Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Même s'il se montre un peu poussif cette année, le Soleil revient tant bien que mal
et les touristes teutons aussi. Ces gens-là aiment bien venir réchauffer leur couenne
blafarde sur les rivages sans nuages de la Méditerranée, si gentiment chantés, jadis,
par ce cher Tino-Rossi avec sa douce voix et son accent à la Tuttucelli.
Et ça n'a pas loupé! Pas plus tard qu'hier j'ai vu rappliquer Gottlieb Grossmutterficken
(voir Démocrassie.) en transit vers l'Italie avec sa jolie famille, on dirait un troupeau de
petits cochons roses en culottes de velours vert, une merveille. En tout cas, ça se tient
bien, ça défile en rangs avec Gottlieb en tête et Ulrike, sa tendre épouse, en serre-file.
Une lignée d'obersturmbahnführer, digne de grosspapa Hermann le héros d'Auschwitz!
Propre, nette et sans bavure, voilà comment on conçoit l'existence chez les Grossmut-
terficken. D'autant que Gottlieb et Ulrike, en vrais patriotes, n'ont pas manqué de
repeupler le Vaterland avec leur cinq morpions fabriqués pareil, à deux ans pile
d'intervalle chaque saillie. Tous nés en Février parce que systématiquement conçus
au cours des vacances ritales du mois de Mai, les années impaires. C'est dire
l'importance qu'elles revêtent, ces vacances, bien que le couple ait décidé de cesser
la reproduction après la petite dernière, voilà six ans déjà.
Le patriotisme c'est comme tout, faut jamais en faire trop, à la fin ça gave.
Cependant, il déplore, Gottlieb, il vitupère même, cette propension mortifère à la non-
procréation qui peu à peu transforme son pays en une immense maison de retraite
où seuls les étrangers s'affairent comme termites dans maison de bois. Selon lui,
on éprouve déjà des difficultés à la reconnaître, l'Allemagne, farcie comme elle se
trouve désormais de petits hominidés bruns aux yeux noirs, souvent basanés au delà
du raisonnable.
Regardez le fussball, par exemple, jetez donc un coup d'oeil à l' Equipe Nationale.
Fini, le temps des Beckenbauer et des Schumacher, enterré! Aujourd'hui, vous voyez
les tronches, vous chopez des sueurs froides. C'est pas encore "Les Bleus", Gott sei
danke, mais au train où vont les choses y a bientôt plus que le maillot qui sera blanc!
D'après lui, l'Europe ne s'en sortira que si elle revient à ses fondamentaux.
- " Kinder, Kirche, Küche, comme Ulrike! Voilà notre avenir! L'homme pour l' arbeit,
la femme pour l'intendance et la maintenance d'une population bien de chez nous.
Et alors, au premier rang, au dessus de tout, über alles, pour dire les choses claire-
ment, doit se trouver l'Allemagne. Pourquoi?
Ach, cela saute aux yeux, l'évidence même!
Une économie prospère, une industrie qui exporte tout ce qu'elle veut à n'importe
quel prix, des finances publiques parfaitement saines et une chancelière qui, sexy
comme une benne à ordures, mène cependant par le bout du nez tout ce que
l'Europe compte comme bonshommes de pouvoir.
Parfaitement! Même votre petit binoclard mal foutu avec son air emprunté, sa vue
basse et son serviteur plus ou moins germanophone (il fait sûrement allusion à
Marco le Nantais, Grossmutterficken) lui aussi, Hole-Land ... ou Asshole, je ne
sais plus trop, il courbe l'échine sous le joug et sans doute encore plus que les
autres, vu le pétrin où vous vous êtes fourrés.
Frankreich kaput, Italien kaput, Spanien kaput! On vous tient tous par le colback,
si on ouvre la main vous vous pétez lamentablement la gueule! Alors, de deux
choses l'une, ou bien vous nous laissez définitivement la direction des opérations
ou bien nous lâchons. Inéluctable!
Rendez vous compte, l'Europe, si c'est pour qu'elle nous emmerde et nous coûte un
max de pognon, on n'en a rien à foutre. L'Euro? Encore pire! Vous le tirez tous vers
le bas alors que nous autres, on aimerait bien le contraire. Si ça continue on reprend
nos billes et on revient au Deutch-Mark. Après vous vous démerderez comme vous
voudrez! Comme vous pourrez, surtout...
Mais enfin, gottverdammt scheise mensch, vous nous avez tous empêchés de
gagner la guerre - enfin pas vous, c'est vrai, ça on peut pas vous le reprocher-
et vous voyez le résultat? Au bout du compte, on finit quand même vainqueurs,
n'est-ce pas?
Seulement pendant le temps perdu, toute la racaille du monde entier en a profité
pour déferler et vous coloniser! Nous, au temps du Führer, on vous proposait des
solutions autrement plus performantes...
