et qui permet de se tirer d'à peu près n'importe quel merdier.
Je me souviens notamment d'une aventure de Borloo, vous savez, l'illusionniste
imbibé, le maître ès-baratin creux. Dans l'affaire de La Faute sur Mer, à la suite
de la tempête dévastatrice, on parlait de "zône noire" pour qualifier les terrains
nouvellement décrétés inconstructibles. Les gens du cru appréciaient moyen, vu que
la délimitation résultait d'un trait de crayon graffigné à main levée par un fonctionnaire
Parisien boulottant son sandwich et pressé de reprendre sa lecture de l'Equipe.
Alors, qu'est-ce qu'il a fait Borloo, pour régler le différend? Eh bien il a rebaptisé les
ex-zônes noires, "zônes de solidarité". Et v'la le travail! Les Fauteux, ou les Fautois,
je ne sais pas, ça les a calmés. En tout cas le temps de la visite de ce cher Jean-Louis,
laquelle s'est déroulée sans anicroche. Après on n'en a plus jamais entendu parler.
Les Fautifs l'eurent bien entendu tout aussi profond dans le prose mais la solidarité
avait fait passer la pilule et permis au sympathique frisotté de s'en tirer avec les
honneurs. C'est-y pas beau, ça?
Et, pas plus tard qu'hier, c'était notre nouveau petit Président de la République qui
s'en servait, de la solidarité. Pas n'importe où, je précise, à Rome, en la compagnie
un peu rébarbative de la grosse Angela et en présence des Monti-Rajoy qui sont
à la politique-internationale ce que les Monty-Python représentaient pour
l'art-dramatique.
Justement, l'heure l'était tout autant, dramatique, vu qu'on causait transferts de
souveraineté, sujet éminemment délicat s'il en est et susceptible d'exacerber
méchamment les susceptibilités nationales.
Bien sûr, vous comprenez, Angela son truc c'est qu'elle a le blé et, en conséquence,
qu'elle tient le manche. Chi paga comanda comme on dit en Gaule Cisalpine
(de cheval). Donc, sachant qu'à un moment donné il va bien lui falloir cracher grave
au bassinet, elle prépare le terrain, la mère tapedur. Comme on dit aujourd'hui dans
les media, elle réclame un "saut fédéral".
En gros, le raisonnement est le suivant "vous me coûtez cher, bande de nazes et en
plus vous foutez rien qu'à m'emmerder. Encore, jusqu'à présent j'avais Petit-Sarko
qui faisait tout bien comme je voulais. Seulement ces gros branleurs de franzosen
l'ont viré le pôv playmobil, et moi je me retrouve avec un canichou marxiste qui
passe son temps à me mordiller les mollets. J'ai beau lui balancer des coups de
latte, y se décourage pas. Il persiste, l'animal, à me faire tartir avec ses eurobond
dont je lui ai pourtant clairement expliqué qu'il pouvait se les enfiler en guise de
suppositoires. Alors moi, c'est pas compliqué, puisque vous ne marchez pas à la
douce, je m'en vais vous en donner de la rugueuse. J'achète! Vous acceptez de me
laisser le gouvernail et je vous emmène à bon port. On commence gentiment par
la souveraineté budgétaire, le reste on verra plus tard. Deuchland über alles! Mes
ancètres Prussiens pourront se sentir fiers de moi, j'aurai réalisé le rêve de Bismarck
et de Guillaume II. Celui d'après, l'austrogoth, on va pas en causer, vu?"
Soyons justes, une position comme celle-là, ça donne vachement à réfléchir. Il s'agit
bien du fameux "saut fédéral", que je qualifierais plus précisément de "saut confédéral",
non que cela apparaisse si bête mais bien pour des raisons d'exactitude juridique.
Il n'est pas question, ici, de créer un Etat Fédéral Européen. Le deal c'est seulement
que l'Allemagne dispose des moyens d'imposer ses vues aux autres membres de la
Zône-Euro. Rien de plus.
L'Europe politique, quoi, mais juste ce qu'il faut pour rentabiliser les investissement
teutons.
A ce stade, notre cher Culbuto 1er répondit en substance "O.K. ma grosse mais à
condition que tu nous mettes aussi un petit chouïa de solidarité".
