Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
En ce moment-ci, au bistrot, chez Thérèse, les conversations tournent beaucoup
autour des naufrages lampedusiens. Forcément, la Méditerranée, elle est là, à
quelques encablures, du coup on se sent concerné à plus d'un titre. Surtout les
marins, elle leur fait peur, la Mer, elle les terrorise même, pour peu qu'ils gardent
quelques souvenirs affreux de tempêtes assassines.
Même la nôtre, la Mare Nostrum, elle a l'air sympa, comme ça, elle évoque B.B.
Saint Tropez, Ibiza...les vacances, quoi, la dolce vita au soleil avec des nanas de
toute beauté vêtues de timbres-poste, du champagne...luxe calme et volupté, le
bonheur sous différentes nuances de bleu, un rêve enchanté, en somme.
Cependant quand vous vous trouvez en son plein milieu et qu'elle se fâche, elle
vous fait tout un autre effet, la Méditerranée, le cauchemar, l'horreur...la nuit surtout,
quand vous ressentez l'impression de tomber en spirale dans le trou de balle du
Diable.
Voilà pourquoi, les Africains qui coulent à pic au lieu de débarquer, tranquilles,
en terre européenne, on ne peut pas considérer à la légère. Pas pour les même
raisons que le Pape ou la Bien-Pensance de type germanopratin, bien sûr, mais
nous, nous voyons des images...pas de quoi se tordre de rigolade que c'est tou-
jours ça de moins à venir nous pourrir l'existence. Certaines choses de la mort
imposent silence et respect, abstraction faite de toute autre considération.
Juste que les survivants on préfèrerait les voir débarquer de l'autre côté.
En effet, les phénomènes migratoires commencent pour de bon à effrayer.
Jusqu'à présent, le clampin moyen se contentait d'une sourde inquiétude au vu
des transformations étranges qui affectent nos sociétés depuis quelques temps.
Maintenant, il commence à angoisser, le pauvre mec, à voir débarquer de tous
les côtés des palanquées de miséreux basanés venus profiter d'une générosité
certes républicaine mais pas forcément ressentie par le commun des citoyens.
J'aime bien la manière dont notre ami Jean Foupallour (voir Démocrassie. )
décrit le phénomène : "C'est comme en cuisine, la Politique. Nous autres, le peup'
on décide tout, on fait le marché mais après vous avez les cuistots qui arrangent
les denrées à leur façon. Du coup, vous avez commandé ce qu'il faut pour une
blanquette et vous vous trouvez à déguster un vol au vent financière...pas que ça
soye mauvais, d'accord, mais c'est pas la même chose. Surtout que les politi-
cards derrière leurs fourneaux y sont pas terribles, y gâchent beaucoup, y lais-
sent brûler et en fin de compte on bouffe de la merde en guise de la blanquette
qu'on voulait se taper au départ de l'action".
Il n'a pas tort, Jeannot, en démocratie on pourrait croire souveraines les volontés
des citoyens, en tout cas d'une majorité d'entre eux, les autres étant censés subir
en s'écrasant. Il apparaît pourtant à l'évidence que ladite majorité n'a jamais réel-
lement souhaité le changement de population imposé depuis quarante ans par un
pouvoir pourtant issu d'elle même. On sait le Franchouille un peu cul-cul mais de là
à l'imaginer collectivement suicidaire, faut pas pousser Fatma par dessus bord!
Il commence à baliser grave, le Citoyen Français, assailli de tous côtés par des
informations alarmantes relatives aux boat- poeple de Lampedusa, aux Roms
d'Europe Centrale, aux Syriens qui fuient la guerre, aux "réfugiés climatiques" dont
l'imminente arrivée en cohortes innombrables découle directement des prévisions
du GIEC, aux "couloirs humanitaires" réclamés à cors et à cris par les associations
du même métal. Ca lui fout les jetons tout ça, à l'électeur moyen.
Il constate aussi, en même temps, la présence écrasante dans les rues de nos villes
et de nos villages de silhouettes évoquant plutôt la Casbah d'Alger du temps de
Pépé le Moko ou les rives du Congo à l'époque de Savorgan de Brazza. Sans
oublier les enfants des écoles qui n'ont plus grand chose à voir avec les têtes blon-
des d'antan. Aujourd'hui, dans les classes républicaines, les seuls blancs descen-
dent le plus souvent de l'immigration maghrébine, les quelques Souchiens résiduels
préférant, par le fait, inscrire leurs morpions dans le Privé... quand ils peuvent.
Comment tout ça s'est produit, il ne sait pas, Dupont, tout juste qu'il a l'impression
de l'avoir bien dans l'os. Et profond.
Seulement voilà, qu'est-ce qu'il peut bien trouver comme combine pour inverser la
courbe, comme dirait l'ami Culbuto? On a bien vu, depuis des décennies, la Gauche
et la Droite faire tranquillement le lit de l'invasion. Maintenant que c'est pratiquement
gagné on les imagine mal repartir dans l'autre sens.
Alors qu'est-ce qu'il reste? Le Front-National?
