Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Noël approche, les amis, il va falloir penser à craquer du pognon, même s'il ne vous
en reste guère, pour satisfaire aux traditions, soutenir le commerce et permettre aux
travailleurs Chinois d'obtenir la juste rémunération d'un labeur quotidien de quinze
heures quand tout va bien (sinon, ils crèvent la dalle).
Avant tout, il s'agit de la fête des enfants. Théoriquement en tout cas. La naissance
du petit Jésus constituait dans le temps, une jolie raison de fourrer dans les godasses
des morpions, un petit jouet, voire deux papillottes ainsi qu'une orange sanguine afin
de se régaler, au petit matin, de l'émerveillement naïf et touchant des intéressés.
Puis vint la société de consommation et ses débordements absurdes. Les petits
souliers, depuis bien longtemps, ne suffisent plus à contenir les avalanches de
saloperies en plastique, les cascades de boîtes énormes et multicolores, les
profusions d'encombrants à vocation poubellienne, les entassements hasardeux
d'incongruités avec ou sans piles, les fatras effrayants, au pied du sapin joyeux, qui
d'avance dégoûtent les merdeux d'attaquer le boulot sacro-saint d'ouverture des
paquets cadeaux.
Ca vire à la corvée, Noël.
Pour les grands, emmerdés par les achats obligatoires porteurs de l'embarras du
choix autant que de la glorieuse incertitude de l'effet escompté sur le destinataire,
sans compter la douloureuse impression qu'en foutant les sous dans la cuvette et
en tirant la chasse on aboutirait, avec moins d'efforts, à un résultat équivalent.
Pour les petits, aussi, astreints à l'exercice affreux de la lettre à Papa Noël, piège
à cons pour enfants désormais quasi-analphabètes, tenus au susdit déballage des
susdits joujoux par milliers et astreints à la cérémonie des remerciements avec
bisous sur individus plus ou moins repoussants d'aspect sinon d'odeur.
Bien sûr, je vous parle des classes moyennes catholiques. Pour tout vous dire,
j'ignore comment les choses se passent chez les autres membres de notre Grande
Nation mais je suppose que ça doit, peu ou prou, ressembler à l'abomination susvisée.
Surtout que le petit Jésus, dans cette affaire, il se retrouve réduit, dans le meilleur des
cas, à une figuration même pas intelligente, posé sur un berceau en polyéthylène au
fond d'une crèche préfabriquée. Alors, qu'il soit là ou pas, finalement,
ça ne change absolument rien, c'est Noël pareil.
Du coup, pour une fois que je m'y prends un peu à l'avance, je voudrais être utile à mes
lecteurs que j'aime tant, essayer de les soutenir par mes conseils éclairés, dans cette
épreuve à la con du choix des cadeaux pour les petits.
Si j'en avais le temps, l'habileté et le goût, je vous bricolerais bien un petit ordinogramme
dont l'arborescence pourrait vous guider, étape par étape et dans tous les cas de figure,
comme on dit, vers l'issue judicieuse d'une quête logique, rigoureuse et dépourvue des
aléas propres, si l'on n'y veille, à cette sorte d'exercice.
Seulement, je ne sais pas faire. Je suis un bordélique impénitent, un imprécis, un bateleur
de foire juste bon à louvoyer hasardeusement entre des conneries que je finis toujours, au
bout du compte, par emplâtrer. Alors ce sera comme d'habitude, du n'importe quoi mais
de bon coeur, avec intention altruiste de nature à sauver la démarche.
On y va.
Déja, un cadeau utile et pas cher du tout, pratiquement gratuit même, que je conseille
aux grands-parents soucieux de la bonne éducation de leur descendance : le Rapport
Perruchot sur le financement des syndicats. Pas la peine de chercher en librairie ni
même au Journal Officiel. Rejeté par les députés, ce pauvre rapport. Tous le P.S. a voté
contre et l'UMP s'est gentiment abstenue. Résultat ce document ne sera jamais publié.
Vous avez donc une tripotée de députés et surtout d'attachés et d'employés, grassement
appointés, de l'Assemblée qui ont bossé pendant un an pour peau de balle. Vous me
direz, qu'ils fassent quelque chose ou rien ils sont payés pareil, secteur public oblige.
Dommage quand même. Surtout qu'ils avaient réalisé un topo bien intéressant sur le
petit monde syndical et ses ressources insoupçonnées du grand public. Bref, un truc à
lire attentivement avant de le coller au pied du sapin pour pouvoir raconter ensuite à vos
descendants les aventures merveilleuses de Bernard Thibaud, de François Chérèque
ou de Jean-Claude Mailly et de toute la ribambelle de leurs petits camarades qui
bouffent si gentiment à la mangeoire inépuisable de l'argent du contribuable.
Passionnant!
Si vous avez un peu de talent pour raconter, ils ne pourront plus s'en passer les petits.
Plein de fonctionnaires qui ne fonctionnent pas, de flics qui ne fliquent pas, d'enseignants
sans élèves, de sécurité-socialistes "mis à disposition". Bref, tout un monde ésotérique
occupé à grouiller en sous-oeuvre, à faire des voyages d'étude au grand soleil, à
déguster les délices des comité d'entreprise milliardaires, à glandouiller aux frais des
cons qui payent. Un vrai conte de fées!
