Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Oui, j'en conviens, je l'avoue, je me vautre dans le consternant et la blague bas
de gamme. Surtout que je viens d'hésiter longuement à titrer "Les nouilles se
refroidissent dans le corps" en hommage à un ami qui me parlait naguère du
Canard époque Bacri. Toutefois, à la contrepèterie j'ai préféré le proverbe,
parcequ'en tant que tel il appartient à tout le monde et ne saurait, en
conséquence, m'être judiciairement contesté.
Et un proverbe, si particulier soit-il, reflète toujours la sagesse des nations.
Nul ne saurait ignorer cela, ni même prétendre le contraire.
Il faut bien le dire, nous arrivons au bout du rouleau de 2010, le dernier mois
défilant systématiquement à la vitesse du clampin qui se pète le coccyx sur le
verglas. En effet, à partir du 20 on ne dessaoûle pratiquement plus jusqu'à la
dernière gueule de bois matinale du jour de l'an. La plus terrible.
Profitons en bien, sans complexes ni retenue. Quand Fêter Noël fera l'objet
de condamnation pénale pour entorse au Ranco et quand, par surcroît, la
consommation d'alcool exposera à lapidation, nous aurons tout loisir de finir
l'année dans le calme et la méditation dévote.
En attendant il nous faut affronter de bien gros soucis.
D'abord le temps, je veux dire la météo, qui justifie mon proverbe titulaire tant
le début Décembre le dispute à la fin Novembre en termes de dégueulasserie.
Notez, moi je m'en fous un peu parceque là où je suis planqué je ne risque pas
trop les engelures et, du reste, un ectoplasme se révèle rarement sujet à de
telles misères.Certes mais la solidarité, alors? Et la compassion, bordel!
Souffrir pour les autres présente l'avantage d'un confort inégalable tout en
conférant au patient un brevet d'altruisme, de philantropie (sans contrepet),
voire de sainteté.
Ainsi le germanopratin vit-il une torture constante et délicatement assumée à la
terrasse du Flore. Regardez B.H.L. et vous verrez le Christ, la croix en moins,
la coupette de roteux en plus.
J'ai donc considéré de mon devoir de partager les souffrance de mes frères
européens par la dédication à leur intention de toutes mes pensées les plus
sympathiques et réchauffées au soleil. Souffrez mes chers amis que je souffre
avec vous les rigueurs des frimas qui soufflent sur vos têtes.
Ensuite, autre calamité, l'Euro et son cortège d'annonces anxiogènes porteuses
de terribles emmerdements futurs. Pas un jour ne se passe sans qu'on nous en
colle une bonne dans les gencives. Quand on cesse de parler de l'Irlande et de
son trou sans fond, on passe aux grecs, puis aux portugais, puis aux espagnols
de l'Europe en déroute qui se trainaient sans gland sur le bord de la route!
Après quoi, l'air de rien, vicieusement, sans y toucher, la question de la France
arrive sur le tapis avec la menace redondante d'une perte annoncée du triple A
propre à nous conduire directement à l'abîme sans espoir de rémission.
Moderne épée de Damoclès, la dégradation fitchienne
( voir Le monde selon Apichatpong et Fitch. )
oscille au dessus de nos tronches insouciantes en attendant que le fil ténu ne se
brise qui nous préserve très provisoirement de la blessure implacable et mortelle.
Comme disait, pas plus tard que cet après-midi, ce brave Monsieur Trichet, c'est
pas la faute à l'Euro, tout ça, c'est juste que tout le monde a fait sauter l'anse du
panier. Faut pas s'étonner qu'au bout d'un moment il n'y ait plus rien dedans.
Et d'expliquer qu'il convient désormais de faire plus de gestion budgétaire que
de déconnages démagogiques. Il suffit de lire les divagations socialistes relatives
à "l'égalité réelle" pour appréhender la distance qui sépare notre belle démocratie
de la sagesse préconisée par le camarade Jean-Claude.
Pourtant ce dernier parle le langage de la raison. L'heure est venue de faire suivre
aux dépenses publiques un de ces régimes draconiens dont, ces derniers jours,
question de mode sans doute, on nos rebat les portugaises. En dépit de toutes les
imbécillités qu'on peut lire et entendre à tous les coins de media, nos malheurs
proviennent d'un excès de dépenses publiques et de règlementations démagogiques.
Notre seule vraie croissance, c'est celle de la dette, notre seul vrai handicap c'est le
modèle-social-français-que-le-monde-entier-nous-envie.
