Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
La connerie footballistique atteint son paroxisme. La connerie tout court aussi.
Au pays de saint Nelson Mandela et des Bafana-Bafana-Bafana (ou seulement
deux fois, je ne sais plus), la grande orgie du ballon rond vient de débuter dans
un fracas mediatique sans précédent.
Il faut dire que le gros bordel mondial revêt tous les attraîts possibles, tous les
caractères distinctifs de l'évènement incomparable. Le foot et le politiquement
correct réunis dans une kermesse héroïque à dimension planétaire. Un rève.
Un mois de pure félicité pour les trois quarts de l'humanité, le quart restant n'ayant
qu'à prendre son mal en patience et à fermer sa gueule. Il s'agit non seulement
de foot, raison déja amplement suffisante, mais encore de foot en Afrique
du Sud, patrie de l'arc en ciel ethnique et de l'apartheid terrassée, paradis terrestre
des townships, symbole prééminent de la mixité triomphante, eau bénite de la
bien-pensance universelle.
Il suffit de voir danser son Président Zoulou de la République pour bien appréhender
le chemin parcouru depuis l'effondrement de l'infâme dictature des Afrikaners.
Pas la peine d'en dire plus, tout le monde aura bien compris l'immense intérêt qui
s'attache à la couverture médiatique universelle autant qu'incontournable des
soixante-quatre parties de ballon figurant au programme des trente prochains jours.
Cependant l'affaire ne se limite pas au jeu de baballe. Bien évidemment nous avons
pu constater depuis quelques jours déja, l'enthousiasme communicatif des media de
tout poil pour le pays du grand Nelson. Ses bidonvilles pourris où il fait bon vivre grâce
à la gentillesse et à la candeur de leur population. Ses villes squattées si charmantes
où l'on risque l'agression à tous les coins de rue mais sans méchanceté, juste pour
combattre un peu la pauvreté. Ses sales blancs qui s'enferment dans leurs quartiers
fortifiés en attendant de subir un jour le même sort que leurs voisins de Rhodésie,
le massacre rituel à visée appropriatoire .
Et puis ces supporters de foot si spontanés qui offrent aux caméras de télé du monde
entier leurs chants guerriers et leurs danses si folkloriques. Sont ils sympa avec
leurs jolis costumes en fausse panthère et leurs grosses trompettes à la con pour
briser les tympans pire que des cornes de brume. Quel beau peuple tout de même!
Noirs mais avec plein de nuances, on sent qu'ils sont venus d'un peu partout au
temps affreux de l'apartheid. Oui, parcequ"évidemment, à cette époque là, régnait en
Afrique du Sud une prospérité malsaine qui offrait un niveau de vie sans comparaison
avec l'admirable misère qui y règne aujourd'hui.
Ce pays sublime vu par les télévisions et les journaux de nos contrées septentrionales
apparaît ainsi comme l'exemple, le parangon de vertu, le monde idéal de la
coexistence multihetnique. On dirait du Jean-Jacques Rousseau, ou plus souvent du
Jean-Jacques Bourdin, enfin c'est vivifiant, rassurant, lénifiant et antiallergisant.
Bien sûr nous avons affaire à du bisounoursisme débridé mais si agréable à
regarder qu'on aurait tort de bouder son plaisir.
Elle se présente déja, cette Coupe du Monde africano-mandelesque comme l'acte
rédempteur qui demeurera dans la mémoire de l'humanité, de même que resteront
plantés dans la chair des heureux supporters ayant fait le déplacement, les souvenirs
cuisants des putes sud-africaines, championnes incontestées, elles, de la transmission
du SIDA.
Et le spectacle doit désormais prendre toute sa place, reléguant au plan le plus
obscur les préoccupations bassement prosaïques qui constituent le quotidien des
temps ordinaires. Barak-Hussein et sa gestion remarquable de la fuite pétrolière, la
mère Boutin et sa mission super-importante surtout pour elle et ses petits copains,
les divergences sur l'Euro, la dette publique, le triple A qui va s'envoler, l'Iran qui fait sa
bombe, Israël qui s'apprête à lui foutre sur la gueule. J'en passe même des tas d'autres.