Pour vous le procurer, une seule solution, demandez le à votre député. Dépéchez vous
avant qu'il ne le foute à la poubelle, surtout si vous bénéficiez d'un député socialiste, les
camarades n'aiment pas qu'on crache dans la soupe des travailleurs qui n'en foutent
pas une rame.
Après, vous avez tout une série de panoplies à bricoler à bon marché.
Celle de Minou la Tringlette, par exemple, simple et de bon aloi. Juste une serviette
éponge, si possible marquée Sofitel et cinq ou six vieux téléphones, bonne occasion
de s'en débarrasser.
Pour les petites filles, vous pouvez partir sur un costume de Nafissatou.
Petite robe noire stricte, tablier blanc et plumeau. Fastoche. D'un goût douteux, certes
mais vous n'êtes pas obligé de fournir le mode d'emploi.
Sinon, vous pouvez vous orienter vers les tenues de Démocrates des Printemps
Arabes. Vous allez chez un fripier du côté de Barbès ou de Belleville, vous en trouvez
à des prix défiant toute concurrence. Il faut la djellabah blanche, si possible déja portée
depuis plusieurs années, pour arriver à la teinte exacte. Vous ajoutez la petite calotte
brodée de sourates, une paire de babouches éculées et il ne vous reste plus qu'à foncer
chez un vendeur de farces et attrapes pour la fausse barbe. Si, en plus, vous
joignez une petite Kalach en plastique, l'enfant y trouvera un surcroît indéniable de
satisfaction. Vous aurez un bisous plein de sincérité reconnaissante.
Version filles, encore plus simple. Avec un bout de tissu noir et un coup de ciseaux
à l'emplacement des yeux, vous obtenez un niqab tout à fait conforme à la
règlementation. Attention, je dis bien un morceau de tissu! Ne vous avisez surtout
pas de bricoler le truc à partir d'un sac poubelle, n'oubliez pas que le trou, c'est
juste pour les yeux. Le nez et la bouche restent cachés, forcément. Et évitez, aussi,
de prévoir des cailloux, ça pourrait leur donner de mauvaises idées à ces gamins.
Sinon, après, vous avez des tas de petits objets dont l'association astucieuse apparaît
de nature à démultiplier le plaisir, avec un peu d'imagination.
Par exemple, tenez, un ballon assorti d'un Coran rien qu'avec des images, pour jouer à
Ribéry. Un bambin avec une guitare silencieuse, histoire de se croire Première Dame
de France. Une casquette de marin avec un petit pédalo, vous voyez le truc. Un vélo
de course taille enfant avec une contrefaçon de Roleix et une carte routière du Massif
des Maures. Un boeïng 747 jumbo (voir Le gros avion de Barack-Hussein.) et un
mignon toutou en peluche noir et blanc (voir Bo ).
A la rigueur vous pouvez aussi trouver un petit dentier de farces et attrapes. Avec
une bouteille de rouge -remplie de jus de raisin non fermenté- ça pourrait évoquer
Mélanchon. Dans le même ordre de pensée, une vieille perruque crade et un
éthylotest permettraient de jouer au président de Parti Radical qui va chercher sa
bagnole.
Si vous préférez donner à l'enfant des goûts plus intellos, avec une chemise blanche
et un balais O'Cedar partiellement teinté, il sera en mesure de se prendre pour
Bernard-Henry Levy mais, tout compte fait, l'idée me semble peu recommandable.
Cependant, pour peu que vous disposiez de quelques Euros et d'une volonté affirmée
de donner au bambin les premiers rudiments d'une conscience politique au dessus de
tout soupçon, j'ai un truc parfait pour vous. Il s'agit d'un livre-disque sobrement intitulé
"Léonard a une sensibilité de gauche". Le petit Léonard discute avec son grand-père,
magistralement interprété par l'excellent Rochefort. Léonard, disais-je, dont la Maman
est de gauche alors que son Papa, l'infâme, penche de l'autre bord, s'inquiète de
savoir de quoi il retourne. "Papy, c'est quoi, une sensibilité de gauche?" et Papy
Rochefort de lui expliquer qu'une sensibilité de Gauche, c'est la crème chantilly sur
les fraises, c'est quand on rigole tout le temps, c'est quand on fout rien, bref, une
sensibilité de gauche recouvre in-extenso tout ce que l'existence compte
d'intelligence et de plaisir. La fantaisie, la poésie, les petits oiseaux qui chantent,
les jolies filles, les bombons acidulés et tout le toutim, quoi, je ne vous fais pas un
dessin.
-"Et de droite, ça existe Papy".
-"Hélas oui, mon petit, regarde ton père et tu comprendras!
"Tu sais la vie se révèle parfois très moche.
Oublie. Il n'y a rien de bien ni de beau que de gauche,
Et si ton père s'égare dans l'univers des brutes,
Ta mère te gardera à l'abrit de la chute.
Elle te montrera toujours la route droite.
N'oublie pas, seulement, qu'il faut haïr la Droite!"
Bon, je brode un peu parceque vous vous en doutez bien, je n'ai pas acheté la chose.
J'ai juste entendu parler et jeté un coup d'oeil à la bande annonce. Pour capter le
message, c'est largement suffisant. Si vous voulez, Léonard a une sensibilité de
gauche alors que le connard, lui, il a forcément la sensibilité de droite. C.Q.F.D.
"Il faut toujours éduquer les enfants dès leur plus jeune âge" comme disait le Grand
Mao.
Bonnes emplettes de Noël et amicales salutations.
Et merde pour qui ne me lira pas.