Blog réactionnaire d'un vieux misanthrope mal embouché.
Nous attendons tous, avec la fiévreuse impatience qui taraude l'abstinent forcé, le
retour médiatique de ce vieux Minou la Tringlette. Un coup à nous foutre en l'air le
Week-end, tellement le temps va sembler long qui nous sépare du Vingt-Heures
de Dimanche soir.
Rendez vous compte, il n'en a pratiquement pas décoincé une depuis ce jour funeste
de Mai dernier (voir Dominique-nique-nique... ) où il s'est fait gauler la main dans le
sac - non, pas de charbon, c'est quoi ces conneries?- à cause d'une petite amourette
gâchée par un malentendu fâcheux. Voyez comment sont les femmes, quand même!
Enfin je veux dire certaines femmes, naturellement, manquerait plus que je me fasse
escagasser, moi aussi, pour machisme et généralisation beauféenne. D'autant que
vous en avez plein de compréhensives, des femmes, des qui ont pris les galants
assauts du camarade Minou pour ce qu'ils étaient, une flatteuse marque d'affectueux
intérêt. Pas comme cette sinistre Nafissatou ou cette godiche coincée de Tisane
Banon qui vient nous péter une horloge pour un petit bisou un peu appuyé. M'enfin!
Ah, il va en avoir des choses à lui raconter, à Claire Chazal et du croustillant. Même
qu'à toutes fins utiles, Catherine Laborde aurait raccourci sa micro-jupe de vingt
centimètres au cas où, entre le vingt-heures et la météo...
Bon, mais c'est pas le tout. L'intérêt respectueusement amical que nous vouons au
Raminagrobis de la Suite 2806 ne saurait masquer les bientôt légendaires prouesses
de notre bon Président encore en exercice, le Bonaparte pas manchot de Libye, l'ami
inconditionnel des barbus de Cyrénaïque, le bras armé de Bernard-Henry Lévy,
le justicier pourfendeur de l'affreux-ignoble-horrible dictateur quasiment mort de Tripoli.
Voilà au moins deux-cents ans que ce n'était pas vraiment arrivé, la France a gagné
une guerre, sacré nom de Dieu! Faut tout de même traiter l'évènement avec un peu
plus de solennité que le concours annuel de pétanque de Pont-Saint-Esprit, putain!
C'est du lourd, ça et de l'éblouissant, que diable! On dirait que tout le monde s'en fout,
pratiquement. Sous prétexte que la victoire revient à Sarko, on prend l'évènement
pour roupie de sansonnet. Sans déconner, on croit rêver!
Pourtant, souvenez vous-en, au départ l'affaire n'apparaissait pas évidente.
Les sceptiques, votre serviteur en tête, persiflaient quelque peu ( voir notamment
L'apothéose de Bernard-Henry. ). Il en fallait du courage et de l'abnégation pour
entraîner les copains un peu amorphes dans un conflit improbable entre bédoins
farouches autant qu'arriérés. Eh bien voilà! Gagné, bordel, enfin presque et tout ça
grâce à qui? A M. le Président de la République Française Une et Imprévisible,dont
l'action foudoyante et déterminée a permis la déroute des armées du Tyran.
D'ailleurs, il ne s'y est pas trompé, le peuple de Benghazi en liesse qui l'autre jour
acclamait notre héros avec enthousiasme et ferveur aux cris de Yahia Tzarghouzy,
Allahou Akbar ! La victoire apparaît grandiose au milieu du désert minable et des
carcasses de bagnoles incendiées. A part le soleil, on se serait cru, parfois, aux
Mureaux un matin de jour de l'an. Déja, question population, ça rappelle un peu.
Sauf qu'aux Mureaux, évidemment, il pourrait toujours se fouiller pour les
acclamations, M. Sarkozy.
Bref, comme dit Jean-François Copé qui ne recule manifestement devant aucun
sacrifice, "Nous pouvons être fiers d'être Français, une fierté qui trouve ses racines
dans les valeurs universelles de la France qu'a portées et transmises Nicolas Sarkozy
entraînant à ses côtés la communauté internationale". Si; si, je vous assure, je n'invente
rien! Il aurait bien poussé un petit coup de "La victoire en chantant", si cela ne rappelait,
par trop précisément, une ère Giscardienne qu'il importe de laisser reposer en paix.
Alors, que diable, bombons le torse et plastronnons sans retenue, les "valeurs de la
France" viennent de terrasser l'ennemi. Une fois n'est pas coûtume.
Laissons nous donc aller, bien décontractés, à un bon petit élan de légitime
euphorie franchouillarde.
Ca ne nous en met pas plus dans la poche mais y a pas de mal à se faire du bien!
Je n'ignore pas, évidemment, qu'il convient de relativiser un peu. Le Kadhafi apparaît
encore vachement combattif et ses sbires défendent pied à pied les derniers
bastions encore entre leurs mains ignobles. Faut les comprendre, quand ils ont vu le
sort réservé à leurs potes, particulièrement à Tripoli, leur motivation a rebondi aussi sec.