Mais tout cela ne présente plus aucun intérêt puisque désormais la planète s'abandonne
pour un mois entier aux délices des matches bi-quotidiens et vibre aux exploits fabuleux
des multi-millionnaires en caleçons et chaussettes.
Le moment arrive pour les Sarko-Fillon de s'occuper dare-dare des affaires sérieuses.
De faire passer la retraite à soixante-trois ans, même à soixante-quatre, ce qui serait
préférable bien qu'insuffisant; de faire cotiser les fonctionnaires; de remonter un peu la
TVA histoire de boucher le trou; de mettre les collectivités locales au pli de la rigueur
budgétaire; de fermer le robinet des subventions; d'interdire les chargés de mission;
bref de réaliser tout ce qu'il n'ont pas le courage de faire en temps ordinaire.
Là ils peuvent y aller, il y a la place comme on dit maintenant dans le milieu du ballon.
Personne ne les regarde plus, on s'en fout, on s'en foot. Allez les bleus, vive les bleus!
Même que si les bleus en question présentent l'aspect curieux signalé naguère par
le toujours socialiste Georges Frêche, la chose n'a plus d'importance. Il s'agit de
l'équipe de France et cette équipe ne possède qu'une seule couleur, le bleu et, bientôt,
qu'une seule religion, l'Islam.
Souhaitons ardemment qu'elle aille loin, cette équipe de France. Qu'un miracle les
conduise au moins en quarts de finales ou qu'un beau désespoir, enfin, les
secourût et leur permît d'écraser l'adversaire infidèle.
Oui parceque tant qu'ils seront en compétition on aura la paix et si par impossible
ils parvenaient à gagner quelques parties, l'euphorie nationale nous mettrait à l'abri
des soucis jusqu'aux grandes vacances. Sauf, bien sûr, si par un improbable coup du
sort, les bleus foncés venaient à rencontrer l'équipe d'Algérie. Auquel cas, mieux
vaudrait encore qu'ils perdissent ( voirFoot-aises. ).
Désormais il nous reste donc à subir sans faillir les matches, les commentaires, les
interviews de footeux et tout l'ensemble des calembredaines que draine le football
omnipotent.
Nous savons que c'est pour la bonne cause et que l'avenir de notre beau pays en dépend.
Il a tellement de similitudes avec celui de Mandela, notre pays, que cela se voit rien qu'aux
équipes. Un seul blanc aussi chez les Bafana, Bafana, Bafana etc...
Heureusement qu'il ne sont pas habillés pareil sans quoi on ne comprendrait rien au
match qui va les opposer prochainement aux notres.
En conséquence, ce qui fait du bien à l'Afrique du Sud doit être bon aussi pour nous
et cette merveilleuse Coupe du Monde nous couvrira, d'une façon ou d'une autre de ses
bienfaits. Vive la Coupe, vive les bleus, vive les Bafana plusieurs fois.
Seulement vous ne m'empêcherez pas de vous faire part de ma petite faiblesse.
Je veux parler de mon favori sentimental, j'ai nommé la Seleçao do Brasil. qui doit,
à mon sens, remporter la victoire finale. Ils disposent, ces braves brésiliens, du joueur
le plus appréciable et le plus doué de sa génération, le grand Kaka!
Je sens bien que cette Coupe sera la Coupe de Kaka. Il la mérite, c'est juste!
Dignum et justum est !
Depuis le temps que je le suis, ce Kaka, (voir Après Kaka, Ronaldo!- Encore Kaka ! -
Toujours Kaka... ) que je l'observe, que je le flaire, je sais bien ce qu'il vaut, c'est le
meilleur et en plus il porte chance . Cette année, croyez moi, c'est l'année du Kaka.
Vous verrez ce que je vous dis, il éclipsera tous les autres.
Vive le Brésil, vive Mandéla, vive le foot, vive les Bafana-Bafana, vive le pognon,
vive la coupe du monde et l'arc en ciel multi-ethnique!
Et surtout allez Kaka!
Et merde pour qui ne me lira pas.