Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Comme le disait ce matin Elisabeth Schemla à Claude Askolovitch dans l'émission
d'Alain Finkelkraut ... mais non, qu'est-ce que vous racontez, pas sur Radio Tel Aviv,
sur France-Culture, voyons! M'enfin! Bon, donc, comme elle le remarquait finement
cette brave dame, une personne comme on en voit par chez nous, dont la sonnerie
de téléphone fait "Allahou akbar", n'apparaît pas nécessairement très perméable
aux Valeurs de la République.
Sans vouloir me mêler de ce qui ne me regarde en aucune façon, il semblerait bien
que le petit livre consacré par l'ineffable Askolovitch à la vie passionnée des
Musulmans en France ait fait l'effet, dans le landerneau Germanopratin, d'un gros
pavé dans un tas de bouse.
Le bouquin en question, ne me faites pas l'injure de croire que je l'ai lu. Je m'en
voudrais de contribuer au succès éditorial de cette sorte de littérature. Tout ce que
j'en connais se résume au titre " Nos mal aimés, ces musulmans dont la France
ne veut pas", ainsi qu'à la thèse soutenue, à savoir que la République opprime les
fidèles de l'Islam grands coups de laïcité.
Tout de suite, comme ça, ex abrupto, je m'empresse de rendre un hommage appuyé
à l'auteur, en dépit de la répulsion viscérale qu'il m'inspire. Publier un ouvrage intitulé
"Ces Musulmans dont la France ne veut pas", ça relève de l'exploit. Ca excuserait
presque le tissu d'âneries dont il est constitué selon toute probabilité.
Vous voyez un titre pareil signé Zemmour ou Rioufol, par exemple? Vous imaginez le
tollé général tout azimut, la Gauche en furie, les associations bien pensantes qui
déposent des monceaux de plaintes, l'UMP qui condamne avec une extrême fermeté
et les Juges Trotskos qui regrettent pour le coup les abrogations respectives de la
peine de mort et de la relégation à Saint-Laurent du Maroni.
Rien de tout cela, bien sûr, pour le camarade Askolovitch qui doit, lui, se contenter
d'une micro-tempête dans le microcosme intello. Déjà pas mal puisqu'on en parle,
même moi, tiens, mais moi ça compte pour pain et beurre.
Pour tout dire - ça se sentait bien au fil de la petite dispute sur France-Culture- il a
drôlement foutu la merde, le Glaude, à aller comme ça traiter la sacro-sainte Laïcité
d'instrument d'oppression.
Vous réalisez, quand même, l'énormité! Un peu comme si tout à coup vous surpre-
niez le curé en train de chier dans le ciboire, pareil, ça relève du même ordre! Le
sacrilège infect, quoi, incompréhensible, inexpiable!
D'accord, Askolovitch navigue depuis toujours dans la provocation.
Que voulez vous, quand on n'a aucun talent et qu'on veut briller en société, y a pas
trente six solutions, faut faire le buzz comme on dit maintenant et même la buse, le
cas échéant, du moment que ça banque, pas vrai? Seulement, là il s'attaque vicieu-
sement à ce qu'il y a de plus sacré, de plus intangible dans le Dogme Républicain.
Vicieusement parce qu'en prenant la défense des Muz contre la Laïcité, il les cueille
à contre-pied les intellos de Saint-Germain, en terrain découvert, à la surprise.
Déjà que l'attaque vient d'un côté inattendu, il faut en plus qu'elle s'appuie sur des
positions suffisamment solides pour ne pas reculer d'un iota à la première salve
de plume bien-pensante.
C'est vrai, ça, après tout! De quel droit on veut leur imposer nos règles, aux
Mahométans fervents, surtout quand c'est contraire à leurs convictions les plus
profondes et à leurs coutumes les mieux enracinées? Elle est où la liberté, là?
Aaaaaaalors!
Et voilà la République Franchouille en personne qui se met à discriminer, à
stigmatiser, à opprimer, à réprimer comme le premier régime pinochien venu!
Putain d'Adèle on n'est pas dans le pétrin dites! On frise le racisme sur un coup
de ce gabarit!
