Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Cela durait depuis pas mal de temps. La peau du Berlusconi, ils la voulaient tous.
Les Gauches, bien sûr, toujours prêtes à lyncher, du moment que la victime expiatoire
appartient de près ou de loin à l'infâme catégorie des sales réac-fachos-mal pensants-
capitalistes. Mais pas seulement. Depuis quelques petites semaines on sentait bien
la volonté générale de se débarrasser du vieux-beau-tout-replâtré. Les banques n'en
voulaient plus - raison majeure- la Mère Quelle le prenait en mépris et ce lêche cul de
Sarko lui emboîtait le pas avec la servilité de celui qui est prêt à n'importe quoi pour
rester bien avec la patronne. Bossi, pour des raisons vulgairement électoralistes, fut
l'exécuteur des basses-oeuvres et, à ce titre, porta au malheureux le coup de grâce
politique. La balle dans la nuque dont on ne se remet pas et qui fait des saletés
partout.
Loin de moi l'idée d'essayer de comprendre précisément ce qui se passe là-bas.
Ce genre d'affaire politico-magouillarde repose sur des données compliquées et
abscondes auxquelles le plouc ordinaire ne saurait accéder. Pour les media, la
chose est sûre, le brave Silvio était putassier, bambocheur et corrompu. Paraît-il
que ces particularités empêchent de bien gérer les affaires publiques.
Sacrebleu, heureusement que nous avons échappé à Minou la Tringlette, qu'est-ce
qu'on se serait pris!
S'ajoutent à ces étrangetés, les bizarreries du folklore politicard transalpin.
Entrée en lice de l'inénarrable Napolitano, Président de la Repubblica et vieux
stalinien de l'époque Don-Camillo. Cette manière de Peppone cacochyme et sans
moustache vient désormais de bombarder "sénateur à vie" le sieur Mario Monti,
prof d'éco (comme Minou) et ex-commissaire européen. Toutes les qualités!
Le Monti en question, ainsi adoubé, apparaît donc comme le futur "Premier",
successeur de Berlu. Sauf, bien sûr, que tout le monde ne s'accorde pas sur cette
hypothèse et que le mec risque de se retrouver avec une majorité bancale. Enfin,
il aura toujours le PD avec lui et, en Italie comme partout, quand on a le PD avec soi
on est toujours bien vu dans les sphères politiquement correctes. Cela dit, comme les
députés PD apparaissent largement minoritaires à la chambre, il faudra bien envisager
des alliances ce qui aboutira forcément à une coalition, sinon hétérosexuelle,
du moins hétérogène.
Oui, excusez moi, je vous prie, j'oubliais. Le PD, "Parti Démocratique" se définit
comme un conglomérat regroupant un certain nombre de tendances de gauche. C'est,
en gros, un ramassis de socialos qui ne veulent pas dire leur nom. Avec des soutiens
comme celui-là, Mario Monti semble bien parti pour vivre des jours difficiles.
Bon, heureusement pour lui il est bien pote avec Goldman-Sachs. Comme Draghi et
Papademos, d'ailleurs. Par les temps qui courent, comme sauf-conduit, on ne fait pas
mieux.
Quoi qu'il en soit, nous aurions bien tort de nous gausser des mésaventures du
"Cavaliere Berlusconi". D'abord parcequ'il ne s'était pas si mal débrouillé que cela.
C'est mon opinion, je la partage et, si vous avez cinq minutes, j'ajoute, à la fin du
présent article, un petit florilège de mes écrits à son sujet. Juste pour éviter les redites.
Ensuite parceque si l'Italie se pète la gueule nous ne tarderons pas à suivre.
Notre endettement apparaît du même ordre que le leur, sauf que le budget italien
ressort à l'équilibre hors intérêts de la dette ce qui n'est, hélas, pas du tout notre cas.
Quand nos taux monteront, surtout après la perte du triple "A", notre situation se
révèlera pire que celle de nos petits camarades macaroni. Si l'on ajoute à cela une
exposition démesurée de nos banques à la dette italienne on comprend tout
l'intérêt qui s'attache pour nous à voir les Ritals se sortir du pétrin.
Bien entendu cela ne suffira sans doute même pas à nous en tirer.
Quant à Nicolas Sarkozy, non, il n'aurait pas dû rigoler.
