Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Les grandes douleurs sont muettes. En revanche, les petites peuvent se payer
le luxe de l'ouvrir un peu. En conséquence, je vais pouvoir gratouiller quelques mots
au sujet de Ce pauvre Monsieur Chirac. dont la condamnation à deux ans de taule,
comme le premier malfaiteur venu, met en émoi le landerneau politico- médiatique
du sol au plafond.
En premier lieu, je balaierai d'un revers de plume tout sentimentalisme tendant à
plaindre le malheureux Président monté si haut pour redescendre si profond et
après si longtemps. D'abord parceque l'intéressé, dans l'état où il est, ça ne lui
fait plus ni chaud ni froid. Comme je disais tantôt, si ça se trouve il croit avoir
gagné un séjour en colonies de vacances et passe le plus clair de son temps à
chercher le sac de billes qu'il avait planqué, à toutes fins utiles, en 1938.
Ensuite parcequ'après tout, il l'a bien mérité. Les agents électoraux embauchés
avec les sous des Parisiens ont probablement fait pencher la balance en sa faveur
au premier tour de 1995. Si l'on considère que grâce auxdits stipendiaires nous nous
farcîmes douze ans de Chirac dont cinq de Gauche-Plurielle, alors, vingt-quatre mois
de gnouf avec sursis, c'est cadeau. Quand on pense au sort que la République réserva
en son temps à Louis XVI qui n'avait rien fait de mal, on se prend même à le regarder
comme un pistonné, le père Jacquot.
En second lieu, je râle comme un pou. Il y en a un, en effet, qui profite à plein tubes
de ladite condamnation : Mauroy. Parfaitement, le Saint Pierre Mauroy de la Sainte
Congrégation des Socialos Historiques Ch'tis! Le Bienheureux se retrouve lui aussi
condamné pour l'emploi fictif de la très honorable Lyne Cohen-Solal aujourd'hui
adjointe à la Maire de Paris et également condamnée dans la plus totale discrétion.
Vieille affaire ( voir Hypothéses ) dont les media on toujours évité de se faire l'écho
et qui, du coup disparaît dans l'ombre gigantesque du maelström Chirac.
Ce n'est pourtant pas de la roupie de sansonnet, nom de dieu, Mauroy, le premier
premier ministre de Mitterrand, celui qui nous a complètement coulés en moins d'un
an et demi! Ben non! On n'en cause pas du gros, on préfère assaisonner Chirac,
fut-ce avec bienveillance, ça fait rideau de fumée. Ainsi va l'information du citoyen
au beau Pays-des-Droits-de-l'Homme. Sinon, comment il ferait pour voter à gauche,
le citoyen en question, pas vrai?
Bien sûr, ces histoires de vieilles crapules politicardes perdent beaucoup de leur
intérêt quand on les compare aux emmerdements qui se préparent dans l'ombre
à nous tomber sur le coin de la gueule. N'oublions pas ,cependant, que ces types,
surtout le Ch'ti, ont largement contribué, quand ils sévissaient aux Affaires, à creuser
ardemment la tombe financière qui nous ensevelit. Dans le même temps, les deux
oiseaux, surtout le Corrézien, assouvissaient leurs ambitions personnelles au delà de
toute espérance raisonnable. Ainsi, contrairement à ce qu'on peut lire ou entendre de
ci-de là, la République ne leur doit rien et la réciproque n'est pas vraie, loin s'en faut.
Ils lui doivent tout, à la République, leur statut, leur notoriété et leur fortune. Alors,
qu'on ne vienne pas nous bassiner avec les larmes à verser sur leurs sorts judiciaires.
Pour ce qu'ils nous ont fait, ce n'est pas cher payé.
Cependant, j'aime bien tout le monde moi et je ne connais pas la rancune. Ces deux
fossiles de la politiquerie républico-démocratique font désormais partie de l'histoire.
Histoire que j'ai personnellement vécue et surtout douloureusement subie. Moins
douloureusement, toutefois, que les générations précédentes et, je le crains, que les
futures. Alors, je n'en ferai pas un fromage. Je me contenterai de dédier à ces deux là
quelques uns de ces vers dont la médiocrité m'afflige mais que je ne puis, en dépit,
m'empêcher de balancer dans la nature.
Ca s'intitule: "Double-Patte et Patachon" ou " Ca fait mal là où ça faisait du bien".
Ils ont bien profité, les vieux politicards
Des prébendes dorées qu'offre la République
Aux charmants audacieux, aux bougres sympathiques,
Aux malins, aux roués et surtout aux veinards.
Quand ils sortent enfin du jeu démocratique,
Il arrive parfois qu'ils se voient poursuivis
Pour quelques libertés, prises au cours de leur vie,
Au regard de la Loi et des justes pratiques.
S'ils viennent à morfler quelque condamnation
Au titre de méfaits hautement condamnables,
Il ne faut pas y voir l'intervention du Diable
Mais seulement l'effet d'une bonne sanction.
Surtout ne pleurons pas sur ces vieilles badernes
Qui vécurent si longtemps et si bien à nos frais.
Ils méritent leur sort, parcequ'ils nous ont fait
Prendre mille vessies pour autant de lanternes.
Avec toutes mes excuses et mes salutations les plus empressées.
Et merde pour qui ne me lira pas.