Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Voyez vous, les Alpes-Maritimes, c'est rien qu'un repaire de vieux et de fachos.
Et même de vieux fachos! Voilà des gens qui vous élisent des Estrosi et des Ciotti,
des affreux dégoûtants qui font tordre le nez à tous les Bien-Pensants. Des ignobles,
ces types de l'extrème-extrème Sud-Est-Droite. On se demande comment
ils peuvent faire partie de Notre Grande Nation Franchouille qu'ils n'ont de cesse de
déshonorer par leur conduite inqualifiable. D'ailleurs on ne sait même pas comment
les appeler. Alpi-Maritimains? Marino-Alpins? En fait, les gens de bien, ceux qui
ne sauraient tolérer la moindre manifestation de mépris à l'égard de groupes
humains, surtout s'ils viennent de l'autre côté de la Méditeranée, les qualifient de
"Pizzaiolos". Méritent pas mieux, ces dégénérés de la queue des Alpes qui trempe
dans la Mer.
Rendez vous compte, pas plus tard que ce Mardi, Abderahmane, charmant
Algérien de vingt-six printemps, attendait au guichet de la Préfecture. Déja
quelques grosses minutes qu'il patientait quand vint son tour. Manque de pot, il
s'était gouré de service, le pauvre garçon, ce que la fonctionnaire accueilleuse lui
fit connaître sans le moindre ménagement. Abderahmane, qui n'avait pas que cela
à foutre, répliqua comme quoi ce genre de détail le laissait de marbre et qu'il
ne saurait en aucun cas se retaper une seconde attente .
Faut comprendre.
Cependant, la sbire du corps préfectoral Alpi-Maritimain, enfin pizzaiolo, animée de
sentiments qu'il apparaît préférable de ne point analyser, crut judicieux de rejeter
aussi sec la bien légitime requête de notre jeune héros.
Ce dernier, profondément affecté par le comportement méprisable de l'agente en
cause, laissa alors libre cours à son indignation, laquelle le conduisit à sauter à pieds
joints sur le guichet, à se saisir du premier objet qui lui tombait sous la main et à le
balancer à travers la gueule de la fonctionnaire nauséabonde.
Par le plus grand des hasards, il se trouve que l'objet en question n'était autre qu'un
drapeau tricolore et tellement volumineux qu'Abderahmane dut en briser la hampe
afin de pouvoir le manipuler plus aisément. Soit dit en passant, j'espère que vous
réalisez le côté vicieusement provocateur de cette exposition prétentieuse de
l'emblème national dans les services destinés aux étrangers. Nous fustigeames
déja par le passé (voir Saucisson, pinard, vuvuzélas et drapeau... ) cette pratique
douteuse consistant à brandir en tous lieux le drapeau sous le nez des
minorités enrichissantes qui ont tant de mal, déja, à nous saquer, avec nos manies
de sales infidèles.
Que croyez vous qu'il arriva ensuite? Qu'on fît droit à la demande d'Abderahmane
d'abréger son attente, comme il convient généralement en pareil cas? Qu'on lui
présentât ensuite des excuses au titre des manoeuvres odieusement discriminatoires
qu'il eut à subir, ce qui ne serait en définitive que la moindre des corrections?
Eh bien pas du tout, hélas, bien au contraire! Le malheureux Algérien s'est vu
embarquer par la flicaille, comme le premier policier suspecté venu et déféré sur
le champ à un Tribunal!
Si, si, je vous assure, en comparution immédiate, dans des conditions indignes et,
à l'évidence, sans motif valable.
Alors, me direz vous, l'affaire s'arrête là. La justice ne pouvant manquer de rendre à
l'ami Abder la liberté que nul, jamais n'aurait dû lui soustraire. Et, naturellement
avec excuses et indemnités, cela va de soi.
Hélas! Hélas! Hélas! jamais de la vie. Figurez vous qu'en ces contrées barbares, il
s'est trouvé des juges pour condamner le pauvre homme à quatre mois assortis
d'une amende! Avec sursis, d'accord, mais tout de même! Encore une fois, je ne
plaisante pas: dans les Alpes-Maritimes, jusqu'aux juges qui se révèlent fachos!
L'horreur absolue, quoi!
Outrage au drapeau, qu'ils ont dit ces félons, sur la base de la loi scélérate de
Sarkozy! La législation de la FNAC de Nice -tiens encore- l'affaire de la photo
du gus qui se torche avec les trois couleurs de la France.
Y s'est pas torché, Abderahmane, ça se serait su, quand même!
Espérons qu'en appel cette honte sera lavée.
Il n'en reste pas moins que dans un coin reculé du Pays des Droits de l'Homme,
un Algérien a pu se voir condamné pour outrage au drapeau.
Mince, j'aurais pas cru!
Dieu merci, nos bons gouvernants viennent de bombarder Rama Yade au poste
somptueux d'ambassadeur auprès de l'UNESCO ( et Dieu sait qu'Unesco griffe).
Voilà de quoi remettre un peu de baume au coeur de la pauvre petite.
Et puis, question valeurs de gauche, cette jolie nomination compense un tout petit
peu l'odieuse affaire Abderahmane. Ca nous finira l'année sur une note positive.
Joyeuse fêtes à tous les beaux esprits qui m'honorent de leur lecture.
Et merde pour qui ne me lira pas.