Ah oui, attendez mais ce sont des nazis, ces gens-là, faut surtout pas voter pour
eux, malheur! Des suppots de Satan, des fachos capables de nous entraîner dans les
pires catastrophes! D'ailleurs tout le monde le dit, il suffit d'écouter la Radio, de regar-
der la Télé, de lire les journeaux. Forcément, tous ces types qui parlent et qui écrivent,
ils savent, eux, alors ils nous expliquent et nous autres, on comprend...
Sauf que, depuis le temps que les sachants en question bourrent le mou du bon
populo, on finit par trouver de la véracité dans les discours de la famille Le Pen, les
seuls à nous alerter depuis quarante ans sur le caractère nocif de l'immigration.
Alors, du coup on commence à évoluer, on envisage, on tente même parfois, comme
à Brignoles.
Et peu à peu, entre la frousse populaire et la stratégie démagogique bien chiadée
de Marine, les réticences s'amolissent dans le même temps que l'idée selon
laquelle nous n'avons plus grand chose à perdre fait son petit bonhomme de chemin.
Bien sûr il reste encore des ilôts de résistance, le Grand-Ouest, notamment, moins
affecté semble-t-il que les autres régions par la musulmanose galopante. C'est
probablement ce qui sauvera Hollandouille et ses sbires en 2017. Toutefois n'allons
pas plus vite que la musique, pour l'instant nous n'en sommes pas là et bien malin
qui pourrait prévoir aujourd'hui ce qui arrivera dans quatre ans.
Grauburle, lui, au bout d'un certain nombre de Ricards bien dosés, il commence à
voir les choses avec optimisme. "Croyez moi si vous voudrez, les mecs, nous
déclare-t-il en joignant à la parole un geste large qui finit sa course involontaire en
plein dans la gueule de son pote Yves Rognes, croyez moi (oh pardon!) ça va faire
un raz de marée, un surimi, comme ils disent!
A force de prendre l'Ouvrier pour un caniche de cirque, la Gauche y seront balayés
comme la merde à Médor. Poubelle! Il en a ras le fion, l'Ouvrier. Alors une seule
solution: Marine! Voilà! Tous dehors à grands coups de lattes dans le dargeot et on
repart sur du neuf. Même si on sait pas trop où on va, au moins on ira quelque part,
avec les autres connards on allait juste profond!
Pour ceux qui s'en souviennent, en cinquante-huit ça s'était passé comme ça.
Tous les mecs d'avant: virés, disparus, anéantis! Toutes les lois d'avant : au panier!
Résultat, après on s'est retrouvés tranquilles pendant quinze ans, jusqu'à ce qu'on
voye débarquer le chauve à col roulé qui invitait les poubelliers à prendre le thé à
cinq heures du mat', ce pignouf, le commencement de la fin!
Moi, quinze ans de vie pépère, je signe illico. Surtout que dans le délai je me retrou-
verai sûrement avec un petit jardin sur le bide pour me tenir chaud en hiver. Alors j'en
demande pas plus."
Voilà qui résume bien, moi je trouve. Jusqu'à présent on n'entendait pas trop ce genre
de vieux tenir un tel langage. Evidemment nous avons passé l'âge de nous faire des
illusions, nous n'y croyons plus vraiment et, en plus, pour les plus lucides d'entre nous,
nous voyons clairement tout ce qui se cache sous les discours des uns et des autres,
Le Pen comprise.
Oui mais simultanément nous percevons fort bien l'intérêt d'un tel vote, comme dit
Grauburle, on les emmerde, alors on le leur dit. Il sera toujours temps en 2017 de
compter les bouses et d'arrêter en connaissance de cause la meilleure conduite à
tenir...si Dieu nous prête vie...
C'est sans doute ce qui a poussé Alain Delon à se réjouir ouvertement de la montée
actuelle du Front. L'idée de faire de la peine à tous ces bien-pensants qui ont fini par
transformer le Pays en pétaudière. C'est déjà pas si mal.
Objectif atteint! Il suffit de voir la levée de boucliers dans le milieu du cinéma. Comme
quoi il ne travaillera plus jamais après des nauséabonderies pareilles, Delon. A pas
loin de quatre vingts balais, j'aime autant vous dire que l'anathème du cinoche fran-
chouille, le vieil Alain, il s'en soucie comme de votre première branlette.
Même quand son fils, pauvre gamin attardé, essaie de se dédouaner en crachant
sur Papa. "Ta gueule", il lui a répondu le dieu vivant des Japonais, au petit. Ca ne
méritait pas plus.
Bon. moi ce type, jusqu'à présent il m'était plutôt sympathique. Un grand acteur qui
se la pète un peu, certes mais qui refuse ouvertement d'aller à la gamelle quitte à
se faire brocarder miteusement par les soi-disant humoristes de la Bien-Pensance,
j'aimais bien. Maintenant, là, j'avoue il remonte encore d'un cran ou deux dans mon
estime. C'est honnête ce qu'il fait. En plus, ça risque de produire un certain effet sur
son public...ça représente du monde, quand même.
Alors, si jamais par impossible Mme. Le Pen accédait un jour au pouvoir, je ne
saurais trop lui recommander, au nom de la reconnaissance nationale, de faire
inscrire au fronton des édifices républicains à commencer par le Panthéon, le
nom de DELON... en large!
Je sais, c'est pas terrible, faut que je me repose un peu.
Bonne semaine.
Et merde pour qui ne me lira pas.