N'oublions jamais, peuple stupide et jouisseur, que lorsque les Allemands, sentant venir
le vent mauvais de la mondialisation, s'infligeaient une cure d'austérité pour gagner en
compétitivité, nous franchouilles cocorico, nous faisions les trente-cinq heures!
Et voilà que dix ans après, plongés dans un abîme d'emmerdements plus périlleux les
uns que les autres, nous envisageons sérieusement de refiler à nouveau le pouvoir
aux socialos de gauche. C'est à se les prendre et à se les mordre jusqu'au sang!
Bon, cela étant dit, d'autres gros nuages obscurcissent encore notre horizon tristouille.
Wikileaks, tiens, beau symbole de notre malheureuse époque. Comment voulez vous
qu'on s'en sorte si on ne peut plus mentir tranquillement sans que le monde entier en
connaisse dans les instants qui suivent? Tout notre système social repose sur le
mensonge et la dissimulation. Vous foutez ça en l'air, plus rien ne tient. Plus de faux
semblants, plus de valise diplomatique, plus de vie conjugale, plus d'amitié, plus de
convivialité, plus rien de ce qui constituait notre civilisation, en somme. L'écroulement
complet et définitif de tout un univers. Le chaos sauvage et l'étripement général en
attendant les sacrifices humains et le cannibalisme. Voilà ce que nous prédit Wikileaks
et son patron en fuite, avec son air con et sa vue basse.
Le numérique et internet apparaîssent ainsi comme la moderne langue d'Esope. La
meilleure et la pire des choses. Voyez ce qu'on pourrait en faire et voyez ce que nous
en faisons. Epouvantable, pas vrai?
Certes, mais moins effrayant que la chasse au flic qui s'instaure peu à peu dans nos
banlieues si joliment colorées. Aujourd'hui, et dans l'indifférence générale, la ratonnade
aux poulets se pratique joyeusement telle une sorte de sport national. On tire le cogne
aussi bien à la caillasse qu'à l'arme légère ou lourde, c'est selon. On peut même
envisager, cela demeure parfaitement valable, de l' écrabouilller comme une merde
au moyen d'un véhicule automobile. Vu la manière plutôt discrète dont les media
traitent ce genre de sujet et le peu d'empressement de la justice républicaine à limiter
le massacre, ce nouveau jeu semble appelé à de jolis développements.
Autant dire que la pacification du neuf trois attendra encore quelques temps.
Elle viendra probablement avec la charia. Patience.
Moins sérieuses mais un peu dérangeantes quand même, les divagations de
l'ex-footballeur Cantona qui prétend, avec sa tronche de pétanqueur pastissomane et
sa grande gueule de marseillais pété de tunes, faire sauter les banques françaises.
Après tout le mal qu'on vient de se donner pour les tirer du merdier!
Pas grave, bien sûr, l'affaire Cantona. Les pauvres débiles qui suivront ses conseils ne
mettront en péril, dans la pire des hypothèses, que leur malheureux livret A . Toutefois
le relai médiatique accordé à cette pitrerie me conforte dans la certitude de notre
décadence avancée et irrémédiable.
Cependant j'en oublie, des mochetés sinistres, des avanies sournoises, des calamités
en puissance qui nous attendent au déboulé de la nouvelle année.
Bien sûr j'en aurais encore plein mon sac à vous sortir comme ça, sans trop réfléchir.
Mais à quoi bon vous casser le moral en ces temps de liesse et de ferveur
papanoëllesque et réveillonnatrice. Vous finiriez, à juste titre, par me laisser tomber
comme un vieux scnock atrabiliaire juste bon à pisser son vinaigre par web interposé.
Je vais donc terminer sur deux petites nouvelles assez réjouissantes et, en tout cas,
de nature à me faire, personnellement, un peu sourire.
Ce sont deux vieilles connaissances, Mauroy et Huchon ( voir Hypothéses ) qui se voient
rattrapés par la justice. Le premier vient de passer en correctionnelle pour son histoire
d'emploi fictif, le second risque fort de se faire jeter de son fauteuil présidentiel d'Ile de
France, pour détournement de campagne de pub, avec un an d'inéligibilité à la clé.
Vous voyez, quand je veux, j'en sors des bien joyeuses!
Mais ne nous emballons pas, il s'agit d'hommes de gauche et non des moindres.
Avant de condamner cette sorte de personnage, les juges y réfléchissent toujours
à deux fois. Y a rien de fait, quoi.
Soyez assurés de ma considération dévouée.
Et merde pour qui ne me lira pas.