- Halte-là, Gottlieb, je lui fais, tu cherches quoi? Tu veux me faire interdire de blog?
Tu veux me faire passer devant les Juges du Syndicat Trotsko? Tu veux m'envoyer
croupir au fond des geoles de la mère Taubirat?
Y a des limites, tout de même, merde! Dans ce pays la liberté d'expression c'est
seulement quand tu dis tout bien comme l'exige la politiquement-correctitude, cré-
dieu! Faut vachement faire gaffe, putain, tu réalises pas! Imagine un peu, tiens, au
hasard, si ton aïeul Hermann s'était mis à traiter Tonton Dolfy d'enculé à moustache
carrée!
-Ach! Pas une seconde je n'imaginerais! Blasphème infect, ça! Bien digne d'une
République Socialiste Quasi-Soviétique!
Bon, n'en parlons plus. Je voulais juste dire : nous nous fîmes la guerre pendant
toute la première moitié du vingtième siècle. Avec des millions de morts et un gaspil-
lage épouvantable de ressources et d'énergie. Nous disposâmes de toute la seconde
moitié pour nous relever et aujourd'hui, nous sommes de nouveau vos maîtres.
La Grande Allemagne se redresse toujours, j'allais dire comme un culbuto mais vu
les circonstances..."
Voilà! Vaut mieux entendre ça que d'être sourd, pas vrai! Quand je pense à mes
Aïeux qui combattirent Gullaume II avec les moyens du bord et obtinrent tant bien que
mal un succès, à l'arrache! Quand je pense à mon Paternel, refait comme un rat
dans le "Réduit-Breton", en quarante, avec des palanquées de copains, victimes
comme lui des choix stratégiques à la con de notre belle République de mes deux!
Quand je pense à tous les Tontons, les cousins, les amis, qui se sont fait trouer la peau
comme des victimes expiatoires pour "défendre la Patrie contre l'envahisseur"!
Et moi, pauvre cloche, nourri à toutes les billevesées injectées dans les petits cerveaux
d'après-guerre, qui me trouve confronté au délire pangermanique d'un petit-fils d'ober-
sturmbahnführer!
Et par dessus le marché, il a raison ce gros sac à bière, cette rubiconde enflure!
Ben oui, quoi, que voulez vous que je vous dise d'autre?
La Troisième-Répupu, radicale et franc-maçonne, s'abrita derrière une Ligne-Maginot
comportant un gros trou dans lequel nos amis Teutons s'engouffrèrent comme Rocco
Siffredi dans le derrière d'une collègue de boulot. N'oublions jamais, sacrebleu, ces
imbéciles criminels qui nous dirigeaient à l'époque. Ils faisaient la guerre comme
nos fonctionnaires d'aujourd'hui administrent le Pays : au petit bonheur la chance!
Et tant pis pour tous les malheureux qui payèrent au prix fort. Une République
bien démocratique, en somme.
Celle d'aujourd'hui ne vaut pas mieux!
Depuis la mort de Pompidou, elle part complètement en quenouille, la Cinquième du
nom. Pourtant elle semblait disposer de tous les atouts, stabilité des institutions, pré-
éminence de l'exécutif, trésor bien garni jusqu'à ce que Mitterrand y mette bon ordre.
Seulement il faut compter avec Nozélites! Toujours les mêmes, depuis au moins la
Révolution. Masturbées de grandes idées généreuses et toujours prêtes à tirer les
marrons du feu pour se les enfiler en douce dans le corgnolon.
Alors, forcément, ils nous dirigent le pays comme tous leurs prédécesseurs, à grands
coups d'arnaque et de mesures démagogiques.
De l'autre côté du Rhin, en revanche, malgré un système politique tout aussi démo-
cratique que le nôtre -et c'est pas peu dire- on continue sur les bases de rigueur
organisationnelle qui permirent au Reich de coller une pâtée retentissante à tout ce
qui se présentait sur sa route, il y a soixante-treize ans jour pour jour.
Mêmes causes, mêmes effets, aujourd'hui ils n'ont même plus eu besoin de nous battre,
nous nous sommes écrasés tout seuls. Voilà!
Alors, je leur ai gentiment souhaité de bonnes vacances, aux Grossmutterficken. Du
soleil et de la mer tiède, histoire de savourer la victoire dans les conditions les plus
plaisantes possibles, comme au temps du Gross-Paris.
Quant à nous autres, untermenschen, nous continuerons paisiblement notre petite
débâcle franchouille à coups de socialisme et de changement de population.
Après, quand nous aurons la Charia, nous serons toujours à temps d'aller leur
foutre le ramadan, aux vieux germains turquisés. Parce que ça, le père Gottlieb,
s'il se figure qu'il va échapper au désastre, il se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'à
la culotte de peau.
C'est pas vraiment une consolation mais ça soulage un peu quand même.
Gott mit uns!
Et merde pour qui ne me lira pas.