Ce sur quoi, afin de marquer le coup, la Mère Kel voulut bien lâcher un petit paquet
de milliards d'Euros, cent trente exactement, pour les bonnes oeuvres de la croissance
si chères à notre brave capitaine de pédalo. Ca ne changera pas grand chose, bien
sûr, mais c'est surtout pour pas qu'il rentre au bercail les mains vides, le jules de
Rottweiler. Au fond, c'est pas le mauvais cheval Angela, il suffit de savoir la prendre...
Mais non, enfin, vous voyez bien ce que je veux dire, tout de même!
Finalement, si on regarde avec attention, on dirait que les hostilités se tassent un
peu.
La Chancelière sans cou aux grosses miches plates va retrouver la semaine
prochaine le chemin de l'Elysée pour discuter le bout de gras à deux dans
l'angoissante perspective du sommet Européen de Vendredi. C'est qu'elle joue
gros, cette fois, Mémère. Vaudrait mieux qu'elle puisse compter sur le petit coup
de pouce franchouille. Ca tombe parfaitement vu que celui du SMIC, finalement,
on le fera juste avec l'auriculaire.
Comme les Socialos d'aujourd'hui semblent assez éloignés de ceux de 81, au moins
quant à leur manière de traiter les finances publiques, peut être allons nous assister
à de la saine et franche réconciliation. On ne dirait pas, à le voir comme ça mais le
Flamby il se révèle vachement souple, une manière de Valentin le Désossé fourvoyé
en politique. Entre six-yeux (en comptant Ayrault comme interprète), la poire et le
fromage, il va pouvoir l'affranchir à bloc, la gravosse.
-"Tu sais ma Coucoune, faut pas te biler j'en fais un peu pour donner le change,
évidemment, histoire de caresser dans le sens du poil les débilos qui m'ont élu.
Sinon, sérieusement y a pas de souci, je marche à bloc dans la combine.
Si tu me crois pas attends de voir la session parlementaire, tiens, ça va saigner!
Pitucé, contrairement à ce malheureux Sarko, paix à son âme, moi je n'ai aucune
opposition, ni politique, ni médiatique. A part Valérie, bien sûr, mais personne n'est
parfait. Alors, je fais ce que je veux -attends, excuse moi mon petit Jean-Marco, t'as
raison, pour la traduction ce sera ce que nous voulons- crois moi Titine, avec Moi
Président de la République t' as tout gagné. Et pour le saut fédéral, ça joue, aucun
problème, pas d'embrouille. Tu me lâches un peu de lest sur des conneries,
croissance, solidarité ou autres foutaises du même tonneau, manière de pas
me faire passer pour une rhubarbe et moi, l'air de rien, je te refile le séné.
Bien content, en plus, vu que les questions budgétaires c'est pas trop notre fort, à
nous autres collectivistes. Sauf pour les impôts, là vous trouverez jamais mieux.
Pour te dire, ce qui différencie fondamentalement la France de la Grèce, en dehors
de l'Acropole et de la Féta-Salakis, c'est le système fiscal. Pour inventer des impôts
et pour confisquer le pognon, on est champions olympiques.
T'as qu'à demander à Cameron, il t'ajoutera même un crobar si tu veux!"
Oui, oui, au bout du compte je crois bien que ça va s'arranger.
Après, naturellement, la question de savoir si l'histoire du saut fédéral constitue une
bonne affaire, c'est une autre paire de roustons. Si j'en crois la tronche que ne
manqueront pas de tirer les potes souverainistes, l'idée semble assez séduisante,
au fond.
Tout dépend de la manière dont la chose se goupillerait. Toutefois si ça se bricole
à l'allemande, on pourrait retirer du résultat. Qui sait? Vu le bordel arabe qui règne
sur l'Union, il serait plus qu'opportun de changer de méthode. Mais si ça revient à
rajouter un grosse couche d'Europe comme celle d'aujourd'hui, bien sûr, nous
tomberions alors, n'ayons pas peur du pléonasme, dans le sot-con-fédéral.
A la semaine prochaine, j'espère, nous en saurons plus.
Gros Poutou comme on disait jadis, au temps de la présidentielle.
Et merde pour qui ne me lira pas.