La perspective du lynchage et du découpage en petits morceaux, leur donne du coeur
au ventre, à ces Kadhafistes de malheur. Notamment aux noirs, parceque dans la
Libye démocratique et libérée, la chasse au négro constitue de toute évidence un
divertissement unanimement apprécié et la mise à mort des intéressés, un
spectacle collectivement délicieux à ne rater pour rien au monde.
Surtout quand elle se pratique à coups de crosse après ablation du service
trois-pièces, énucléation à la petite cuiller et sodomisation au canon de kalachnikov
tout chaud.
Cependant, les carottes apparaissent désormais quasiment cuites. On sait bien
que les poches de résistance ont ceci de commun avec celles des contribuables
franchouilles qu'elles finissent tôt ou tard par se vider complètement.
Le sort de Kadhafi semble déja scellé et la victoire des tribus de Cyrénaïque sur
celles de Tripolitaine, totalement acquise.
Savourons ce triomphe et saluons notre entrée en grâce auprès du nouveau pouvoir
Libyen ainsi que de ses champs pétrolifères haut de gamme.
Nos perspectives d'approvisionnement énergétique viennent de franchir une étape
décisive. En tout cas, croyons le pendant qu'il en est encore temps.
Comme on dit, tant qu'il n'y a rien de fait , tout peut encore se faire.
La déception viendra bien assez tôt, quand les Amerloques auront raflé la mise
si les Chinetoques leur en laissent le loisir.
Sans compter que les valeurs universelles de la France ne sauraient se résumer à
de vulgaires question de lobbying commercial. Nous, ce qui nous intéresse, c'est la
démocratie, les droits de l'homme, la prééminence de l'humanisme, enfin plein
de trucs de ce niveau, quoi, vachement exaltants et propres à enthousiasmer tout
franc-maçon normalement constitué. Des idéaux merveilleux qui vous mettent le
germanopratin dans un état de béatitude voisin de l'orgasme.
Et pour ça, on est servis!
Ils l'ont dit clairement, les chefs du Conseil National de Transition:
- "Nous, ce que nous allons mettre en place, c'est la Démocratie. Oui, la Démocratie
dans le cadre de la Charia, de la Sainte Loi d'Allah et des préceptes sacrés du Coran,
si Dieu le veut, Allahou Akbar !"
Alors, quand même, la démocratie arrive en Libye. Alléluïa! On ne va pas chipoter sur
les modalités. Et puis, comme dit le camarade Bernard-Henri, "ces gens là sont très
pieux", ils doivent donc se bricoler une démocratie à leur convenance. Normal, d'ailleurs,
leur Conseil de Transition apparaît constitué d'une grosse majorité de musulmans
fanatiques dont la plupart ont servi en Irak et ailleurs. Il s'agit de démocrates, certes,
mais à la sauce Al Qaïda, si vous voulez. Quoi qu'il en soit, des gens très bien, certifiés
B.H.L. et estampillés Obama. Qui dit mieux?
Et puis, entre nous, quoi de plus démocratique que la Charia?
Prenez la lapidation, par exemple.
La personne qui se prend les cailloux dans la gueule, elle est seule, pas vrai? Alors
que les lanceurs sont en nombre variable mais toujours supérieur, c'est sûr.
Le lapidé a donc juridiquement tort parcequ'il est politiquement minoritaire. Et comme
la plupart du temps, en plus, il s'agit d'une lapidée, on ne voit aucune raison d'en
concevoir un patacaisse. Sans oublier que la démocratie islamocompatible, il va falloir
s'y faire. Même chez nous! Ca commence avec des casernes reconditionnées en
mosquées...
Quand on y pense, tout de même, quel progrès, en quelques mois. Souvenez vous, le
beau printemps Arabe populaire et démocratique naissait précocément en Tunisie
dès l'hiver dernier ( voir Les vacances de Grauburle. ). Belle opération dont le principal
intérêt apparaît clairement avec les dizaines de milliers de jeunes gens venus dans
leurs frêles embarcations pour enrichir encore, (voir Ich bin ein Lampeduser! ,) la
fabuleuse diversité qui constitue la chance de notre cher vieux Pays. Ledit printemps
d'hiver se poursuivait derechef en Egypte (voir Barack est dur avec Moubarak. )
puis la jolie révolution gagnait la Libye, permettant ainsi aux Lampedusiens de voir
quotidiennement débarquer un gros supplément d'enrichisseurs venus, cette fois, de
toute l'Afrique.
Bref, la révolution a marché comme sur des roupettes. Pas en Syrie, bien sûr, faut
pas déconner, mais, dans l'ensemble, le succès se révèle éclatant. Nous disposions
d'une remarquable stabilité dans ces pays par nature explosifs et nous sommes
parvenus en quelques mois à tout foutre en l'air. Les Islamistes apparaissent
en mesure de s'installer souverainement dans tout le Nord-Est de l'Afrique,
les guerres d'Israël ne vont pas tarder à péter de nouveau et l'immigration se
retrouve boostée au delà des espérances les plus folles de nos bien-pensants
Occidentaux.
Joli travail! Comme dirait Copé, nous pouvons nous montrer fiers de l'oeuvre
accomplie.
Vive la Trendy revolution. , vive la Raie Publique, vive l'Islam et bien au fond.
Aleikoum salam,
Et merde pour qui ne me lira pas.