Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
En toute franchise, je m'interroge sur la conduite à tenir au regard des différentes
catégories de personnes qui nous pourrissent allègrement la vie.
Tous les voisins, belles-mères, percepteurs, contractuels, petits merdeux, fâcheux,
scootéristes, mandigots de tout poil, quêteurs, quémandeurs, fonctionnaires et autres
casse-bombons patentés, justifieraient des mesures de rétorsion que personne ne
s'avisera jamais de prendre.
Ce serait pourtant oeuvre de salubrité publique, compte tenu des dégats que
ces nuisibles provoquent chez l'assuré social moyen. Ce dernier, fragilisé par les
emmerdeurs dans le tréfonds de son système nerveux, constitue de ce fait une proie
facile pour tout une série de syndromes malins susceptibles, à la longue, de le détruire
et à la courte de mettre en péril l'équilibre financier du Système d'Assurance Maladie
que le monde entier et ses environs nous envient.
Alors, quand, par hasard, les plus hautes autorités de l'Etat s'avisent d'envisager des
actions propres à contrecarrer les comportements nocifs de certaines des catégories
susvisées, je ne saurais que les en féliciter tout en les invitant à persévérer dans des
intention aussi salutaires.
Or il se trouve que la période actuelle voit fleurir chez nos bons gouvernants, Président
de la République en tête, ainsi qu'à l'habitude, un bouquet de vélléités de cette nature.
C'est à dessin que j'use du terme "vélléité" car nous avons déja eu l'occasion de mesurer
la distance considérable qui sépare, chez les personnalités en cause, les paroles des
actes ( voir par exemple Du kärcher au kouchner. ).
Toutefois, ne faisons pas la fine bouche. Ce qui vient d'être avancé, sinon décidé, en ce
qui concerne, d'une part, "les gens du voyage" et d'autre part, les voyous des banlieues,
mérite le soutien, attentif mais néammoins approbateur, du bon peuple indigène de ce
pays martyrisé par les conséquences affreuses de la pensée marxo-trotsko-jacobino-germanopratine.
Nous les connaissons depuis longtemps, les "gens du voyage". Je me souviens, à la
douce époque de mon enfance, mes grands parents, gens du XIXeme siècle, les
appelaient "bohémiens". On retrouve d'ailleurs le terme dans sa forme provençale et
son acception injurieuse, chez Marcel Pagnol, "boumian, mange punaises" fait il
vociférer à César (ou peut être à Honorine, je ne sais plus), établissant en cela la faible
estime en laquelle les malheureux nomades se voyaient tenus, ainsi que le régime alimentaire, riche en protéines mais cependant peu engageant, qu'on leur prétait au
siècle dernier.
D'où le rang prééminent qu'occupent les "gens du voyage" dans le classement
des empoisonneurs de vie nationaux et la légitimité qui leur est propre à ce titre, pour
cause d'ancienneté.
S'agissant de nos emmerdeurs traditionnels, faisant partie des meubles et du paysage
nous nous en accomodons tant bien que mal. Sauf lorsqu'alléchés par le constat de
l'impunité accordée aux malfaiteurs des "quartiers sensibles, ils s'avisent de mettre le
feu partout et de saccager le domaine public alors même que leur action légitime doit,
par nature et tradition, se borner exclusivement à la soustraction frauduleuse de biens
privés.
Pour avoir quelque peu outrepassé ce devoir fondamental, les populations concernées
ont donc fait l'objet de sévères déclarations visant à leur serrer un peu la vis. Bien sûr
on a surtout évoqué le cas des Roms, qui, pourtant, s'en tiennent généralement à des
actes conformes à leur statut traditionnel et dont le vol, aggravé ou non, constitue, en
conséquence, le travail de base.
Néammoins, en lisant un peu entre les lignes on capte bien qu'il s'agit de tenter de
mettre au pas l'ensemble des différentes communautés ressortissant à la catégorie
"gens du voyage". Lorsqu'il s'agit d'envoyer les agents du fisc, l'affaire concerne nécessairement des titulaires de la nationalité française, demandez à Mme. Bettancourt,
tiens, si on vient emmerder autant qu'elle, ses potes allemands ou anglo-saxons.
Ce qui n'empêche aucunement de douter du caractère sérieux de ce type de mesures
qui procèdent de la plus parfaite démagogie. Le jour où nous verrons un redressement
fiscal de gitan, je me plairai à retirer mon propos. Mais c'est pas demain la veille, comme
on dit puis.