Le bon peuple de gauche Italien, largement à la hauteur du nôtre, lui a fait sa fête à
Berlu. L'halali, la curée, le massacre! Il est parti sous les injures, les invectives et les
jets d'immondices, le pauvre vieux. Cela rappelait, en pire, l'indigne sortie de Giscard.
Oui mais, le petit Nicolas, aimé comme il l'est en Franchouillie et vu les grosses
austérités progressives qui nous pendent au nez dans les semaines et les mois qui
viennent, sa sortie risque fort de friser l'apocalyptique.
Le jour où, viré, il devra quitter l'Elysée, vaut mieux qu'il se planque dans la poubelle
ou le cabas du cuistot, Sarko, sans quoi c'est du lourd et du contondant qu'il
risque de se morfler en pleine poire.
Remarquez après ça, ils ont fait la fête, les gauchos ritals. Une pure merveille. On se
serait cru à La Bastille au soir du 10 Mai 81, vous savez, la fois où nous avons délica-
tement posé la tête sur le billot. Le voyage sans retour qui nous a conduits dans
l'infâme merdier où nous pataugeons aujourd'hui. Le grand départ, quoi.
Eh bien, chez nos voisins, pareil. Liesse populaire, concerts de klaxons sur fond
d'émerveillement des media toujours prêts à dithyramber sur la prodigieuse
connerie des foules imbéciles. La bête immonde a rendu son dernier soupir, le
populo s'éclate. Cependant ces choses ne se produisent qu'au départ des dirigeants
de droite. Regardez Chirac, il a connu une sortie paisible et sereine, pas vrai. Alors,
après tout, on se fait peut être du souci pour rien à propos de notre petit président
actuel.
Cela dit, bon, Berlusconi, en tant qu'homme d'Etat, sans doute laissait-il un peu à
désirer. Comme tous ses homologues contemporains d'ailleurs. Il n'empêche qu'on
l'a couvert d'opprobre et d'infâmie juste parcequ'il s'est abstenu d'émarger à la bonne
gamelle de gauche. Vous pouvez avoir par ailleurs toutes les qualités, il s'agit là d'une
tare sans pardon. Bien sûr, le Cavaliere, il avait plutôt tous les défauts, mais eût il
fait partie de la Grande Famille, l'absolution lui allait de droit.
Voilà pourquoi, moi, Nouratin, obscur blogueur de dernier rang, j'ai envie de rendre un
peu hommage à ce type. Je l'ai déja dit par le passé, un homme dont toutes les gauches
disent autant de mal ne peut pas être mauvais. Ulcéré par la manière abjecte dont
il a été traité, j'ai l'honneur de dédier à cette victime de la bien-pensance politiquement
correcte, les quelques vers de mirliton ci-après. En guise de pot de départ.
A Berlusconi.
Au pays des pizzas et des nouilles sublimes,
Tout coruscant de femmes et de thunes cousu,
Grand amateur de putes et de parties intimes,
Porté sur les affaires autant que sur le cul,
Silvio Berlusconi avait taillé sa route
Au milieu des embûches et autres quolibets,
Portant haut le menton, le fric et la biroute,
Son épopée jamais ne connaissait l'arrêt.
Il savait faire front aux assauts socialistes,
Le peuple de ses voix l'avait récompensé,
Sa vigueur défiait même les féministes
Dans un Bunga-Bunga toujours recommencé.
Il n'a pas résisté aux affres de la crise,
Lui, naguère si fort, ses copains l'on brisé.
Les Marchés, ces obscures éminences grises,
Exigèrent bientôt qu'il fût désarçonné.
L'Europe l'a viré comme un bouc-émissaire
Sous l'action de Merkel aidée de Sarkozy,
Il s'en va dégoûté d'une telle misère
En murmurant tout bas, merda, basta cosi!
Gardons nous de moquer le sort du Cavaliere,
Il paye pour tous ceux qui creusèrent avant lui
Le gouffre financier ignoble et délétère
Qui nous enverra tous, un jour, au fond du puits.
Fasse le Ciel qu'un miracle nous en préserve et prions Goldman-Sachs que
tous nous veuille absouldre.
Et merde pour qui ne me lira pas.
Addendum: Nouratineries berlusconiennes