Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
C'est fou ce qu'on peut se retrouver tout couillon sans ordinateur!
Dans le temps, quand ça n'existait pas, on s'en passait très bien.
Ca a même duré des centaines de siècles sans poser le moindre
problème.
On voit mal, fût-ce avec une imagination de cinéaste féru d'anachronisme débile, Cro-Magnon chercher désespérément son PC portable égaré au
fond de la grotte à côté de l'ours ou Louis XIV engueuler Colbert comme
du poisson pourri parcequ'il aurait chopé un virus russe.
Même mon père, pour vous caractériser le truc, jamais il ne s'est révélé
foutu de dépasser le stade du Minitel. Ca lui apparaissait comme un
instrument miraculeux, à mon dabe, le Minitel. La seule fois où l'occase
m'a été donnée de le voir aussi enthousiaste devant une manifestation
concrète du progrès technologique, c'est le jour du couronnement de la
Reine d'Angleterre, tiens, justement. Nom de Dieu!
La découverte de la télé, pour lui, elle arrivait ce jour là, voilà tout juste
soixante piges. Estomaqué, Papa, d'assister d'aussi loin à un truc pareil. Comme à Londres, encore mieux on peut dire. Et avec le laïus de Léon Zitrone, fleuri, imagé et quasi-poétique, en prime.
Elizabeth, bien sûr, il s'en foutait un peu mais le petit-écran, pour un
mec qui appelait encore la radio "poste deT.S.F." ça ressemblait
vachement à une espèce de miracle.
Alors, du coup je vous ai balancé simultanément mes emmerdes
d'ordinateur et le couronnement de la mère Windsor.
Comment je m'en sors maintenant pour vous placer les deux sujets?
Même plus capable d'organiser ses transitions, le Nouratin. Encore un
peu comme ça et il lui restera les mots croisés, comme occupation à
prétention intellectuelle. Le v'la propre!
Bon, ben voilà. Je vous finis sur l'ordi, alors. Juste qu'une saloperie de
virus m'a pété à la figure sans crier Saint-Lazare, enfin je veux dire Gare,
un beau matin où j'allumais ma machine à raconter des calembredaines.
Et pas n'importe quoi, en plus, la Gendarmerie Nationale, logo à flamme
en tête, qui m'engueulait comme quoi j'aurais visité des sites interdits,
voire pédophiles et que pour débloquer mon bastringue fallait raquer
cent Euros, avec procédure de paiement bien expliquée.
Pédophile, j'avoue, c'est pas vraiment mon truc, ça me filerait plutôt des
idées meurtrières, un peu comme les braves Egyptiens vis à vis de leur
ancien Raïs, vous voyez, le style "zaloubri, borquoi qu'il a pas condamné
la mort et zigouillé, bidi morceaux, allahou akbar?
En revanche, et la remarque précédente le prouve, en matière de sites
interdits y aurait de quoi faire avec moi, pour la Police du Changement-
que-c'est-Maintenant. Entre le mien propre, de site, et ceux que je visite
avec une régularité métronomique -pas vrai les copains?- on en trouve
du nauséabond qui pue.
A la limite, cent Euros, au regard de telles violations de la pensée
obligatoire, ça ressemble aux réprimandes que les tribunaux correction-
nels réservent aux hommes de bien légèrement fourvoyés, tel Julien Dray,
par exemple (1). En tout cas, pas à une punition pour délit de sale facho.
Bon. Aprés lecture attentive du document les termes employés et le
caractère un peu approximatif d'une syntaxe qui sentait à plein pif son
origine trans-danubienne, m'ont toutefois inspiré un doute assez sérieux.
Je veux bien que la Gendarmerie Nationale recrute comme elle peut de braves jeunes gens formés à la mode d'une Education
tout aussi Nationale et dont nuln'ignorequ'elleproduit
essentiellement des analphabètes.
D'accord mais à ce point-là, tout de même...
Et puis, bon, je veux bien, aussi, qu'il agissent avec une merveilleuse promptitude, les sbires de Culbuto 1er, seulement, là ça tiendrait du
prodige. Pour mettre en place une police politique digne de ce nom et
capable de chasser aussi efficacement le réac mal pensant il leur faudrait
au moins six mois. Et même si Guéant avait déja commencé, histoire de
se dédouaner un peu, il eût fallu compter, malgré tout, le temps pour les
Socialos d'épurer convenablement les services en cause.
Bref, après mure réflexion, je conclus subtilement qu'il devait s'agir
d'un virus. Belle saloperie, en effet, j'ai mis trois jours à m'en dépêtrer!
Sans compter que tous mes fichiers ont fait les frais de l'opération.
Et je remarque, en écrivant les présentes conneries, plein de petits
beugs de fort mauvais aloi...l'infection semble comporter des séquelles.
A tel point qu'écrire dans ces conditions ça vire à l'héroïque, c'est moi
qui vous le dis!
Alors, je vous bricole vite fait un truc sur le Jubilé d'Elizabeth et puis je
me casse.
Pour vous dire, ayant autre chose à foutre, j'ai juste jeté un vague coup
d'oeil. Cependant une remarque, ma foi fort judicieuse, de Karl Lafreuped,
lequel commentait l'évènement de concert avec l'ineffable Stéphane Bern
et la très népotique Marie Drucker. Il disait donc, Lafreuped,
au milieu d'un tsunami d'affligeantes banalités : "personne n'a
jamais vu cela et peut être ne le reverra-t-on jamais".
Coquin de sort, me dis-je, mais c'est qu'il a raison, là, le vieux bougre au
sens premier du terme! Soixante ans de règne, crédieu! Même si, comme
règne, ça ressemble un peu aux tribulations de la mouche du coche -et
non de la couche du moche, je tiens à le préciser- cela demeure, toutes
choses égales, une occurence tellement rarissime que nul ne saurait à
bon droit la traiter par le mépris. En conséquence, j'ai un peu regardé la
parade fluviale assez hallucinante que les Rosbifs nous ont concoctée
pour célébrer le jubilé en question. Un truc de oufs, y a pas à dire. Mais,
qu'on le veuille ou non, les cérémonies de ces gens-là restent aussi
uniques en leur genre que leurs moeurs étrangeoïdes et leur cuisine de
schizophrènes. Mais la classe, on peut pas dire et le sens du grandiose!
De la vraie communication, en somme, pas du Séguéla républicain.
Le secret de la longévité politique réside précisément dans la durée et
les traditions spectaculaires qu'elle peut susciter. On l'a vu récemment
avec le mariage de William et Kate (2) mais c'est également le cas du
Vatican (3). Le décorum chargé de siècles, pour fidéliser les populos, il
n'y a rien de tel.
God save the Queen! Après tout, pourquoi pas, tiens. Elle m'est plus
sympathique que Culbuto et sa suite. Sans compter qu'elle nous coûte
infiniment moins cher. Et puis, on la connaît depuis tellement longtemps,
la brave vieille, pour un peu elle ferait quasiment partie de la famille!
Bonsoir tout le monde et à très bientôt, si cette saloperie d'ordi fonctionne!
Et merde pour qui ne me lira pas.