Reste toutefois que ces bonnes intentions ont le mérite d'exister. Si elles n'emplissent
pas de terreur les personnes concernées, au moins présentent elles l'intérêt de bien
préciser les choses. C'est encore plus vrai des déclarations du Président Sarkozy
au sujet du banditisme banlieusard.
Voilà-t-il pas, en effet, que tout à coup le Président se met à parler vrai. Comme une
sorte de Berlusconi septentrional qui aurait décidé de mettre un peu d'ordre dans le
bordel ambiant. Attention, là encore nous n'en sommes qu'aux belles paroles.
Berlusconi, c'est autre chose, lui il a réglé le problème, notre bon Président en est
bien loin.
Quoiqu'il en soit, je n'en croyais pas mes oreilles. A propos des voyous des quartiers
hypersensibles qui, n'en déplaise à Brice Hortefeux, sont rarement auvergnats, le
Président a déclaré "nous payons les conséquences de cinquante ans d'immigration
mal régulée". Vous vous rendez compte, sacré nom de Dieu! Quand on a encore en
mémoire certains discours sur la république métissée (voir L'ennui naquit un jour de la diversité. ) on trouve un énorme changement, nous assistons carrément à la
métamorphose des cloportes.
Soit dit en passant, cinquante ans, c'est faux et injuste. Trente cinq ans d'immigration
débridée aurait été plus exact tant il apparaît clairement que le basculement dans le
déconnage complet date précisément du regroupement familial décrété par Giscard
et Chirac au temps, rapidement révolu, où ils faisaient cause commune.
Mais qu'importe. Parti comme il l'était, notre bon Président a carrément tout balancé.
Jusqu'à envisager la déchéance de la nationalité et autres assertions du même tonneau
propres à faire hurler à la mort la basse-cour de gauche et le magma humanitaro-
antiraciste. Ce qui ne manque pas de se produire incontinent, d'ailleurs, et prouve
que, ce coup-ci, M. Sarkozy n'a pas craint les représailles, fussent elles d'ordre
conjugal.
Encore une fois, ce ne sont que paroles verbales et les braves gens, sutout les affreux
qui s'apprêtent à voter pour l'un des membres de la famille Le Pen, se souviennent si
bien du Kärcher qu'il leur en faudra plus pour réélire l'époux de Carla.
Cependant ils ont tort. Il a franchi un seuil, le Président, transgressé un tabou, défié la
dictature intellectuelle, passé le rubicon. Et lorsqu'on dépasse ce genre de rubi, con,
on ne peut plus revenir en arrière. "Electa una via, non datur recursus ad alteram"
comme disait le vieux jurisconsulte. Affranchi des interdits qu'il a violés, Nicolas
devrait désormais se sentir plus léger pour faire un peu de ménage.
Nul ne saurait douter qu'il en ait l'intention. S'en donnera-t-il les moyens, c'est une autre
affaire.
Cela dit, ayant découvert que le terme "gens du voyage" revêtait la nature de catégorie
administrative et non ethnique, que de jure cette locution pouvait à bon droit s'employer
pour désigner les populations qu'il vise et qu'en aucun cas son usage ne sauraît
faire l'objet de la moindre critique, même de la part de philosophes germanopratins,
je me permets une petite proposition.
Voilà. On nous bassine, j'en suis souvent victime, avec des critiques acerbes autant
qu'incendiaires dès lors qu'il est question d'immigrés, d'immigration ou d'islam. Bien.
C'est noté. Par suite, je considère qu'il convient de regrouper les intéressés dans
une catégorie administrative, comme on l'a fait avec les boumians.
Ainsi nous pourrions en traiter sans haine et sans crainte et surtout sans créer de
risque d'infarctus du myocarde chez MM. Tubiana, Peillon, Désir, Lévy et consorts.
A cette fin éminemment noble et néammoins utile, je propose que soit adoptée
la locution "gens du voilage". A l'exception notable de la burqa, hors la loi, cette
formule me paraît couler de source. Elle est en tout cas de nature, je crois, à résoudre
toutes les difficultés liées à l' "ethnicisation" -comme il semble que désormais l'on
dise- des actes à venir de notre République, revigorée en raison de la fermeté affichée
par son Président.
Et si avec ça je ne m'en prends pas encore plein la gueule, voire pire que d'habitude,
je paye une tounée générale.
Bien des choses et merde pour qui ne me lira pas.