Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Un peu morose, l'ami Jean Foupallour. Son truc à lui consiste à partir dès le mois de
Juillet dans sa famille, sur les contreforts du Mont Lozère. Nourri, logé, blanchi contre le
mur, comme vacances on ne saurait trouver plus économique. Cependant, cette année,
question température on pourrait confondre avec la fin Octobre, d'où le renfrognement
foupallourdesque à l'idée d'aller se geler les baloches dans un coin humide et glacial.
A l'heure de l'apéro, ce genre de situation suscite fréquemment la controverse. Vous
en avez qui conseillent de différer le départ, d'autres qui estiment que l'heure c'est
l'heure et que lorsqu'il faut partir, rien ne sert de rester.
Et, par association d'idées, la conversation dévie, sans crier gare, sur Nelson Mandela!
La faute à Jean Trentasseur, l'avocat socialo, le bien-pensant de service, celui qui
dispose toujours d'une petite réflexion politiquement-correcte à offrir en guise d'amuse
gueule.
Là, son idée au Maître, revient à célébrer la rencontre historique, bien qu'un peu loupée,
entre le Premier-Président-Noir d'Afrique du Sud et son homologue étasunien. D'où la
nécessité de ne pas encore débrancher le vieux Nelson. Vu le souk que déclenchera la
mort de ce dernier, il apparaît urgent d'attendre. On sera toujours à temps d'arrêter les
frais après le départ du camarade Barack-Hussein. D'accord, il faudra qu'il revienne
dare-dare pour les zobes-secs mais on na va pas mégoter pour un petit tour sur Air-
Force-One (voir Le gros avion de Barack-Hussein.).
Or donc, malgré la reductio ad leguminem du grand chef Thembu et sa survie aussi
artificielle que provisoire, le côté vachement symbolique de la visite obamienne chez
le terrasseur d'apartheid provoque la bandaison intellectuelle par réflexe pavlovien
de l'humanitariste occidental. Le Franchouille pointant toujours en première ligne
dès qu'il s'agit, de près ou de loin, d'une histoire de droits de l'homme-pas-blanc.
Bien sûr, aujourd'hui l'Afrique du Sud, apparaît comme un immense coupe-gorge en
total effondrement économique . Bien sûr le populo ne bouffe plus jamais à sa faim.
Bien sûr le très pittoresque Président Zuma, communiste zoulou plusieurs fois inculpé
de viol, de corruption et autres broutilles, flanqué de ses quatre épouses légitimes et
de ses cent-douze enfant homologués, apparaît un peu en dessous du niveau requis
pour éviter l'explosion post-mandélienne.
Bien sûr... mais y a plus l'apartheid !
Alors, les politicards, les media, les types comme Maître Trentasseur, tous les gens
bien intentionnés, comme disait l'autre, se pâment de bonheur ineffable à l'évocation
de Mandela, sa vie passionnée, son oeuvre et la place immense qu'il occupera
bientôt au panthéon des grands bienfaiteurs de l'Humanité Souffrante.
Fermez le ban!
Quant au Président des Etats-Unis, lui ça baigne. Faut dire qu'en Afrique il se trouve
comme Popaul dans Foufoune. Chez lui, carrément. Alors il bosse, le mec, il assume
la charge, distribue les milliards de fausse monnaie et tente comme il peut de contrer
les Chinetoques, envahisseurs sournois de savanes arborées.
Soyons honnêtes, il dispose d'un sacré avantage compétitif, sur ce terrain-là, Barak.
Vaut mieux avoir sa chetron que celle de Jean-Vincent Placé, pour se placer, au sud
du Sahara.
Alors, il visite tout partout là où ce que le blanc il a martyrisé le noir.
L' Ile aux esclaves, déjà, en oubliant au passage que parmi les Africains d'aujourd'hui,
on trouve tous les descendants de ceux qui vendaient les pôv' nèg' aux affreux
négriers. Peut être même sa propre famille à commencer par l' arrière-grand-père qui
aurait pas mal fait suer le boubou, de son temps, au Kenya.
Mais bon, n'oublions jamais le grand principe fondateur de notre connerie occidentale:
le blanc est responsable de tout, les autres de rien!
Dans le même ordre d'idées, au moment même où je rédige les présentes foutaises,
il déambule à Robben Island, le camarade Barack-Hussein. Robben Island! Le bagne
de Nelson Mandela, l'endroit où le pauvre homme contracta, jadis, cette affection
pulmonaire qui le tue prématurément à l'âge de quatre-vingt-quinze ans.
Salauds d'Afrikaners!
Le programme d'Obama prévoit ensuite une entrevue avec son collègue Prix Nobel
de la Paix, Monseigneur Toutou, à qui il offrira solennellement, soit dit en passant, six
boîtes de Canigou dans un joli coffret-cadeau. Et pour finir, cerise sur le gâteau, un
super-beau discours à l'Université du Cap clôturera en fanfare la glorieuse tournée.
-"Tout ça c'est bien joli, fait observer Marcel Grauburle en crachant trois noyaux d'olive,
mais faudrait pas qu'y croive s'en tirer comme ça, le basané! Va falloir qu'y s'esplique
sur son espionnage, à ce con! Y nous surveille comme si qu'on serait des ennemis, le
mec! Nous qu'on l'adore à plus pouvoir le regarder en photo sans ressentir des émois
dans le calbar!
Putain, y pirate de partout! L'Union Européenne, tout ça! Serait foutu de coller
un micro dans la chatte à Rottweiler, pour estourbir les secrets d'alcove à Culbuto!
-Parfaitement, reprend le vieux Blaise Sanzel. profitant du temps d'arrêt de Grauburle
question de siffler son pastaga, ces gens là perdent toute raison! Aller espionner
l'Union-Européenne, tout de même! Et pourquoi pas la chorale paroissiale de Saint-
Locdu le Vieux, tant qu'ils y sont? Ca va lui faire plaisir, tiens, au contribuable amer-
loque, de voir à quoi ils gaspillent leur pognon, les sbires du noir président premier,
enfin je veux dire, vous voyez, quoi... on l'a dans le désordre...
-Faut croire qu'y cherchent à comprendre comment qu'on fait pour être aussi cons,
risque Jean Foupallour. Si ça se trouve ça leur paraît super-important...quand y voyent
le bordel que ça donne à vingt-sept et qu'à partir de demain on s'en ajoute un vingt-
huitième, y a de quoi se poser des questions, non? Comme dit Marcel, plus on est de
fous, plus on rit. Là on va finir noyés, à force de se pisser dessus tellement qu'on se
marre!"
Et voilà. Ainsi vont les discussions de bistrot. Paroles d'ivrognes. Autant en emporte la
brise de mer qui me chatouille doucement la moustache. En attendant, voilà déjà enfuie
la moitié de 2013, vous l'avez vu passer, celle-là, vous? Moi pas!
Non seulement tout s'en va en quenouille mais encore, le temps disparaît tellement
vite qu'un beau jour on va se retrouver cannés avant d'avoir bien compris qu'on était
vivants.
Faudrait ralentir, là, on déconne!
Conservez vous bien quand même.
Et merde pour qui ne me lira pas.