Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Rappelez vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Un beau matin d'été si pur,
Au détour de ma rue une burqa infâme
Glissant vers les boîtes à ordures;
Plutôt un niqab, à vrai dire,
Un cône noir en mouvement,
Une vision d'horreur, ou pire,
Du Diable le saint sacrement!
Putain, la vache, c'était mon premier et je vous garantis que ça fait un drôle d'effet,
un niqab. Tant qu'on reste dans le conceptuel l'objet inquiète un peu mais sans plus,
quoi, juste l'idée qu'on s'en fait. Mais quand on voit en vrai, que ça vous passe sous
le nez à vingt centimètres, là, oui, ça fout réellement la trouille. Au premier degré,
sans réfléchir, ça vous balance un flot d'images affreuses à la gueule, les talibans,
les lapidations, les excisions, les pendaisons. Enfin tout ce qu'on peut associer ex
abrupto à une vision si incongrue au coeur de notre civilisation à nous, la vraie.
Après, quand vous reprenez vos esprits, l'effroi vous saisit encore plus violemment.
Pensez donc. Après tout ce qu'on a pu raconter sur cette infâmie, tous les discours,
toutes les protestations de droite et de gauche, la loi qui l'interdit en public, les
bien pensants même, qui trouvent que pour les femmes ça tient un peu chaud et tout
le bigntz, quoi, eh bien des saloperies de niqab on en voit partout désormais. Même
dans les quartiers bourges. D'ailleurs, j'aimerais bien qu'ils commencent un peu à
envahir Saint-Germain des Prés, les niqabs. Cela inciterait peut être à quelque
réflexion les bien pensants de la gauche caviar.
Comment? Oui, en effet vous avez raison, je me fous le doigt dans l'oeil, ça ne
réfléchit pas, cette race là, ça récite. Sans compter que Barakobama, leur idole
encensée, considère qu'en vertu du droit de se vêtir comme on veut, inscrit dans
sa constitution personnelle, nul ne serait fondé à interdire le port de la burqa.
Bon, mais enfin, ça signifie quoi, ces malheureuses qui se trimballent dans leurs
sarcophages ambulants?
De manière parfaitement claire, cela veut dire "on vous emmerde, chiens d'infidèles,
vous y passerez, de gré ou de force ou bien nous aurons votre peau. Vous n'êtes
plus de taille, sales croisés, vous avez perdu et vous ne vous en rendez même pas
compte, vous voici à notre merci. Les patrons, c'est nous, allaouah akbar "
Mais l'horreur absolue, celle qui devrait nous soulever comme un seul homme,
consiste dans la perspective suivante. Du train ou vont les choses, la probabilité
devient forte que nos petites filles se voient contraintes de porter un jour le niqab
ou la burqa ou une merde du même tonneau. Sans parler de toutes les
ignominies susceptibles d'accompagner le concept.
J'espère que vous vous rendez bien compte.
Maintenant il y a urgence. Il convient impérativement d'arrêter de déconner, nous
avons suffisamment perdu de temps comme ça. Quand nous serons minoritaires
(voir Minorités visibles : jackpot, 9 millions! ) il nous restera trois options:
-le niqab, la valise ou le cercueil!
Alors, de grâce, quand le Président de la République et le Ministre de l'Intérieur
se décident enfin, après des années de laxisme, à commencer à remettre un peu
d'ordre, qu'on leur foute la paix et qu'on les laisse agir, bordel!
Qu'on ne vienne pas, comme les curetons et les gauchards de tout poil, se
suspendre à leurs basques en les traitant de nazis (et non à leurs nazis en les
traitant de basques, c'est pas pareil). Qu'on les laisse ramener les tziganes chez
eux, même si cela coûte un peu et qu'ensuite ils reviennent. C'est toujours mieux
que d'entretenir paisiblement ces miséreux dans le rève du paradis français.
Qu'on admette un peu, aussi, la fin de la nationalité galvaudée, offerte à qui la
veut et même à beaucoup qui n'en ont que foutre.
Qu'on cesse, enfin, d'écouter religieusement tous ces ahuris essentiellement
attachés à la défense des fameuses valeurs républicaines ou prétendues telles
grâce auxquelles nous persistons, depuis plus de deux cent ans, à nous enfoncer
dans les emmerdements les plus noirs.
Voilà. A part ça, bien entendu, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes
possibles, le panglossisme n'étant pas plus condamnable à mes yeux que le
socialisme, le trotskysme, le mélanchonisme ou le cohn-benditisme. Ni plus ni
moins.
Ségolène remonte à la surface, mettant du même coup la mère Aubry de fort
mauvais poil contre Sarkozy (ben oui, j'y peux rien, moi, c'est leur logique aux
socialos).
Le Pape retrouve une certaine odeur de sainteté auprès de la grande famille de
gauche, depuis son omélie en français sur l'accueil de tous les hommes.
Il aurait pu, aussi, raconter autre chose, le Saint-Père, mais une occasion
comme celle là de se faire bien voir des germanopratins, il ne pouvait pas la
louper. C'est humain, même pour le représentant de Dieu sur terre.
La France, pour terminer, s'apprête fiévreusement à renouer avec la belle
tradition des bonnes grosses grèves bien emmerdantes. Défilés grandioses,
slogans débiles vociférés en coeur par des dizaines de milliers de corniauds
et banderoles écarlates. Bordel absolu dans les transports et transports de joie
chez les syndicalistes, un peu sevrés de grand-messes ces temps derniers.
Les retraites réchaufferont la rentrée et le coeur des travailleurs qui les prendront
quand même un peu plus tard. Pas moyen de faire autrement, il n'y a plus de
sous! Mais la beauté de l'action syndicale couvrira d'un somptueux manteau de
pourpre la déception attendue des pauvres aspirants pensionnés.
Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien tout va très bien...
Et merde pour qui ne me lira pas.