Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Vaseux, voilà le mot, je me sens vaseux. D'accord, ça ne se fait pas, dans ce blog, de
se raconter sans vergogne comme n'importe quel observateur fervent de son propre
nombril. Il s'agit juste de vous planter le décor, si j'ose dire, pour tenter maladroitement
une captatio benevolentiae. Pour vous appeler à l'indulgence, en quelque sorte, car
lorsque le mec se sent flapi ses écrits risquent d'en morfler sévèrement les
conséquences. Vous en avez des vachement doués qui écrivent comme ils font pipi.
Naturellement. Ca existe, j'en connais mais n'attendez pas que je cite des noms. Ca
friserait le viol, cette sorte d'intrusion dans l'intime du gratteur, sans compter qu'on
n'a jamais de certitudes, en ce domaine. Il y en a, ça semble couler de source, comme
ça, à vue de pif mais en réalité ils bossent la nuit. Voyez Céline, tiens. Tellement naturel,
Céline, une splendeur, un rêve, presqu'un miracle. Pourtant, pas du tout. Faut voir le
boulot!
Au temps où les types écrivaient à la paluche, ils gardaient leur brouillons, pas comme
aujourd'hui. On ne retrouvera plus, désormais, les traces de l'étrange labeur écrivassier.
Fini, tout s'en va dans les limbes dématérialisés du mystère numérique. Du coup, on ne
sait pas. Les cochonneries virent tout de suite, au fur et à mesure. Le bébé sort tout
propre. Dommage, pour certains, infime minorité, ça vaudrait encore la peine de savoir.
Bon alors, nous nous retrouvons au 1er Janvier 2011. Encore une qui promet, tiens!
Les conneries que j'écrivais les années précédentes ( voir Irreparabile tempus fugit...
et Annus merdibilis. ) en dehors d'établir que, ces jours là, j'ai tendance à faire dans le
latin, va savoir pourquoi, dénotent un pessimisme bien fondé. Pas de doute,
on se retrouve toujours en dessous de la réalité, tellement elle apparaît
cradingue, la réalité constatée au bout du bout de l'année.
Bien sûr, le Président de la République Une et Incomestible, trouve des raisons
d'espérer. Moi, je comprends, remonter le moral des corniauds de citoyens ressortit à
sa compétence et relève de son devoir le plus sacré. Hélas, les corniauds en cause
ne marchent plus trop dans la combine. Quand vous vous trouvez dedans jusqu'aux
sourcils et que ça dure, les envolées relatives aux lendemains chanteurs vous laissent
pour le moins perplexes. Cependant, comme disait l'autre, il n'est pas nécessaire
d'espérer pour entreprendre. Si notre sympathique Président espérait convaincre, il
n'entreprendrait plus grand chose, désormais. Vous me direz, on ne verrait pas trop
la différence.
Et puis, d'abord, qu'est-ce que c'est que ces manies à la con de célébrer à grands
coups de pichetegorne, de foie-gras et de discours solennels, un machin qui n'existe
pas?
D'accord, depuis l'an dernier à la même date, nous avons bouclé un tour complet du
Soleil. Un de plus un de moins, même si je me répète. Oui, certes, mais c'est vrai tous
les jours, ça. Rien d'extraordinaire. Le courant. Tenez, je vous prends le 14 Juin, au
hasard, vous voyez une différence, vous, sauf que normalement le temps s'y montre
plus sympa? Aucune. Mime chose pareil. Aussi vrai et aussi banal. Pour tout dire
cette histoire de Jour de l'An apparaît seulement comme une convention juridique et
comptable. Histoire de trouver un commencement. Mais de là à en faire un fromage,
faut vraiment n'avoir rien d'autre à foutre. Tant qu'à célébrer un truc on pouvait bien
choisir le Printemps. Plus sympa le Printemps, au moins ça donne des raisons
d'espérer. Surtout pour ceux qui souffrent de rhumatismes.
Comme la Légion d'Honneur, aussi, en voilà une belle couillonnade. Bien sûr tous les
ans je balance un petit coup d'oeil aux décrets. Voir les noms que je connais. On ne
sait jamais, des fois qu'il s'agirait de gens sympa à féliciter. Parcequ'en général ça
leur procure tellement de joie et de plaisir à ces andouilles qu'on dirait presque un
touché de loto, comme effet. Là, j'ai bien trouvé des connaissances, dans les listes
mais, comme pratiquement tous les ans, aucune qui vaille des félicitations. Il y a bien
Jeannie Longo qui, après tout, mérite bien une petite récompense officielle depuis le
temps qu'elle se décarcasse. Manque de pot je ne la connais pas personnellement
et si d'aventure je la rencontrais à vélo, le temps de la remettre elle serait déja loin.
Et je ne parle même pas du cas où on se croiserait.
Reste ma très chère Fadéla (voir Ni miss ni sous pute ) dont la remarquable inaction
gouvernementale justifie amplement la petite breloque à pointes mouchetées. Si elle
avait vraiment bossé, je ne vous raconte pas ce que ça aurait coûté.
Un petit mot pour Christine Boutin qui démontre magnifiquement que se faire choper
la main dans le sac d'argent public peut, dans certains cas, valoir le ruban rouge.
N'empêche que depuis les mésaventures de Woerth, il devraient se méfier de qui
ils proposent, les ministres. Des fois ça fait des saletés quand ça retombe
Et puis, après tout, qu'ils se démerdent avec leurs conneries tous ces paillasses.
Une note carrément tragique, pour terminer, histoire de ne pas vous déranger pour
rien. Depuis quelques temps, vous l'avez sans doute remarqué, nos amis musulmans
prennent l'habitude de bouziller du chrétien. Hier ceux de Bagdad, aujourd'hui
les Coptes d'Alexandrie, demain nos braves mémés grenouilles de bénitiers. Elles
feraient bien de commencer à privilégier la messe télévisée, celles là. Sans compter
que, des églises y en a plein partout, ce qui pourrait compenser le manque criant
d'équipements de loisir dans nos quartiers sensibles. Comme activité ludique, le
caillassage de catholiques semble appelé à un avenir radieux. En attendant mieux.
Voilà. Pour ce coup là, ce sera tout. Vaseux, vous dis-je.
Cependant, que tous ceux qui viennent de temps en temps ici consulter mes
nouratineries reçoivent mes voeux les plus sincères pour ce nouveau tour de soleil
jusqu'à la prochaine Saint-Sylvestre. Une mention particulière pour Kate, l'amie fidèle,
Dxdiag à la lucidité subtilement corrosive, Chris, l'artiste totale aux talents ravageurs,
Mash pour qui je ressens des tas d'affinités électives.
Que 2011 vous balance à tous une brouettée de délices, de plaisirs et de tendres
douceurs. Même si la probabilité est faible, ça ne mange pas de pain de souhaiter.
A bientôt j'espère.
Et merde pour qui ne me lira pas.
P.S. Je reviendrai sans doute à l'ancienne présentation. Blanc sur noir, comme dit
Mash, ça me correspond mieux.