Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
La rentrée, période toujours un peu morose par nature, nous sécrète un
millésime 2010 plutôt saumâtre.
A l'exception notable de Mme. Hillary (comme une baleine) Clinton dont le
sourire radieux, voire légèrement niais, illumine les rencontres, un peu forcées
mais si réconfortantes, de MM. Nétanhiaou et Abbas, les nouvelles font
carrément raquer.
Les plateformes pétrolières explosent en chapelets, les charognards de toutes
les gauches s'acharnent sur les quasi-dépouilles de la richissime pauvre vieille
Bettancourt et de presque feu le ministre Woerth, les juges rouges relâchent
les criminels issus de l'immigration tout en embastillant les malheureux vieillards
cambriolés, les enseignants se foutent en grève deux jours après la rentrée et le
fisc, imperturbable, déploie ses orgues de staline en vue des tirs de barrage de fin
d'année. Pas vraiment de quoi rigoler.
Surtout que la semaine prochaine promet le bordel bien empoisonnant qui
accompagne, selon la règle établie, les grosses manifs immanquablement
assorties des grèves corollaires dont celle, incontournable, de nos sympathiques
cheminots. Les profs, j'en ai déja parlé, ne manqueront pas cette occasion
de battre le pavé pour administrer une énième démonstration de leur dogmatisme
éclairé de l'intérieur.
Les débats sur la réformette des retraites transformeront l'Assemblée Nationale en
foire d'empoigne, pire que d'habitude, et montreront une nouvelle fois, mais avec un
éclat insolite, l'aspect le plus consternant de la démocratie. On observera, bien sûr,
avec un intérêt particulier, la lapidation parlementaire du Ministre du Travail, supplice
expiatoire qui ne manquera pas de constituer l'essence même de la première lecture
du projet gouvernemental. La retransmission télévisée pourrait bien, cette fois, faire
de l'audimat.
Rentrée piteuse et affligeante, donc, retour en force des mochetés sinistres de nos
jours calamiteux. J'en profite pour adresser une pensée affectueuse à ceux qui
commencent, les tout-petits dont l'entrée en société s'effectue par la porte hideuse
de l'école prétendûment maternelle. J'en connais un, le pauvre. Il importe de les
"socialiser" déclarait hier un peigne cul dûment mandaté par l'Education Nationale
pour évangéliser les masses auditrices de radio. Socialiser signifie sans doute
façonner en socialiste. A cet âge, cela ne doit pas pardonner!
Nous allons donc nous efforcer de nous changer un peu les idées. J'ai trouvé de
quoi.
En parcourant le net d'un doigt quelque peu distrait, je viens de tomber sur une
information curieuse. Aux dernières nouvelles Stephen Hawking aurait démontré
que Dieu n'existait pas. Vous me direz, il ne s'agit pas vraiment d'un scoop, on s'en
doutait un peu depuis quelques temps, surtout avec tout ce qui se passe de pas
ragoûtant en ce bas monde de brutes. Mais tout de même, une démonstration
scientifique par le plus illustre astrophysicien contemporain sur une question
pareille, moi, ça me la coupe.
Surtout que je le connais bien, moi, Stephen Hawking -attendez, ne vous
méprenez pas, je ne l'ai jamais rencontré, ce mec mais j'ai lu tout ce qu'il a écrit
de compréhensible- il ne s'aventurerait jamais sur un sujet pareil en avançant des
affirmations invérifiables. En plus, voilà un garçon qui se trouve depuis trente ans
ratatiné dans une espèce de fauteuil électrique doté d'un synthétiseur
vocal high-tech. A coté de lui, si vous voyez ce que je veux dire, feu Petrucciani
aurait l'air d'un chippendale body-buildé de frais. Une horreur, quoi, pour n'importe
qui, et même pour un type de cette envergure exceptionnelle. Alors, vous le voyez,
vous, sachant que le seul truc qui fonctionne encore chez lui, ça reste le cerveau,
se mettre à déconner à plein tube en annonçant des âneries à la Paco Rabane?
Moi non.
En conséquence, j'ai souhaité en savoir plus.
Et là, chou blanc, rien à faire, pas moyen de trouver une information sérieuse sur
le sujet. Que des articles de presse grand public, de l'info à sensation, quoi, rien
de vraiment précis, tout dans l'accroche et le bidon. Du vrai travail de journaliste
en somme. Les hurluberlus universellement ignorants qui traitent doctement de tout,
les vulgarisateurs de la connerie prétentieuse, les dispensateurs du savoir ne pas
fermer sa gueule quand il y a lieu.
Bref, on apprend surtout qu'il vient d'écrire un bouquin, Hawking, dans lequel il
traite de la création de l'Univers ex-nihilo. Par les pisse-copie les moins déconnants,
dont l'Express, d'ailleurs, vous apprenez, si vous savez lire entre les lignes, le fin
mot de l'affaire. Dans ce nouvel ouvrage l'auteur parvient à la conclusion que
l'Univers s'est créé à partir de rien sous l'effet de la seule gravité. Enfin c'est ce que
j'ai cru pouvoir en comprendre.
En d'autres termes Dieu n'a rien à voir dans cette affaire.
Seulement, contrairement aux titres putassiers de la plupart des canards concernés,
il ne démontre manifestement pas l'absence de Dieu, Hawking. Il se contente de
signaler que le Big-Bang exclut toute intervention divine. Ce n'est pas la même chose.
Souvenez vous, quand Napoléon demandait à Pierre-Simon de Laplace pourquoi
son traité de cosmologie ne mentionnait pas Dieu. Laplace répondait "Sire, je n'ai
pas besoin de cette hypothèse". Ce n'est pas nouveau et c'est l'éternelle question
bêtasse qui passionne (plus ou moins) les foules. La science ne se préoccupe que
de prédictions vérifiables, le reste relève de tout ce qu'on voudra. Non de science.
Hélas, le journalisme se fout bien pas mal de cette sorte de considérations. Du
moment qu'on peut gratouiller des inepties vendables, on y va, les pires conneries
feront les choux gras du lecteur. Peu importe que ce dernier s'en abrutisse encore un
peu plus. De toute façon, au point ou il en est...
La liberté de la presse, quoi.
Le livre, intitulé "The grand design", paraîtra en anglais la semaine prochaine.
Pour ce qui me concerne, j'attendrai la traduction pour le lire. Sinon à quoi ça
servirait que le traducteur il se décarcasse, pas vrai.
Et puis, si les pisse-copie continuent a tirer la même ficelle, on va beaucoup en parler
du book en question. Et si par chance les imams s'en mêlent et s'avisent de
coller une fatwah sur le blasphémateur Stephen Hawking, le succès mondial apparaîtra
assuré. C'est con pour l'auteur qui devra se ratatiner encore plus -merci les journalistes-
mais, en contrepartie, nous n'attendrons pas bien longtemps la version française.
A bientôt donc et merde pour qui ne me lira pas.