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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 17:45

Dieu merci nous avons Mélanchon!

Il l'a dit Mélanchon, devant un parterre de folliculaires ébahis, non seulement le financement

des retraites ne constitue pas un problème, pas le moins du monde, mais encore convient il d'en rajouter. Charger encore la mule, quoi!

Quand je vous le disais qu'il surfe élégamment sur la vague guillerette d'un printemps

joyeux  (voirLe printemps de Mélanchon. ). Pour ce type, tout apparaît limpide, simple,

évident.

L'affaire se résume à la confrontation d'une intox distillée perversement par les

stipendiaires ignobles du capitalisme affreux et la vérité béâte qui sort de la bouche

candide du peuple opprimé. Sa bouche à lui, quoi, par procuration implicite. C'est pour

cette raison, je crois,  que, revenant à meilleure fortune, il a récemment changé de dentier.

 

Suivez moi bien. Vous prenez au hasard quelques chiffres dans le rapport du COR, le

fameux Conseil d'Orientation des Retraites, invention géniale de Jospin pour refiler la patate brûlante à ses successeurs. Rien de plus aisé. Il en regorge, de chiffres, le rapport du COR.

Entre les hypothèses, les projections, les estimations, les évaluations, les approximations,
les
corrections tendancielles, les dérivées récurrentes, les algorythmes différentiels, les

pentes, les médianes, les écarts moyens absolus et relatifs, enfin tout le toutim, quoi, vous vous colletez seulement avec l'embarras du choix.

Et le camarade Mélanchon, lui, il a fait son choix. Judicieux!

Résultat, au final, il manque cinq milliards. Une broutille quoi. Vous taxez juste un petit coup

les stock-options - ah, les stock-options, quelle invention merveilleuse pour servir les

démonstrations des vieux maoïstes- vous en piquez encore un peu sur l'intéressement et

le tour est joué. Une fois le pognon trouvé, vous en confisquez encore un petit chouïa.

De la sorte vous disposez des moyens de payer les pensions, non plus sur les vingt-cinq

meilleures années mais sur les dix dernières. C'est plus cher mais beaucoup mieux.

Sauf pour les tordus qui gagnaient moins en fin de carrière, mais z'avaient qu'à faire fonctionnaire comme tout le monde, on ne peut pas tout avoir.

Même sous le règne de Mélanchon 1er.

 

A l'entendre, ce gros rigolo, tout cela nous permettrait de maintenir la retraite à soixante

ans. Et sans augmentation de la durée de cotisations, s'il vous plait!

Le plus joli, par dessus le marché, ressortit à la justification mélanchono-économico

-sociale de cette remarquable démonstration. Il nous faut en effet savoir que les départs

en retraite dégagent du boulot pour les jeunes. Ben évidemment comme dirait Bourdin,

pareil qu'en 36, ou comme du temps de Marchais, ou même des 35 heures, si vous voulez. 

Un retraité c'est un chomeur de moins pardi! Un ingénieur de soixante ans qui se barre

équivaut à un petit beur ou un petit black qui trouve du travail. C.Q.F.D.

Mélanchon-chon-chon, président-dent-dent!

 

Bon, ça c'est pour le fun. Assez rigolé avec la Méluche. Passons aux affaires sérieuses.

L'ennui c'est qu'elles n'apparaissent pas si sérieuses que cela, les affaires.

Dans le cadre somptueux de la réforme promise des retraites, les évènements auxquels 

nous assistons permettent dores et déja d'acquérir la certitude d'une couillonnade

politico-médiatique. On connaît la musique.

D'un côté les syndicats qui viennent avec l'obligation impérieuse de faire croire qu'ils 

défendent becs et ongles les intérêts bien compris des travailleurs. En gros la thèse de

Mélanchon mais pas intellectualisée.

De l'autre, le gouvernement qui se pointe avec l'obligation impérieuse de faire croire qu'il

va réformer pour sauver les retraites. En gros, la thèse de Mélanchon mais version responsable. A l'envers, quoi.

Et au milieu le Médef qui vient pour faire joli dans le paysage.

 

On voit de suite comment cela va finir. En réformette, juste pour tenir jusqu'en 2012.

Si possible avec les honneurs du travail durement accompli. Nous avons sauvé les

retraites!

Comme en 2003 avec la réforme Fillon, tiens, justement.

 

On peut même prendre le risque de prévoir aujourd'hui ce que sera la réforme Woerth,

alias réforme Sarko. 

-Un petit coup de remontée de l'âge de départ, mais vraiment le strict minimum, un an

ou deux et encore pas sûr.

-Un petit coup de trimestres suppllémentaires mais progressif pour pas prendre en

 traître .

-Un petit coup de C.S.G. supplémentaire histoire d'en faire profiter tout le monde,

 y compris les retraités, enfin ceux qui touchent des pensions à peu près décentes.

-Peut être un petit zeste de pénibilité histoire de faire passer la pilule auprès des

 syndiqués. (Un peu comme le deal des "carrières longues" en 2003, vous savez,

 la petite exception qui a coûté plein de milliards).

 

Voilà, vous avez là les grandes lignes de l'immense réforme qui sauvera les retraites

jusqu'à la prochaine fois. 

Hélas, la prochaine fois arrivera très vite parcequ'à ce rythme, dans deux ans on en sera

 au même point que la Grèce aujourd'hui. Et celui qui sera aux commandes à ce moment

là, hé bien, il se démerdera. A chaque jour suffit sa peine, comme on dit.

 

Entendons nous bien. Je ne jette pas la pierre au gouvernement. Il fait ce qu'il peut pour essayer de sauver quelques meubles. Et le peu qu'il parviendra à sauver, ce sera

toujours cela de gagné. Mais en contrepartie il risque de le payer très cher.

A la rentrée ça va chauffer. Un peu mais pas trop, tout de même. Toutefois en 2012 ça

pourrait suffir à nous propulser à l'Elysée un socialiste voire même une socialiste.

Comme cela on sera vraiment et définitivement dans la mouise.

 

Dieu merci, Mélanchon se récupèrera un joli portefeuille ministériel. Pour peu qu'ils lui

refilent les affaires sociales, il nous résoudra élégamment le problème des  retraites.

Disons le pour rigoler! 

 

C'est la lutte finale, armons nous et demain, l'internationale nous fout dans le pétrin.

 

Et merde pour qui ne me lira pas.

 

 

 

 

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