Rendez vous compte, merde! Au Pays de Jean-Jacques, de Jules Guesde, de
Jaurès, de Jean Moulin (entre ici!), des Justes, de Jacquard, de Jaoui (Agnès),
de Jérôme Kerviel, des "Jeunes" des quartchiers !
Saloperie d'Askolovitch, va! Vous voyez jusqu'où il peut aller pour faire parler de
lui, l'enfoiré? Jusqu'à faire vaciller le Pacte Républicain, parfaitement! Comme
Valls, pareil!
Sauf que Valls, lui, au moins on peut le traiter de facho!
Le beau Manuel, tranquille, il s'en prend aux Roms.
Très avantageux, les Roms, ça détourne bien l'attention et puis ça fait -presque-
l'unanimité. Sarkozy s'en servait, lui aussi. Il en était content, je crois, ça donne un
bon rapport qualité/prix, les Roms.
Considérons déjà qu'ils sont pratiquement sans défense, ceux là. Ils ne disposent
d'aucune puissance de feu style CFCM, SOS, Licra, tout ça. Rien, que dalle, à
peine deux ou trois hurluberlus de ci de là qui créent de vagues association dont
tout le monde se fout.
Donc, vous pouvez - un peu - taper dessus, on ne vous dira rien. Tout ce que vous
risquez c'est une vanne à la Duflot, comme quoi vous compisseriez les Valeurs de
la République. Cependant, disposant par sondage de quatre-vingt dix pour cent
de l'opinion en votre faveur, vous pouvez vous en astiquer joyeusement la colonne
dorique.
En outre les effectifs de ces pauvres Tziganes sur notre territoire ne dépasseraient
pas les vingt-mille. Vu qu'ils échappent par définition à tout recensement, vous me
permettrez d'en douter un peu. Cependant, fussent ils cent-mille, leur abondance
demeurerait sans commune mesure avec les dix à douze millions de représentants
de la communauté musulmane ... par exemple ...
Le Rom apparaît donc, au sens propre, comme quantité négligeable. Raison de
plus pour laisser les gants dans le tiroir.
Et puis enfin et surtout, il s'agit de nomades. Or, depuis les temps reculés du
Néolithique Supérieur (enfin c'est ce qu'on dit, j'étais pas là pour constater)
l'humanité souffrante se partage essentiellement entre deux catégories farouche-
ment antagonistes, les sédentaires d'un côté, les nomades de l'autre. La haine
des premiers pour les seconds apparaît tatouée dans leur nature intime comme
de jolies roses rouges sur les miches de Chéryl Cole.
Par suite, si vous prenez le Nomade en chasse, tous les sédentaires de toutes
religions, de toutes origines, marcheront comme un seul homme à vos côtés.
Dans le cas qui nous occupe cela va du Français de mille générations, catholique
et maurassien, jusqu'au dealer de banlieue à kalachnikov, lequel, pour découler
de l'immigration, n'en est pas moins tout aussi sédentaire que vous et moi .
La preuve, vous ne verrez plus le moindre camp de Roms dans les quartiers Nord
de Marseille. Les habitants ont fait le nécessaire.
Souvenez vous de l'âne de la fable, "ce pelé ce galeux d'où venait tout le mal"...
il lui ressemble un peu, le Rom, si vous regardez bien...
Naturellement, il nous emmerde la vie. Bien sûr, on aimerait beaucoup qu'il retourne
se faire voir chez les Roumains, chez les Bulgares... où il voudra mais pas ici, quoi.
Les parasites et les voleurs, la République n'en a rien à foutre, qu'is aillent se faire
pendre ailleurs.
Oui mais bon, en même temps, chaque fois qu'il arrive une grosse merde, dans
ce pays, quand on zigouille un retraité marignanais ou quand on massacre une
petite Fiona, entre autres saloperies, les Roms n'y sont pour rien...
J'en reviens encore à ma fable, "selon que vous serez puissant ou misérable..."
Décidément La Fontaine, on ne trouvera jamais plus judicieux!
Passez un chouette Dimanche.
Et merde pour qui ne me lira pas.